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Samedi 21 mai 2005

USA - 1999 (Galaxy quest)


Genre : OVNI loufoque
Réalisateur : Dean Parisot
Scénario : David Howard, Roger Gordon
Directeur de la photo : Jerzy Zielinski
Casting : Tim Allen, Sigourney Weaver, Alan Rickman, Tony Shalhoub, Sam Rockwell, Daryl Mitchell, Robin Sachs...
Musique : David Newman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Une rocambolesque troupe de comédiens has been supporte de moins en moins les conventions consacrées à leur série télévisée culte Galaxy quest. Sans cesse à la poursuite du cacheton, l'équipe s'exibe à tout va, soit devant des fans déguisés en quête de réponses impossibles sur des détails techniques fictifs puisque issus de l'imagination des auteurs, soit à l'ouverture des grandes surfaces soucieuses de distraire sa clientèle. La série vieille d'une vingtaine d'années ne vit plus que par les redifusions et les souvenirs de ses adeptes, condamnant ses comédiens à vivre une gloire qui ne semble pas se lasser de s'user. Au cours de l'une de ces exhibitions grotesques, une poignée de Thermians, de véritables extra-terrestres qui prennent les épisodes de la série pour des documents historiques, viennent soliciter l'équipe de Galaxy quest, qu'ils considèrent comme des héros, pour les aider dans leur lutte désespérée contre le tyrannique général Roth'h'ar Sarris. Avec pour seuls repères une pléiade de répliques stupides et un vaisseau spatial, copie conforme jusqu'au moindre détail de celui de la série, recréé par les naïfs extra-terrestres, la troupe d'acteurs se doit de jouer à fond leurs personnages fictifs pour espérer sortir tout ce beau monde (y compris eux-mêmes) de ce joyeux pétrin.

"Par le maillet de Grabthar !" avec une telle approche scénaristique digne des mémorables productions de Jim Abrahams et des frères Zucker (Y'a t'il un pilote dans l'avion ?, Top Secret, Y'a t'il un flic pour sauver la reine ?) on ne pouvait s'attendre qu'à une vaste loufoquerie, une machine à gags insensés, le genre de film pénible pour nos zygomates peu accoutumés au grotesque assumé. C'est à la fois le cas, et à la fois non. Malgré ses références ancrées dans la SF de pacotille et certains aspects kitsch qui en découlent, Galaxy Quest est plus une comédie qu'une parodie. Bien sûr le film délivre son lot de scènes débiles, clownesques ou même cultes (désorganisation de l'équipage, pilotage du vaisseau, manipulation des gadgets technologiques, répétition de répliques issues de la série), mais se permet aussi une approche plus subtile qu'il n'y paraît, évitant l'écueil de la satire gratuite. En abordant le sens profond de la comédie, ses travers d'attitude de façade, son principe inné de mensonge, et en jouant de l'impact du jeu de rôle sur les esprits naïfs des Thermians, l'histoire prend une tournure plutôt inattendue, loin d'être idiote. Ça reste assez léger pour que l'on continue d'en rire de bon coeur, mais la pirouette, admirablement amenée, surprend agréablement. Pour la rendre crédible, il fallait de véritables épaules d'acteurs, aptes à endosser tour à tour la cape de la farce et le masque du désaveu. A ce petit jeu Allen, Rickman et Weaver se régalent d'autant plus qu'ils jouent chacun deux personnages : ceux de la série et ceux des acteurs de la série. Le genre de rôle "poupée russe", véritable planche en bois recouverte de savon noir, que n'importe quel clown de pacotille se mangerait avec pertes et fracas.

Evident clin d'oeil à Star Trek, Galaxy Quest explore aussi avec un oeil narquois, mais tendre, le fond gentiment pathétique des conventions de fans, présentés ici plus comme de gentils accrocs que comme des débiles passionnés. Les auteurs ont juste assez d'affection pour ces aficionados de série culte pour leur attribuer une place déterminante dans l'intrigue générale, permettant de rappeler doublement que certaines stars de série ne représenteraient pas grand chose ou n'iraient pas bien loin sans l'appui de leurs admirateurs. Outre ces considérations symboliques, bien pensées et savamment dosées, Galaxy Quest reste surtout un pur divertissement jubilatoire, mené par une belle équipe d'acteurs enthousiastes, ravie de pouvoir se lâcher de la sorte. A noter enfin que le film ouvertement SF est doté d'effets spéciaux plus qu'honorables et d'une réalisation soignée, bref de quoi en faire le film sympa type à visionner, sans à priori, un soir de programmation télé morne, ce qui arrive relativement souvent.

Enzo

Le pour : Sigourney Weaver, Alan Rickman, et Tony Shalhoub, irrésistibles.
Le contre :
la gestuelle et l'élocution un peu pénibles des Thermians

par Enzo publié dans : Les films en vrac
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Lundi 16 mai 2005

Japon - 2001 (Shoujyo)


Genre : Liaison coupable
Réalisateur : Eiji Okuda
Scénario : Katsuhiro Manabe, Izuru Narushima
Directeur de la photo : Hirokazu Ishii
Casting : Eiji Okuda, Mayu Ozawa, Akira Shoji, Mari Natsuki, Hideo Murota...
Musique : Shigeru Umebayashi

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Belle affiche. Le portrait d'une jeune femme vue légèrement de plongée, aux lèvres plus gonflées qu'un fruit mûr, et dont le regard vague, presque ivre, invite à découvrir son dus nu orné d'un impressionnant tatouage. La prise de vue humide, vaporeuse même, avec sa profondeur de champs qui démarre à mi dos, le tout dans des teintes rouges-vertes de toute beauté, évoque une atmosphère lourde de sensualité. Le titre, un peu provoc avec cette mise en scène, suggère que l'on va déguster du fruit défendu, d'autant plus qu'il implique une Lolita-geisha… D'autres images s'installent d'emblée dans notre imagination, de corps enlacés, d'interdits transgressés, de cerises englouties jusqu'à la queue (va savoir pourquoi)... Une iconographie motivée par la charge érotique du pays du soleil levant, évoquée à plusieurs reprises aussi bien dans le cinéma local notamment dans l'oeuvre de Nagisa Oshima et son Empire des sens, qu'à l'échelle internationale comme dans le Pillow book de Peter Greenaway.

Autant s'arrêter là puisque Une adolescente n'a rien de torride ou de propice aux fantasmes de toute sorte. Je sais que dit comme ça je gâche votre prise d'élan d'autant plus que l'affiche en tête de page vous a chatouillé l'imagination. Pourtant ce premier film en tant que réalisateur d'Eiji Okuda n'est rien de plus qu'une histoire d'amour touchante, légèrement décalée entre deux âmes égarées, l'une d'une trentaine d'année l'ainée de l'autre. Le sulfureux suggéré par l'affiche, à peine prolongé par la première rencontre entre Tomokawa et Yoko s'estompe donc assez vite, et même le délicat tabou de la différence d'âge semble n'être qu'un obstacle moindre face à la sincérité de ce qui les réunit.

Sur les bases d'un authentique poème traditionnel des deux oiseaux à une aile qui volent accolés l'un à l'autre pour ne plus connaître que l'éternité du ciel, Eiji Okuda raconte l'histoire de Tomokawa, flic oisif de proximité, ancien voyou, dont le dos est recouvert d'un impressionnant tatouage représentant justement le mythique oiseau amputé. Interrompu dans sa sieste un jour de service, il fait la connaissance de Yoko, une adolescente de 15 ans plutôt entreprenante. Pas vraiment convaincu de la démarche affective de l'effrontée, Tomokawa décline toute propositions câlines mais s'en ressent troublé. Lui qui n'aime rien ni personne, qui kidnappe les animaux de compagnies afin de les rendre, auréolé d'une petite gloire, à leurs jolies propriétaires et d'obtenir une récompense sur l'oreiller, lui qui n'a plus grand chose à attendre de son quotidien d'un ennui profond, se laisserait bien aller à aimer. Yoko, fascinée par l'impressionnant tatouage voit en Tomokawa un être incomplet, chargé d'un passé qu'il porte physiquement derrière lui. L'adolescente maternée par son grand-père vieillissant, et responsable prématurée de Sukemasa son grand frère autiste, se jette ainsi à corps perdu dans cette relation idéalisée, comblant son vide affectif en s'occupant de celui de son interdit d'amant.

Bien sûr s'arrêter à ces quelques lignes de résumé ne rend pas franchement hommage à l'oeuvre d'Okuda. Petit défi aux moeurs japonaises, Une adolescente rend crédible, avec toute l'élégance possible, la liaison sincère entre ces deux âmes à la dérive. Même si l'ombre de l'inceste plane au-dessus de cette gentille fable, l'oeuvre se place à l'opposé des clichés des relations perverses tant exploitées dans certains mangas, pour mieux approfondir l'origine consciente et inconsciente d'une telle union amoureuse. Pourtant la mise en scène d'Okuada et le peu de poids qu'il donne à ses intrigues secondaires (le blocage de Sukemasa lié à un traumatisme infantile, la relation entre la mère de Yoko et Tomokawa...) plombe sensiblement son histoire. Ni vraiment une analyse, ni franchement une comédie dramatique, Une adolescente est une romance sobre, un peu maladroite avec certains passages bancals et quelques plans bouclés à l'emporte pièce. Un peu long, un peu lent, le film fatigue comme une interminable balade à bicyclette, laissant en chemin quelques spectateurs las d'attendre le fin mot de l'histoire. C'est d'autant plus usant que la conclusion apparaît assez évidente dès la première heure et qu'aucun accident de parcours ne viendra réellement mettre en doute cette issue, y compris cet énigmatique « coup de feu » hors champ en fin de projection, aussi inexplicable que volontaire.

Enzo

Le pour : Un zeste d'exotisme
Le contre :
Trop long d'une bonne demie-heure

par Enzo publié dans : Les films en vrac
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Samedi 14 mai 2005

USA - 2002 (One hour photo)


Genre : Scrapbooking
Réalisateur : Mark Romanek
Scénario : Mark Romanek
Directeur de la photo : Jeff Cronenweth
Casting : Robin Williams, Connie Nielsen, Dylan Smith, Michael Vartan, Gary Cole...
Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Sy Parrish est seul. Désespérément. Et si la vie, parfois vache avec les âmes en peine, l'avait mené sur les rives désertes d'une île à la place d'un Tom Hanks dans Seul au monde, force est de constater que Sy se serait jeté la tête la première sur un rocher affûté pour abréger ses souffrances. D'abord, parce qu'il n'aurait pas sous la main tous ces accessoires techniques et compliqués de développement photographique, qui lorsqu'il les manipule, lui permettent de combler son emploi du temps. Mais surtout parce qu'il n'aurait pas l'occasion de vivre par procuration la vie de famille des Yorkins, qu'il épie depuis une dizaine d'année via leurs clichés-souvenirs, en 36 instants figés de bonheur qu'il tire en double exemplaire afin de s'en garder une copie personnelle, et de s'en faire une décoration murale plutôt troublante. Les vacances, ce n'est pas le truc de Sy. A l'abri dans son stand photo de supermarché, il n'est pas près d'aller s'échouer sur une île au beau milieu de l'océan pacifique. Son boss a beau lui conseiller de prendre quelques jours de congés, il sait que sa vie est ici, délivrée par de petits rouleaux sombres qu'il dépiaute d'une habilité chirurgicale, afin de ne pas en rater une miette.

Malgré ce synopsis, le titre de Photo obsession sied maladroitement au propos de ce premier film de Mark Romanek, le parant d'une robe psycho-thriller trop évidente et le cataloguant parmi d'autres noms d'oeuvres navrantes du type Obsession fatale, ou Virtual obsession. Son titre d'origine One hour photo lui correspond mieux, illustrant plus subtilement à la fois le métier de Sy Parrish mais aussi le peu d'instants de vie que se permet le pauvre bougre, en apnée dans son quotidien aseptisé, à l'affût d'une bulle d'oxygène aussi provisoire qu'inespérée. Robin Williams dessine au critérium son rôle, incarnant jusqu'au col de chemise tiré à quatre épingles, la timidité maladive du personnage, son désir d'être adopté par une famille idéalisée, et son souci de rester, malgré tout, à l'écart. Sy Parrish oscille sans cesse entre sa volonté de devenir concrètement l'oncle Sy et celui que cet espoir insensé ne reste qu'un cliché parmi tant d'autres. Après tout, les instantanés ne reflètent que les bons instants de la vie alors pourquoi s'encombrer du reste ? Forcément lorsque cet équilibre un peu malsain, plutôt fragile, est mis à mal par une tierce personne et une photo venue d'un autre tirage, les poils aux aguets finissent par se dresser. Jusqu'où peut aller Parrish afin de préserver son cocon ?

Loin des clichés du genre et leur panoplie grossière de films d'angoisse, Photo obsession fait naître le malaise via un Robin Williams inspiré, mais notamment grâce à un traitement visuel soigné, franchement clinical lors des scènes de supermarché. A ce titre Mark Romanek, dont l'obsession photographique s'explique par son passé clipesque, peut parfois donner l'impression d'en faire un peu trop avec ses cadrages figés, sa large gamme chromatique, et son faux rythme sur du faux plat. On aime ou on aime pas. On tolère ou on subit. A noter qu'à ce petit jeu illustratif d'autres réalisateurs du même acabit se sont cassés les dents lors du passage du court au long métrage, tel Tarsem Singh créatif publicitaire génial, auteur du creux the cell. C'est la sobriété narrative de Romanek qui permet à son film de susciter un certain intérêt, n'en déplaise aux accrocs du thriller tendu comme une ficelle de string, qui lâcheront l'intrigue en cours de route. A ceux ci, et à leur décharge, j'avoue volontiers qu'il manque à Photo obsession un je-ne-sais-quoi de plus investi dans la démarche pour le rendre plus marquant, peut-être en poussant plus loin les moments de flottement de Sy Parrish, à l'instar du passage où il se retrouve le cul sur la cuvette WC des Yorkins. Instant franchement dérangeant. Sans plus d'ambitions, Romanek donne l'impression de s'être posé un garde fou global, allant même jusqu'à justifier les actes de son personnage central lors d'une dernière scène explicative pas vraiment nécessaire. Du coup en préservant Sy Parrish, Romanek ne peut empêcher une certaine transposition du mauvais rôle sur les épaules de Will Yorkin, le père de famille. Ce qui est plutôt mal venu si l'on veut éviter la leçon de morale "tu ne pêcheras point".

Enzo

Le pour : Belle photo, Robin Williams impeccable, et... Connie Nielsen.
Le contre :
On se croirait limite dans une pub Kodak

par Enzo publié dans : Les films en vrac
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