| USA - 2003 (Master and commander : The Far Side of the World) |
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Genre
: Touché coulé
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| On disait de Napoléon qu'il était "trop César pour être marin" ce qui n'empêcha pas sa marine impériale de mener la vie dure à ces diables d'anglais, redoutables bouffeurs de haubans. Les vaisseaux français, en ce début de 19ème siècle, jugés dans l'ensemble plus modernes, mieux armés et plus rapides que ceux de sa royal majesty, donnèrent bien du fil à retorde aux canonniers britanniques, et ce n'est pas Jack "la chance" Aubrey qui vous dira le contraire. A flots à bord du Surprise le long des côtes brésiliennes, le voici pris au dépourvu par l'Acheron fleuron de la flotte de Bonarparte, qui d'une salve ambitieuse balaye coque, pont et tout ce qui dépasse de la poupe à la proue ! Qu'à cela ne tienne, Jack le têtu n'a pas l'intention d'en rester là et est bien déterminé à lui rendre la monnaie de ses boulets Branle-bas de combat ! Hissez pavillon et calez les hamacs à fleur de bastingage ! A la barre : sud-ouest plein vent, parez pour un tir en plein bois ! Officier, préparez l'artillerie, arrimez solidement les bragues : on va débroussailler à hauteur de batterie ! Hardi les gars ! Vous voulez le portrait de Napoléon sur nos schillings ? Non ? Alors sortez moi la mousqueterie, affûtez la ferraille et préparez vous au combat ! Bande de moules ! Peter Weir est à la barre de ce film pour les braves, avec pour capitaine de vaisseau un Russel Crowe à la hauteur de la tâche. Autant vous prévenir, ça mouille de la cale (contrepetrie ?) du début jusqu'à la fin de l'aventure, dans l'inconfort, l'exiguïté, et la promiscuité de marins endurcis à court de déo. Il va falloir aussi s'habituer aux murs rudes, aux tâches ingrates, et à l'odeur de la chair mise à nue par les tirs ennemis, car Weir, en méticuleux réalisateur ne vous épargnera rien du difficile quotidien des marins de la grande époque. Cadrant au plus près la moindre manuvre, rien ne lui échappe : des murmures des matelots superstitieux aux grincements de dents d'un élève officier que l'on ampute. Véritable huit-clos avec effets de roulis, Master and commander pousse la reconstitution jusqu'à se contenter du point de vue unique de l'équipage du Surprise. Vous n'aurez donc pas l'occasion d'assister aux manuvres françaises ponctuées de "sapristi" et de "sacrebleu" prononcés avec un paquet d'hollywood dans la bouche. Peter Weir profite de la contrainte pseudo-documentaire pour s'adonner à l'exercice du portait, nous dressant toute une galerie de joyeux bougres toujours vaillants, avec la mise en exergue des traditionnels, médecin, second officier, charpentier, cuistot, matelot à la barre (ho ? un hobbit !), mais aussi moins attendu, le profil de 5 élèves officiers d'un âge variant de 14 à 28 ans. Cette petite originalité permet à la fois de renforcer l'aspect proche de la réalité d'autrefois, mais aussi d'aborder le thème cher à Weir de la transmission de savoir. Les attentions du capitaine vis à vis de ses élèves, ainsi que ses leçons improvisées sur le pont, parfois conclues par un étrange rituel de 3 p'tits tours sur soi même ( ?!?), ont un je-ne-sais-quoi de familier qui nous rappelle les précédentes réalisations du chef d'orchestre : le cercle des poètes disparus et Mosquito Coast en tête de liste. Russel Crowe en chef d'équipage à la fois juste et impartial, craint et respecté comme il se doit, endosse le rôle du père à merveille, fuyant à peine, d'un il humide, les blessures de son équipage sous sa responsabilité, et jouant du verbe avec la répartie d'un coach sportif lors des explications stratégiques. Jack Aubrey a tant d'envergure qu'il laisse peu de chances à son ami médecin d'être le deuxième paternel potentiel à bord, et la petite rivalité guerre marine contre sciences naturelles s'achève aussi vite qu'elle ne commence. Sur ce navire, tous se sentent animés du même objectif et suivent la même direction, celle du capitaine. Sir, yes sir. En fait
il est tant question de discipline et de respect qui en découle, qu'on
se rend compte au bout de l'heure trente de film, que l'on s'est laissé
porté au bout de l'aventure sans aucunes réticences et sans réel écueil.
Malgré une narration parfois répétitive conditionnée par la vie à bord,
on suit avec un plaisir non dissimulé les superbes scènes de combats,
dont certains plans larges évoquent aisément les toiles des musées de
la marine, et on se surprend à épauler ces anglais aux trousses des
français, en espérant qu'ils leurs fasse mordre le sable du fond des
océans. Un comble. Plus étonnant encore, on pardonne aisément le pourtant
outrageant effet de mode (hum, hum) qui fit changer la nationalité du
bateau ennemi : américain dans le livre dont le film est une adaptation,
et français sur grand écran, parce qu'en ce moment
enfin vous m'avez
compris. |
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| Le
pour : croisière
historique, en route pour l'aventure |
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