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Mardi 3 janvier 2006

Faut croire que Nicolas Cage l'a eu mauvaise de s'être retrouvé évincé du projet Superman cuvée 2000, pour se lancer tête baissée dans l'adaptation grand écran du Ghost Rider de chez Marvel. A moins que ses proches narquois ai volontairement oublié de l'informer qu'au commande de cette énième mise en forme cinématographique d'un comic célèbre se trouve un certain Mark Steven Johnson, à l'origine entre autres de l'inégalable Daredevil... Sic !

Même s'il ne faut jamais filer le collant du super-héros avant de l'avoir essayer, le choix du réal suffit à faire grimacer d'effroi les plus fans des aventures tout feu tout flammes de l'avatar démoniaque de Johnny Blaze. On se met même à espérer, quitte à se bouffer du navet, qu'on va en avoir pour notre grade avec, s'il vous plait des effets spéciaux craignos, du cuir clouté à l'extrême, ho oui, ho oui, des Harleys déchainées, roooar, et du tuning inspiré.

Mais mieux vaut
, ni se voiler la farce (parce qu'on risque fort de ne pas rigoler sur ce coup là), ni se leurrer : on se dirige tout droit vers du mauvais trip. Si, si, puisqu'on vous le dit. Sortie prévue en 2007.

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Enzo

par Enzo publié dans : Potins, news & ragots
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Lundi 26 décembre 2005

Nouvelle Zelande - USA - 2005 (King Kong)


Genre : King size
Réalisateur : Peter Jackson
Scénario : Peter Jackson, Fran Walsh, Philippa Boyens
Directeur de la photo : Andrew Lesnie
Casting : Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody, Andy Serkis, Thomas Kretschmann
Musique : James Newton Howard

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Le Dos Argenté est un gorille connu pour avoir le crane épais, un instinct territorial hyper développé et pour être l'animal social par excellence. Ce qui fait la singularité de Kong, hors le fait qu'il mesure 8 mètres de haut
et qu'il occupe son domaine avec d'autres rois, tyrannosaurus ceux là, c'est qu'il est éperdument seul. Seul de son espèce, tous ses congénères semblent avoir trépassé, seul dans son genre, puisque ses congénères semblent avoir trépassé, et seul dans la vie puisque lorsque les indigènes du voisinage lui procurent de la compagnie, il ne trouve rien de mieux à faire qu'à désosser les offrandes. A croire que la femelle indigène à un petit goût de fumet pas désagréable qui améliore sensiblement un ordinaire essentiellement végétarien.
Notre brave Kong est donc de la trempe du vieux garçon solitaire qui n'apprécie que moyennement qu'on vienne lui chier dans son nid. D'un naturel bougon et peu enclin à la conciliation. Un vrai roi en somme.
Malheureusement pour lui, son gros cœur hors normes était destiné à rencontrer une jeune et jolie blonde braillarde et espiègle qui allait finir par le lui briser. Mettant ainsi et malgré elle un terme à la lignée des très, très, très grands singes.


Puisque nous connaissons tous les tenants et les aboutissants de cette tragédie simiesque pour en avoir vu au moins une adaptation, intéressons-nous donc à la forme de celle-ci, d'adaptation.
Rarement l'Amérique en récession des années 30 aura été rendu avec autant de réalisme en si peu de plans. A part dans Les Raisins De La Colère de John Ford. Rarement le Manhattan de l'époque aura semblé si étrangement réel. A part peut-être dans le New York, New York de Scorsese mais l'action se passe dix ans plus tard. Rarement île vierge aura semblée si vierge et hostile-la-nature que cette Skull Island. A part peut-être dans quelques peintures de Frank Frazetta. Rarement autochtones insulaires auront paru si sauvages et avides de sang. A part Peut-être dans The House Of the Dead de Uwe Boll.
- "Ne s'agissait-il pas en fait de zombies et d'une comparaison douteuse emprunte de taquinerie?"
Tu me connais si bien... cela en deviendrait presque effrayant.
Jamais, ô grand jamais, primate virtuel aura semblé si hurlant de vérité.
- "Sûrement pas dans Congo, là, on est entièrement d'accord."
Ce King Kong 2005 ressemble donc fort à ce que Peter Jackson prétendait vouloir réaliser. Un film hyper spectaculaire. Fidèle en cela aux sentiments qui l'ont traversés lorsque enfant, il a vu pour la première fois le King Kong de 1933 dans un cinéma de Wellington avec son papa.
En bon démiurge, Jackson a donc mis l'accent sur le visuel, élevant les effets spéciaux dans des sphères jusqu'ici fantasmées. L'antropomorphie virtuelle passe un cap et l'hyperréalisme devient sévèrement envisageable. Qu'il est loin le temps de la première édition d'Imagina (1981).


Fatalement, cette priorité mise sur le tout à l'effet se fait au détriment d'autres aspects de la mise en scène. Comme quelques scènes d'action peu lisibles de part une volonté de mouvement trop appuyée. Il y a aussi James Newton Howard à la BO, remplaçant au pied levé de Howard Shore (qui signa la musique de la trilogie du Seigneur Des Anneaux, rien de moins) et qui nous livre des compositions sommes toutes peu inspirées car trop engoncées dans le registre de l'illustration sonore. Mais il y a surtout et notamment le scripte.
Avec force et gros plans, Peter Jackson tentera plus d'une heure durant d'humaniser ses personnages jusqu'à l'excès, alors que dix minutes suffisent
à nous faire savoir que le plus humain des protagonistes sera éructant et pourvu de quatre mains (ou quatre pieds, c'est selon). Ce pauvre Adrien Browdy serait presque trop bon acteur mais finalement pas de taille pour la confrontation qui l'attend. Contrairement à l'instinctif et testostéroné Jeff Bridges dans la version de Guillermin. Et son héroïsme volontaire, mais peu à propos, rajoute du dérisoire au ridicule de son rôle. Pas facile de rattraper un primate géant qui a décidé de faire sa tête de lard dans une jungle touffue et tortueuse, peuplée d'insectes géants et où l'hygromètrie ferait péter tout bon thermomètre. Surtout quand on est pourvu d'un physique de caneton et féru de littérature romantique.
Alors bon, on se démène parce-que malgré tout, c'est Naomi Watts qui vient de vous filez sous le nez. De quoi motiver le plus ascétique des anti-héros.
Elle, est déjà plus pertinente. Son visage hors d'age à la belle symétrie n'est pas sans rappeler les grandes heures du glamour hollywoodien. Ses grands yeux mouillés et sa bouche joliment dessinée sont malheureusement souvent abusivement sous-tendus par quelques fonds guimauves et rosés qui sont
à la limite de la pub pour Guerlain. Mais la présence de la belle est indéniable n'en déplaise aux critiques littéraires qui lui reprochent sont manque de dialogues. Depuis quand le nombre de lignes de texte est-il gage de l'ampleur d'un rôle? A-t-on jamais reproché à Schwarzy ses 28 mots prononcés dans Terminator. Bien au contraire.
- Naomi Watts... Schwarzy... tu sens pas comme une incompatibilité viscérale?
Si. 45 kilos de muscles d'un côté et le statut de bon comédien de l'autre.
Les autres caractères sont, à l'image du genre, assez caricaturaux pour ne pas nous faire oublier que ce King Kong reste de l'entertainment avant tout. Comme l'original.


Et c'est bien là le point négatif du King Kong de Jackson. Cet entre deux finalement pas très heureux, car pas réussi, entre émotion et action. L'un écrasant l'autre. Ou plus exactement, l'autre écrasant l'un. Et ce ne sont pas les trois heures que durent le film qui, comme son réalisateur semblait le croire, suffisent à faire le lien de l'ensemble. Trop de spectaculaire finira par tuer le spectaculaire.
La version de 1976 de John Guillermin fut en cela une vraie réussite. La poésie opérait car l'écriture y était taillée au cordeau (ha! les scénarii des années 70...) et la mise en scène d'une rigueur absolue. Mais surtout, le casting y était impeccable et la bande originale de John Barry d'une puissance évocatrice rare. On regrette d'autant le mélange mal dosé de réalisme de cette dernière version en date, Kong sur le modèle d'un vrai gorille, et de fantasy (au sens anglais du terme) purement débridée et cinématographique comme la charge des brontosaures, car certaines scènes atteignent terriblement efficacement leur objectif. En particulier le premier tête-à-tête entre la belle et la bête. Qui met en évidence la bestialité du "monstre" et sa capacité à mettre un terme définitif à cette idylle naissante à l'aide d'un seul doigt si l'envie l'en prenait. On apprivoise pas Le Roi des Kong comme un vulgaire caniche.
- "C'est qui l'patron !? Bordel !"
D'ailleurs, quasiment toutes les scènes de la grosse tête velue d'affiche sont des réussites, sauf celle dans Central Park, comment dire...
-" Ridicule ?"
Voilà.
Les humains quant à eux ne sont malheureusement pas souvent à la hauteur.


Cependant, Peter Jackson s'impose définitivement comme le roi de l'adaptation en widescreen. Et si le spectateur du 21e siècle ne connaîtra jamais l'hallucination qu'a du représenter la projection du King Kong du 20e, c'est bien le seul point de divergence majeur des dites versions.
Très fidèle au premier opus de Schoedsack et Cooper, le King Kong façon Jackson est démesuré à l'image de son sujet. Démesuré de par son aspect visuel, démesuré dans l'expression des sentiments et démesuré dans l'action et dans son ambition. Qui n'est rien de moins que d'avoir voulu réaliser le film le plus visuellement ébouriffant jamais réalisé et d'y être parvenu. Jusqu'à ce qu'un autre réalisateur complètement fondu prétende au trône.
En attendant, Lucas et les frères Wachowski font figures de pâles dauphins et le royaume de Nouvelle Zélande peu couler des jours paisibles.
Si ce n'est assurément pas un film parfait, Le King Kong de Peter Jackson restera longtemps, j'en prends le pari, le plus impressionnant.
Le Roi est vivant, barbu et joufflu. Vive le Roi.


Aswip'

Le pour : une histoire de blonde
Le contre :
la chute n'est pas très drôle

par Aswip' publié dans : Les films en vrac
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Samedi 24 décembre 2005

USA - 1994 (Killing Zoe)


Genre : Gang Bang, he shout me down
Réalisateur : Roger Avary
Scénario : Roger Avary
Directeur de la photo : Tom Richmond
Casting : Eric Stolz, Jean-Hugues Anglade, Julie Delpy, Bruce Ramsay, Gary Kemp, Salvator Xuereb, Tai Thai…
Musique : Tomandandy

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

En salle la scène d'ouverture fait vite douter le spectateur. Une caméra embarquée sur le capot d'une caisse déambule le long des rues parisiennes filmant à l'emporte pièces des passants qui traversent, des Renaults 5, 16, et des Citroën d'un autre âge le tout garé ou à la croisée d'un carrefour, ou encore des palissades de chantier (passionnant) sans oublier le camion poubelle dans son labeur du matin. Sur la pellicule maussade proche du téléfilm on s'attend à ce qu'un générique en Hélvética corps 12 nous annonce la présence de Véronique Genest dans une sous-production qui fleure bon le policier du jeudi soir. On cherche d'instinct la zapette sur le siège d'à coté et/ou on s'apprête à porter plainte contre X pour faute de goût. La suite heureusement n'a rien à voir avec les tribulations d'une Julie Lescaut et cette référence ne sert qu'à décrire un générique résolument vilain. Passons.

Zed (Eric Stolz) débarque à Paris pour affaires. Visiblement abruti par les heures de décalages du vol New-York / Paris il se laisse aller aux palabres d'un Moïse au volant de son taxi qui lui arrange en douce, pour sa première nuit, une rencontre avec "une française, très bien". Plus tard Zoé (Julie Delpy) débarque et déballe. Tout. Elle n'est pas pute mais paie ses études et n'a d'orgasme qu'avec les types qui lui plaisent ce qui n'est pas courant et plutôt un compliment pour l'américain. Puis c'est Eric (Jean-Hugues Anglade) qui débarque. Il fout Zoé à la porte parce que son pote d'enfance n'a pas de temps à perdre : demain c'est le 14 juillet, Eric organise un braquage historique à la Banque Internationale de Paris et ils n'ont plus que quelques heure pour fêter ça.

Killing Zoé est visiblement un film de gueules. D'entrée celle embourbé de Stolz force la sympathie tandis que celle de Delpy enchante. Leurs tendres échanges sur l'oreiller, le cul entre deux chaises, entre la réserve et la déclaration flattent les sens : la vue se délecte et l'ouïe n'en perd pas une miette. Le plus naturellement ces deux personnages s'apprécient et communiquent via de subtiles mimiques la douceur de l'instant. L'autre gueule, celle explosive d'Anglade, vient pimenter l'ensemble. Il aboit, jappe, claque, embrasse à tour de bras et joue de son allure mi-ange mi-démon, en épicurien déjanté, brûlant la vie par les tous ses bouts. Eric n'est qu'un bateau ivre de tempêtes, prêt à entraîner son équipage dans son sillage désespéré. L'excès à la française agacera peut-être d'éventuels lassés des enflammées à la Depardieu, mais il explique à lui seul la spontanéité dévastatrice d'un braquage censé être minutieusement préparé. Virant à l'extrême lors de dérangeantes scènes festives d'avant hold-up, Anglade distille son jeu de ponctuelles attitudes d'une lucidité à faire froid dans le dos. Lorsqu'il retrouve Zoé dans la banque en pleine action, il est impossible de lire sur son visage s'il la reconnaît ou non, et lorsqu'il braque un otage il est difficile d'évaluer s'il va presser la gâchette. On fait alors comme Zed : on tente de suivre et on ne se pose pas trop de questions, ou alors trop tard. Et dire qu'au début on voulait juste tâter du danger, nous voici embarqué dans une sordide histoire, du sang plein les mains, avec un acharné sous héroïne en chef de file.

Killing Zoé est bien plus qu'un long métrage estampillé "film de potes de Tarantino". Bien sûr on reconnaît en cours de route les rouages qui plaisent et qu'entretient Quentin telle que des scènes de dialogues typiques, décalées et passives, dans les moments les plus inopportuns, ou encore ce goût presque adolescent pour l'action, son lot d'hémoglobine et de sur-consommation de stupéfiants en tous genres. Néanmoins le point fort de ce premier long d'Avary concerne sa relative sobriété. D'un angle de vue scénaristique il s'articule autour de 3 scènes principales Rencontre / Fête / Braquage, et ne comptabilise au maximum qu'une petite dizaine de "chapitres". Le fond de l'histoire n'a rien en soi de particulièrement original et ne repose sur aucune pirouette attendue. Le rythme de ce film tant suggéré qu'utilisé dans sa forme, ne privilégie que l'instant présent et nous ramène indirectement à ce que vit précisément Zed dépassé par les événements. Impossible de se poser pour mieux se projeter, inutile d'avoir toutes les cartes en mains pour essayer de mieux comprendre. Tout n'est que sous-entendu. Avary ne cherche jamais à expliquer la raison et la force de l'amitié qui lie Zed à Eric, pas plus qu'il n'essaye de mettre de longues tirades pour exprimer l'attraction fusionnelle entre Zoé et Zed. Il n'a pas besoin non plus de justifier les deux "Non, c'est hors de question" prononcés respectivement par le banquier et le vigile du coffre-fort, qui cassent l'entrain global mais sonnent comme de vains obstacles face à l'acte de folie. En fait ce qui s'apparenterait à des scènes de description rendrait caduque l'effet de surprise, désincarnerait le spectateur alors au coeur de la tourmente et rendrait anodine cette histoire de hold-up. C'est tant l'axe fort du film qu'en bout de course la présence policière n'est que suggérée, ou presque, avec en guise de bouquet final une fusillade en huit clos où pas un seul fusil d'assaut du GIGN ne pointe le bout de son canon. Balèze.

Et encore je vous passe les détails sur les autres petites perles disséminées de ci et là, qui vaudraient presqu'à elles seules le détour : le groom français qui parle anglais, le client américain qui se vante de la libération, la junkie qui drague Zed, la soirée de défonce extrème, Eric et Oliver qui "font les morts", Claude qui raconte une blague à ses potes de gang, Oliver qui a une absence face au coffre fort, Anglade qui chante Yves Montand... Que du bon.

Sorti en pleine période de films jugés particulièrement violents après le Léon de Besson, et le Tueurs nés d'Oliver Stone, Killing Zoé fût l'affiche qui fit déborder la critique, prit à part entre la volonté d'énoncer les qualités de ces oeuvres cinématographiques et ce besoin tout naturel d'enrayer l'engouement pour ce cinéma plus brutal qu'à l'accoutumée. Avec le temps on se dit que finalement tout se digère et que depuis d'autres violences plus fortes ont eu leur support cinématographiques, que cela soit celles mises en scène par un Spielberg lorsqu'il raconte la guerre ou bien celles de Gaspard Noé lorsqu'il décrit un viol. Avec le temps donc Killing Zoé bonifie sa cuvée, mettant en exergue sa belle mise en forme et son impeccable sens du rythme. Avec le temps enfin, on apprend à faire la différence entre des films gratuitement violents pour le spectacle et les autres. A ce titre il serait peut-être temps de diminuer le nombre de copies des blockbusters de Mickael Bay. Non ?


Enzo

Le pour :  Rythme, jeu, insoutenable légèreté d'actes condamnables.
Le contre :
Scènes de rue d'ouverture et de fermeture, très vilaines.

par Enzo publié dans : Les films en vrac
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