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25 mai 2005 3 25 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2004 (Sin city)


Genre : No futur
Réalisateurs : Robert Rodriguez, Frank Miller, Quentin Tarantino
Scénario : Robert Rodriguez, Frank Miller
Directeur de la photo : Robert Rodriguez
Casting : Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba, Benicio Del Toro, Clive Owen, Rosario Dawson, Elijah Wood, Jaime King
Musique : Robert Rodriguez, John Debney, Graeme Revell

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


J'ai fait ma chouineuse en assitant au "ratage" Hellboy et puis voilà.
Roberto Rodriguez, tel un zorro inspiré, nous livre l'Adaptation comics avec un putain de A majuscule.
Comment dire... si vous n'êtes pas familier de l'oeuvre de Frank Miller dont ce film est l'illustration, vous riquez d'être... déroutés. Car outre ses qualités innombrables, Sin City, le film, est d'une fidélité confondante à Sin City, le comics. Sous tous ses aspects. Ce film est donc d'un nihillisme à faire passer les chansons les plus désespérées de Jeff Bucley pour des contines. D'une violence telle qu'il rellègue les combats les plus brutaux de Mike Tyson au rang de calins entre Bisounours. Ames sensibles...

Hartigan est un flic intègre du genre obstiné et irlandais. A l'ancienne. La désaprobation de sa hiérarchie, son myocarde défaillant, douze balles dans la peau, rien ne l'empêchera de sauver la petite Nancy des griffes d'un vil batârd jaunâtre et pédophile. Marv est une brute epaisse ravagée par des plaies de toutes sortes et pour le moins déterminé. Déterminé à trouver le meutrier de sa dulcinée, dût-il echarper de ses mains tous les portes flingues des bas fonds, tous les prêtres défroqués, tous les psychopathes miros, tous les monstrueux télévangelistes ou tous les chiens loups de la création. Dwight est un beau gosse résolu et chevalier servant aux entournures. Résolu à protéger coûte que coûte les filles de joie du quartier chaud. Ces dernières n'ont pourtant rien de vierges effarouchées, et pour cause. Elles tiennent plus du mythe amazone bardées de cartouchières qu'elles sont. A l'image de presque tous les personnages féminins du film, fatales autant qu'impitoyables. Miller n'est pas le créateur d'Elktra pour rien. Pas le consternant film avec Jennifer-Garner-parce-qu'elle-le-vaut bien, mais de l'excellentiscime comics eponyme.

Dans ce marasme retro-urbain bien glauque et moite se cotoient la lie de la terre et les anges vénéneux. Une sorte de purgatoire que Jerome Bosch n'aurait pas renié et dans lequel toute positive attitude est illusoire. Car outre le fond, la forme est, elle aussi, sinistre. Avec ses mornes voix-off d'outre tombe travaillées aux cloppes et au malt (à voir en vo résolument), sa bande originale jazzy-dépressive héritière des polars les plus dark, ses noirs abyssaux que viennent eclabousser des rouges sanglants ou des jaunes criards, Sin City affirme son intégrité mais pose aussi certaines limites. Cette fidélité extrème à l'univers de Frank Miller pour laquelle Roberto Rodriguez a opté, fait de son film un story-board animé plus qu'une mise en images de la bande dessinée : cadrages, découpage, direction d'acteurs. Or le néophyte risque de trouver l'entreprise vaine, comme en boucle, car terriblement hors des codes de narrations et d'interprétations habituels du genre. De plus, la volonté de balayer le maximum de personnages, dans l'urgence, comme on lache toutes ses forces dans la bataille, comme si des lendemains meilleurs étaient impensables, peut aisement rebuter. Avec cette oeuvre ostensiblement définitive Rodriguez semble résigné à l'impossibilité d'une suite. Le box office us lui donnera tord. On craint alors le pire connaissant la médiocrité des sequelles de sa filmo.

Après, on peut toujours s'accrocher à une bauté visuelle incomparable ou à un casting aussi imposant qu'excellent. Mais pas trop malgré tout, car l'espérance de vie dans cette cité est des plus restreinte. Sin City a tous les caractères astro-physiques du phénomène appelé trou noir. Sa colossale densité empêchant toute particule lumineuse de s'échapper de son gouffre. Cette masse en concrétion absorbe ainsi l'espace, le temps, le bonheur, l'espoir. L'obscurité est ici une chape de plomb en fusion dont on ne peut s'extirper sans une armure très solide. La moindre faille en son sein sera irrémédiablement infiltrée par un venin putride en quête d'une artère pour se répandre.
D'après Gorge Profonde, la scène d'ouverture de Sin City à permit à Roberto Rodriguez de convaincre Frank Miller d'adhérer au projet d'adaptation cinématographique, en tant que co-réalisateur. On est rapidement saisit par l'atmosphère et les partis pris esthétiques si affirmés qu'on ne les espérait plus. D'une exigence radicale, Sin City vous enfonce sans préliminaires et sans vaseline dans une ville du pêché où bonté d'âme n'est pas de mise et où les nuits d'encre noire sont lois. Le panneau limitrophe marquant l'entrée dans la citée pourrait légitimement indiquer : Sin City, abandon all hope, you who enter here. Si tu anticipais une production d'entertainment facile à ingérer, passe ton chemin hombre. Car tu te prépare un ulcère carabiné. On ne ressort pas indemne d'un séjour dans la ville du vice. Si d'aventure on en ressort.


Aswip'

Le pour : le noir, le rouge et le reste
Le contre :
claustrophobiques, dépressifs, s'abstenir

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commentaires

Pitpubman 30/10/2006 00:14

Un chef d oeuvre d esthétisme

Robert Mudas 18/04/2006 10:41

Très bel article, qui s'approprie avec talent l'atmosphère de Sin City. Une fois n'est pas coutume : enfin une excellente adaptation cinématographique de comics. Une belle claque pour le spectateur, une belle claque pour le cinéma.

chapi-chapo 31/08/2005 12:07

-17,9/20-
J'ai adoré. Ultra fidèle à la BD, Rourke est impécable voir deux pecable!
Enfin un film graphique! Et sans compromis! Que ca fait du bien!
A voir! un film saignant comme de l'encre de chine.
Sacré Mexicain!

kero 18/06/2005 04:53

Sin city ? c'est d'ACDC ça ? c'est ça ?

bon maintenant vous le répétez 14 fois très rapidement ;-)

nephtys 16/06/2005 19:13

Faut arreter de dire que c'est violent! je suis claustrophobe, j'ai peur du vide et de l'orage, et je me suis régalée^^
(pas chochotte pour un sou)