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Lundi 1 août 2005

France - 2004


Genre : pique un peu les yeux, et les oreilles
Réalisateur : Patrick Braoudé
Scénario : Patrick Braoudé
Directeur de la photo : Jérôme Robert
Casting : Michaël Youn, Jacques Villeret, Arno Chevrier, Franck Dubosc, Kad & O
Musique : Jacques Davidovici

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


La pire insulte de mon répertoire d'insultes doit être : "minable!" A bien y penser. Je vous assure qu'avec le ton juste, elle peut être assez dévastatrice. Or je cherchais désespérement le qualificatif opportun au sortir du film de Braoudé et je dois dire que c'était la franche bousculade tant j'étais inspiré. Alors entre un inepte de bon aloi et un pitoyable de circonstance, j'ai du, à regret, me résigner à recourir à mon arme ultime : "minable!"
A regret car je la conservais bien au chaud pour dépeindre Les Dalton, qui reste, malgré tout, dans mon top 1 de la "minabilité".
Mais le qualificatif adéquat n'existant pas encore dans la langue de Molière pour cerner pleinement ce désastre là, "minable!" devra donc faire l'affaire
pour cerner cette "adaptation" de Goscinny ci. Iznogoud.

 

Autant la langue de Marcel Proust et Julien Lepers est riche en nuances, autant les adaptations (françaises) de bd sont devenues le parent pauvre du 7ème art. Pour servir la soupe aux chaînes de télé co-productrices et s'assurer primes-time et rediffusions en rafale. A ce titre, Iznogoud signe de son sang un pacte avec la crème de la chaine puisqu'il s'assure le soutient pécuniaire de TF1, M6 et TPS Star. Rien de moins. C'est dire l'ampleur du désastre.
- Si tu vas par là les films de Tarantino sont produits par Miramax, sous-filiale de Disney. Ca n'est pas gage de compromission inéluctable.
Mais Patrick Braoudé n'a rien d'un Quentin Tarantino. Ca ce saurait. Il est à peine réalisateur de films.
Populaire pourrait cependant si bien se marier avec poétique. Ou salutaire.
- ou "sapulaire", ou "polutaire" tant qu'on y est.
Ouais. T'as raison en fait. Inventons donc des néologismes pour qualifier (calife quand tu nous tiens) les adaptations de bd qui le nécessites, plutôt que de perdre du fluide primal à expliquer comment de tels gâchis sont encore possibles. Dire que nous sommes censés vivre une période de récession profonde.
- bon, alors, on le fait ce jeu ou pas?

 

Donc, pour Iznogoud j'en resterais à "minable!" et ce sera mon dernier mot Jean-Pierre.
- ha mais non, on a pas commencé que tu triche déjà.
Oui, mais je suis l'initiateur de ce jeu de l'esprit, alors ta gueule.
- d'accord mais plus de passe droit ou autre joker, c'est trop facile sinon.
pour Iznogoud je propose "foutrine". Un mélange de foutre et de latrines.
C'est bon ça, comme dirait Michael Youn dans Iznogoud. Puisqu'on est dans les hautes sphères du genre, que trouverais tu d'assez collant et graisseux pour Les Dalton?
- à brûle pour point c'est dur quand même, je me chauffe à peine. T'aurais pas plus simple pour commencer?
Je reconnais volontiers que c'est pas un cadeau. A charge de revanche pour le "minable!". Oublions Les Dalton pour le moment.
Astérix, Mission Cléopâtre alors...
- facile. "dromastuce".
Je vois bien l'emploi du dromadaire mais où est l'astuce?
- c'est que Chabat a été assez malin d'intégrer tous ses potes dans l'aventure afin de minimiser l'emploi du duo Clavier/Depardieu.
Pas con en effet, mais alors que dirais tu du premier chapitre, Astérix et Obélix contre César?
- qu'il est nul.
Oui, mais au delà...
- qu'il est "parcouillard".
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de parking et de couilles au lard???
- Mais noooon. "parcouillard". Car c'est une grosse campagne de promo pour le parc Astérix avec du franchouillard dedans.
Bah c'est un truc bien gaulois Astérix à la base.
- oui, mais jamais vraiment vulgaire si tu lis bien. Or le film de Zidi...
Et puis t'as qu'à t'y coller toi qu'est si malin d'abord.
Vas y, balance.

- Michel Vaillant.
mmmmh, je dirais qu'il est "froidrature".
- hé allez, la quadrature du cercle en période glacière. C'est quoi ton délire?
Un film super (sans plomb) froid dans lequel les acteurs sont aussi expressifs que des voitures.
- mouais. Je vois que t'as mangé du clown alors tu vas faire les propositions et moi les réponses si ça t'ennuis pas.
Bien, alors Blueberry...?
- "Prairiogène".
Et où t'as vu qu'il était question de fruits de mer conservés dans l'hydrogène liquide?
- C'est un mélange de La Petite Maison Dans La Prairie et d'hallucinogène. Charles Hingals ramasse des champis et va consulter son chaman pour un rhume des foins si je me souviens bien.
Ca passe. Arsène Lupin?
- c'est une adaptation de bd Arsène Lupin? Tu vas mieux toi.
C'est parce-qu'il est fait allusion à l'œuvre de Maurice Leblanc dans un album Des 4 As.
- Si c'est pour une oeuvre littéraire alors...
"Foutravate"
Encore tes histoire de foutre!
- Nan, c'est pasque c'est un film foutraque sur cet art martial indémodable qu'est la savate.
Puisqu'on est dans les "à peu près adaptations de bd réalisées par Jean-Paul Salomé", que dirais tu de Belphégor, le fantôme du Louvre?
- Facile. un film "marcenthal".
Avec Sophie Marceau et Frédéric Diefenthal?
- et la contraction se suffit à elle même.
Pas mieux.

Immortel (ad vitam) de Bilal.
- "3déellique".
De la 3D, des images réelles et du bordélique.
- tu vois quand tu veux!
Daredevil?
- ha non. On avait bien précisé les bouses made in France!
D'accord. Ca fera l'objet d'une autre chronique. Y a matière. C'est juste que je sèche un peu là. Tu l'auras voulu, je retente Les Dalton.
- "Badedwoodnofun".
Kezako?
- Du Ed Wood en mauvais et pas drôle.
A ce point?
- J'te promets. Et pourtant je croyais naïvement avoir touché le fond de la vase après vision de Soobydoo n°2.
On ne peut décemment pas finir sans une note d'espoir, un peu hors sujet de surcroît, ce serait vraiment trop horrible.
- Je sais pas moi. T'as vu L'enquête Corse?
Non.
- Bah voilà. Si tu l'a pas vu, tous les espoirs sont permis.


Voilà, voilà.
Navré pour ceux qui, éventuellement, attendaient un avis constructif.
Mais c'était vraiment trop me demander. Je n'ai donc guère mieux que "minable!" dans ma besace pour exprimer ce que m'inspire Iznogoud.
Et si d'aventure vous comptiez acheter ou louer le dvd à sa sortie, je ne peux que vivement vous conseiller d'attendre sa prochaine diffusion sur TF1 ou M6. Vous pourrez ainsi légitiment râler d'avoir coché la petite case de votre déclaration d'imposition précisant que vous devez vous acquitter de la redevance. Faites donc des économies et cessez de dilapider à tord et à travers vos deniers si chèrement gagnés. Pour les indecrottables dépensiers, je vous suggère plutôt de faire un don à une association humanitaire de votre choix en lieu et place. Vous bénéficierez ainsi d'une réduction d'impôts, et ce pour une bonne cause. Ceci sans vous être infligé Iznogoud de Patrick Braoudé. Qui lui n'est pas remboursé par la Sécu. La cruauté mentale n'étant toujours pas prise en charge.

Aswip'

Le pour : avec un nom pareil, il fallait s'y attendre
Le contre :
minable!

Mercredi 27 juillet 2005

Grande Bretagne - 2003 (shaun of the dead)


Genre : Morts de rire
Réalisateur : Edgar Wright
Scénario : Edgar Wright, Simon Pegg
Directeur de la photo : David M. Dunlap
Casting : Simon Pegg, Nick Frost, Dylan Moran, Kate Ashfield, Lucy Davis
Musique : Pete Woodhead, Dan Mudford

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Mesdames, mesdemoiselles, si vous désirez en apprendre sur la psychologie du mâle trentenaire de base, vous trouverez ici quelques clés indispensables pour une bonne appréhension du problème. Comment ne pas le brusquer, ne pas chercher à lui imposer vos amis bobos, ne pas dire de mal de sa mère et ne surtout pas chercher à déballonner son meilleur ami. Ne serait-ce que parce-qu'en cas de rupture, c'est avec lui, autour de quelques pintes,
qu'ils iront refaire le monde dans leur pub préféré. Ainsi, si vous l'avez jouée feutrine et avez su vous rendre sympathique aux yeux de son pote, ce dernier pourrait bien plaider en votre faveur au lieu de lui assener un inénarrable "une de perdue..." de circonstance.
C'est tout un truc la psychologie du mâle trentenaire de base.
Il faut bien voir que la vie n'a pas gâtée notre mâle trentenaire de base, appelons le Shaun pour plus de commodité. Une petite amie qui lui met méchamment la pression donc, un colocataire intransigeant et pro-actif, un beau père blasé et méprisant, une mère dans le cosmos, un boulot honnit, des collègues qui lui renvoient une image de faillite professionnelle irréversible et un meilleur ami qui ne le tire pas vers le haut, il faut bien l'admettre. lorsque ce panorama enchanteur laisse place à une vague de zombies assoiffés de sang, Shaun va-y voir l'occasion rêvée de remettre un peu d'ordre et de sens dans sa vie qui partait salement en quenouille. De renaître. D'entre les morts vivants.


Shaun Of The Dead
, ou l'art de faire ce qu'on sait le mieux faire. De la bonne comédie nonsensique mais pas dénuée de sens à partir d'un exercice
imposé et déjà à bout de souffle. Sans avoir donné la plénitude de son potentiel. Attendons cependant le Land Of The Dead du maître Romero, qui d'après Gorge Profonde se réapproprie ce qui lui revient de droit.
Pour l'heure, le phénomène réattaque l'Europe après une invasion mésestimée pour cause de promo bâclée, 28 Jours Plus Tard.
Y pas de raison que seuls nos amis américains aient la primeur de la zombitude. Après tout, nos morts valent autant que les leurs. Ils peuvent être aussi vils, répugnants et dangereux. La différence majeure se situe au niveau des vivants. Edgar Wright, réalisateur et Simon Pegg, rôle titre et co-scénariste en tête. Des vrais fans de Romero.
Pas des petits tâcherons opportunistes à la solde du grand Satan pâte à mâcher chlorophyllé. Voir entre autre l'inepte remake de Zack Snyder,
Dawn Of The Dead (2003) ou l'inepte tout court House Of The Dead de Uwe Boll. Non, nos frères ennemis d'outre manche connaissent le dossier et nous livrent avec ce Shaun Of The Dead un objet mortellement maîtrisé.


Outre le fait qu'il soit bourré de clins d'œils et de références, qu'il lorgne ostensiblement vers la parodie, le film de Edgar Wright assume sa fanitude avec intelligence et est sous-tendu par une mise en scène d'une grande efficacité. Que du plan utile dans son film. Une photo très soignée, un montage ciselé, des dialogues efficaces, des situations hilarantes, une bande originale pop très à propos et du plus bel effet. Ajoutez un scénario très bien conçu et l'ensemble concours à rendre les protagonistes très attachants et donc à impliquer le spectateur dans leur quête de survie.
Et à cet égard, Shaun Of The Dead est un très bon film de zombies. Car passé la franche rigolade, on est brutalement saisit par le potentiel hostile du dehors. L'aspect débonnaire et neurasthénique des errants cache bel et bien des dévoreurs de chair humaine forts craignos. Et la farce pourrait rapidement tourner au carnage si l'on y prend garde. En jouant ainsi la diversité de palette sans se contenter de faire ronronner sa dominante humour, le film gagne considérablement en couleur.
La scène du pub et ses palabres pourrait casser une dynamique bien huilée mais on sent nettement que les comédiens se sont éclatés à la tourner. Tout comme le présentateur télé qui rêvait de dire : "je répète, en arrachant la tête ou en détruisant le cerveau".


Au delà de la lecture au deuxième degré de bon aloi de tout bon z, son indispensable ancrage social, Shaun Of The Dead prouve que les britanniques ont encore une sérieuse longueur d'avance en terme d'humour. Qui d'autre pourrait proposer avec un telle drôlerie d'éclater du mort vivant à la batte de criquet? Ou au lancer de vinyles non assumés de sa discothèque? Ou encore, arme ultime, en imitant les zombies eux-même afin de ne pas se faire repérer. Et tout cela dans le plus grand respect des règles du genre :
Pas d'explication au phénomène ; la rentrée dans l'atmosphère londonien de la sonde spatiale Oméga 6, les morsures de singes, l'utilisation massive de...
La recherche désespérée d'un abri imprenable ; au cours de laquelle on croise l'équipe B, un grand moment.
Le siège de l'abri en question finalement très prenable.
Mais Shaun Of The Dead c'est surtout une histoire d'amitié indéfectible. Du genre back to back avec mes stuntmen. Que même l'histoire d'amour la plus déchirante ne saurait entamer. Parce-que s'il est indécis et immature, le trentenaire de base est comme ça. Il ne transige pas lorsqu'il s'agit d'amitié.
Ou lorsqu'il s'agit de refaire une partie de Tekken 2. Tous en coeur :
"Ooo, you make me live
You're the best friend
that I ever had"
(Queen)


Aswip'

Le pour : vivement le 2
Le contre :
le générique de début trop court car excellent

Mercredi 20 juillet 2005

France - 2003


Genre : premier degré
Réalisateur : Etienne Chatiliez
Scénario : Etienne Chatiliez, Laurent Chouchan
Directeur de la photo : Philippe Welt
Casting : Vincent Lindon, Cécile de France, Pierre Vernier, Eric Berger, Anne Brochet
Musique :

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Il ne faut jamais désespérer. Voilà un film français récent et enthousiasmant qui faisait défaut aux colonnes de Cinematic. Le dernier Etienne Chatiliez donne dans ses thèmes de prédilections.
Deux braves employés de maison un peu limités et cleptomanes compulsifs délestent leurs riches employeurs de quelques bibelots avant de s'enfuir comme les voleurs qu'ils sont. Ils vivent au jour le jour, limite à la minute la minute, avant de tomber l'un sur l'autre. Jusqu'ici sans attaches et solitaires, ils vont désormais vivre sans attaches et solitaires, mais à deux.
Allant jusqu'à commettre leurs larcins sans discernement et culpabilité au sein de leur propre couple. Et comme l'objet est atypique, je ne tiendrais pas mon rôle de procureur habituel mais celui d'avocat.
Car ce film à subit, à mon sens, un traitement très injuste à sa sortie.

Hormis le caractère litigieux de l'affiche, qui n'est d'ailleurs pas indéfendable, J'ai cherché à savoir pourquoi ce déferlement d'anathèmes, cette quasi rage à tailler La Confiance Règne. Je l'ai donc regardé et j'ai compris.
J'ai ris à plusieurs reprises. C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Si j'ajoute que les rares humoristes actuels à me faire marrer sont Dieudonné, en spectacle, Ali G, sur Channel 4,
et la bande du Groland, sur Canal, vous serez probablement plus avancés sur notre affaire. Ce genre d'humour étant assez peu répandu sur les ondes et dans le cinéma made in France, je n'en suis que d'autant plus ravi quand je perçois une forme d'appartenance dans le film de Chatiliez.
Mais gardez bien à l'esprit que la France à mal au rire (avec une voix chevrotante à la Malraux).
A force de comiques au rabais, de membres ad vitam de l'académie française de l'humour, de compiles et autres classements de la vanne en tous genres,
une vision parcellaire de l'humour s'est peu à peu imposée au pays de Fernand Reynaud. Et elle ne s'est pourtant pas imposée toute seule.
Mougeotte et Le Lay l'y on bien aidée dans leur campagne sarkozyenne du politicaly correct pout tous. De la pensée unique sa mère.
Choisissez votre camp, adeptes de Laurent Gerra et autre Maxime de sinistre mémoire.

Pour l'heure, mon client n'avait d'autre ambition que de proposer une alternative au cinéma comique français. J'en veux pour preuve qu'il n'a pas embauché des expédients devenus très prisés, voire incontournables, voire obligatoires de ce genre qu'est la comédie. Des ex de la téloche. Non, Mesdames et Messieurs les membres du jury. Contre vents et marées, mon client à tenu bon la barre, et les dieux de l'humour savent pourtant que le navire "comédie" fait eau de toutes parts.
Vaillant, il a embauché des comédiens (avec une voix ronde et profonde à la Gabin). Des vrais. Elevés aux planches, aux cimaises et aux rideaux en velours bordeaux. Est-ce ce corporatisme qu'on lui reproche, alléguant un hypothétique manque d'ouverture? Un certain classicisme.
Pas de placements produits pour les chaînes de télé productrice de 7è art, mais une valeur ajoutée indéniable pour le spectateur. Et je vois bien dans l'œil de l'avocat général qu'il voudrait m'opposer cet argument facile qui veut que les comédiens de télé soient des comédiens tout court.
Tout court, c'est le terme approprié. Je n'en citerais que quelques tristes exemples pour étayer ma défense et n'être point fastidieux.
Espace Détente, Double Zéro, RRRrrrr !!!, Ma Femme S'Appelle Maurice...
On m'oppose alors que Vincent Lindon n'est pas convainquant. Qu'on me le prouve. Je trouve, au contraire, qu'il donne corps au personnage de Christophe avec humanité si la justesse n'est, quant à elle, pas toujours au rendez-vous. Certes, je lui eut préféré un Cluzet dans le rôle mais rendons justice au comédien, assez peu adepte de l'exercice comique, de se mettre ainsi en danger. Et rendons grâce, de grâce, à la si délicieuse Cécile De France de porter si haut les couleurs chamarrées et chatoyantes de l'espièglerie. Avec justesse, elle, et avec sa jolie frimousse, son p'tit nez en trompette, son mollet altier, son p'tit c... Mais... je m'emporte Monsieur le président, car bien que vêtue d'une robe, je n'en suis pas moins homme.

D'humanité il est justement beaucoup question dans les arguments fallacieux de la partie civile. Prétendant sans retenue que mon client à rendu
ses protagonistes inhumains, vulgaires. J'attaque en diffamation, direct. Insolite n'est pas synonyme d'inhumanité. Plutôt d'animalité.
Hors l'être humain... lalala... mammifère, évolué, mais mammifère quand même. D'ailleurs Vincent Lindon déclare avoir pris modèle sur le suricat pour l'interprétation de Christophe. Afin de rendre son personnage vif et impulsif.
Et entre vulgarité et poésie, la limite est parfois ténue. Je n'irais cependant pas jusqu'à affirmer que Véronique Genest ou Mathilde Seigner soient des poétesses.
- Plutôt un homonyme à deux lettres près.
Tiens, te voilà toi.
- continue, tu t'en sors pas mal.

Il ne s'agit pas non plus d'une opposition entre riches et pauvres comme les critiques rapides l'ont affirmés, mais d'une cohabitation entre ces deux mondes. Chrystèle et Christophe sont des Robins des bois. Ils volent aux riches pour donner aux pauvres. Et comme charité bien ordonnée...
ils gardent tout pour eux. D'une logique implacable.
C'est en fait le procès de la différence que l'on instruit ici. Voilà qui n'est pas très mainstream. Vous allez vous faire tirer les oreilles M le procureur.
Chrystèle et Christophe sont différents. Leur mode de fonctionnement n'est pas le notre. Voilà le pourquoi de ce rejet épidermique. Elle couche indistinctement avec des beaufs, des moches, des beaux, des gentils sûrement aussi. Les sentiments, le romantisme, la noblesse de l'acte,
c'est pas son truc. Lui ne juge pas. Les vieilles peaux cyniques et les gentils cinoques seront floués à la même enseigne et sans distinction.
Ils ne sont pas sans vergogne. Car ils ne savent pas ce qu'est la vergogne. Et ce constat n'a pas de justification sociétale à 1 euro 50.
Ils sont juste comme ça. Des imbéciles heureux.
Il semblerait que l'adjectif épithète soit ce qui ai vraiment dérangé certains bien pensants. A force de trop penser.

Pour en rester aux réquisitoires, je pense qu'ils sont la conséquence d'une lecture erronée de ce film. Bien sur Chatiliez brasse la richesse et la pauvreté. Mais il ne les met pas en balance (de la justice). Il les traite également. Et ne pas le percevoir révèle un bon gros aveuglement (de la justice aussi).
Ils ne s'agit des "pauvres" pauvres contre les "riches" riches.
-
A la rigueur, ce serait plus ces "salops" de pauvres.
Et je ne vais pas vous faire non plus le couplet de "qui sont les vrais riches de l'histoire" bien que je sois un putain d'avocat. Mon client à en fait une profonde tendresse pour ses personnages. Tous ses personnages.
Lui prêter des intentions aussi basses que le cynisme et le mépris est, outre un non sens, faire injure à son intelligence et à celle de ses comédiens.
Je tiens par ailleurs à attirer l'attention du jury sur le passé irréprochable de mon client. Il à d'ailleurs eut recours à un traitement psychologique tant les viles attaques dont il a été l'objet, l'ont affectées. Alors qu'il lui suffisait de recourir à un bon avocat. Votre serviteur (avec une courbette à ras de terre).
C'est pourquoi je compte faire appel d'une éventuelle condamnation devant la cours européenne des droits de l'homme. Pour les dommages et intérêts que j'entends obtenir, veuillez m'envoyer un sms afin d'obtenir mes n° de comptes en Suisse. Je prends 20%.
Messieurs les censeurs...

Aswip'

Le pour : Céci-i-leu
Le contre :
La fin qui dénote un peu

 
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