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USA - 2004 (Sin city) |
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Genre : No futur
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Hartigan est un flic intègre du genre obstiné et irlandais. A l'ancienne. La désaprobation de sa hiérarchie, son myocarde défaillant, douze balles dans la peau, rien ne l'empêchera de sauver la petite Nancy des griffes d'un vil batârd jaunâtre et pédophile. Marv est une brute epaisse ravagée par des plaies de toutes sortes et pour le moins déterminé. Déterminé à trouver le meutrier de sa dulcinée, dût-il echarper de ses mains tous les portes flingues des bas fonds, tous les prêtres défroqués, tous les psychopathes miros, tous les monstrueux télévangelistes ou tous les chiens loups de la création. Dwight est un beau gosse résolu et chevalier servant aux entournures. Résolu à protéger coûte que coûte les filles de joie du quartier chaud. Ces dernières n'ont pourtant rien de vierges effarouchées, et pour cause. Elles tiennent plus du mythe amazone bardées de cartouchières qu'elles sont. A l'image de presque tous les personnages féminins du film, fatales autant qu'impitoyables. Miller n'est pas le créateur d'Elktra pour rien. Pas le consternant film avec Jennifer-Garner-parce-qu'elle-le-vaut bien, mais de l'excellentiscime comics eponyme. Dans ce marasme retro-urbain bien glauque et moite se cotoient la lie de la terre et les anges vénéneux. Une sorte de purgatoire que Jerome Bosch n'aurait pas renié et dans lequel toute positive attitude est illusoire. Car outre le fond, la forme est, elle aussi, sinistre. Avec ses mornes voix-off d'outre tombe travaillées aux cloppes et au malt (à voir en vo résolument), sa bande originale jazzy-dépressive héritière des polars les plus dark, ses noirs abyssaux que viennent eclabousser des rouges sanglants ou des jaunes criards, Sin City affirme son intégrité mais pose aussi certaines limites. Cette fidélité extrème à l'univers de Frank Miller pour laquelle Roberto Rodriguez a opté, fait de son film un story-board animé plus qu'une mise en images de la bande dessinée : cadrages, découpage, direction d'acteurs. Or le néophyte risque de trouver l'entreprise vaine, comme en boucle, car terriblement hors des codes de narrations et d'interprétations habituels du genre. De plus, la volonté de balayer le maximum de personnages, dans l'urgence, comme on lache toutes ses forces dans la bataille, comme si des lendemains meilleurs étaient impensables, peut aisement rebuter. Avec cette oeuvre ostensiblement définitive Rodriguez semble résigné à l'impossibilité d'une suite. Le box office us lui donnera tord. On craint alors le pire connaissant la médiocrité des sequelles de sa filmo. Après, on peut toujours s'accrocher à une bauté visuelle incomparable ou à un casting aussi imposant qu'excellent. Mais pas trop malgré tout, car l'espérance de vie dans cette cité est des plus restreinte. Sin City a tous les caractères astro-physiques du phénomène appelé trou noir. Sa colossale densité empêchant toute particule lumineuse de s'échapper de son gouffre. Cette masse en concrétion absorbe ainsi l'espace, le temps, le bonheur, l'espoir. L'obscurité est ici une chape de plomb en fusion dont on ne peut s'extirper sans une armure très solide. La moindre faille en son sein sera irrémédiablement infiltrée par un venin putride en quête d'une artère pour se répandre. |
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Le pour : le noir, le rouge et le reste |
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|
par Aswip'
publié dans :
Les films en vrac
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