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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 23:23
USA - 2005 (Harry Potter and the goblet of fire)
Affiche Harry Potter
Genre : Abraca-navrant
Réalisateur : Mike Newell
Scénario : Steven Kloves
Directeur de la photo : Roger Pratt
Casting : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Robert Pattinson, Clemence Poesy...
Musique : Jason Buckle


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Faut-il être à ce point dépendant de l’œuvre originale pour ne pas constater à quel point la version cinéma d’Harry Potter et la coupe de feu est un ratage complet ? J’ai longtemps cherché mes mots pour définir cette bouillie visuelle, cet amalgame de scènes sans âmes, découpées à la truelle par Sir Mike Newell. Le fait est que son adaptation de l’épais volume libraire, a bel et bien été considéré comme impossible à résumer à l’écran et que seul un survol sommaire des éléments forts du 4ème opus des aventures de l’apprenti sorcier, fut jugé nécessaire. Le procédé, discutable, n’a pour effet que de condamner le novice en sorcellerie désarmé devant tant d’incohérence scénaristique, qu’il attribuera plus à son inculture de l’ouvrage de JK Rowling, qu’à une réelle déficience d’écriture. Le chaland à la ramasse, il ne reste plus que le fan pour se délecter de la mise en image du tournoi des 3 sorciers et des amours naissantes de ses personnages préférés.  Pourtant si seule la satisfaction du lecteur assidu prévalait, pourquoi ne pas s’être contenté de distribuer le film en DVD bonus pour tout achat du livre en tant que support moderne illustratif ? Cela aurait évité à bien des spectateurs d’achever 3h45 de temps devant l’un des blockbusters les plus insipides de ces dernières années.

Cette quatrième adaptation de l’univers d’Harry Potter pèche avant tout pour des raisons de choix, ou précisément d’un manque affirmé de choix. Les quelques centaines de pages de l’auteur prolixe ont été de trop pour la réalisation qui n’a su démêler l’écheveau, se contentant de gommer de ci-et là quelques menus détails et se permettant quelques raccourcis pas toujours efficaces. Pas assez tranché, et surtout trop maladroitement monté, le film souffre d’une absence atroce de transitions. L’expression "sauter du coq à l’âne" prend ici tout son sens, même si elle se décline sous la forme de "sauter du Quidditch au Mangemort". Daniel Radcliffe pénalisé, depuis le début de la série déjà, par un jeu d’acteur pas franchement au top, est loin d’être aidé par le montage à soubresaut dans ses vaines tentatives d’immersion de personnage. Autour de lui les autres font ce qu’ils peuvent pour rendre crédible les situations mais la caméra ne se débarrasse pas de son hoquet : un coup Hermione rit que le plan suivant elle pleure. En salle il arrive qu’on se retourne vers la cabine de projection histoire de voir s’il n’y a pas un soucis avec les bobines… Forcément le rythme prend un coup dans l’aile et ce ne sont pas les envolées sur balais magique accompagnés d’élans musicaux fort en violons, qui viendront palier le manque de subtilité dans l'alternance des temps morts et des temps forts. Cette dernière remarque étant valable aussi pour les effets spéciaux, pas forcément impressionnants et la bande son franchement transparente.

Cette absence de volume global est tant flagrante qu’il en devient impossible de s’attacher aux personnages et leurs ressentis, ou à défaut, leurs actions. Mike Newell peu inspiré, a même réussi l'exploit d'effriter le travail de fond d'Alfonso Cuaron, son prédecesseur, concernant les traits de caractères. Pour un épisode censé affiner les relations et les émotions entre chaque protagonistes, leurs portraits s’avèrent ici plus qu’inaboutis. Hermione et Ron font de la figuration au profit d'autres personnages de passage, pourtant peu détaillés. Les répercussions de peu de présentation peuvent même s'avérer néfastes : en ne sachant rien des méthodes de ses concurrents lorsqu’ils passent les épreuves, impossible de ne porter d'autre que peu d’estime à l’ami Harry lorsqu’il chevauche son balais (interdit ?) ou lorsqu’il gobe une herbe (autorisée ?) pour réussir chaque tâche du tournoi via des procédés presque douteux. Du coup Harry paraît peu alerte, peu doué, plutôt opportuniste et finalement peu méritant, alors qu’il suffisait de dévoiler que ses adversaires usait de stratagèmes identiques pour parvenir à leurs fins.

Le pire concerne le cœur de trame de l’histoire autour du retour de Voldemort, traité au même niveau que le reste et consumant ainsi son impact quasiment dans l’indifférence. L’affrontement final s’avère assez morne et la galipette salvatrice pour Potter n’est pas des mieux retranscrites puisque totalement dépourvue de tension. Parallèlement l’annonce du retour de l’ennemi, tant craint qu’on est pas censé l’évoquer, ne fait frémir ni les interprètes ni les spectateurs. Au discours final de Dumbledore censé annoncer quelques jours sombres à venir, rien de ce qui caractérise ce douloureux chapitre ne transparaît sur l’auditoire. C’est à peine si l’on pleure la perte d’un des élèves de Poudlard avant de partir -youpi-yaaa- en vacances…

En fin de projection les résumés ne savent pas sur quel fil s’appuyer tant il semble manquer d'une ligne directrice. On a assisté à un tournoi à priori biaisé par Voldemort pour attirer Harry dans un traquenard… Le jeune apprenti se révèle piètre interprète de ses sentiments et vit ses premiers émois d’adolescent… Personne ne semble avoir remporté la coupe, mais qui s’en soucie après tout ?… Mouais. Les impressions à propos du film sont brouillonnes et les émotions suscitées quasi-nulles. Pas grand chose ne demeure en bouche de ce spectacle sans queue ni tête, sinon l’envie très forte de replonger dans sa bibliothèque pour décortiquer tout ça, et combler les manques. L’objectif inavoué de cette version cinématographique oeuvrait peut-être en ce sens : recruter de nouveaux lecteurs, mais j’en doute sérieusement vu le succès sans faille en librairie. On reste donc sur un constat d’échec face à la tâche mais faut-il pour autant croire qu’il devient impossible de poursuivre les adaptations des volumes 5 et 6 de plus en plus fort en pages ? Il est probable qu’à l’avenir il faudra plus que jamais se préparer à laisser de coté certaines intrigues tierces n’en déplaise aux Potter’s addicts, mais il est plus qu’urgent de remettre du cœur à l’ouvrage pour retrouver ce qui fait le succès d’une bonne histoire (script, découpage, rythme) afin de rendre hommage au réel talent de narration de Rowling, plus qu’à l’univers de son personnage.


Enzo



Le pour : Allez, on se remet à lire...
Le contre :
...et on oublie les salles obscures !

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commentaires

christian 16/03/2007 23:05

Effectivement le film ne peut rivaliser avec le livre. Ceux qui ne connaissent pas les livres, ont aimé le film et les personnes comme moi qui ont tout lu de HP, trouve le film très mauvais.

Kroll 03/02/2007 21:35

je suis d'accord sur le fait que ce film est raté...enfin...plus ou moins, moi perso j'adore quand même.
oui, j'ai aussi été déçue quand je l'ai vu mais de toute façon je m'y attendais, par rapport au livre, c'était quasi-impossible de faire en sorte que tous les détails coïncides et que l'histoire soit claire en enlevant la moitié du livre...ce qui fait que le film n'est qu'un résumé en quelque sorte du livre, un résumé des grands évenements où l'on a rajouté de l'action pour ...hum...ils se sont quand même améliorés pour les effets spéciaux (quand on regarde le 1...) mais ce qui gache c'est que plein de détails ont été enlevé, tout est centralisé sur "THE" tournois et on dirait qu'il n'y a que ça qui compte... le temps qui passe, les cours, la vie générale à Poudlard manque dans le film, mais bein sûr...le film aurait été trop long...argh ! j'ai peur pour le 5...
malgrès tout, j'aime bien voir le film car il me donne envie de lire le livre et je prends un grand plaisir à redécouvrir tout ce qui manque dans le film...

Baylone 15/10/2006 13:03

On peut en effet remarquer que cet opus est moins consistant que les autres et c'est un peu dommage. C'est du travail à la va-vite. Sur ce point, je suis d'accord.Mais pour ceux qui est des relations, là je trouve que l'on commence à voir apparaitre des sentiments nouveaux (plus ou moins introduit dans le 3). Ce volet est plus psychologique même si c'est assez mal amené. En sortant du ciné, j'étais déçu mais finalement, ce film n'est pas si mal (je précise que je n'ai pas lu les livres.).

hww 01/10/2006 21:21

Tout savoir sur Harry Potter ?
Actu, photos, bande-annonces, forum...
sur http://www.hww.new.fr

nature_boy 26/08/2006 14:37

meric!!!sa fait plaisir de savoir qu'on est pasl e seul a trouver les interprétation harry potteresque au cinéma d'une nullitée totalle a nous déguoté des livres tant les films sont mal fait...et que je te coupe 1 passeage du livre pour en ajouté un autre qui sert a rien, mes personnes ne sont plus crédible a cause de leurs age, c'est pas grave
tristesse totale heureusement les livres sont la pour nous montrer que rien ne vaut l'original!!!