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23 juin 2006 5 23 /06 /juin /2006 18:41
USA - 2005 (Flight Plan)
Affiche Fight Plan
Genre : Pétard mouillé
Réalisateur : Robert Schwentke
Scénario : Peter A. Dowling, Billy Ray
Directeur de la photo : Florian Ballhaus
Casting : Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Kate Behan, Sean Bean, Erika Christensen...
Musique : James Horner


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Il y a des voyages qu'on se passerait bien d'entreprendre. Une valise qu'on égare, un avion qui s'encroûte sur la piste pour des raisons de grève inopinée du personnel de bord, une suspicion de plateau repas piégé, sont autant d'éléments susceptibles de plomber la transhumance d'un bout à l'autre du globe. Pourtant il y a pire. Sans aller jusqu'à l'exemple sordide du Boeing achevant son vol à mi-hauteur d'un des plus haut building du monde, on peut se dire que de rentrer au pays avec son mari sous cercueil dans la soute, et égarer sa fille à 40.000 pieds d'altitude lors du déplacement Berlin/New-York, a de quoi affoler l'expatriée la plus déterminée qui soit. Kyle Pratt est donc la malheureuse victime du sort qui en déboulonnerait presque l'avion en plein vol, de proue en poupe, histoire de prouver qu'elle n'a pas perdue la raison. Bien sûr qu'elle est montée à bord avec sa fille même si personne ne s'en rappelle, et tu m'étonnes qu'elle va passer au peigne fin ce zinc qu'elle connaît sur le bout des doigts (et pour cause puisque c'est elle qui l'a conçu).

Flight Plan est ce genre de film qui à le goût et l'odeur d'autres films. Autant dire de suite qu'il manque cruellement de caractère. Il a en outre la mauvaise initiative d'être le film post-Panic Room, dont la trame claustrophobe et la mise en forme semblent avoir servi de modèle à ce faux remake. Sans égaler, loin de là, le talent d'un Fincher, il faut néanmoins reconnaître que Schwentke a ce qu'il faut de maîtrise technique pour flatter l'oeil du spectateur. Cadrage carré, mise en scène soignée, photographie haute définition, gestion de rythme, dès les premières images on est efficacement capté par ce qui se passe à l'écran. Une atmosphère de malaise s'installe progressivement, notamment suscité par le transport d'un corps mort en boîte et des fragments de souvenirs flous et froids. Mais la mise en scène n'est pas qu'affaire de séries de plans, aussi léchés soient-ils, et c'est sur la mise en exergue du scénario que la réalisation s'éparpille petit à petit. Passé la transe vaporeuse d'entrée de film, la disparition de Julia, fille de Kyle, sonne comme un pénible retour à la réalité. A l'instar du personnage de Jodie Foster l'histoire émerge douloureusement de sa torpeur pour nous amener dans une dimension toute autre, moins aérienne, plus terre à terre. Des réponses concrètes sont recherchées et des moyens palpables sont mis en oeuvre pour découvrir une once de vérité.

Les intentions quasi-spirituelles sont ainsi délaissées au profit d'une intrigue qui flirte tour à tour avec la schizophrénie éventuelle d'une veuve, la paranoïa du 11 septembre, la peur de l'arabe, le thriller d'un complot alambiqué, et le fantastique d'une disparition inexplicable. C'est précisément ce vaste fourre-tout d'alternatives scénaristiques, ce bazar d'hypothèses bradées à la criée, qui mène l'intrigue vers une déception, à la hauteur de l'absurdité du fin mot de l'histoire. Brassant la semoule de rebondissements plus fumistes que réellement prenants et sous prétexte de brouiller les pistes, les divers dénouements ouvrent toutes les vannes, mais sans parvenir à faire ressentir cette douce sensation de vertige qui aurait dû assaillir le spectateur en doute. Mais au bout du compte, à ne vouloir laisser que des portes ouvertes on ne risque que de croiser des courants d'air... 20 minutes avant le dénouement final, Schwentke, à bout de souffle s'avère à court d'effets cache-misère, et la supercherie flagrante, n'en parait que plus grossière. La conclusion s'annonce maigre, et c'est rien de le dire. Puis vient la chute, libre, en piqué... Tout ça pour ça... Le vide en fin de script, l'inconsistance en bout de bobine... Dans l'indifférence la plus totale on gobe les explications grotesques censées éclaircir les tenants de l'événement, tout en se demandant le plus simplement du monde si on ne s'est pas un petit peu foutu de nous sur ce coup-ci. L'impression dommageable demeure moins spectaculaire qu'un mauvais Shyamalan, mais toute aussi frustrante. On s'excuse comme on peut en prétextant qu'on ne s'attendait à rien de transcendant, que tout avait été dit dans la bande annonce, et que malgré tout Foster ne s'en tire pas trop mal.

Après on zappe et on oublie.


Enzo


Le pour : La photo, Jodie Foster pour le plaisir.
Le contre :
Intrigue trèèèèès maigre.

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commentaires

moon 16/08/2006 18:46

ambiance stressante....je crois que cest tout ce que jai retenu du film.... Et une fin baclée...dommage.

Un type sympa 15/08/2006 01:42

J'viens juste de voir le film et j'l'ai trouvé sans plus...t'as pas tort enzo...

Aswip' 28/06/2006 01:01

Pas mieux. Gros malaise à la fin de la projection de ce film opportuniste et malsain. Une fin en queue de boudin à l'eau de vaisselle. Mais ce qui m'a le plus exaspéré c'est l'absence d'excuses à la minorité visible à priori et sans vergogne incriminée. Douteux.

Enzo 27/06/2006 10:25

Hélas, ma relation platonique avec Jodie n'est plus à prouver (soupiiiiir) ;-p

yerom 27/06/2006 00:08

Flight plan > Jodie Foster > J'ai quasiment sur que c'était Enzo.... Bingo ! :)