|
Genre
: Fatality!
Réalisateur : Prachya Pinkaew
Scénario :
Suphachai Sittiaumponpan, Sukanya Vongsthapat
Directeur de la photo : Nuttawut Kittikun
Casting : Tony Jaa, Petchtai Wongkamlao, Pumwaree Yodkamol
Musique : Romaric Laurence
Scénario
|
*****
|
Mise
en scène
|
*****
|
Photographie
|
*****
|
Acteurs
|
*****
|
Effets
spéciaux
|
*****
|
|
|
A l'heure où
les maîtres du side-kick made in Hong-Kong vont s'encanailler à
Hollywood, un petit acrobate thaïlandais est en passe de leur botter
l'arrière train à coups de genoux.
Les Jet
Li et autres Jackie Chan ont pas mal
ramé pour acquérir leur statut de stars interplanétaires.
A grand renfort de coups de bambou administrés par les matons de
l'opéra de Pékin. Faut-il donc leur en vouloir de se fourvoyer
chez l'Oncle Sam au risque d'y perdre leur âme? Etant plutôt
sur leur fin de carrière, ayons un peu d'indulgence pour ces jeunes
retraités du grand écart. Ils font fructifier leur fond
de pension.
Tony
Jaa,
lui, à encore le fighting spirit. A 25 ans, le contraire serait
un comble. Et de la rage, il a du en avoir à revendre pour acquérir
un tel niveau de maîtrise corporelle. Parce-que très objectivement
il n'y pas grand chose à sauver dans ce petit film de baston si
ce n'est les ahurissantes figures du funambule. Le reste est digne des
pires prods populaires asiatiques :
un scénar indigent, une mise en scène limite, tout juste
une belle photo.
A croire que rien n'a bougé depuis La Fureur Du Dragon.
Mais comme dans tous les films du genre, l'affligeante naïveté
de l'histoire rend l'ensemble attachant. Il y a même quelques fulgurances
poétiques. Dans la très atmosphérique et aboricole
scène d'ouverture par exemple. Et même s'il est patent que
le maigre budget est allé en priorité aux séquences
de fight, la bonne idée du film est d'avoir incarné un personnage
dans un rôle de clown blond, Petchtai Wongkamlao,
allégeant ainsi un propos balourd et convenu fait d'honneur et
de morale par trop premier degré :
la drogue c'est dangereux, la prostitution n'est pas une solution et bien
mal acquit ne roule pas mousse.
Bref, l'intérêt
de Ong Bak ne réside pas dans le quête de
son héro pour récupérer une tête de buddha
ancestrale et protectrice, mais essentiellement dans l'incroyable souplesse
rotulienne de celui-ci. Ses balayages gauche-droite recto-verso dans toutes
les positions défient les lois de Newton.
Tony Jaa donne l'impression de ne jamais
vouloir retomber tel un Air Jordan de la grande époque. Et si l'on
en doutait encore, le Muay Thaï est définitivement l'art martial
le plus violent porté à l'écran. Van
Damme et son drolatique balayage retourné peut aller renfiler
son string aux vestiaires.
Même le surbrutal, imperturbable et désormais bedonnant Steven
Seagal ne dégage pas une telle puissance. Ils ont trouvés
maître en la personne d'un moineau d'à peine 60 kilos.
Car quand il gratifie ses adversaires d'une Charge Héroïque
ou d'un Coup Du Singe, le petit dragon thaï prend de l'élan
et porte (réellement) ses coups de coudes sur le crane des cascadacteurs
qui lui font face. Alors forcement, on a mal pour eux. C'est qu'il a les
articulations saillantes le bougre. Il travaille de plus sans filet, argument
largement mis en valeur dans son dossier de presse. Efficace, car on ne
peut alors occulter ce fait d'arme quand on le voit et revoit et revoit
encore en action.
Il a un talent
digne de ses prédécesseurs à défaut de leur
charisme.
Nul doute qu'il sera rapidement appelé par les sirènes.
Dire que s'il apprend l'anglais, on risque de le voir finir comme faire
valoir d'un Mel Gibson dans l'Arme Fatale
12 (sic) ou d'un rapeur à la manque dans un film de gangsta.
A moins qu'il finisse à la solde du ponte du cinéma d'action
Europaen, Luc Besson, à qui l'on doit
cette production. Ce dernier a flairé la poule aux oeufs d'or et
en bon colon du cinéma tiers-mondiste s'est offert quelques
coupes dans le film originel ainsi qu'une adaptation de la bande originale
pour le marché européen. A coup d'euro-dance cheap composée
au kilomètre. C'est par avance dommage.
Heureusement,
le petit thaï semble vouloir persister. Son prochain film s'annonce
dans la même veine. Mettant en scène son art martial séculaire
et violent. Il devrait se tourner en Thaïlande.
Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Aswip'
|
Commentaires