Genre : Abraca-navrant Réalisateur : Mike Newell Scénario : Steven Kloves Directeur de la photo : Roger Pratt Casting : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Robert Pattinson, Clemence Poesy... Musique : Jason Buckle
Scénario
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Mise en scène
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Photographie
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Acteurs
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Effets spéciaux
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Faut-il être à ce point dépendant de l’œuvre originale pour ne pas constater à quel point la version cinéma d’Harry Potter et la coupe de feu est un ratage complet ? J’ai longtemps cherché mes mots pour définir cette bouillie visuelle, cet amalgame de scènes sans âmes, découpées à la truelle par Sir Mike Newell. Le fait est que son adaptation de l’épais volume libraire, a bel et bien été considéré comme impossible à résumer à l’écran et que seul un survol sommaire des éléments forts du 4ème opus des aventures de l’apprenti sorcier, fut jugé nécessaire. Le procédé, discutable, n’a pour effet que de condamner le novice en sorcellerie désarmé devant tant d’incohérence scénaristique, qu’il attribuera plus à son inculture de l’ouvrage de JK Rowling, qu’à une réelle déficience d’écriture. Le chaland à la ramasse, il ne reste plus que le fan pour se délecter de la mise en image du tournoi des 3 sorciers et des amours naissantes de ses personnages préférés. Pourtant si seule la satisfaction du lecteur assidu prévalait, pourquoi ne pas s’être contenté de distribuer le film en DVD bonus pour tout achat du livre en tant que support moderne illustratif ? Cela aurait évité à bien des spectateurs d’achever 3h45 de temps devant l’un des blockbusters les plus insipides de ces dernières années.
Cette quatrième adaptation de l’univers d’Harry Potter pèche avant tout pour des raisons de choix, ou précisément d’un manque affirmé de choix. Les quelques centaines de pages de l’auteur prolixe ont été de trop pour la réalisation qui n’a su démêler l’écheveau, se contentant de gommer de ci-et là quelques menus détails et se permettant quelques raccourcis pas toujours efficaces. Pas assez tranché, et surtout trop maladroitement monté, le film souffre d’une absence atroce de transitions. L’expression "sauter du coq à l’âne" prend ici tout son sens, même si elle se décline sous la forme de "sauter du Quidditch au Mangemort". Daniel Radcliffe pénalisé, depuis le début de la série déjà, par un jeu d’acteur pas franchement au top, est loin d’être aidé par le montage à soubresaut dans ses vaines tentatives d’immersion de personnage. Autour de lui les autres font ce qu’ils peuvent pour rendre crédible les situations mais la caméra ne se débarrasse pas de son hoquet : un coup Hermione rit que le plan suivant elle pleure. En salle il arrive qu’on se retourne vers la cabine de projection histoire de voir s’il n’y a pas un soucis avec les bobines… Forcément le rythme prend un coup dans l’aile et ce ne sont pas les envolées sur balais magique accompagnés d’élans musicaux fort en violons, qui viendront palier le manque de subtilité dans l'alternance des temps morts et des temps forts. Cette dernière remarque étant valable aussi pour les effets spéciaux, pas forcément impressionnants et la bande son franchement transparente.
Cette absence de volume global est tant flagrante qu’il en devient impossible de s’attacher aux personnages et leurs ressentis, ou à défaut, leurs actions. Mike Newell peu inspiré, a même réussi l'exploit d'effriter le travail de fond d'Alfonso Cuaron, son prédecesseur, concernant les traits de caractères. Pour un épisode censé affiner les relations et les émotions entre chaque protagonistes, leurs portraits s’avèrent ici plus qu’inaboutis. Hermione et Ron font de la figuration au profit d'autres personnages de passage, pourtant peu détaillés. Les répercussions de peu de présentation peuvent même s'avérer néfastes : en ne sachant rien des méthodes de ses concurrents lorsqu’ils passent les épreuves, impossible de ne porter d'autre que peu d’estime à l’ami Harry lorsqu’il chevauche son balais (interdit ?) ou lorsqu’il gobe une herbe (autorisée ?) pour réussir chaque tâche du tournoi via des procédés presque douteux. Du coup Harry paraît peu alerte, peu doué, plutôt opportuniste et finalement peu méritant, alors qu’il suffisait de dévoiler que ses adversaires usait de stratagèmes identiques pour parvenir à leurs fins.
Le pire concerne le cœur de trame de l’histoire autour du retour de Voldemort, traité au même niveau que le reste et consumant ainsi son impact quasiment dans l’indifférence. L’affrontement final s’avère assez morne et la galipette salvatrice pour Potter n’est pas des mieux retranscrites puisque totalement dépourvue de tension. Parallèlement l’annonce du retour de l’ennemi, tant craint qu’on est pas censé l’évoquer, ne fait frémir ni les interprètes ni les spectateurs. Au discours final de Dumbledore censé annoncer quelques jours sombres à venir, rien de ce qui caractérise ce douloureux chapitre ne transparaît sur l’auditoire. C’est à peine si l’on pleure la perte d’un des élèves de Poudlard avant de partir -youpi-yaaa- en vacances…
En fin de projection les résumés ne savent pas sur quel fil s’appuyer tant il semble manquer d'une ligne directrice. On a assisté à un tournoi à priori biaisé par Voldemort pour attirer Harry dans un traquenard… Le jeune apprenti se révèle piètre interprète de ses sentiments et vit ses premiers émois d’adolescent… Personne ne semble avoir remporté la coupe, mais qui s’en soucie après tout ?… Mouais. Les impressions à propos du film sont brouillonnes et les émotions suscitées quasi-nulles. Pas grand chose ne demeure en bouche de ce spectacle sans queue ni tête, sinon l’envie très forte de replonger dans sa bibliothèque pour décortiquer tout ça, et combler les manques. L’objectif inavoué de cette version cinématographique oeuvrait peut-être en ce sens : recruter de nouveaux lecteurs, mais j’en doute sérieusement vu le succès sans faille en librairie. On reste donc sur un constat d’échec face à la tâche mais faut-il pour autant croire qu’il devient impossible de poursuivre les adaptations des volumes 5 et 6 de plus en plus fort en pages ? Il est probable qu’à l’avenir il faudra plus que jamais se préparer à laisser de coté certaines intrigues tierces n’en déplaise aux Potter’s addicts, mais il est plus qu’urgent de remettre du cœur à l’ouvrage pour retrouver ce qui fait le succès d’une bonne histoire (script, découpage, rythme) afin de rendre hommage au réel talent de narration de Rowling, plus qu’à l’univers de son personnage.
Genre : Pétard mouillé Réalisateur : Robert Schwentke Scénario : Peter A. Dowling, Billy Ray Directeur de la photo : Florian Ballhaus Casting : Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Kate Behan, Sean Bean, Erika Christensen... Musique : James Horner
Scénario
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Mise en scène
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Photographie
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Acteurs
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Effets spéciaux
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Il y a des voyages qu'on se passerait bien d'entreprendre. Une valise qu'on égare, un avion qui s'encroûte sur la piste pour des raisons de grève inopinée du personnel de bord, une suspicion de plateau repas piégé, sont autant d'éléments susceptibles de plomber la transhumance d'un bout à l'autre du globe. Pourtant il y a pire. Sans aller jusqu'à l'exemple sordide du Boeing achevant son vol à mi-hauteur d'un des plus haut building du monde, on peut se dire que de rentrer au pays avec son mari sous cercueil dans la soute, et égarer sa fille à 40.000 pieds d'altitude lors du déplacement Berlin/New-York, a de quoi affoler l'expatriée la plus déterminée qui soit. Kyle Pratt est donc la malheureuse victime du sort qui en déboulonnerait presque l'avion en plein vol, de proue en poupe, histoire de prouver qu'elle n'a pas perdue la raison. Bien sûr qu'elle est montée à bord avec sa fille même si personne ne s'en rappelle, et tu m'étonnes qu'elle va passer au peigne fin ce zinc qu'elle connaît sur le bout des doigts (et pour cause puisque c'est elle qui l'a conçu).
Flight Plan est ce genre de film qui à le goût et l'odeur d'autres films. Autant dire de suite qu'il manque cruellement de caractère. Il a en outre la mauvaise initiative d'être le film post-Panic Room, dont la trame claustrophobe et la mise en forme semblent avoir servi de modèle à ce faux remake. Sans égaler, loin de là, le talent d'un Fincher, il faut néanmoins reconnaître que Schwentke a ce qu'il faut de maîtrise technique pour flatter l'oeil du spectateur. Cadrage carré, mise en scène soignée, photographie haute définition, gestion de rythme, dès les premières images on est efficacement capté par ce qui se passe à l'écran. Une atmosphère de malaise s'installe progressivement, notamment suscité par le transport d'un corps mort en boîte et des fragments de souvenirs flous et froids. Mais la mise en scène n'est pas qu'affaire de séries de plans, aussi léchés soient-ils, et c'est sur la mise en exergue du scénario que la réalisation s'éparpille petit à petit. Passé la transe vaporeuse d'entrée de film, la disparition de Julia, fille de Kyle, sonne comme un pénible retour à la réalité. A l'instar du personnage de Jodie Foster l'histoire émerge douloureusement de sa torpeur pour nous amener dans une dimension toute autre, moins aérienne, plus terre à terre. Des réponses concrètes sont recherchées et des moyens palpables sont mis en oeuvre pour découvrir une once de vérité.
Les intentions quasi-spirituelles sont ainsi délaissées au profit d'une intrigue qui flirte tour à tour avec la schizophrénie éventuelle d'une veuve, la paranoïa du 11 septembre, la peur de l'arabe, le thriller d'un complot alambiqué, et le fantastique d'une disparition inexplicable. C'est précisément ce vaste fourre-tout d'alternatives scénaristiques, ce bazar d'hypothèses bradées à la criée, qui mène l'intrigue vers une déception, à la hauteur de l'absurdité du fin mot de l'histoire. Brassant la semoule de rebondissements plus fumistes que réellement prenants et sous prétexte de brouiller les pistes, les divers dénouements ouvrent toutes les vannes, mais sans parvenir à faire ressentir cette douce sensation de vertige qui aurait dû assaillir le spectateur en doute. Mais au bout du compte, à ne vouloir laisser que des portes ouvertes on ne risque que de croiser des courants d'air... 20 minutes avant le dénouement final, Schwentke, à bout de souffle s'avère à court d'effets cache-misère, et la supercherie flagrante, n'en parait que plus grossière. La conclusion s'annonce maigre, et c'est rien de le dire. Puis vient la chute, libre, en piqué... Tout ça pour ça... Le vide en fin de script, l'inconsistance en bout de bobine... Dans l'indifférence la plus totale on gobe les explications grotesques censées éclaircir les tenants de l'événement, tout en se demandant le plus simplement du monde si on ne s'est pas un petit peu foutu de nous sur ce coup-ci. L'impression dommageable demeure moins spectaculaire qu'un mauvais Shyamalan, mais toute aussi frustrante. On s'excuse comme on peut en prétextant qu'on ne s'attendait à rien de transcendant, que tout avait été dit dans la bande annonce, et que malgré tout Foster ne s'en tire pas trop mal.
Genre : Démo non jouable Réalisateur : Christophe Gans Scénario : Roger Avary, Nicolas Boukhrief, Christophe Gans Directeur de la photo : Dan Laustsen Casting : Rhada Mitchell, Sean Bean, Laurie Holden, Jodelle Ferland Musique : Jeff Danna
Scénario
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Mise en scène
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Photographie
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Acteurs
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Effets spéciaux
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Voici une adaptation qui ne manquerait pas d’interpeller le mordu de jeu-vidéo et d’horror mouvi. En effet, 1999 sortait un jeu à l’allure cinématographique nommé Silent Hill. Pour la première fois, on avait l’impression assister à un scénario et l’ambiance d’un film. Beaucoup y ont laissé des heures de visionnage et d’intrusion dans l’horreur sordide de cette petite bourgade. Quelle bonne idée que ce jeu s’inspirant du cinéma. Et c’est là, que Christophe Gans intervient :
-« Hey les gars puisque le jeu est fait comme un film, on a qu’a en faire un film ! » (Merci Christophe)
L’idée d’un film adapté du jeu vidéo me séduisait, par contre le fait que Christophe Gans l’ai eue était déjà le bémol dans l’affaire. (J’ai subitement eu un flashback ou un homme avait un bras caché mutant et une épée en os à faire pâlir Skeletor de jalousie.) Mais chassons le mauvais esprit et restons positifs que diable !
Silent Hill, le film, reprends à quelques exceptions prêt le même univers et scénario que le jeu. Une mère (dans le jeu, il s’agit du père) et sa fille se rendent à Silent Hill, ville abandonnée d’un coin paumé dans des montagnes des Etats-Unis. Sa fillette étant prise depuis quelques temps de crise de somnambulisme où elle fait mention de cet endroit. Seulement cette ancienne ville minière est apparemment une ville fantôme où de tristes événements ont eu lieu. Les dires se confirment lorsqu’à quelques miles de la ville, la voiture fait un tète à queue et percute le rebord de la route. La mère s’évanouit. A son réveil, elle trouve le siège de sa fille vide et la portière ouverte. Commence alors sa quête pour retrouver sa fille…
On suit alors le parcours torturé de la mère dans la ville de Silent Hill, découvrant au fur et à mesure les indices qui permettront de retrouver la trace de sa fille et par la même occasion l’origine du mal qui hante l’endroit jusqu’au moindre gravier.
Pour ceux qui espèrent que Silent Hill les entraîne dans l’antre des ténèbres, attendez-vous à rester sur le pas dans la salle d’attente en effeuillant un joli catalogue d’image. Gans a bel et bien acquis le visuel du jeu mais en oubliant l’aspect de faire vivre l’histoire.Outre une énorme production visuelle, il aurait été de bon augure que cette bouillie nous prenne aux tripes pour nous glacer d’effroi.Mais cela se confirme, il semblerait que Gans ne soit pas un sensible de l’émotion mais plutôt un amoureux de la technique de l’image. Certes, au petit jeu de la surenchère visuelle inutile frisant le ridicule, il n’arrive pas à la cheville de la production russe Night Watch mais il ne se sort pas plus de l’ornière purement formelle dans laquelle il s’est vautré de tout son long. Alors le résultat est que l’on ne retient rien de Silent Hill. On le regarde puis on se dit : « ouais, c’est bien fait » et on rentre chez soi sans vraiment se poser de question. Les créatures qui défilent n’ont pas d’impact autre que visuel.Elles apparaissent tour à tour comme à un défilé de mode branché puis repartent derrière le rideau. Même le boucher géant à la tète de toblerone est juste anecdotique…Il est passé par ici, il repassera par là.
Au beau milieu de ces enfers se débattent quelques acteurs pour tenter de ne pas paraître trop décoratifsparmi les mouvements de caméras tordus, maquillages malsains et synthèse dégoulinante. On peut citer les prestations de Rhada Mitchell (Phone Game, Neverland…) pour la maman paumée, Sean bean (le Boromir du SdA) pour le personnage inutile du père, Deborah Unger pour la femme illuminée(Crash…), Laurie Holden (beaucoup de série TV) pour la femme-flic dont on aurait également pu se passer et Jodelle Ferland (séries TV aussi) dans le double rôle de la fillette et son alter ego. On aurait pu apprécier les acteurs si la mise en scène avait été plus orientée « acting » que « décorating ». Car là on a plus l’impression que ce sont les acteurs et à fortiori leur personnage qui viennent servir un arsenal d’effets et de visuels plutôt que l’inverse, c’est-à-dire des personnages renforcés par les interactions avec ce qui les entoure.
Au final, Silent Hill, n’est pas un mauvais moment mais pas un bon non plus. Il ravira les fanatiques de plans gratuits, scènes inutiles, mouvements complexes de caméra et décortication de lambeaux de chair mais fera fuir les amateurs d’histoire bien ficelée qui vous entraîne avec elle pour faire de vous ce qu’elle a décidé. Ce qui aurait pu valoir le coup dans ce thème-ci. Mr Gans n’aura peut-être pas assez travaillé son story-board, réfléchis à l’intonation des acteurs mais ce sera contenté de se faire plaisir avec des steadycam, grues et autres engins rocambolesques du cinéma pour ensuite peaufiner ses images en post-production, Ce qui donne effectivement un visuel très accrocheur.Mais il ne fait pas naître son fil auquel le spectateur aurait pu se raccrocher pour être plus dans le film que dehors.
On peut alors se rendre compte que la version cinéma de Silent Hill est beaucoup moins mature et viscérale que son grand frère sorti en jeu vidéo. Fort heureusement pour Gans, le box-office lui donnera peut-être raison et lui offrira une seconde chance pour parfaire son cinéma d’horreur. Le final de celui-ci laissant déjà une porte grande ouverte, non pas à toutes les fenêtres, mais à la possibilité toute tracée d’une suite… Peut-être aura-t’il la juste modestie de se donner la part belle au visuel et laisser les vieux démons de la mise en scène hanter quelqu’un d’autre.