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9 juin 2005 4 09 /06 /juin /2005 00:00

Chine - 2004 (Kung fu hustle)


Genre : Perle de Chine
Réalisateur : Stephen Chow
Scénario : Stephen Chow, Cheong Tsang Kan, Keung Chan Man
Directeur de la photo : Hang-Sang Poon
Casting : Stephen Chow, Wah Yuen, Leung Siu Lung, Yuen Qiu, Lam Tze Chung
Musique : Raymond Wong

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


je suis le plus heureux des hommes.
Stephen Chow remet le couvert après le succès en vidéo (outre Asie) de Shaolin Soccer, et les couverts sont en or massif. Le Dieu de la cuisine nous a concocté un met jubilatoire propice à la sécrétion massive d'endorphines avec son Kung Fu Hustle. Oubliez Crazy Kung Fu, car il faut nécessairement voir la version originale. Inutile de dépenser 8 euros pour une VF qui sera assurément une félonie si ce n'est carrément merdique.

Ami, si tu ne goûte guère la comédie burlesque chinoise matinée de wu xia pian et des side-kicks qui l'accompagnent, passe ton chemin. Y a une émission qu'elle est bien sur TF1. Pour les autres, aventurez-vous donc dans "l'Allée du Goret", un bouge champêtre et populaire du Benjin d'entre deux guerres, inféodé au gang local, le Gang Des Haches. Ses habitants, sous leurs aspects débonnaires, cachent en leur sein d'anciens maîtres d'art martiaux extrèmements puissants et reconvertis qui en tailleur, qui en vendeur de pâtes, faute d'avoir d'autres combats à mener en ces temps de paix. Tous sont sous la coupe d'une propriétaire mégère de moins de 50 ans, hillarante Yuen Qiu, à la poigne d'acier, au bigoudi épais et au verbe fleuri.
Elle a la main leste et est par ailleurs intraitable sur le règlement des loyers. Ainsi, lorsque les membres du Gang Des Haches viendront troubler la quiétude de ces pittoresques villageois, tout à leurs préoccupations journalières et leur lutte de clocher, pour les raquetter, ils se feront vertement recevoir.
Sing, Maître Chow himself, petit looser à la manque, n'aura de cesse de devenir un méchant et d'intégrer le sanglant gang, ayant réalisé très jeune que les bons ne gagnent jamais dans l'histoire. Ce calcul un peu foireux va le placer au cœur du conflit émergeant entre les habitants du "Goret" et le Gang Des Haches. Heureusement pour lui, son don de régénération rapide hérité de son patrimoine génétique saurien ou de ses accointances avec les X-Men, va lui être fort utile dans la position tampon dans laquelle il s'est fourré comme un âne bâté.

Alors voilà, c'est du Stephen Chow tout craché. Ou l'art de recycler un scénario digne d'un autre temps, façon l'aube du film de série z, pour en faire une oeuvre unique et décalée. Et cet homme doit traîner de sérieuses valises aux vues de l'humour qui l'anime. Humour fait de cruauté gratuite,
la meilleure, d'humiliations en tous genres et de personnages plus névropathes les uns que les autres. Ici, les impitoyables chefs de gangs ont une belle gueule, des costards sur mesure, mais ils ont surtout les dents complètement pourries. Comme si le mal absolu les avait rongé de l'intérieur.
Le meilleur combattant d'art martiaux au monde est un quadragénaire bedonnant atteint de calvitie et adepte de la trinité gagnante du beauf ; marcel, caleçon et tongs. Pour couronner le tout, il est interné volontaire dans un asile, faute d'avoir trouvé adversaire à sa démesure. Les marchandes de glaces sont fort jolie mais muette et les moines bouddhistes abusent les enfants en leur vendant 10$ des méthodes de combat qui ne valent que 20 cents. Les amateurs de politiquement correct risquent l'anévrisme à chaque plan. Et qu'est-ce que c'est bon!

Outre ses talents intrinsèques de comédien, son don de dénicher des trognes improbables, son inventivité de metteur en scène, son sens du rythme et du ridicule, Stephen Chow à la grande intelligence de se réapproprier un genre allègrement pillé ces dernières années, le film de kung-fu. Car en plus des qualités sus-nommées, il le fait avec la manière. Parodiant à son tour les innombrables copies avec autrement plus d'inspiration. Le dragon en à fini de se mordre la queue avec Kung Fu Hustle.
Mais c'est surtout que lui, Stephen Chow, a les moyens de ses ambitions.
Tarantino, Gans et autres Wachoski Bros peuvent revoir leur copie quand au champ des possibles lorsque l'on fait appel au maître chorégraphe Yuen Wo Ping, ainsi que dans la gestion du dynamisme, de l'esthétique, du lyrisme, de l'inventivité, de l'excès...

Qui à dit qu'il était impératif d'avoir un bon scénario pour faire un grand film?
Pas moi. Et pas Stephen Chow, c'est sur. Le talent et l'abnégation peuvent suffirent. Quand en sus on ne se réfugie pas derrière le médium pour faire passer ses petites visions sur la vie, la mort, l'érection d'un effet spécial au rang de concept global, la migration des saumons d'eau douce, mais qu'au contraire, on le prend à bras le corps, on le tord comme un vieux chiffon, on le détourne et on le parodie jusqu'à l'usure avec malice, sans calcul, c'est faire preuve d'une immense générosité.
Certains pourrait croire y reconnaître naïveté, incompétence, ou pire, un désaveu.
- Après tout, ce n'est jamais que de la grosse comédie parfois grasse alors arrête donc de t'emballer de la sorte.
Erreur monumentale que de l'aborder ainsi. C'est avec une attitude condescendante que l'on passe souvent à côté des vrais grands ou des poètes. Et la comédie est érigée au rang d'Art Majeur avec Kung Fu Hustle. Stephen Chow est une vision. Et dans son cinéma, il y a du partage. Libre au spectateur d'entrer dans son monde de fou. Celui de Stephen Chow alias Sing-Chi Chau, habitant de la Terre Du Milieu, Roi Singe et Roi de La Comédie.
- Tu ne serais pas un petit peu fan et donc franchement partial des fois?
Si, carrément.


Aswip'

Le pour : fan absolu
Le contre :
absolu j'ai dit

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commentaires

Pim's 13/12/2005 12:45

Aussi rigolo, barré-olé et psyché qu'une lollipop sucrée ! Je rejoins le club des fans absolus !

chapi-chapo 31/08/2005 11:56

-12/20-
C'est vraiment pas à la auteur du film d'avant "Shaolin Soccer". Crazy Kung Fu? On rit? euh ca depend qui :)

yerom 25/07/2005 11:29

Pas aussi décalé, j'en conviens.
Sauf que si on le replace dans le contexte d'époque des films de kung fu. Je trouve qu'il y a tout de même un décalage plutôt saisissant.

on va dire Que kung fu hustle est un décalage actuel, en 2005 et que je l'ai pas trouvé autant d'engouement que celui de DM2...

Oui la punition avec Matrix était rude.
Mais bon, je comprends aussi qu'Aswip' veuille refourguer son coffret qu'il a acheté en import. (ouh la ça taille :-D)

Enzo 24/07/2005 02:32

Impossible de ne pas intervenir puisque l'un d'entre vous a cité le mot magique : drunken master 2. Petit chef d'oeuvre porté par un Jackie Chan au top de sa forme dans cette libre interprétation du docteur Wong Fei-hung (héros populaire joué plus d'une centaine de fois, notamment par Jet Li dans les premiers opus de "Il était une fois en chine").

oui donc, euh j'en étais où moi ?

Ha ouais donc Drunken Master 2 est certes assez poilant à plusieurs occaz mais pas autant décalé que kung fu Hustle et les comparer reviendrait presque à mettre un "monty python" au même niveau qu'un "trainspotting" (vous moquez pas, je vais chercher loin mes références).

De là à punir l'acte de la trilogie Matrix, je trouve ça rude.

C'est cruel.

yerom 18/07/2005 15:19

"Le truc, c'est que les combats de Kung Fu Hustle, j'men bats un peu :-))"

Malheureusement si on retire le kung fu qui composent les 2/3 du film, que reste-t'il ?

La trilogie Matrix pour mon anniv' ?
C'est quoi matrix ?