Quand
Kitano délaisse
les yakusas et leurs 36 coups pour donner dans l'épée médiévale,
forcement ça pète dans la soie du kimono. Alors c'est pas
du Kill Bill et pour cause. Moins drôle, ou du
moins différemment drôle.
Mieux filmé, ça, c'est pas dur. Et plus impressionnant,
évidemment.
Il n'y a certes pas lieu de comparer l'incomparable mais les deux films
ont connus des sorties rapprochées et c'est juste amusant de voir
la différence de charisme entre la "folle aryenne blonde qui
veut jouer avec une épée de samouraï" et le masseur
aveugle qui à baigné dans le kimono et la cérémonie
du thé toute sa vie. On l'aime cette grande bringue de Uma
Thurman mais malgré un entraînement acharné,
elle reste un petit scarabée.
Il y a cependant
quelques similitudes. Les deux héros sont blonds.
Autant l'une passe son temps en verbiages, entre deux découpages
en règle d'hommes de mains, autant l'autre est d'un mutisme laissant
à penser qu'il est muet en plus d'être aveugle. Autant elle
s'acquitte laborieusement de la tache fixée (90 sous-fifres découpée
en apéricubes en 15 minutes c'est longuet) autant lui est expéditif.
Pas de perte d'énergie superflue.
Façon samouraï.
Le thème de la vengeance, cher aux deux réalisateurs. La
musique participe pleinement de la mise en scène plutôt que
d'être une simple illustration sonore. La photo, superbe dans les
deux films. Les deux réals ont également un gout prononcé
pour la déconstruction narrative et les fins qui tuent.
Des films très référencés également.
Pour Kitano ce sera un personnage de légende
nippone déjà adapté en série. Le masseur samouraï
vagabond. Pour Tarantino, bah la liste est
exhaustive alors passons.
Parenthèse
fermée.
Premier plan de Zatoichi, et on y est.
La légitimité, c'est simple comme un premier plan. Encore
faut-il s'appeler Takeshi Kitano.
La pluie cinglant le front de ce mystérieux aveugle sorti de nul
part est-elle de bon augure? On sait que ça va chier incessamment.
Car de fait, elle n'est pas salvatrice ni rédemptrice cette pluie.
Si elle le lave d'un quelconque péché ou d'un passé
funeste, il faudra plus que cette maigre averse pour effacer le sang de
ses victimes. Les victimes en question ne se font d'ailleurs pas attendre.
Zatoichi est dans la place.
Il ère et gare aux malfaisants et mal-intentionnés de tous
poils qui viendraient à croiser sa route. D'autant qu'il à
la fâcheuse manie d'attirer à lui ce genre d'individus Zatoichi.
Et si par hasard le vilain comptait lui échapper, le masseur peut
également le quérir, nochalement, à petits pas, nullement
ralenti par la cécité qui l'afflige.
Comme un augure. Funeste. Mortel.
Mais il sait
également attirer à lui, le vengeur, le juste et le simplet.
Car en définitive, s'il n'est pas nécessairement
bon, Zaitochi est moral. C'est un être de choix.
C'est donc un être dangereux dont on n'aura de cesse de se débarrasser.
Il est alors préférable d'être résigné
au trépas. car le masseur aveugle est du genre à vendre
chèrement sa peau. Il a un sens du rythme inné et s'il a
survécu si longtemps dans ces contrées hostiles, c'est,
vous pouvez m'en croire, qu'il est doué pour la vie.
Donc pour administrer la mort.
Pour voir
un film de sabre aussi abrupt et puissant il faut remonter un peu dans
le temps. A l'époque de Kurosawa dans
le contexte par exemple.
Alors forcement, quand Tom Cruz se retrouve
à faire de l'activité martiale dans le voyage organisé
par un tour opérator ricain, The Last Samourai,
où il y apprend le code d'honneur samouraï avec une méthode
assimile, on ne peut que sourire.
Les
films de Takeshi Kitano ne sont jamais meilleurs
que quand il s'octroie le rôle principal. Et cette fois, il s'en
est taillé un sur mesure.
A coups de sabre.
Aswip'
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