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Mercredi 23 mars 2005

USA - 2001 (Planet of the apes)


Genre : Gâchis fantastique
Réalisateur : Tim Burton
Scénario : William Broyles Jr.
Directeur de la photo : Philippe Rousselot
Casting : Mark Wahlberg, Tim Roth, Helena Bonham Carter, Estella Warren...
Musique : Danny Elfman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Ca ne fait pas l'ombre d'un doute. Avec sa Planète des singes, notre ami Tim Burton que l'on affectionne tout particulièrement, ici à Cinematic, a voulu j'en suis sûr, nous faire cadeau d'un navet croustillant à démonter de pied-en-cap, juste pour notre plaisir sadico-narquois de critiques éhontés.
C'est évident. D'ailleurs l'attention était louable...

Je suis tenté de dire : " merci, mais c'est trop, je n'en ferais rien "

Et malgré tout ce qu'il a de railleur à dire, tous les défauts de ce film qui n'est pas vraiment le sien, l'absence complète d'attention, l'inexistence presque assumée de créativité, et toute cette soupe hollywoodienne servie au final même pas tiède, les mots moqueurs me manquent, sûrement parce que je n'ai pas envie des les adresser à mon Burton, mon hors-normes, mon énorme, mon loufoque bonhomme.

C'est gé-rationnel. Comprenez que ceux qui n'ont pas connu le contexte parfois morose du cinéma fantastique post-Burtonnienne des années 80, et l'émoi succité par l'auteur lors des sorties en salles des divers Beetlejuice, Batmans 1 et 2, et Edward aux mains d'argent, ne peuvent comprendre ma retenue.

En général lorsque Tim s'installe sur la toile du cinéma du coin, l'énergumène ne vient pas seul. Sur un fond sonore de violons crevés et de musiques de cirque (Danny Elfman à la baguette) il nous introduits ceux qui lui sont proches, qu'ils soient fantasques ou carrément moches. Ses héros ressemblent à des squelettes de fil de fer, ses princesses se maquillent de deuil, et ses vilains sont de sales gosses véritablement dangereux et attachants. Tout ce beau monde est souvent arrangé en dépit du bon sens (comme dirait mère-grand), physiquement et psychologiquement parlant, comme un marmot qui jouerait à troquer la tête de ses légos à la place de ceux de ses playmos, juste histoire de voir comment c'est beau.

L'univers de Tim Burton n'appartient qu'à lui et en découvrir ses multiples protagonistes disséminés parmi ses films suffit à susciter un véritable plaisir. Or ici de plaisir il n'y a point parce que de Tim Burton La planète des singes n'a rien, ou si peu. Véritable film de commande, la cuvée 2001 est un film impersonnel, finalement assez quelconque, une oeuvre quasi anonyme si ce n'est la signature Hollywoodienne presque estampillée d'un code barre de chez Mattel, tant on sent à plein pif le subterfuge marketing.

Du coup inutile de disserter plus longuement sur la présence insipide des protagonistes principaux, l'absence de personnages secondaires relégués quasiment au rôle de silhouette, le creux affligeants des dialogues, le douteux de certaines blagues "made in usa", le jeu sans direction ni conviction de Mark Wahlberg, la présence ridicule d'Estella Warren plus potiche que ça tu meurs, l'absence de rythme du scénario d'ailleurs maigre, le grotesque des situations, sans oublier la morale alambiquée pourtant plus proche du dénouement de la nouvelle de Pierre Boule qui inspira les deux films et la série.

Inutile non plus de s'enthousiasmer plus qu'il n'en faut sur les maquillages pourtant réussis de Rick Baker, les décors de studio démesurés tellement beaux mais sans vie, le jeu de Tim Roth efficace et finalement lassant à la longue, certaines idées pas sottes sur le mode de vie des singes, et le rendu de la puissance des gorilles…

Inutile de s'attarder car finalement l'apparence compte peu face au fond du sujet qui aurait pu être maîtrisé de main d'auteur si Hollywood avait laissé aller Tim Burton là où il voulait aller. Si vous voulez découvrir (ou re-découvrir) l'auteur et non pas le piètre prestataire, penchez vous sur les films précités et ajoutez à la liste Ed Wood, Le noël de monsieur Jack, Mars attack et Sleepy Hollow, garantis sans gâchis.


Enzo

Le pour : un chouïa de Burton
Le contre :
mais trop peu

 
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