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23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00

US - 2004 (Charlie and the Chocolate Factory)


Genre : Mon chéri
Réalisateur : Tim Burton
Scénario :
John August (d'après l'oeuvre de Roald Dahl)
Directeur de la photo : Philippe Rousselot
Casting : Johnny Depp, Freddie Nightmore, Annasophia Robb, Christopher Lee...
Musique : Danny Elfman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


- "Sans blague, le dernier film de
Tim Burton est sorti ?"
- "Oui, tu as pas vu les affiches ? Faut sortir un peu de ta cabane dans les bois Huckleberry ! Ca s'appele Charlie et la chocolaterie"
- "aaaaaaah Ok ! C'est ça ? Oh oh oh... Les affiches étaient tellement infâmes que je ne pensais pas qu'on pouvait annoncer la dernière rêverie de
Tim Burton comme ça. Non c'est pas possible, tu me taquines là"
- "Pas du tout. Et puis arrête d'être comme ça, on juge pas un film sur le graphisme de son affiche. Relâches tes sphincters un peu, puis t'es chiant t'aime jamais rien."
- "Comment ça ? J'aime jamais rien. C'est faux en plus. Il existe des films que j'aime."
- "Ah ouais ? Et lesquels ? Fais-moi marrer tiens !"
- "T'es vraiment lourd quant tu t'y mets."
- "Ok ben va voir le
Tim Burton et on reparlera."

Ok parlons-en tiens...
Tim Burton (est-il utile de le présenter ?) est allé faire un stage chez milka en lisant le conte de Roald Dahl et il en a fait un film, revenant à ce qui lui tenait à coeur, la rêverie et les contes. Charlie et la Chocolaterie étant un pylône en matière du genre au format livre, il semblait profilé pour celui à l'écran, celui d'un conte qui susurrera une histoire merveilleuse aux oreilles et yeux de tous et plus particulièrement aux enfants. Alors aurais-je perdu mon âme de bambin pour ne plus apprécier le conte de ce cher Tim ? Je ne sais que dire...
En fait, je vais vous avouer une chose, j'ai toujours détesté les chocolats à la liqueur quand j'étais petit, particulièrement les "Mon Chéri". Oui, je détestais cette sensation de me faire duper en croquant le chocolat et sentir cet écoeurant liquide couler sur ma langue, ça m'apprendra à aller chiper des chocolat dans la boite. L'écorce recelait donc un arrière-goût nauséabond m'apprenant à me méfier, tous les chocolats ne sont pas un délice...
Charlie et la Chocolaterie aurait pu être un bon moment si je n'avais pas eu la mauvaise surprise de la liqueur.
Burton, égal à lui-même, nous sert une réalisation propre, soignée, pleine de couleurs et en musique (
Danny Elfman fidèle au poste).  Son imaginaire graphique et de mise en scène met l'univers assez en valeurs et on a vite fait de ce laisser charmer par tout ce petit monde. Mais arrive le mauvais goùt dans la bouche...
Ce fameux mauvais goût a pris la forme d'une morale plutôt douteuse dans cette histoire. Volontaire ou non, l'idée véhiculée en arrière-plan est effrayante surtout quand on se dit qu'il s'agit d'un conte. Il est alors résolument ancré dans son époque, capitaliste au possible et basé sur le dépouillement de toute personnalité. Passé outre les guirlandes et le chocolat, je te pose alors, fidèle lecteur ces quelques questions :
- Que penser de cette vision d'usine grise et gigantesque dont les cheminées surplombent d'un air menaçant la petite ville du haut de sa colline ?
- Que penser du crédit apporté à ce chef d'usine nommé Willy Wonka, incarné par
Johnny Depp, qui licencie sur un caprice tous les employés mettant la petite ville dans la pauvreté ?
- Que penser ensuite de ce même Willy Wonka qui va chercher des indigènes rigolos dans la jungle pour les transformer en travailleur clandestins dans son usine (mais bon ils sont rigolo, ils chantent en travaillant) ?
- Que penser de cet oncle qui vient tout penaud se mettre quasi à genoux devant ce chef d'entreprise qui a ruiné sa famille quelques années plus tôt pour pouvoir visiter les locaux de l'endroit où il travaillait la larme à l'oeil?
- Que penser de ces sentences infligées au enfants qui souffrent de la mauvaise éducation de leur parents et que l'on montre du doigt comme étant la honte du genre humain ? (la sortie de l'usine est une honteuse lapidation morale)
- Que penser du châtiment physique infligé à l'enfant le plus intelligent du groupe (il a tout de même réussi à pirater le système informatique de Willy Wonka pour avoir un ticket) ?
- Que penser de ce Charlie qui ne pense jamais, qui ne dit jamais rien, qui reste en place, qui ne fait rien et qui se voit félicité de n'être rien d'autre que quelqu'un d'inactif ?
Alors, que penser de tout ça ?

Après avoir vu Charlie et la Chocolaterie, j'ai été déçu et choqué par les idées étranges qu'on dissimule derrière les rêveries et une cascade de chocolat.
Tim Burton a pourtant réalisé son histoire avec grand brio et maîtrise, des décors somptueux, des couleurs dans tous les sens, des acteurs au bon endroit mais le coeur de l'histoire ne m'en reste pas moins douteux et amer pour autant. On pourrait alors penser à une surenchère visuelle pour combler un manque de réflexion sur le fond. Et ce ne sont pas les facéties des Oompas-loompas qui après m'avoir distraites me feront avaler cette liqueur intérieure.
Désolé Tim, mais ce film se liera à la La Planète des Singes pour former le duo de tes films que j'ai vraiment mal digéré.
Heureusement que tu nous as aussi servi des merveilles tout de même.

Maintenant j'espère que son prochain long métrage d'animation The Corpse Bride qui sort sur les écrans pour la fin de l'année sera plutôt du genre kinder surprise, ça fera office de bon bain de bouche.


Yerom

Le pour :  Le chocolat
Le contre :
La liqueur

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commentaires

smallwitch 30/10/2006 16:25

Moi non plus je n'ai pas vraiment aimé celui là, j'ai été assez déçue. Vous avez gouté les Willy Wonka bars?

Loreal 04/08/2006 17:12

Merci pour m'avoir fait regarder Charlie... avec un regard neuf... j'ai plutôt tendance à me laisser emporter par l'histoire au premier degré et par les images en général, sans chercher à comprendre les sous entendus. Pourtant un scénariste n'écrit QUE des sous entendus !!!C'est une leçon que j'essaierai de retenir pour mes prochaines critiques de film !Pour en revenir à Charlie..., ce film restera tout de même une merveilleuse adaptation du roman qui a fait fantasmer tous les enfants qui l'ont lu. Et Tim Burton était le réalisateur désigné pour en concrétiser sa magie !... Bonne continuation avec ton blog...Biz

la so6 28/06/2006 20:58

g vraiment adoré ce film!
c'est vrai kil vehicule une image tres sinistre du capitalisme! merci tim burton !  il sort quand le prochain??

Enzo 13/04/2006 14:03

Je ne l'ai vu qu'il y a peu de temps et j'avoue que j'avais pas mal d'à prioris d'avant projection, succités par l'article de Yerom... qui ont été balayés par la suite. Au final même si je comprends la déception de mon collègue de Blog je ne la partage pas, tout simplement parce que l'ensemble m'a plu sans m'évoquer de réactions polémiques d'aucune sorte. Ce n'est pas mon Burton favori mais il s'apprécie en tant que pâtisserie de fin d'après midi... Instant délicieux de gourmandise.

Donc cher Robert Mudas ne vous en faites pas, votre cri d'insurgé ne doit en aucun cas parasiter votre plaisir à nous lire :-))) et surtout continuez à ajouter votre point de vue sur nos fiches. La vie d'un film ne s'arrete jamais après sa projection, ni en fin d'articles qui lui sont consacrés.

Robert Mudas 13/04/2006 10:06

Tombé sur votre blog par hasard, je le parcours avec grand plaisir... Beaucoup de culture, beaucoup d'humour, articles bien fichus ; en un mot : Respect.
Mais là par contre, je m'insurge... "Charlie et la chocolaterie" est un chef-d'oeuvre ! Critiquer le scénar trop enfantin et à la vision trop simpliste, je veux bien, mais il faut peut-être se rappeler, comme d'autres avant moi l'ont fait, que Burton a choisi d'adapter un conte pour enfants ! Quant au vilain capitalisme prôné par le film et à la méchanceté du personnage de Willy Wonka, je réponds : Justement ! Burton a eu l'audace et le génie de faire de Wonka un personnage flou, énigmatique, limite "inquiétant". Il n'est pas le gentil meilleur ami des enfants à la Totoro, au contraire il est inquiétant et sévère avec eux. Cet aspect est d'ailleurs extrêmement bien rendu par un Johnny Depp au sommet de sa forme. Wonka est un taré, enfant-adulte qui vit loin du monde réel, et le trop terne Charlie (là dessus, je suis d'accord...) lui montre bien ça en refusant son invitation à la fin : "Ok Willy, tu m'as montré ton univers merveilleux, ta magie, ton monde parfait où l'on vire les gens, où l'on se fait plein d'ennemis et où on punit els méchants, mais moi ça m'intéresse pas parce que je suis plus matûre que toi...". Et cette scène est brillante parce qu'elle appuie sur le sentiment de malaise qu'on a eu tout au long du film vis-à-vis de ce personnage présenté par la caméra comme un mec extraordinaire mais qui n'est qu'un taré dangereux...
J'espère t'avoir présenté une autre vision du film. Bonne continuation !