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- "Sans blague, le dernier film de Tim Burton est sorti ?"
- "Oui, tu as pas vu les affiches ? Faut sortir un peu de ta cabane dans les bois Huckleberry ! Ca s'appele Charlie et la chocolaterie"
- "aaaaaaah Ok ! C'est ça ? Oh oh oh... Les affiches étaient tellement infâmes que je ne pensais pas qu'on pouvait annoncer la dernière rêverie de Tim Burton comme ça. Non c'est pas possible, tu me taquines là"
- "Pas du tout. Et puis arrête d'être comme ça, on juge pas un film sur le graphisme de son affiche. Relâches tes sphincters un peu, puis t'es chiant t'aime jamais rien."
- "Comment ça ? J'aime jamais rien. C'est faux en plus. Il existe des films que j'aime."
- "Ah ouais ? Et lesquels ? Fais-moi marrer tiens !"
- "T'es vraiment lourd quant tu t'y mets."
- "Ok ben va voir le Tim Burton et on reparlera."
Ok parlons-en tiens...
Tim Burton (est-il utile de le présenter ?) est allé faire un stage chez milka en lisant le conte de Roald Dahl et il en a fait un film, revenant à ce qui lui tenait à coeur, la rêverie et les contes. Charlie et la Chocolaterie étant un pylône en matière du genre au format livre, il semblait profilé pour celui à l'écran, celui d'un conte qui susurrera une histoire merveilleuse aux oreilles et yeux de tous et plus particulièrement aux enfants. Alors aurais-je perdu mon âme de bambin pour ne plus apprécier le conte de ce cher Tim ? Je ne sais que dire...
En fait, je vais vous avouer une chose, j'ai toujours détesté les chocolats à la liqueur quand j'étais petit, particulièrement les "Mon Chéri". Oui, je détestais cette sensation de me faire duper en croquant le chocolat et sentir cet écoeurant liquide couler sur ma langue, ça m'apprendra à aller chiper des chocolat dans la boite. L'écorce recelait donc un arrière-goût nauséabond m'apprenant à me méfier, tous les chocolats ne sont pas un délice...
Charlie et la Chocolaterie aurait pu être un bon moment si je n'avais pas eu la mauvaise surprise de la liqueur.
Burton, égal à lui-même, nous sert une réalisation propre, soignée, pleine de couleurs et en musique (Danny Elfman fidèle au poste). Son imaginaire graphique et de mise en scène met l'univers assez en valeurs et on a vite fait de ce laisser charmer par tout ce petit monde. Mais arrive le mauvais goùt dans la bouche...
Ce fameux mauvais goût a pris la forme d'une morale plutôt douteuse dans cette histoire. Volontaire ou non, l'idée véhiculée en arrière-plan est effrayante surtout quand on se dit qu'il s'agit d'un conte. Il est alors résolument ancré dans son époque, capitaliste au possible et basé sur le dépouillement de toute personnalité. Passé outre les guirlandes et le chocolat, je te pose alors, fidèle lecteur ces quelques questions :
- Que penser de cette vision d'usine grise et gigantesque dont les cheminées surplombent d'un air menaçant la petite ville du haut de sa colline ?
- Que penser du crédit apporté à ce chef d'usine nommé Willy Wonka, incarné par Johnny Depp, qui licencie sur un caprice tous les employés mettant la petite ville dans la pauvreté ?
- Que penser ensuite de ce même Willy Wonka qui va chercher des indigènes rigolos dans la jungle pour les transformer en travailleur clandestins dans son usine (mais bon ils sont rigolo, ils chantent en travaillant) ?
- Que penser de cet oncle qui vient tout penaud se mettre quasi à genoux devant ce chef d'entreprise qui a ruiné sa famille quelques années plus tôt pour pouvoir visiter les locaux de l'endroit où il travaillait la larme à l'oeil?
- Que penser de ces sentences infligées au enfants qui souffrent de la mauvaise éducation de leur parents et que l'on montre du doigt comme étant la honte du genre humain ? (la sortie de l'usine est une honteuse lapidation morale)
- Que penser du châtiment physique infligé à l'enfant le plus intelligent du groupe (il a tout de même réussi à pirater le système informatique de Willy Wonka pour avoir un ticket) ?
- Que penser de ce Charlie qui ne pense jamais, qui ne dit jamais rien, qui reste en place, qui ne fait rien et qui se voit félicité de n'être rien d'autre que quelqu'un d'inactif ?
Alors, que penser de tout ça ?
Après avoir vu Charlie et la Chocolaterie, j'ai été déçu et choqué par les idées étranges qu'on dissimule derrière les rêveries et une cascade de chocolat.
Tim Burton a pourtant réalisé son histoire avec grand brio et maîtrise, des décors somptueux, des couleurs dans tous les sens, des acteurs au bon endroit mais le coeur de l'histoire ne m'en reste pas moins douteux et amer pour autant. On pourrait alors penser à une surenchère visuelle pour combler un manque de réflexion sur le fond. Et ce ne sont pas les facéties des Oompas-loompas qui après m'avoir distraites me feront avaler cette liqueur intérieure. Désolé Tim, mais ce film se liera à la La Planète des Singes pour former le duo de tes films que j'ai vraiment mal digéré.
Heureusement que tu nous as aussi servi des merveilles tout de même.
Maintenant j'espère que son prochain long métrage d'animation The Corpse Bride qui sort sur les écrans pour la fin de l'année sera plutôt du genre kinder surprise, ça fera office de bon bain de bouche.
Yerom
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