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14 mai 2005 6 14 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2002 (One hour photo)


Genre : Scrapbooking
Réalisateur : Mark Romanek
Scénario : Mark Romanek
Directeur de la photo : Jeff Cronenweth
Casting : Robin Williams, Connie Nielsen, Dylan Smith, Michael Vartan, Gary Cole...
Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Sy Parrish est seul. Désespérément. Et si la vie, parfois vache avec les âmes en peine, l'avait mené sur les rives désertes d'une île à la place d'un Tom Hanks dans Seul au monde, force est de constater que Sy se serait jeté la tête la première sur un rocher affûté pour abréger ses souffrances. D'abord, parce qu'il n'aurait pas sous la main tous ces accessoires techniques et compliqués de développement photographique, qui lorsqu'il les manipule, lui permettent de combler son emploi du temps. Mais surtout parce qu'il n'aurait pas l'occasion de vivre par procuration la vie de famille des Yorkins, qu'il épie depuis une dizaine d'année via leurs clichés-souvenirs, en 36 instants figés de bonheur qu'il tire en double exemplaire afin de s'en garder une copie personnelle, et de s'en faire une décoration murale plutôt troublante. Les vacances, ce n'est pas le truc de Sy. A l'abri dans son stand photo de supermarché, il n'est pas près d'aller s'échouer sur une île au beau milieu de l'océan pacifique. Son boss a beau lui conseiller de prendre quelques jours de congés, il sait que sa vie est ici, délivrée par de petits rouleaux sombres qu'il dépiaute d'une habilité chirurgicale, afin de ne pas en rater une miette.

Malgré ce synopsis, le titre de Photo obsession sied maladroitement au propos de ce premier film de Mark Romanek, le parant d'une robe psycho-thriller trop évidente et le cataloguant parmi d'autres noms d'oeuvres navrantes du type Obsession fatale, ou Virtual obsession. Son titre d'origine One hour photo lui correspond mieux, illustrant plus subtilement à la fois le métier de Sy Parrish mais aussi le peu d'instants de vie que se permet le pauvre bougre, en apnée dans son quotidien aseptisé, à l'affût d'une bulle d'oxygène aussi provisoire qu'inespérée. Robin Williams dessine au critérium son rôle, incarnant jusqu'au col de chemise tiré à quatre épingles, la timidité maladive du personnage, son désir d'être adopté par une famille idéalisée, et son souci de rester, malgré tout, à l'écart. Sy Parrish oscille sans cesse entre sa volonté de devenir concrètement l'oncle Sy et celui que cet espoir insensé ne reste qu'un cliché parmi tant d'autres. Après tout, les instantanés ne reflètent que les bons instants de la vie alors pourquoi s'encombrer du reste ? Forcément lorsque cet équilibre un peu malsain, plutôt fragile, est mis à mal par une tierce personne et une photo venue d'un autre tirage, les poils aux aguets finissent par se dresser. Jusqu'où peut aller Parrish afin de préserver son cocon ?

Loin des clichés du genre et leur panoplie grossière de films d'angoisse, Photo obsession fait naître le malaise via un Robin Williams inspiré, mais notamment grâce à un traitement visuel soigné, franchement clinical lors des scènes de supermarché. A ce titre Mark Romanek, dont l'obsession photographique s'explique par son passé clipesque, peut parfois donner l'impression d'en faire un peu trop avec ses cadrages figés, sa large gamme chromatique, et son faux rythme sur du faux plat. On aime ou on aime pas. On tolère ou on subit. A noter qu'à ce petit jeu illustratif d'autres réalisateurs du même acabit se sont cassés les dents lors du passage du court au long métrage, tel Tarsem Singh créatif publicitaire génial, auteur du creux the cell. C'est la sobriété narrative de Romanek qui permet à son film de susciter un certain intérêt, n'en déplaise aux accrocs du thriller tendu comme une ficelle de string, qui lâcheront l'intrigue en cours de route. A ceux ci, et à leur décharge, j'avoue volontiers qu'il manque à Photo obsession un je-ne-sais-quoi de plus investi dans la démarche pour le rendre plus marquant, peut-être en poussant plus loin les moments de flottement de Sy Parrish, à l'instar du passage où il se retrouve le cul sur la cuvette WC des Yorkins. Instant franchement dérangeant. Sans plus d'ambitions, Romanek donne l'impression de s'être posé un garde fou global, allant même jusqu'à justifier les actes de son personnage central lors d'une dernière scène explicative pas vraiment nécessaire. Du coup en préservant Sy Parrish, Romanek ne peut empêcher une certaine transposition du mauvais rôle sur les épaules de Will Yorkin, le père de famille. Ce qui est plutôt mal venu si l'on veut éviter la leçon de morale "tu ne pêcheras point".

Enzo

Le pour : Belle photo, Robin Williams impeccable, et... Connie Nielsen.
Le contre :
On se croirait limite dans une pub Kodak

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commentaires

chapi-chapo 31/08/2005 12:17

-10/20-
Robin Williams à accepté ce role? il aurait mérité tellement mieux.
Je crois que ds ce film il y a le film de Silvie Vartan. Alors pour ca, ca vaut le coup :)

Enzo 10/07/2005 12:42

Ha bien. Ca a le mérite d'être clair.

alexis 11/06/2005 16:01

J'ai trouvé le propos du film simplet. Ce personnage de pauvre développeur de supermarché qui soigne son travail en artisan et rêve d'une Vie Familiale, à laquelle il a le droit comme tout le monde nous dit le film-bordel!-, ne m'a pas du tout convaincu. C'est un Gros Message Bien Nul. Williams est mauvais avec ses yeux mouillants de solitairz gentil au fond et juset un peu psychopathe. Le suspense de la fin sur exercé sur le fait de savoir s'il a découpé en morceau le père de famille et son amante est d'une nullité de mauvais goût. Voila.