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Genre
: OVNI loufoque
Réalisateur : Dean Parisot
Scénario : David Howard, Roger Gordon
Directeur de la photo : Jerzy Zielinski
Casting : Tim Allen, Sigourney Weaver, Alan Rickman,
Tony Shalhoub, Sam Rockwell, Daryl Mitchell, Robin Sachs...
Musique : David Newman
Scénario |
***** |
Mise
en scène |
***** |
Photographie |
***** |
Acteurs |
***** |
Effets
spéciaux |
***** |
|
Une
rocambolesque troupe de comédiens has been supporte de moins
en moins les conventions consacrées à leur série
télévisée culte Galaxy quest.
Sans cesse à la poursuite du cacheton, l'équipe s'exibe
à tout va, soit devant des fans déguisés en quête
de réponses impossibles sur des détails techniques fictifs
puisque issus de l'imagination des auteurs, soit à l'ouverture
des grandes surfaces soucieuses de distraire sa clientèle. La
série vieille d'une vingtaine d'années ne vit plus que
par les redifusions et les souvenirs de ses adeptes, condamnant ses
comédiens à vivre une gloire qui ne semble pas se lasser
de s'user. Au cours de l'une de ces exhibitions grotesques, une poignée
de Thermians, de véritables extra-terrestres qui prennent les
épisodes de la série pour des documents historiques, viennent
soliciter l'équipe de Galaxy quest, qu'ils considèrent
comme des héros, pour les aider dans leur lutte désespérée
contre le tyrannique général Roth'h'ar Sarris. Avec pour
seuls repères une pléiade de répliques stupides
et un vaisseau spatial, copie conforme jusqu'au moindre détail
de celui de la série, recréé par les naïfs
extra-terrestres, la troupe d'acteurs se doit de jouer à fond
leurs personnages fictifs pour espérer sortir tout ce beau monde
(y compris eux-mêmes) de ce joyeux pétrin.
"Par le maillet de Grabthar !" avec une telle approche scénaristique
digne des mémorables productions de Jim
Abrahams et des frères Zucker
(Y'a t'il un pilote dans l'avion ?, Top Secret,
Y'a t'il un flic pour sauver la reine ?) on ne pouvait
s'attendre qu'à une vaste loufoquerie, une machine à gags
insensés, le genre de film pénible pour nos zygomates
peu accoutumés au grotesque assumé. C'est à la
fois le cas, et à la fois non. Malgré ses références
ancrées dans la SF de pacotille et certains aspects kitsch qui
en découlent, Galaxy Quest est plus une comédie
qu'une parodie. Bien sûr le film délivre son lot de scènes
débiles, clownesques ou même cultes (désorganisation
de l'équipage, pilotage du vaisseau, manipulation des gadgets
technologiques, répétition de répliques issues
de la série), mais se permet aussi une approche plus subtile
qu'il n'y paraît, évitant l'écueil de la satire
gratuite. En abordant le sens profond de la comédie, ses travers
d'attitude de façade, son principe inné de mensonge, et
en jouant de l'impact du jeu de rôle sur les esprits naïfs
des Thermians, l'histoire prend une tournure plutôt inattendue,
loin d'être idiote. Ça reste assez léger pour que
l'on continue d'en rire de bon coeur, mais la pirouette, admirablement
amenée, surprend agréablement. Pour la rendre crédible,
il fallait de véritables épaules d'acteurs, aptes à
endosser tour à tour la cape de la farce et le masque du désaveu.
A ce petit jeu Allen, Rickman
et Weaver se régalent d'autant plus
qu'ils jouent chacun deux personnages : ceux de la série et ceux
des acteurs de la série. Le genre de rôle "poupée
russe", véritable planche en bois recouverte de savon noir,
que n'importe quel clown de pacotille se mangerait avec pertes et fracas.
Evident clin d'oeil à Star Trek, Galaxy
Quest explore aussi avec un oeil narquois, mais tendre, le
fond gentiment pathétique des conventions de fans, présentés
ici plus comme de gentils accrocs que comme des débiles passionnés.
Les auteurs ont juste assez d'affection pour ces aficionados de série
culte pour leur attribuer une place déterminante dans l'intrigue
générale, permettant de rappeler doublement que certaines
stars de série ne représenteraient pas grand chose ou
n'iraient pas bien loin sans l'appui de leurs admirateurs. Outre ces
considérations symboliques, bien pensées et savamment
dosées, Galaxy Quest reste surtout un pur divertissement
jubilatoire, mené par une belle équipe d'acteurs enthousiastes,
ravie de pouvoir se lâcher de la sorte. A noter enfin que le film
ouvertement SF est doté d'effets spéciaux plus qu'honorables
et d'une réalisation soignée, bref de quoi en faire le
film sympa type à visionner, sans à priori, un soir de
programmation télé morne, ce qui arrive relativement souvent.
Enzo
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