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Genre : Gang Bang, he shout me down Réalisateur : Roger Avary Scénario : Roger Avary Directeur de la photo : Tom Richmond Casting : Eric Stolz, Jean-Hugues Anglade, Julie Delpy, Bruce Ramsay, Gary Kemp, Salvator Xuereb, Tai Thai… Musique : Tomandandy
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Scénario
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*****
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Mise en scène
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*****
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Photographie
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*****
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Acteurs
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*****
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Effets spéciaux
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*****
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En salle la scène d'ouverture fait vite douter le spectateur. Une caméra embarquée sur le capot d'une caisse déambule le long des rues parisiennes filmant à l'emporte pièces des passants qui traversent, des Renaults 5, 16, et des Citroën d'un autre âge le tout garé ou à la croisée d'un carrefour, ou encore des palissades de chantier (passionnant) sans oublier le camion poubelle dans son labeur du matin. Sur la pellicule maussade proche du téléfilm on s'attend à ce qu'un générique en Hélvética corps 12 nous annonce la présence de Véronique Genest dans une sous-production qui fleure bon le policier du jeudi soir. On cherche d'instinct la zapette sur le siège d'à coté et/ou on s'apprête à porter plainte contre X pour faute de goût. La suite heureusement n'a rien à voir avec les tribulations d'une Julie Lescaut et cette référence ne sert qu'à décrire un générique résolument vilain. Passons. Zed (Eric Stolz) débarque à Paris pour affaires. Visiblement abruti par les heures de décalages du vol New-York / Paris il se laisse aller aux palabres d'un Moïse au volant de son taxi qui lui arrange en douce, pour sa première nuit, une rencontre avec "une française, très bien". Plus tard Zoé (Julie Delpy) débarque et déballe. Tout. Elle n'est pas pute mais paie ses études et n'a d'orgasme qu'avec les types qui lui plaisent ce qui n'est pas courant et plutôt un compliment pour l'américain. Puis c'est Eric (Jean-Hugues Anglade) qui débarque. Il fout Zoé à la porte parce que son pote d'enfance n'a pas de temps à perdre : demain c'est le 14 juillet, Eric organise un braquage historique à la Banque Internationale de Paris et ils n'ont plus que quelques heure pour fêter ça. Killing Zoé est visiblement un film de gueules. D'entrée celle embourbé de Stolz force la sympathie tandis que celle de Delpy enchante. Leurs tendres échanges sur l'oreiller, le cul entre deux chaises, entre la réserve et la déclaration flattent les sens : la vue se délecte et l'ouïe n'en perd pas une miette. Le plus naturellement ces deux personnages s'apprécient et communiquent via de subtiles mimiques la douceur de l'instant. L'autre gueule, celle explosive d'Anglade, vient pimenter l'ensemble. Il aboit, jappe, claque, embrasse à tour de bras et joue de son allure mi-ange mi-démon, en épicurien déjanté, brûlant la vie par les tous ses bouts. Eric n'est qu'un bateau ivre de tempêtes, prêt à entraîner son équipage dans son sillage désespéré. L'excès à la française agacera peut-être d'éventuels lassés des enflammées à la Depardieu, mais il explique à lui seul la spontanéité dévastatrice d'un braquage censé être minutieusement préparé. Virant à l'extrême lors de dérangeantes scènes festives d'avant hold-up, Anglade distille son jeu de ponctuelles attitudes d'une lucidité à faire froid dans le dos. Lorsqu'il retrouve Zoé dans la banque en pleine action, il est impossible de lire sur son visage s'il la reconnaît ou non, et lorsqu'il braque un otage il est difficile d'évaluer s'il va presser la gâchette. On fait alors comme Zed : on tente de suivre et on ne se pose pas trop de questions, ou alors trop tard. Et dire qu'au début on voulait juste tâter du danger, nous voici embarqué dans une sordide histoire, du sang plein les mains, avec un acharné sous héroïne en chef de file. Killing Zoé est bien plus qu'un long métrage estampillé "film de potes de Tarantino". Bien sûr on reconnaît en cours de route les rouages qui plaisent et qu'entretient Quentin telle que des scènes de dialogues typiques, décalées et passives, dans les moments les plus inopportuns, ou encore ce goût presque adolescent pour l'action, son lot d'hémoglobine et de sur-consommation de stupéfiants en tous genres. Néanmoins le point fort de ce premier long d'Avary concerne sa relative sobriété. D'un angle de vue scénaristique il s'articule autour de 3 scènes principales Rencontre / Fête / Braquage, et ne comptabilise au maximum qu'une petite dizaine de "chapitres". Le fond de l'histoire n'a rien en soi de particulièrement original et ne repose sur aucune pirouette attendue. Le rythme de ce film tant suggéré qu'utilisé dans sa forme, ne privilégie que l'instant présent et nous ramène indirectement à ce que vit précisément Zed dépassé par les événements. Impossible de se poser pour mieux se projeter, inutile d'avoir toutes les cartes en mains pour essayer de mieux comprendre. Tout n'est que sous-entendu. Avary ne cherche jamais à expliquer la raison et la force de l'amitié qui lie Zed à Eric, pas plus qu'il n'essaye de mettre de longues tirades pour exprimer l'attraction fusionnelle entre Zoé et Zed. Il n'a pas besoin non plus de justifier les deux "Non, c'est hors de question" prononcés respectivement par le banquier et le vigile du coffre-fort, qui cassent l'entrain global mais sonnent comme de vains obstacles face à l'acte de folie. En fait ce qui s'apparenterait à des scènes de description rendrait caduque l'effet de surprise, désincarnerait le spectateur alors au coeur de la tourmente et rendrait anodine cette histoire de hold-up. C'est tant l'axe fort du film qu'en bout de course la présence policière n'est que suggérée, ou presque, avec en guise de bouquet final une fusillade en huit clos où pas un seul fusil d'assaut du GIGN ne pointe le bout de son canon. Balèze. Et encore je vous passe les détails sur les autres petites perles disséminées de ci et là, qui vaudraient presqu'à elles seules le détour : le groom français qui parle anglais, le client américain qui se vante de la libération, la junkie qui drague Zed, la soirée de défonce extrème, Eric et Oliver qui "font les morts", Claude qui raconte une blague à ses potes de gang, Oliver qui a une absence face au coffre fort, Anglade qui chante Yves Montand... Que du bon. Sorti en pleine période de films jugés particulièrement violents après le Léon de Besson, et le Tueurs nés d'Oliver Stone, Killing Zoé fût l'affiche qui fit déborder la critique, prit à part entre la volonté d'énoncer les qualités de ces oeuvres cinématographiques et ce besoin tout naturel d'enrayer l'engouement pour ce cinéma plus brutal qu'à l'accoutumée. Avec le temps on se dit que finalement tout se digère et que depuis d'autres violences plus fortes ont eu leur support cinématographiques, que cela soit celles mises en scène par un Spielberg lorsqu'il raconte la guerre ou bien celles de Gaspard Noé lorsqu'il décrit un viol. Avec le temps donc Killing Zoé bonifie sa cuvée, mettant en exergue sa belle mise en forme et son impeccable sens du rythme. Avec le temps enfin, on apprend à faire la différence entre des films gratuitement violents pour le spectacle et les autres. A ce titre il serait peut-être temps de diminuer le nombre de copies des blockbusters de Mickael Bay. Non ?
Enzo
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