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Lundi 12 décembre 2005

C’est pas que ça ne nous fasse pas plaisir de retrouver notre Uma Thurman en forme et en formes, c’est juste qu’on a des doutes sur ses raisons d’aller se mouler dans un justaucorps super lycra très tendance de nos jours. L’actu de l’ex Killeuse de Bill a pour nom Super ex-girlfriend, une comédie d’Ivan Reitman qui sent bon l’humour universitaire, jugez plutôt : Super Uma ponctue son quotidien d’actes héroïque en tout genre jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse de Matt (interprété par Luke Wilson) un jeune homme des plus ordinaire. Celui ci ayant la fâcheuse idée d’interrompre cette belle idylle, subira pour conséquences son lot de super vengeances comme seules les copines de Wonder Woman savent le faire.

(rires)

C’est aussi mince que le peu d’images que l’on trouve à propos de ce film, dont ce beau cliché, ici en tête d’article, portrait en pied de la belle en short-talons-ceinture-uniforme de la marine russe. On vous en parle donc, juste histoire de vous tenir au courant.

Ivan Reitman a fait du chemin depuis son S.O.S fantômes, pop-movie culte des années 80, nous proposant son lot de comédies légères aux synopsis gentiment décalés telles que Jumeaux avec Arnold et Danny, La fête des pères remake made in U.S des Compères de Francis Veber, Six jours 7 nuits, et Evolution. Bref, pas de quoi rassurer les cinéphiles sur les éventuelles qualités de sa dernière réalisation, mais est-ce une raison pour fusiller d’emblée cette noble idée de nous resservir de l’Uma bellisima sur les toiles tendues de nos cinémas ? Ptet ben qu'oui.

J’en entends qui râlent derrière moi.

Sortie prévue en salle en août 2006.

Enzo

par Enzo publié dans : Potins, news & ragots
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Lundi 17 octobre 2005

Grande Bretagne - 2005 (Brothers Grimm)


Genre : film d'entreprise
Réalisateur : Terry Gilliam
Scénario : Ehren Kruger
Directeur de la photo : Newton Thomas Sigel
Casting : Matt Damon, Heath Ledger,
Jonathan Pryce, Lena Heady, Monica Bellucci
Musique : Dario Marianelli

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Chez Les Grimm, les jours de fêtes, c'était soupe au lard. Sans lard. Au prix du lard... Une bonne bolée d'eau chaude avec un peu de terre en guise de sel. Au prix du sel.
Et pour soigner la tuberculose de leur mère, Wilhelm et Jacob, surtout Wilhelm d'ailleurs, devait aller briser l'épaisse couche de glace qui recouvrait le puit au fond de la cour, pour en extraire un peu d'eau à l'aide d'une fourchette. Non pas que Jack n'aima pas suffisamment sa maman pour s'adonner à cette basse besogne, bien au contraire, mais sa formidable lucidité pré-adolescente lui avait déjà fait entrevoir le pire. Et loin d'accepter la fatalité, ce dernier avait décidé de se réfugier dans un monde imaginaire.
Comme pour surmonter les vicissitudes d'un monde réel décidément trop cruel. La vie est en effet bien moins rude au pays des haricots magiques.
Pourtant, Les Frères Grimm ne vont pas devenir dealers par dépit malgré leur rude apprentissage en zone rurale. Ce lourd passif ne les conduira pas non plus à brûler des voitures car l'éducation qui fût la leur lors de leur passage au pensionnat de Sarlat va à jamais guider leur existence. Comme quoi, il n'y a pas de fatalité.

Devenus de vrais filous professionnels avec mention bien en chourre et assez bien en escroquerie, ils vont écumer leur contrée natale à l'affût de gogos près à tous gober. Et à l'époque, il n'y avait qu'a se baisser. D'où un succès fulgurant auprès des populaces locales.
La raison face aux croyances. Un bon fond de commerce que perpétuent encore allègrement les télévangelsites de tous poils et de toutes confessions. Qui a dit que les temps changent?
- Mais nan, c'est Le temps qui change. Y a plus d'saisons ma bonne dame.
Ha, d'accord.
Pour appuyer cette évidence climatologique, il est vrai que pour enrhumer du crétin, ils connaissent leur affaire : exorcisme de sorcière, chasse aux trolls et engrossage de jeunes villageoises crédules n'ont pas de secrets pour eux. Du moins pour le dégourdis et sceptique Will. Car son frérot lui n'a pas atterrit depuis sa prime jeunesse et voit des nains partout.
Et pour bien noircir le tableau, leur patrie est en passe de tomber sous le joug d'un nabot corse neuroleptique au "moi" surdimensionné. Un sale français mangeur d'escargots et portant le bicorne, qui voudrait faire main basse sur tous les champs de patates des royaumes alentours. Ce mégalo court sur pattes envoie donc ses troupes dans la campagne germaine pour instaurer les préceptes cartésien en lois officielles. Entrant ainsi en conflit ouvert avec les frangins Grimm.

Rien à y redire. Le thème était taillé sur mesure pour Terry Gilliam. Sur le papier. Car dans les faits, le constat est plus amer.
Les largesses qu'il a prises avec la biographie de vrais Frères Grimm sont plutôt réjouissantes, les décors sont somptueux, l'atmosphère forestière
est présente et Matt Damon est franchement excellent.
- sérieux??
Vraiment.
Il transperce l'écran dans son rôle de faux-cul cynique à qui on ne la fait pas. Il s'est totalement investit, avec beaucoup de générosité, et on ressent même la jubilation de l'acteur dans certaines scènes. Le contre-emploi payant que cherche beaucoup de comédiens. Souvent vainement.
Ici, ça prend. Malheureusement, le reste du casting et un peu écrasé par la performance. Jonathan Pryce fait ce qu'il faut, ni plus ni moins, en bon routier de l'univers gilliamesque, Peter Stormare en fait des caisses, Lena Heady est transparente, Monica Bellucci, anecdotique, et Heath Ledger
marche un peu trop sur les plates-bandes de Johnny Depp pour être honnête. Ensuite un compositeur, Dario Marianelli, qui fait son Danny Elfman.
Niveau mise en scène, Gilliam nous a trop habitué à son foncier hors du commun. Hors, Les Frères Grimm s'essouffle assez rapidement. Notamment à cause d'une intrigue "même pas secondaire", puisqu'il s'agit du fond du film, mais envisagée comme telle. Du coup, totalement dispensable.
Et puis son style, reconnaissable entre mille, fait de grand-angles et d'effets spéciaux à la débrouille est en train d'être rongé par la standardisation du tout-numérique. Et ça, ce n'est guère rassurant.


Depuis le naufrage financier, totalement injuste, du Baron De Munchausen, Terry Gilliam traîne cette étiquette rare et précieuse mais Ô combien pesante d'électron libre du cinéma d'entertainment américain. Comme d'aucun porte un fardeau. Et il est résolument seul à porter sa croix.
La Sainte Inquisition Hollywoodienne a donc à l'œil ce farfelu mage au rire sardonique et aux projets démoniaques. Ces prétentions étant en effet forts hérétiques : faire rêver, rire, pleurer. Emouvoir en somme.
Pourquoi le sortilège ne prend-il alors pas?
Le sorcier Gilliam aurait-il dépensé trop de bave de crapaud et de cornes de bouc dans son Grand Oeuvre maudit, Don Quichotte? Ou faute à un scénar si mal ficelé que même un maître jedi de l'imaginaire tel que lui ne pouvait mener Les Frères Grimm à bien. Même pas sûr.
Car le film de commande est un exercice dont il peut s'affranchir avec brio ; L'Armée Des Douze Singes. Les voies du succès sont décidément aussi obscures que celles des forêt teutonnes du XIXème siècle. Et on ne gagne pas à tous les coups, malheureusement. La plupart des ingrédients alchimiques étaient pourtant réunis dans la petite entreprise Grimm : la fable, le visuel, Le comédien...
Le problème majeur avec les recettes magiques, c'est précisément que s'il manque le moindre ingrédient, la concoction aux propriétés surpuissantes vire au placebo. Et côté maîtrise scénaristique, Terry Gilliam semble avoir été mis sous tutelle. Ou alors dépassé. Or, aux vues de ses antécédents, il est difficile d'imaginer un Gilliam débordé par quelques circonvolutions scénaristiques. La première option s'impose d'elle même.
- Dans ton esprit de fan tordu, oui.
Moi je suis le fan, c'est toi mon esprit, espèce de tordu!
On sent qu'à plusieurs reprises dans Les Frères Grimm, les rangs de la confrérie des Inquisiteurs se sont resserrés autour de lui. Quand son espiègle esprit commençait à marauder trop ostensiblement, faisant gonfler sensiblement un budget déjà astronomique. Du moins pour un Terry Gilliam.

Le film est donc ponctué de Gilliam par intermittence. Et à la vérité, il n'est surement pas totalement étranger au ratage relatif du projet. Avec son caractère de cochon, avec celui des frères Weinstein, et avec tous les aléas que peut comporter un film réalisé par le plus anglais des américains.
Et comme si la fiction, ou la vision, rattrapait la réalité, ce dernier ressemble de plus en plus à son héros Brazilien Sam Lowry. Reste à savoir s'il se fera broyer par La Machine ou si son âme est définitivement libre de toute contingence. On en saura plus dans son prochain tour de passe-passe.
En tous cas, à Cinematic, on lui souhaite de vivre heureux éternellement. Sinon j'ai une bonne adresse de marabout pour lui.


Aswip'

Le pour : Il était une fois...
Le contre :
on sait comment finissent les contes de fées.

par Aswip' publié dans : Les films en vrac
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Jeudi 6 octobre 2005

USA - 2005 (Rize)


Genre : Bouge !
Réalisateur : David LaChapelle
Scénario : Streets in L.A.
Directeur de la photo : David LaChapelle
Casting : Tommy the Clown, Lil C, Dragon, Tight Eyez, Miss Prissy, La Niña...
Musique : Amy Marie Beauchamp, Jose Cancela

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

A Los Angeles les orphelins sociaux sont forcément noirs. A peine sortis de l'enfance des gosses servent de proie aux gangs à l'affût, qui ponctuent un quotidien tendu, de fusillades à l'aveugle. La ville dont le nom évoque plus les âmes de ceux qui n'y survivront pas, qu'une quelconque allégorie chrétienne, teinte souvent son bitume d'un rouge sombre... à l'origine d'éternelles représailles. Pour beaucoup de jeunes, le début d'une existence responsable nécessite un choix radical. Avant c'était "marche ou crève", désormais ça sera "gang ou krump".

RIZE (lève) est une incitation à l'élévation pourtant plus lourde que quatre blocs de béton. En quatre lettres massives, l'accroche est plus proche d'un ordre à suivre que symbole d'espoir et résonne comme PRIDE (fierté) pour appuyer un besoin vital de s'affirmer. A l'origine pour Tommy The Clown c'était plutôt SHINE (éclat). Au lendemain des tristement célèbres émeutes de Los Angeles de 92, Tommy s'aperçoit qu'il sait faire émerger les bonnes vibrations lorsqu'il se grime façon Ronald et qu'il entraîne dans sa ronde les plus jeunes dont il célèbre les anniversaires. Il bouge et fait bouger, il harangue et ses maux s'expriment à pas déjantés. Très vite l'effet positif fait boule de neige et des gangs de Clowns émergent de partout, optant pour une danse plus emprunt à un langage de communication qu'à des effets de style chers à MTV. Les codes s'inversent et les jeunes montrent la voie aux aînés; bientôt tous se mettent à bouger et se persuadent qu'ils tiennent là quelque chose pour lutter contre toutes les formes d'agression d'une classe sociale qu'une amérique a tassé bien au fond.

Tommy devient un modèle et sa danse une référence. Les gosses qui l'accompagnent ont grandi avec lui et font vivre à travers leurs parcours respectifs le "Clowning" en le dotant de nouveaux gestes. Ainsi naissent le "striper", variation plus dévêtue et plus secoué du bassin, et le "krump" forme aboutie d'une expression corporelle plus proche du cri que de l'arabesque. Les danseurs se poussent, les attitudes sont plus menaçantes et soulignées par de nouveaux maquillages plus tribaux, en lieu et place du traditionnel maquillage de clown. Pour certains d'ailleurs la mutation est trop marquée et entraîne une rupture. Désormais il a ceux qui Clownent et ceux qui Krumpent, et tous se rejettent mutuellement l'étiquette "ringarde" de leur choix. Malgré tout, l'adversité affichée des deux styles n'empêche aucunement la valeur de respect que chacun accorde les uns aux autres. Il a suffit d'une confrontation à la hauteur des espérances dans une vaste salle se sport pleine à craquer, pour rendre compte du même objectif : danser pour s'affirmer, distraire pour se faire un nom, sinon une place. Ce jour là les Clowns ont affrontés les Krumpers dans des duels jugés par les applaudissements du public. Par catégories d'âge, de corpulence, et de sexe, ils ont tout donnés sous la jurisprudence de Tommy qui annonçait le verdict du jury venu en masse soutenir ses favoris. Ce jour là au score ce sont les Clowns qui l'ont emporté mais c'est tout le monde qui s'est régalé. Et pourtant ce jour là c'est Tommy qui a pleuré, puisque durant le show un gang, un vrai cette fois, s'est introduit dans sa modeste demeure pour tout mettre à sac... Faut croire que la rue n'aime pas voir sa jeunesse s'amuser.

Difficile de se dire où David LaChapelle a su exprimer son point de vue. Dans ce documentaire il est plus à l'aise pour poser sa caméra dans des angles appuyés que pour filmer la détresse de Tommy cambriolé, expulsé, et révulsé quand il se rend dans une famille en deuil. Sûrement par optimisme et par l'espoir inattendu qu'a engendré ce mouvement, David a préféré mettre en avant le précieux élan que ses accidents de parcours. A cette option les larmes de Baby Tight Eyez mettent du baume au coeur lorsqu'il se rend compte de l'admiration qu'il suscite au yeux de Tight Eyez, son modèle. Celles de la Niña passent moins bien, elle qui voulait en mettre plein la vue à la sublime Miss Prissy. Du coup, malgré les pleins feux sur l'aspect positif du mouvement, le spectateur garde en fin de projection un goût amer en bouche, pas rassuré par l'ombre du mal qui plane toujours et encore, esquivé d'une certaine manière par les inattentions du réalisateur.

Pourtant l'espace d'un instant David LaChapelle a mis le doigt sur quelque chose d'intéressant, de sous-jacent, d'inexprimé en surface... Quand aux images de duels de rue il superpose des images d'archives de tribus d'Afrique s'affrontant de la sorte, on se rend compte qu'il y a quelqu'un derrière la caméra et qu'il a quelque chose à nous dire... Mais l'inspiration reste passagère et David redevient vite le photographe de talent qu'il est pour le plus grand bonheur des esthètes, mais au détriment de ceux en quête de réponses.


Enzo

Le pour :  Aucune image n'a été accélérée.
Le contre :
Sensation d'inachevé.

par Enzo publié dans : Les films en vrac
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