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8 avril 2005 5 08 /04 /avril /2005 00:00

Japon - 2004 (Casshern)


Genre : Techno space opéra ébouriffant, touffu, intriguant, déroutant, étrange, hallucinant, soporifique, sublime, intelligent, guimauve, surprenant, fascinant, chiant, difficile, unique, impressionnant, bizarroïde, ovniesque, mou, couillu, décousu, planant, baroque, d'une beauté graphique rare.
Réalisateur : Kazuaki Kiriya
Scénario : Kazuaki Kiriya
Directeur de la photo : Kazuaki Kiriya
Casting : Yusuke Iseya , Kumiko Aso , Toshiaki Karasawa , Akira Terao
Musique : Shirô Sagisu

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Casshern nous met en présence d'un monde post-apocalyptique totalitaire et totalement pollué où de savants manipulateurs du génome semblent détenir le destin de l'humanité en leurs éprouvettes.
Malheureusement pour nous, ne va pas naître de ce bouillon de culture un espiègle Bernard Pivot toujours prompt à nous faire la dictée, mais un mutant albinos top balèze empereur auto proclamé et revanchard, qui n'aura de cesse que d'éradiquer la race humaine, aidé en cela d'une armée de soldats micro-processeurisés en sommeil (et non en terre cuite).
La folie n'est pas l'apanage de l'homme, comme aurait tendance à l'avancer le paléo-anthropologue Yves Coppens avec un peu trop d'empressement et d'aplomb. A sa décharge, Brai, le néo-sapiens albinos , à été généré à partir de morceaux d'humains primitifs morts de façon pas très casher(n).
- on t'as déjà dit de lâcher l'affaire sur les jeux de mots.

Mais la frontière de l'humanité à une tendance au flou quand le père généticien de notre héros en devenir joue l'apprenti Frankenstein et s'octroie de graves entorses au serment d'Hippocrate afin de sauver son épouse mourante. Il est souvent problématique de jeter la pierre quand la dérive est générée par de louables intentions de base. Et quand en sus le fils du savant fou se fait tuer au front, au front de la guerre, pas au front de la tête évidemment, là, la coupe ne roule pas mousse et qu'à la fin elle explose.
Ni
une, ni deux, papa Docteur Maboule plonge son fils fraîchement décédé dans la cuve baptiste au moment où un gratte-ciel en forme d'éclair vient frapper celle-ci. Tel un trident fertilisateur projeté par un Zeus némesis de l'univers d'Ulysse 31.
Et fiston de revenir du royaume des morts.
Ainsi naquit Casshern version 2004, le sauveur, inspiré d'un vieil anime des 70's, Shinzo Ningen Casshân. Pour faire très court.
- hé bah ça promet...

Vous l'aurez comprit, les champignons hallucinogènes sont beaucoup plus puissants sur l'île d'Okinawa que dans le Cheshire natal de Lewis Carroll. Cependant, Casshern pourrait s'avérer une oeuvre tout aussi majeure qu'Alice Au Pays Des Merveilles dans la tradition surréaliste.
- bin voyons, t'en as d'autres aussi bonne que celle là dans ton chapeau?
En effet, Casshern est à la croisée des genres. Kazuaki Kiriya y brasse allègrement les thèmes bibliques, l'imagerie de propagande, l'histoire médiévale, l'esthétique manga, le documentaire de correspondant de guerre, le mélo hyper sirupeux et l'univers du jeu vidéo dans un exercice de style très audacieux. Sorte de court métrage clipesque au format long. Si ce n'est que Kiriya parvient à générer un univers consistant de sa foisonnante et ambitieuse entreprise.

la colonne vertébrale de ce film est donc une fédération de peuples asiatiques victorieuse d'une fédération européenne et régit par la loi martiale. L'ensemble est unifié sous une architecture néo-stalinienne ou post hitlérienne et régie par un Big Brother is watching you prêt à mâter toute rébellion.
- donc, ce n'est pas tellement une comédie à laquelle nous avons à faire?
Sorte de Brazil éclaté, Casshern est surtout une somme de la technicité nippone en terme d'effets visuels tant le travail de
post-production et de montage est colossal. L'ensemble pourrait tourner à la démonstration si les effets n'étaient pas en définitive au service du propos et parti prenante du récit. De nombreuses techniques de narration cinématographique composent ce film : la voix-off, les points de vues multiples, la prise de vues réelles, l'animation en images de synthèse, l'animation 2D, le volume animé... et la musique.

Outre l'exercice visuel d'une grande maîtrise, l'emploi de la bande originale reste l'élément le plus troublant et finalement le plus intéressant de cette entreprise. sur certaines séquences, elle sert ainsi de liant. Le même thème musical s'étirant de l'une à l'autre jusqu'à devenir antimonique avec l'action de la scène qu'il illustre alors, laissant le spectateur aux prises avec des impressions assez inédites.
La musique étant pratiquement le moteur de l'ensemble, elle crée chaque fois une identité et une ambiance très marquée aux scènes. De plus, le thème principal de Casshern et ses sublimes envolées lyriques de violons sont dignes des meilleurs thèmes de RPG nippons
jamais composés. Il peut ainsi côtoyer l'Introit du requiem de Mozart sans coup férir. Enfin, les choix musicaux sont aussi éclectiques que le traitement visuel, passant allegro du classique au rock électro.
- m'a l'air bien indigeste ton gâteaux à l'huile de soja...

Casshern, c'est la rencontre improbable de X-Or et Blade Runner. L'ensemble enrobé par une photo à la Ridley Scott des années 80 s'il avait usé du Flame et de la surexposition à l'excès. Et malgré des scènes d'actions tonitruantes montées au scalpel, le rythme d'ensemble est pour le moins contemplatif.
Bref, Kazuaki Kiriya ne s'est pas contenté de charger la mule sur un aspect de cette production mais à exploité tous les possibles du
film d'aventure/action, et ce dans toutes les secteurs de la réalisation.
Faisant de son film un objet résolument insolite.
Un peu comme si les frères Wachowski avaient eut des couilles...
La rumeur veut que le distributeur outre Asie de Casshern, Dreamworks, se réserve le droit d'en faire un remake. Ainsi soit-il pourvu qu'il ne remanient pas l'original pour sa diffusion us

Aswip'

Le pour : des partis pris très affirmés
Le contre :
boire beaucoup de cafés avant la vision

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commentaires

a-yin 29/04/2005 16:34

Un film a voir pr le coté visuel c'est clair...

LoL pour le café :D !!! Ce fut pour moi un ennui mortel mise a part les 20 premieres minutes...