Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

9 mai 2005 1 09 /05 /mai /2005 00:00

Japon - 2003 (Cha no aji)


Genre : Chronique merveilleuse
Réalisateur : Ishii Katsuhito
Scénario : Ishii Katsuhito
Directeur de la photo : Kosuke Matsushima
Casting : Sato Takahiro, Maya Banno, Tadanobu Asano
Musique : Little Tempo

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


La Famille Haruna, si elle n'est pas forcement typique des familles rurales nipponnes, est pour le moins pittoresque. Nobuo, le père, est thérapeute et hypnotiseur de la vieille école et souvent distrait par les nouvelles technologies. Sa femme, Yoshiko, travaille sur un pilote animé visiblement aussi violent qu'elle est douce. Ayano, l'oncle, en pause de son activité de sound designer semble en quête d'un passé regrêté. Hajime, le fils, qui cours après un amour déjà perdu jusqu'au prochain arrêt de son train ou de son muscle cardiaque est un fin tacticien du jeu de go. Sachiko, la petite fille, est habité par un "moi" surdimensionné et volatile dont elle n'aura de cesse de se débarasser.
Tout ce petit monde tourne autour de son doyen de grand père, ancien maître de la pose clé et chercheur invétéré du LA. A moins que ce ne soit lui qui tourne autour de ce petit monde. Tel un satellite facétieux, décoiffé et pas toujours au diapason.

Katsuhito Ishii s'y entend visiblement pour ce qui est de créer du contenant plein de contenu. Connu jusqu'ici pour être l'auteur de la fameuse scène animé dans Kill Bill Vol. 1, il sera désormais Le Réalisateur, avec des majuscules partout, de The Taste Of Tea.
Le glissement dans son univers est subreptice, quasi immédiat. L'acceptation se fait l'espace d'une première scène et vous embarque jusqu'au bout du récit. Comme dans les films de Miyazaki. On a d'ailleurs l'étrange impression que The Taste Of Tea est une mise en images, prises de vue "réelles", de l'univers du vieux maître de l'animation. Le naturalisme, l'onirisme, donnent lieu à des plans très similaires. La quête de la petite Sachiko est clairement et directement inspirée du personnage de Meï, dans Mon Voisin Totoro.
Il suffit, pour s'en convaincre, de noter la présence de l'immense chêne qui jouxte la maison des Haruno. Le rythme de la narration, l'aspect contemplatif des personnages sont également des points communs forts.

La mise en scène concours pleinement à l'enchantement poétique provoqué par le goût de ce thé là, au delà des images et des idées. Les zones d'ombre de la trame étant explicitées une à une au détour de plans amenés de façon si opportune, qu'ils font immanquablement naître un sourire complice sur la face d'un spectateur ravi qu'on le prenne si subtilement à témoin. Ravi aussi d'avoir la primeur de chacun des secrets des membres de la famille Haruno avant que ceux-ci ne se recoupent pour former un tout.
Cette complicité qui donne au spectateur l'impression d'assister à un moment privilégié, dans une communauté d'union de circonstance. Le temps de 2h20 d'immersion totale. Un film qui partage sans être ostentatoire ou calculateur.

Tout élément négatif, voire pathogène, est rigoureusement exclu du métrage. Sans échouer pourtant sur les écueils acérés "mièvre" ou "niaiseux". Comme un petit miracle.
Et lorsqu'un trouble-fête tente de s'immiscer, il est immédiatement et sévèrement châtié. Voir la scène du patron délateur, un régal. Ou encore celles de yakusas enterrés ou bien d'anciennes tigresses aux dents de sabre en proie à des relents pulsionnels. En revanche, les effets spéciaux, eux, sont très présents et portent ici idéalement leurs noms. S'ils sont parfois douteux d'un point de vue technique, ils offrent cependant un surcroît de densité à la narration et aux situations. Comme autant de petits bienfaits. Car sous ses airs décousus, The Taste Of Tea est une savante et rigoureuse alchimie de composition. On y rit, on y est ému et touché tour à tour sans avoir une seconde la pénible sensation d'y être contraint.

Le centre nevralgique de The Taste Of Tea est ainsi l'animation, dont est issu Katsuhito Ishii. Et toute les composantes de création y sont réunies : l'observation, la prise de vue, le mime, le flip-book, les paysages envisagés comme des lay-out, jusqu'à la projection doublée en direct. Même ce qui s'apparente à des temps mort ressemble à de l'animation limitée. Affaire de rythme. Car le film respire. S'il impose quoi que ce soit, c'est son tempo, sa musicalité faite d'inspirations et d'expirations.
Un film qui se la joue feutrine et souplesse avant de vous avaler goulûment comme un soleil dévoreur de planètes, sous de cieux différents, chaque fois uniques et pourtant communs à tous. Car illuminés par le même astre.


Aswip'

Le pour : chef d'oeuvre
Le contre :

Partager cet article

Repost 0

commentaires

yerom 10/05/2005 14:52

Ooooooh ben ça donne carrément envie de se ruer pour aller voir tout ça.
Merci cinématic de nous montrer la voie de la lumière !

Et ton écriture sonne bon...

Aswip' 09/05/2005 11:21

Ouais mais quand on aime...
Et puis 7 est un chiffre mythologique.
Les Septs Cavaliers de l'Apocalypse, les Sept Mercenaires, les Sept Nains...

Enzo 09/05/2005 11:18

Ouaip hé ben pour le voir faut s'accrocher... Il n'est plus que dans 7 salles ! Ce serait dommage d'attendre la sortie DVD.