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Vendredi 29 avril 2005

France - 2004


Genre : film de casse
Réalisateur : James Huth
Scénario : Jean Dujardin, Karine Angeli, James Huth
Directeur de la photo : Philippe Piffeteau
Casting : Jean Dujardin, Bruno Salomone, Clovis Cornillac, Elodie Bouchez
Musique : Bruno Coulais

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Jean Dujardin
, pensionnaire du petit écran durant de nombreuses années dans des formats courts (cour, jardin, théâtre, humour) est désormais satellisé tête d'affiche bankable du long métrage. Autant se résigner à voir ses yeux farceurs et son sourire ultrabrite dans le paysage
cinématographique français pour un moment tant le Loulou à sa ménagère attaque sa nouvelle carrière sur tout les fronts, avec un appétit vorace. Une douzaine de films en un peut moins de trois ans.
Résolument cantonné à la comédie, si ce n'est l'appartée Le Convoyeur, il offre pourtant des prestations contrastées et subtiles qui rappellent qu'il n'est pas un nouveau José Garcia, comme on a voulu nous le vendre, ni un Michael Youn, les dieux de la comédie nous en préservent. Il était comédien avant son énorme succès télé. Retour à ses premières armes, donc,
avec l'incarnation de Brice De Nice en panoramique.

Le surfeur le plus yellow de la côte d'azure n'en finit plus d'attendre LA vague. Fils à papa sans mère, il traîne de fait un sérieux Oedipe et s'est choisi une figure maternelle d'adoption, LA mer.
Ce jeune branleur dans sa tête passe ses nuits à rêver d'une sirène, ses
journées à se saper comme Pikachu, à analyser Breakpoint pour la énième fois, paraffiner son surf ou encore vanner à tour de bras. Les journées sont d'ailleurs fort longues puisque le réveil sonne à 5 du mat afin de profiter de la marée. Elles se ressemblent de surcroît. Cette routine compulsivement obsessionnelle étant à peine "cassée" par l'organisation d'une "yello" partie, on se dit que les scénaristes ont intérêt à avoir dépouillé le dictionnaire de la blague pour tenir la barre durant l'heure et demie du film, puisque le bon mot semble être le seul argument de Brice De Nice.
Heureusement, le petit monde jaunasse de ce sympathique inadapté de la vie va s'écrouler. Le confrontant aux dures réalités d'un tout un chacun : travailler, braquer des banques. Il s'avère aussi inepte pour ces activités que pour trouver sa sirène mais va, chemin faisant, croiser le sauveur de l'entreprise Brice De Nice, Marius La Caille, comme l'oiseau, alias
Clovis Cornillac. La valeur montante du cinéma français.

Son interprétation de Marius est à la (dé)mesure de celle de Dujardin, qui du coup ne tire pas complètement la couverture à lui. On évite l'asphyxie grâce à ce second rôle dyslexique, hilarant et attachant. Sans nul doute Cornillac doublera prochainement un personnage animé pour une production Pixar ou Disney, dans une sorte d'adoubement corporatiste ultime, tant cet
acteur est talentueux. Souhaitons lui plutôt de trouver LE premier rôle qu'il mérite. Même Elodie Bouchez apporte ici une certaine fraîcheur et que la grosse comédie ne lui sied pas si mal.
- Qu'est-ce qui t'arrive, t'as mangé trop de Chamallows ou quoi?

Entendons nous bien sournoise voix dans ma tête, la réalisation de James Huth n'a rien d'inspirée, le rythme est très inégal et Brice De Nice fleure bon le plan marketing avisé : l'album et son single funky qui vont bien, l'esthétique détournée qui vous permettra d'acheter la panoplie Brice dont le mug et le t-shirt jaune, les répliques auto-proclamées cultes sont livrés avec le billet de cinéma.
Ils vous en coûtera la modique somme de 595 euros pour le packaging complet. Sachant que le cœur de cible sont les consommateurs de boissons gazeuses qui explosent leurs forfaits mobile en tentatives de sauvetage des stars en devenir de la télé post moderne, le carton est assuré.
Et même si Jean Dujardin s'en défend, les ingrédients d'un succès prévisible sont largement réunis et l'explosion de produits dérivés estampillés d'une griffe Nike inversée fort probable. La Beuze en plus bétonné.

Reste que pour une comédie, décalée qui plus est, le niveau de jeu des acteurs ne sera certainement pas étranger à ce succès.

Aswip'

Le pour : La scène de casse en mime
Le contre :
Le manque d'ambition du réalisateur

 
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