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Dimanche 24 avril 2005

USA - 2002 (The rules of attraction)


Genre : Orgie sous cellophane
Réalisateur : Roger Avary
Scénario : Roger Avary
Directeur de la photo : Robert Brinkmann
Casting : James Van Der Beek, Shannyn Sossamon, Kip Pardue, Jessica Biel…
Musique : Tomandandy

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Dur, dur, les années estudiantines lorsque l’on est jeune, beau et riche… Les soirées à thème, la coke à haut débit, la baise constante… Ca use à force. Heureusement qu’il y a les heures de cours pour pioncer et les diplômes pour se moucher dedans, sinon on imagine mal comment ferait Sean Bateman pour s’en remettre… Ha oui il y a Lauren, qui l’obsède gentiment. Lauren et ses enveloppes violettes qu’elle dépose quotidiennement… des pages pleines d’idées sensuelles et de passions inavouées que Sean dévore des yeux, avant d’y consacrer d’autres activités corporelles… Lauren qui n’est pas comme les autres, Lauren qui est pure, vierge, fraîche et insondable. Rien à voir avec la blonde aux yeux verrons dont Sean ne se rappelle même pas le nom, qu’il a sauté lors de la soirée «mouillée » et qu’il s’enverrait bien une nouvelle fois le temps de l’attente d’un geste, d’une attention de son inaccessible muse. L’énergie que Sean développe à l’égard des écrits de Lauren succite bien des sentiments de la part de Paul qui aimerait bien s’attribuer cet élan passionnel. Paul est homo, ne s’en cache pas et c’est Sean qui le botte. Paul fantasme, Paul accoste, Paul y croit. Il tripote du footballeur de fac, guettant l’instant ou Sean s’abandonnera à ses avances non-dissimulées… Victor lui est en europe. Lauren a sa photo sur sa table de chevet. Laura est la colloc de chambrée de Lauren, et se repoudre le nez (snif) avant de sortir… Les autres on s’en fout, de toutes façons « personne ne connaît personne » . Super.

La trame, les protagonistes, la fac, la superficialité du propos scolaire, tout ça fleure bon la série télé d’ado, Berverly Hills et Dawson en tête de liste. On sait nos amis d’outre-atlantique férus, voire obsédés des histoires d’universités, à croire qu’il s’y passe quelque chose. Pourtant au vu des différents épisodes des séries précitées, on ne peut que constater l’affligeant vide qui habitent les écoles américaines : jamais en cours, les Kevin, Cindy, Brandon, Skipper, et Kelly, sont constamment ailleurs (dans un couloir, devant un vestiaire, sur une pelouse, à la cantoche) à se raconter qu’ils aimeraient bien se lécher la pomme. Depuis longtemps donc, la télévision aime nous raconter qu’un cursus scolaire c’est avant tout l’école de la vie, et que si on n'y pécho pas de la gazelle à tour de bras, on rate là une occasion irrattrapable de débrider son éducation sentimentale, voire sexuelle. Roger Avary via son adaptation du roman de Bret Easton Ellis prolonge les grandes lignes du genre, en imaginant le coté obscur de cette dégénérescence passive, extrapolant dans la débauche des soirées universitaires, cet objectif extra-scolaire de tirer sa crampe.

Ca aurait pu donner quelque chose d'assez drôle si la réalisation ne s'était pas encroûtée dans tout ce qui se fait de pire dans l'ado-soap. Sûrement soucieux de coller au genre (la présence d'acteurs de série l'atteste), Avary plombe son film de dialogues super creux voire carrément cons, d'une intrigue à deux balles, d'une narration générale navrante, le tout filmé sans profondeur, ni de fond, ni de champs, sur une pellicule parfaitement lisse. Otez les deux seules scènes réussies du film (scène de rencontre un samedi matin entre Sean et Lauren et scène de transhumance de Victor), il ne reste qu'un vase creux. Justifier cette absence de relief sur l'unique volonté d'illustrer la superficialité fait pitié. A ce titre, on prend bel et bien deux coups de massue à la fin du film lorsque d'une part le personnage Sean Bateman, absorbé comme jamais, prononce cette réplique minable de forme et de sens "personne ne connaît personne" , et d'autre part lorsque l'on réalise que l'intrigue se conclue ainsi, sur un couac pseudo-philosophique que même un Jean-Claude Van Damme ne se hasarderait pas à prononcer de peur de paraître ridicule.

Sur le papier, le principe de ramener l'univers de Bret Easton Ellis à l'imagerie hypocrite des séries télé, avait pourtant de quoi séduire. Or le résultat est assez mou, comme si les deux extrêmes étaient peu consentants à l'union. Hormis un plan assez franc de taillades de veines, Avary assume peu à l'image la débauche décrite dans le texte : la coke se sniffe toujours hors champs, les jeunes copulent sapés et en plan serré, la masturbation se fait derrière un coussin ou de dos, et les homos dansent sur du Wham en boxer Dim. Pas une fesse en vue, pas de poil non plus, pas de pelles baveuses ni même de baisers mouillés. Certaines situations sont suggérées avec autant d'inspiration qu'un American Pie, et la comparaison, pourtant peu flatteuse, vient aisément à l'esprit. C'est un peu la honte. Lorsque l'on se rappelle que le texte de départ vient de l'écrivain d'American Psycho et que son adaptation est signée de l'auteur de Killing Zoé, on ne peut qu'être amer devant ce constat.

Enzo

Le pour : Entrevoir l'envers du décor des séries ados américaines
Le contre :
Ca reste de la série ado américaine

Par Enzo - Publié dans : Les films en vrac
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Commentaires

Le bouquin d'Easton Ellis est géniallissime.

Le film est différent par rapport à la présentation des personnages, de l'absurdité et de la critique d'une telle vie... on tombe des fois dans l'apologie ("C'est cool d'être étudiant ricain !") même si ça reste assez trash.

Je ne peux QUE conseiller la version non-censurée. Et oui, d'après tes dires, tu as visionné la version censurée, qui n'est d'ailleurs pas resté longtemps à l'affiche.

Amicalement,
Carnelov
Commentaire n°1 posté par Carnelov le 01/05/2005 à 21h06
Ouaip, il est vrai que ce film manque de quelques chose. Je trouve ça dommage car j'ai trouvé qu'il y avait une bonne narration avec les présentaitons de personnages en chasse-croisé au début. Mais, les dialgoques ne vont pas bien loin en effet et aucun personnage ne se livre vraiment jusqu'au bout.
En effet dommage...
J'aime bien l'affiche qui annonce un coté comico-cynique....
Commentaire n°2 posté par yerom le 04/05/2005 à 10h22
je sais pas si c'est la version censurée ou non, mais par rapport à celle que j'ai vue (ciné + dvd) il y aerreur de scénario....ou de comprehension...
En effet, si tu avais suivi (si c'est une version différente que tu as vu pardonne moi cette petite attaque) la lettres violettes sont pas de Lauren, et ça changerait tout au film, mais de la fille qui est folle amoureuse de Sean en cachette, et se suicide au milieur du film. La scène du suicide représente d'ailleurs un grand tournant dans le film, elle est d'une intensité incroyable, et les plans sont superbes!
Je trouve que ton commentaire n'a rien d'objectif, dans le style jai-pas-aimé-donc-je-descend-le-film-quitte-à-dire-des-trucs-faux...
"Avary assume peu à l'image la débauche" ouais, euh, c'est très explicite quand même, drogue, sexe, ça en parle cruement, y a des nanas qui se baladent à poil (soirée baise!), c'est pas un film porno non plus! Et ça suffit largement, pas besoin de tout montrer, la débauche on la comprend.
Sean Bateman, absorbé comme jamais, prononce cette réplique minable de forme et de sens "personne ne connaît personne" Euh quand même, c'est Lauren qui la prononce en premier, juste avant, et c'est fondé. Elle croyait le connaitre, et puis non.... Ou est le problème?? Tu as suivi le film ??
Je trouve que le montage de Avary est génial, la première scéne à l'envers est vraiment réussie.
Bon je vais pas continuer comme ça, j'ai adoré ce film, tu as des remarques fondées, mais tu éxagères pas mal.

Cordialement
Commentaire n°3 posté par neXusis le 11/05/2005 à 10h56
Ouais donc je vais répondre quand même au cas où les commentateurs reviennent voir... donc OUI j'ai vu la version intégrale et non pas censurée, et NON je ne trouve pas ce film cru dans son traité. 4 ou 5 lachers de nougats de ci et là ne font pas un film choc. Dans un style plus lyrique REQUIEM FOR A DREAM fait plus cru, et dans un style plus assumé IRREVERSIBLE est un modèle du genre. Désolé ce deuxième long-métrage d'Avary est selon moi beaucoup moins maitrisé que son KILLING ZOE, pourtant moins paré d'effets clipesques (scènes à l'envers), et fait finalement figure de film pour ado. point. Ce sentiment prépubère est renforcé justement par le "personne ne connait personne" bien plat : tout ça pour ça ? Oui j'ai suivi le film et il m'a mené nul part.

Quand à la précision concernant les lettres violettes, non pas de Lauren, mais bel et bien de l'étudiante cantinière à mi-temps (d'ailleurs grillée dès sa première apparition), j'ai opté lors de mon résumé de survoler cet élément afin de ne pas dévoiler, justement, l'élément clé du film. A Cinematic, on a comme leit motiv de ne pas dévoiler les éléments de surprise du film, même s'ils s'avèrent peu consistants, afin de préserver le spectateur vierge qui cherche à se faire une idée du film qu'il n'a pas encore vu.

Afin de ne pas tout gâcher, souhaitons qu'il ne lise ni ton commentaire ni le mien.

Très cordialement...
ENZO
Commentaire n°4 posté par Enzo le 11/05/2005 à 11h29
oh oh oh
4 ou 5 lachers de nougats de ci de là....
(Je la note dans mon carnet celle là)

yerom
Commentaire n°5 posté par yerom le 13/05/2005 à 13h25
Je n’ai pas vu le film mais le bouquin m’avait un peu gonflée, exactement là même impression que ça manquait de quelque chose. Rien à voir avec American Psycho et Glamorama où d’ailleurs l’auteur reprend certains de ces héros des Lois de l’attraction Dans Glamorama Bret Easton Ellis atteint un niveau de perfection dans son genre: très trash, très bien écrit, et un engrenage hallucinant de l’intrigue…A LIRE IMPERATIVEMENT.
Commentaire n°6 posté par peg le 13/05/2005 à 16h31
J'étais passée à coté de cet avis. J'ai detesté ce film. Autour de moi je n'entendais que des commentaires compatissants pour cette sinistre farce pour adolescents défoncés à la soap débile. J'ai l'impression de m'être trompée de génération. Se délecter de dialogues vides de sens et de situations sans cul assumé c'est au dessus de mes forces. La conclusion et sa phrase digne d'une citation de Van Damme achève cette daube qui eu la mauvaise idée d'inspirer Avary. Mise en image sommaire. Un ado de plus qui joue avec sa caméra et qui craint le retour de sa mère. Pathétique.
Commentaire n°7 posté par Daria le 15/03/2006 à 16h19
Je ne peux laisser passer cet affront gratuit fait à Jean-Claude. Assimiler le discours du Poète à ce qui semble être une thèse oedipo-post-pubère au rabais est inopportun. Jean-Claude est un episthémologue qui s'ignore
;-)
Commentaire n°8 posté par Aswip' le 18/03/2006 à 00h07
Moi perso je viens de le vois ce soir et j'ai vraiment beaucoup aimé. Je ne sais pas si c'est la version censuére ou pas, en tout cas la fin m'a laissé complètement pantoise et je me suis demandée si le dvd avait bien été gravé.... Est-ce que la fin c'est vraiment: "all i was thinking was..." The end. Est-ce que c'est ça? Merci de me répondre car là...
Commentaire n°9 posté par lucie le 11/10/2006 à 00h25
Tu peux deja enlever la case scénario car le bouquin est issu du livre ;) donc deja tu comprend pourquoi le réalisateur est d'entrée restreint au niveau de la réalisation
Commentaire n°10 posté par Leatherface le 12/10/2008 à 19h31
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