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22 février 2005 2 22 /02 /février /2005 00:00

US - 2000


Genre : Dependance Drame
Réalisateur :  Darren Aronovsky
Scénario :
Hubert Selby Jr. - Darren Aronovsky
Directeur de la photo :
Matthew Libatique
Casting :
Jared Leto, Jennifer Connely, Marlon Wayans, Ellen Burstyn
Musique :
Clint Mansell

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
****

Une pluie fine tombait sur les pavés lorsque j’emmergais du tunnel par lequel je suis sorti de la salle. Il faisait encore jour en ce jeudi, plus pour très longtemps me disais-je. Le soleil avait déja bien entamé sa course au crépuscule. A travers les nuages, j'étais comme souriant d'apercevoir quelques parcelles de bleu clair.
Je me remémorais encore les images de ce requiem, un peu perdu entre les gouttes.
De toutes sortes, de toutes les couleurs, je me suis tout pris, dans la tète d'un seul coup, aussi vite qu'une flèche sifflant dans les airs, oppressante comme un orage lourd et humide en été.
Je ne savais plus trop quoi penser de tout cela sauf un certain mal-être. Quelques chose dans mon ventre bougait et me disait que je n'étais pas indifférent.


Requiem for a dream m'a mis mal à l'aise. Moi qui suis pourtant généralement inébranlable devant certaines images ou ambiance, j'ai été renversé, pris de surprise par ce film.
Peut-être étais-je trop habitué par les films en vogue sur la drogue et sa perversité, trop habitué par le bon esprit des montages speed sur fond techno qui mettent la gouache avec lequel on se complait de rythmer les images. Mais il y avait autre chose derrière tout ça.
Quelques chose de caché depuis le début, derrière l'écran, terré même jusque dans le titre.
L'histoire de ces quelques personnages junkies cherchant de nouvelles expériences, prenant de la drogue comme j'ouvre la porte du frigo le matin pour attraper un yaourt aux fruits, laisse trainer quelques sourires au début. Les images sont séduisantes, la photographie impeccable et témoigne d'une maîtrise de l'image impressionante. Alors on se prend doucement à l'histoire, gentiment même. Cette interaction entre les personnages relate d'une grande complicité, Harry et Ty sont deux amis qui s'éclatent, font la fête, se délectent des plaisirs de la chair. Marianne et Harry forment un couple vivant la tète pleine de belles images, se faisant des "fix" pour voir encore plus loin dans cet album. Dans un montage déjanté voulant représenter un monde où l'on a plus tellement souvent les pieds sur terre, on assiste au déroulement de leur petite vie axée sur la consommation d'héroïne. Puis vient l'envie d'en revendre pour ne plus avoir à revendre la télé de sa propre mère. Cette dernière, accro a une autre drogue, les programmes télé, lui insufflant des messages promettant une vie meilleure où la solution réside dans le fait d'abroger la consommation de sucre et de viande rouge sur fond sonore de secte. Chacun dépendant de sa propre drogue lui servant quotidiennement sa part de rêve coloré au beau milieu d'une société perdue dans ses repères. Les images sont montées méticuleusement, servant la musique à merveille devenant quasi indissociable de cette dernière. Images grand-angle, ralentis, voix déformées sur fond de basse et techno hypnotisante, on flaire un "clip-video addict" dans le montage...
Les images deviennent la musique et vice-versa.
Mais le vice n'est pas si versatile que ça. Apparaissant de ci de là, ébrêchant la vie quotidienne au fur et à mesure. Il prend peu à peu l'emprise sur les personnages les ramenant peu à peu aveuglément vers l'impasse de leurs rêves impossibles. Les images nous montrant au loin, une déchéance prochaine, on se prend alors d'affection pour l'espoir et le fait de se dire que tout va aller mieux, plus tard...
Puis le vice se décale toujours vers le bas, décrivant la dépendance sous plusieurs points de vue, celle de la drogue, de la télévision mais aussi celle de l'amour... Comme si un engrenage tournait dans le mauvais sens de l'histoire, contre l'idée du spectateur. Le rythme devient de plus en plus osé et plonge les personnages vers un sort que l'on pourrait qualifier de cauchemardesquement malsain.
Mais tout va aller mieux, plus tard...
Et l'engrenage tourne d'un cran.
Jusqu'a quand tournera-t'il donc?
Darrel Aronofsky compte bien ne pas s'arrêter en si bon chemin et dépasse de loin les limites du désespoir. Emmenant tout le monde dans sa chute, spectateur compris.
Rarement, l'effet de drogue et de dépendance n'a été poussé à un si brillant et néfaste extrême visuel depuis peut-être Transpotting. Le jeu des acteurs (Jared Leto, Jennifer Connely et Marlon Mayans) est tout bonnement impeccable et impressionant dans la peau de leur personnages respectifs. A noter la présence d'Ellen Burstyn dans le rôle de la mère d'Harry, qui incarnait déja une mère en 1973, celle de Regan dans l'Exorciste de William Friedkin. Tous ces acteurs, le montage puissant, la musique décadente contribuent peu à peu à faire décaler l'engrenage vers le bas, et plus encore que ce que l'on croit, vissé sur notre siège et c'est fort...

Le seul moment où il s'est mis à remonter vers le haut est lorsque je suis sorti de ce tunnel appréciant cette pluie fine ruisselant sur les pavés.
Finalement, ce n'est pas si désagréable que ça la pluie.

 

Yerom

 

Le pour : Ca calme...
Le contre :
Ce film peut déranger certaines âmes sensibles

 

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commentaires

Bastien :0055: 03/08/2006 15:54

Peut-etre un peu trop caricaturale, si le happy end evité est un bien je ne pense pas que l'apocalysoe aurait été de trop comparé a cette fin. La pauvre mere qui ne demandait rien a personne, pas moyen d'en echapper, le doigt dans l'engrenage et hop, on ne peut plus s'en tirer. Un brin fataliste quand meme. Pour repartir sur la mere je trouve que la personnage la plus blessante du film, madame tout le monde qui prefere prendre des pillules comme d'autres prennent des yahourt 0% pour maigrir et rentrer dans une belle robe, qui ne serait pas tenté de rentrer dans une belle robe ? Et Jared Leto, il peut ne pas parler ses yeux suffisent..Fin un tres bon film, et une BO de merveille avec Clint Mansell !

vierasouto 08/03/2006 04:45

C'est le personnage de la mère que je trouve bouleversant, elle émerge cette mécanique sophistiquée, c'est d'elle dont on se souvient...

DOU 19/08/2005 15:11

Cet Aronofsky est un petit génie...
Quand les lumières se sont allumé à la fin de la scéance de ciné, je n'avais qu'un seul mot à la bouche... ENCORE !!!
Je connaissais déjà ce réalisateur surdoué de part son premier film "Pi" qui m'avait déjà scotché. Mais là, c'est du grand grand art ! Je place ce film dans mon TOP 3 de mes films de ma vie à moi que j'aime vraiment plus que moulte mais en vain...!!! Merci encore !

NiCo 17/07/2005 22:05

Un film choque, rarement les productions américaines produisent des films de ce genre. Un diamant sur une production américaine qui ne produits plus que des films à gros budgets où les effets spéciaux et les scènes d'actions passent en boucle pendant tout le long du film. Requiem for a dream est une fiction qui n'a pas froid aux yeux, montrant la réalité de la prise de produits illicites tels la cocaine et l'héroine...
Un film coup de poing qui nous envoie dans la peau des personnages et qui nous entraine vers une fin tragique...

Marie 21/05/2005 23:03

très bonne critique, même impression sur le film. du très bon cinéma.
si tu fais pas partie d'un forum je t'invite sur le mien (culture en général : musique, ciné, etc)
bonne continuation et blog très sympa ! http://artes-web.forumactif.com