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22 mars 2005 2 22 /03 /mars /2005 00:00

Japon - 2003 (Zatoichi)


Genre : Kendo
Réalisateur : Takeshi Kitano
Scénario : Takeshi Kitano
Directeur de la photo : Katsumi Yanagijima
Casting : Takeshi Kitano, Tadanobu Asano, Michiyo Ogusu
Musique : Keichi Suzuki

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Quand Kitano délaisse les yakusas et leurs 36 coups pour donner dans l'épée médiévale, forcement ça pète dans la soie du kimono. Alors c'est pas du Kill Bill et pour cause. Moins drôle, ou du moins différemment drôle.
Mieux filmé, ça, c'est pas dur. Et plus impressionnant, évidemment.
Il n'y a certes pas lieu de comparer l'incomparable mais les deux films ont connus des sorties rapprochées et c'est juste amusant de voir la différence de charisme entre la "folle aryenne blonde qui veut jouer avec une épée de samouraï" et le masseur aveugle qui à baigné dans le kimono et la cérémonie du thé toute sa vie. On l'aime cette grande bringue de Uma Thurman mais malgré un entraînement acharné, elle reste un petit scarabée.

Il y a cependant quelques similitudes. Les deux héros sont blonds.
Autant l'une passe son temps en verbiages, entre deux découpages en règle d'hommes de mains, autant l'autre est d'un mutisme laissant à penser qu'il est muet en plus d'être aveugle. Autant elle s'acquitte laborieusement de la tache fixée (90 sous-fifres découpée en apéricubes en 15 minutes c'est longuet) autant lui est expéditif. Pas de perte d'énergie superflue.
Façon samouraï.
Le thème de la vengeance, cher aux deux réalisateurs. La musique participe pleinement de la mise en scène plutôt que d'être une simple illustration sonore. La photo, superbe dans les deux films. Les deux réals ont également un gout prononcé pour la déconstruction narrative et les fins qui tuent.
Des films très référencés également.
Pour Kitano ce sera un personnage de légende nippone déjà adapté en série. Le masseur samouraï vagabond. Pour Tarantino, bah la liste est exhaustive alors passons.

Parenthèse fermée.
Premier plan de Zatoichi, et on y est.
La légitimité, c'est simple comme un premier plan. Encore faut-il s'appeler Takeshi Kitano.
La pluie cinglant le front de ce mystérieux aveugle sorti de nul part est-elle de bon augure? On sait que ça va chier incessamment. Car de fait, elle n'est pas salvatrice ni rédemptrice cette pluie. Si elle le lave d'un quelconque péché ou d'un passé funeste, il faudra plus que cette maigre averse pour effacer le sang de ses victimes. Les victimes en question ne se font d'ailleurs pas attendre. Zatoichi est dans la place.
Il ère et gare aux malfaisants et mal-intentionnés de tous poils qui viendraient à croiser sa route. D'autant qu'il à la fâcheuse manie d'attirer à lui ce genre d'individus Zatoichi. Et si par hasard le vilain comptait lui échapper, le masseur peut également le quérir, nochalement, à petits pas, nullement ralenti par la cécité qui l'afflige.
Comme un augure. Funeste. Mortel.

Mais il sait également attirer à lui, le vengeur, le juste et le simplet.
Car en définitive, s'il n'est pas nécessairement  bon, Zaitochi est moral. C'est un être de choix. C'est donc un être dangereux dont on n'aura de cesse de se débarrasser. Il est alors préférable d'être résigné au trépas. car le masseur aveugle est du genre à vendre chèrement sa peau. Il a un sens du rythme inné et s'il a survécu si longtemps dans ces contrées hostiles, c'est, vous pouvez m'en croire, qu'il est doué pour la vie.
Donc pour administrer la mort.

Pour voir un film de sabre aussi abrupt et puissant il faut remonter un peu dans le temps. A l'époque de Kurosawa dans le contexte par exemple.
Alors forcement, quand Tom Cruz se retrouve à faire de l'activité martiale dans le voyage organisé par un tour opérator ricain, The Last Samourai,
où il y apprend le code d'honneur samouraï avec une méthode assimile, on ne peut que sourire.
Les films de Takeshi Kitano ne sont jamais meilleurs que quand il s'octroie le rôle principal. Et cette fois, il s'en est taillé un sur mesure.
A coups de sabre.


Aswip'

Le pour : chef d'oeuvre
Le contre :

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commentaires

kitano 05/08/2006 03:27

Il manque la reference a la serie des films ZATOICHI (culte au Japon), auquel Kitano donne un caractere plus forge. Il faudrait replacer dans sa filmgraphie ce film de commande qui a pour une fois fait des entrees au box office japonais. Kitano a voulu en se teignant en blond se distinguer de son image (il le fera avec son nouveau film TAKESHI'S) et utiliser pour une premiere fois l'image de synthese pour les eclaboussures de sang.
Pour clore ce que je pourrais encore poursuivre encore et encore, ne pas parler de la parole finale et de l'epilogue, c'est perdre une grande partie kitanesque de ce film. DOLLS dans lequel KITANO n'apparaissait pas, n'en etait pas moins sublime dans l'histoire et les couleurs.

kero 23/03/2005 03:38

Tout à fait d'accord, un petit bijou !
je l'ai vu récemment sur canal plus et je suis tombé dedans direct... esthétique de l'image, sensibilité kitanesque, humour décalé ... bref un film a devenir fan de Kitano si on l'est pas déjà...