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22 mars 2005 2 22 /03 /mars /2005 00:00

Thaïlande - 2003 (Ong-Bak)


Genre : Fatality!
Réalisateur : Prachya Pinkaew
Scénario :
Suphachai Sittiaumponpan, Sukanya Vongsthapat
Directeur de la photo : Nuttawut Kittikun
Casting : Tony Jaa, Petchtai Wongkamlao, Pumwaree Yodkamol
Musique : Romaric Laurence

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

A l'heure où les maîtres du side-kick made in Hong-Kong vont s'encanailler à Hollywood, un petit acrobate thaïlandais est en passe de leur botter l'arrière train à coups de genoux.

Les Jet Li et autres Jackie Chan ont pas mal ramé pour acquérir leur statut de stars interplanétaires. A grand renfort de coups de bambou administrés par les matons de l'opéra de Pékin. Faut-il donc leur en vouloir de se fourvoyer chez l'Oncle Sam au risque d'y perdre leur âme? Etant plutôt sur leur fin de carrière, ayons un peu d'indulgence pour ces jeunes retraités du grand écart. Ils font fructifier leur fond de pension.

Tony Jaa, lui, à encore le fighting spirit. A 25 ans, le contraire serait un comble. Et de la rage, il a du en avoir à revendre pour acquérir un tel niveau de maîtrise corporelle. Parce-que très objectivement il n'y pas grand chose à sauver dans ce petit film de baston si ce n'est les ahurissantes figures du funambule. Le reste est digne des pires prods populaires asiatiques :
un scénar indigent, une mise en scène limite, tout juste une belle photo.
A croire que rien n'a bougé depuis La Fureur Du Dragon.
Mais comme dans tous les films du genre, l'affligeante naïveté de l'histoire rend l'ensemble attachant. Il y a même quelques fulgurances poétiques. Dans la très atmosphérique et aboricole scène d'ouverture par exemple. Et même s'il est patent que le maigre budget est allé en priorité aux séquences de fight, la bonne idée du film est d'avoir incarné un personnage dans un rôle de clown blond, Petchtai Wongkamlao, allégeant ainsi un propos balourd et convenu fait d'honneur et de morale par trop premier degré :
la drogue c'est dangereux, la prostitution n'est pas une solution et bien mal acquit ne roule pas mousse.

Bref, l'intérêt de Ong Bak ne réside pas dans le quête de son héro pour récupérer une tête de buddha ancestrale et protectrice, mais essentiellement dans l'incroyable souplesse rotulienne de celui-ci. Ses balayages gauche-droite recto-verso dans toutes les positions défient les lois de Newton.
Tony Jaa donne l'impression de ne jamais vouloir retomber tel un Air Jordan de la grande époque. Et si l'on en doutait encore, le Muay Thaï est définitivement l'art martial le plus violent porté à l'écran. Van Damme et son drolatique balayage retourné peut aller renfiler son string aux vestiaires.
Même le surbrutal, imperturbable et désormais bedonnant Steven Seagal ne dégage pas une telle puissance. Ils ont trouvés maître en la personne d'un moineau d'à peine 60 kilos.
Car quand il gratifie ses adversaires d'une Charge Héroïque ou d'un Coup Du Singe, le petit dragon thaï prend de l'élan et porte (réellement) ses coups de coudes sur le crane des cascadacteurs qui lui font face. Alors forcement, on a mal pour eux. C'est qu'il a les articulations saillantes le bougre. Il travaille de plus sans filet, argument largement mis en valeur dans son dossier de presse. Efficace, car on ne peut alors occulter ce fait d'arme quand on le voit et revoit et revoit encore en action.

Il a un talent digne de ses prédécesseurs à défaut de leur charisme.
Nul doute qu'il sera rapidement appelé par les sirènes. Dire que s'il apprend l'anglais, on risque de le voir finir comme faire valoir d'un Mel Gibson dans l'Arme Fatale 12 (sic) ou d'un rapeur à la manque dans un film de gangsta.
A moins qu'il finisse à la solde du ponte du cinéma d'action Europaen, Luc Besson, à qui l'on doit cette production. Ce dernier a flairé la poule aux oeufs d'or et en bon colon du cinéma tiers-mondiste s'est offert quelques
coupes dans le film originel ainsi qu'une adaptation de la bande originale pour le marché européen. A coup d'euro-dance cheap composée au kilomètre. C'est par avance dommage.

Heureusement, le petit thaï semble vouloir persister. Son prochain film s'annonce dans la même veine. Mettant en scène son art martial séculaire et violent. Il devrait se tourner en Thaïlande.
Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.

Aswip'

Le pour : les os qui craquent
Le contre :
l'intrigue plus que sommaire

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commentaires

Aswip' 25/10/2005 03:14

Tssss...
T'y mets jamais les pieds dans le métro, espèce de mytho claustro.
A ce propos (rimes pauvres en "o"), ne va pas voir The Descent ou c'est le malaise vagal assuré ;-)

kero 25/10/2005 02:40

Moi je dis, parfois dans le métro, il faut savoir jouer des coudes !

chapi-chapo 31/08/2005 12:49

-17,5/20-
Le film d'action qui m'a fait dire en sortant du ciné "Quand est ce que sort le DVD?"
Ce film est un retour aux source des films d'action de karaté. Quel bonheur et quel talent!
Un bijou!