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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 12:18
USA - 2000 (Rules of engagement)
Affiche
Genre : Grosse bavure
Réalisateur : William Friedkin
Scénario : Stephen Gaghan
Directeur de la photo : William A. Fraker, Nicola Pecorini
Casting : Tommy Lee Jones, Samuel L. Jackson, Guy Pearce, Ben Kingsley...
Musique : Mark Isham


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Les colonels Hodges et Childers on en gros sur la patate. Le premier, officier au placard et alcoolique notoire depuis sa blessure du Vietnam se voit défendre en tant qu'avocat le second, accusé d'un bain de sang injustifié devant l'ambassade américaine au Yemen. Les états de services des deux militaires et leur volonté sincère d'être de bon soldats, gardiens émérites des valeurs sacrées de la bannière étoilée, suffiront-ils à justifier un drame très délicat à négocier pour l'administration américaine ?

Noyé dans la masse des productions hollywoodiennes que l’on balance en salle comme autant de cadeaux marketings jetés à la foule en tête et queue d’un tour de France, L’enfer du devoir fait partie de ces films estampillés U.S. entertainment que l’on va voir «histoire de», sans d’autres motivations que de contempler la gueule d’un Tommy Lee Jones et/ou d’un Samuel L. Jackson. Hormis cette tête d’affiche qu’on devine aisément piège à con, rien n’incite au déplacement : ni la bande annonce molle, ni les extraits clichés, et encore moins la trame juridico-militaire plus que déjà vue. Seule la frustration de l’abonné à une carte multiplexe, guettant en vain d’hypothétiques chef d’œuvre cinématographiques, motive l’effort final, celui d’enfiler une veste pour se rendre au cinéma du coin pour tuer le temps sur écran large et en dolby surround.

Pourtant le plus dur reste à faire, notamment en début de projection lors d’une introduction longue et pénible située en terres viêtcongs dans les années 60, relatant l’enfer de la jungle et de ses conflits marécageux. D’emblée pas un GI ne paraît crédible et le peu de jeu proposé rappelle plus les situations guerrières de Portés disparus que les scènes mythiques d’Apocalypse Now, Platoon, et autres modèles du genre. Les dialogues gentiment à la ramasse et la tactique militaire mise en scène soulignent le peu de motivation générale, tandis qu’à l’écran les troupes ennemies, que l’on peut compter sur les doigts de la main, déciment de pauvres marines amorphes tout juste bons à attendre debout que la poche de sang éclabousse l’uniforme sorti du pressing, le tout filmé sans rythme au sein d’une jungle sans âme issue tout droit d’un show-room Truffaut... Sic.

Malheureusement ce n'est pas la suite des événements y compris le passage bien plus réussi de l’accident au Yemen qui permettra de sauver l'ensemble de ce chef d'oeuvre d'ennui. Progressivement et inexorablement le scénario de Stephen Gaghan autour de la bataille juridique peine à susciter de l’intérêt, peu mis en valeur par des situations convenues et une réalisation dispersée. Constamment le cul entre plusieurs chaises William Friedkin se perd entre la simple mise en image et une éventuelle volonté de dénonciation, ratant l’occasion d’une prise de position ferme. On pourrait presque croire que ça le chatouille, notamment lors de l'incroyablement naïve scène de la clinique au Yemen, où Tommy Lee Jones est autant transparent que la mise en scène de son réalisateur. Pourtant il y avait de quoi faire. Entre l’idée d’un massacre de manifestants hostiles à la présence américaine, les responsabilités d’une nation hôte d’une ambassade, les implications des Etats-Unis en terre arabe, l’action morale des mouvements islamistes, le peu de reconnaissance d’un état vis à vis de son armée confrontée à de l’ingérable, et la capacité à reconnaître puis condamner une bavure politique, la trame ne pouvait que s’enrichir d’un écho pertinent à la crise arabe actuelle. Sorti précisément entre les deux crises du golfe persique, L'enfer du devoir aurait pu devenir bien plus qu'un film de seconde partie de soirée sur M6 le jeudi. Faut croire que devant les nombreuses possibilités offertes par le fond du sujet Friedkin n’y a flairé qu’un sinistre traquenard l’obligeant à prendre parti. Franchement on ne peut que rester pantois devant l'effort de dupe du réalisateur des emblématiques French Connection et L'exorciste, soucieux de brouiller ce vaste foutoir par une mise en valeur des états d’âmes des protagonistes au même niveau que le reste. Du coup la réalisation s’attarde sur les piètres capacités d’avocat du Colonel Hoges au détriment de l’essentiel, plombant le tout par des faux-rebonds inintéressants... L'histoire se désagrège d'elle même, rongée par le peu d'ambition d'un chef de bord peu enclin à la prise de risque.

Sans personne à la barre plus personne n’y croit. Tommy Lee Jones traîne sans conviction son looser d’avatar et Samuel L. Jackson ne fait pas mieux. A leur décharge les scènes de dialogues accusent le coup d’un total manque de profondeur dans l’intrigue et par les perpétuelles esquives pour éviter de parler des sujets qui fâchent. L’enquête au Yemen occupe la bobine inutilement et la déroute semble complète lorsque qu’on s’étonne de la tournure bornée de l’enquête principalement axée autour d’une cassette vidéo que l’on sait détruite, ou le témoignage à la fois absurde et ridicule d’un ancien officier vietnamien, rappelant bien malgré lui l'indigestion d'entrée de film. La conclusion du procès sonne le glas de ce piètre résultat, peu consistant de fond et de forme, et quelques dernières images d’un patriotisme non-assumé achève le spectateur transit, prêt à se mettre au garde à vous pour un dernier salut militaire. Selon le colonel Hodges la durée de vie d'un officier sur le terrain au vietnam n'excédait pas le quart d'heure, il ne nous en faut pas plus pour fuir ce vilain moment de cinéma.


Enzo

Le pour : L'enfer...
Le contre :
...de le voir (ciel comme c'est spirituel)

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commentaires

Bastien :0055: 03/08/2006 15:35

Une seule etoile au scenario ? Peut-etre parce que j'apprecie trop Tomy Lee Jones mais personellement je pense que ce film depasse le simple cadre de la legitimité de quelques "pan pan" qui ont abattu du bougnoule dans un pays Islamiste. En effet je ne vois pas trop de pro-americanisme dans se film car, bien que la couche superieur sente le propaganda movie a plein nez il se trame tout de meme au fond une critique severe de la justice americaine, recherchant plus un coupable qu'un crime commis. Le politiquement correct aussi est abordé, l'honneur (surtout avec l'ambassadeur) et d'autres sujets allant au dela du bourrinage justifié de femmes et enfants. L'obeissance est egalement abordé. Apres je ne sais pas trop comment interpreter le fait que effectivement toute la foule tirait sur la belle banniere etoilée, a moi avis, un peu a la maniere d'un bon Verhoeven, ce film nous demontre l'opacité du pathetisme, son realisme, et je trouve ca effrayant.Mais je t'avoue que je peux tres bien sur-interpreter completement ce film, quand je vois Tommy Lee quelque part je trouve forcement ca bon ^^

vierasouto 10/05/2006 02:31

J'ai un souvenir un peu vague de ce film et je ne savais même pas à l'époque où je l'ai vu qu'il était de Friedkin... Dire qu'il était au top avec "French connection" et "Cruising"... On dirait que ce n'est plus le même...

Cha 09/05/2006 18:26

Bonjour a tous !!!
Petite cinéphile que je suis, je viens de mettre au point un blog où je fais la critique des films que je vais voir au ciné (pour le moment je n'en ai mis que deux en lignes ...)
J'aimerai beaucoup échanger mes idées avec d'autres passionnés de cinéma, donc si ca tente quelqu'un, l'adresse est la suivante : cinema-paradisio.over-blog.com
A très bientot j'espère ... !

Mathilde 24/04/2006 03:14

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Aswip' 17/04/2006 00:16

Ca sent l'alimentaire à tous les étages...Il me semble l'avoir vu en 2ème partie de soirée dominicale sur TF1 (houuuuuu...., je me hue tout seul mais je le mérite). Résultat, pas le moindre souvenir. Même ta chronique inspirée ne fais rien raisonnerdans ma mémoire. Comme quoi, le cerveau humain -le mien en tous cas- est vachement bien conçu. Il ne s'embarrasse ni de l'inutile ni du superflu ;-)