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Mercredi 6 juin 2007

 Angleterre - 2005 (Mirromask)


Genre : Bijou visuel
Réalisateur : Dave mc Kean
Scénario : Neil Gaiman et Dave mc Kean
Directeur de la photo : Tony Shearn
Casting : Stéphanie Leonidas, Gina mc Kee, Rob Brydon, Jason Barry, Dora Bryan...
Musique : Iain Ballamy

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Difficile de regarder le premier film de Dave Mc Kean sans trépigner sur mon séant de joie et d'impatience. En effet, ce n'est pas sans contentement que je m'apprête à visionner ce long-métrage orchestré par Mc Kean, ce même personnage dont les créations graphiques, poétiques et illustratives bercent un bon nombre de lecteurs de comics depuis plus de 15 ans. Citons donc les « Mr Punch », « Cages », « Black Orchid » , « Sandman », « Signal to Noise » et le grand « Arkham Asylum », pour comprendre ce qu'il en retourne du trublion graphique (la liste s'allonge si l'on compte ses nombreuses créations pour des pochettes de disque ou autres). Mac Kean est un talentueux touche à tout. Manipulant le dessin, la photo, la peinture, les volumes et la typographie, il avait donné un coup de fouet au graphisme dans les années 90 par sa façon de travailler l'image et le sens onirique qu'il donnait à ses « remix » graphiques. Oui Mc Kean a du style, Mc Kean a son style. Mais non content d'avoir déjà exploré bon nombre de médias d'expressions, il se lance dans la réalisation de son premier long-métrage (après avoir fait ses premières armes sur des clips et autres courts). Nom de code : Mirrormask

D'un scénario signé Dave Mc Kean et Neil Gaiman, qui n'est pas un bras cassé de l'écriture (Sandman, Neverwhere, etc.), Mirrormask est un film fantastique et onirique sur la fuite d'une adolescente dans un monde parallèle pour échapper à son quotidien qui l'étouffe. Oui, on pourrait croire qu'il est inspiré de Lewis Carroll. La trame lui rend un certain hommage puis le film prend son envol et son style. Il est juste impossible de ne pas se faire la remarque sur la ressemblance du personnage d'Hélena avec une certaine Alice.
Helena, adulte sur le devenir, vit dans un cirque, celui de ses parents. Adolescente en pleine crise, elle ne supporte plus cette vie de foire et de cloisonnement dans le monde du spectacle. Alors qu'au cours d'une soirée où sa mère perd conscience suite à son numéro, elle tente de trouver un moyen de s'évader de ce monde et cherche un moyen de sauver sa mère du coma et du décès. Elle plonge alors dans un monde surréaliste peuplé d'images hostiles et de personnages atypiques qui la mettront à l'épreuve dans la quête de l'objet qui lui permettrait d'arriver à ses fins, un masque doré au puissant pouvoir.

Visuellement et pour son premier film, Dave Mc Kean sort encore ses griffes et nous offre un spectacle dans la lignée de ses précédentes réalisations imprimées. Ce long-métrage est magnifiquement beau et l'on voit que le bonhomme a travaillé son visuel et connaît la photo. Le travail des cadrages est ciselé et chaque plan pourrait être affiché en guise d'illustration. On se promène dans ce monde altéré qui pourrait sortir tout droit d'un rêve le plus débridé. Ici les chat ont des tètes d'hommes et ils mangent des livres.

Côté production, c'est The Jim Henson Company qui a prêté main-forte (remember Dark Crystal et Fraggle rock ?) pour les créatures et autres marionnettes qui bénéficient alors du savoir-faire et la connaissance de ce studio anglais en animation et acting. Les décors, matières, costumes, formes, personnages en décousent sévèrement pour le bon plaisir de la rétine du spectateur. Le monde parallèle est un patchwork d'idées et un remix de supports tels que matières, montages photo, 3D, peintures, illustrations et j'en passe. A n'en point douter, le travail en postproduction et l'étalonnage couleur n'ont pas dus être une partie des plus légères. Mais pas de souci, le résultat est au rendez-vous. Les cadrages et les couleurs sont superbes et l'on se délecte de toutes les idées que peuvent composer les images du film.

Le casting est un peu délaissé. Je vais faire bref, aucune tète d'affiche. La post production a du manger tout le budget... On prête donc moins attention aux acteurs qui deviennent plus des éléments visuels au final.

Malgré tout ce foisonnement visuel, j'ai pourtant un aveu à faire.
Même si c'est un film de mc Kean, j'ai senti une pointe de déception émerger en moi au générique final. Un « je ne sais quoi » qui ne m'a pas concquis à 100% comme je l'attendais. Malgré l'aspect visuel qui vaut son pesant d'or, le fait de ne pas rentrer plus intensément dans l'histoire m'a laissé un peu sur le bas-côté. Le film souffre du manque de l'étincelle qui absorbera le spectateur, l'attachement aux personnages, le danger, la difficulté de la quête, la sensibilité. Bref, tout ce qui donne une tension et une existence au récit. Fort heureusement, c'est une lacune qui ne retire rien à l'intérêt du film qui mérite largement qu'on lui assène un violent coup d'œil pour son unicité graphique. On frôle le chef-d'œuvre si le scénario avait été un peu plus prenant et à la hauteur du vertigineux graphisme de ce film.

Si vous fouillez votre mémoire en vous demandant si vous l'aviez vu à l'affiche, sachez que Mirrormask n'a bénéficié d'aucune copie en France et n'est donc pas encore sorti sur nos toiles hormis quelques projections uniques lors de festivals spécifiques. Allez savoir pourquoi…


Yerom

 

Le pour :  Un visuel splendide et rare
Le contre :
Un scénario qui souffre de bonne idées accrocheuses

Vendredi 2 mars 2007

USA - 2007 (Ghost rider)


Genre : Tête brulée
Réalisateur : Mark Steven Johnson
Scénario : Mark Steven Johnson
Directeur de la photo : Russel Boyd
Casting : Nicolas Cage, Eva Mendes, Peter Fonda, Wes Bentley...
Musique : Christopher Young

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Johnny Blaze l'a mauvaise. Histoire de sauver son paternel, dont le corps fourbu s'avère rongé par un cancer à cigarettes, il troque avec l'infréquentable Méphisto son âme contre une guérison miraculeuse. Tope là. Du jour au lendemain Blaze senior récupère une santé de fer et en profite pour se manger tête baissée le premier cercle de feu qui traîne lors d'une cascade mal engagée. Le père meurt donc mais pas d'un cancer, nuance, et ça fait marrer le facétieux dieu du mal désormais propriétaire pour presque rien d'une âme de tête brûlée. Johnny à défaut d'une hotline pour se plaindre, traîne ses guêtres en tant que casse-cou de spectacle dans une Amérique avide de sensations fortes, à cheval sur sa bécane et prêt à sauter tout ce qui bouge : semi-remorques par douzaines, hélicoptères en marche, journaliste à gros calibre moulée dans des robes trop étroites... Mais Méphisto refait surface et sollicite les services de son âme damnée. Bien décidé à donner la fessée à Blackheart sa progéniture rebelle, il dévoile à Blaze les termes du sinistre contrat : chaque nuit il deviendra l'ange vengeur de la mort sous les traits peu avenants mais fort en braise de Ghost rider...

De quoi doit-on s'indigner le plus ? Qu'on puisse encore trouver des investisseurs de peu d'orgueil pour subventionner des daubes pareils ? Qu'il subsiste à Hollywood des esprits décérébrés convaincus par la noblesse de leurs chef-d'oeuvres de nullité ? Que Mark Steven Johnson existe ? Que Nicolas Cage ai accepté de se ridiculiser de la sorte ? Avec une moumoute pareille ? Que ce navet de Ghost Rider accumule sont lot d'entrées outre-atlantique jusqu'ici ? Qu'internet pullule de nostalgiques de Buffy pour vanter, je cite, la "qualité du scénar", "l'interprétation d'acteurs géniaux", et "la beauté somptueuse des effets spéciaux" ? Ou bien qu'il existe encore une poignée de naïfs prêts à croire que l'on peut toujours réussir une adaptation de comic au cinéma, et qui prennent cette initiative, celle là précisément , au sérieux ? Parce que malgré, envers et contre tout, ce Ghost Rider est tant une caricature de film qu'il convient de le prendre à un degré moindre et de le resituer, non pas dans un contexte particulier, mais selon un objectif bien précis... la vente de pop-corn par exemple, ou la nécessité d'utiliser quelques restes de bobine. Pas mieux.

Il n'y a rien à sauver, nada, que nib, des tribulations de Johnny Blaze et de son avatar maléfique, du moins sur ce film. Scénario zéro, acteurs à la peine par l'absence d'écriture, super-vilains amputés de tout caractère, pas même foutu de susciter le moindre effroi à un spectateur en bas-âge, allons donc, combats à la con, morale à deux balles, musique de merde, humour de geek fatigué, décors en option et même effets spéciaux bradés sur pas mal de plans. A croire que c'est les soldes, que tout doit disparaître, à commencer par les spectateurs en salle. C'est d'ailleurs sûrement la meilleure option à envisager puisque passé la transformation infernale et les balades motorisées à fleur de building il vaut mieux s'en contenter et se dire qu'on en verra pas plus.

Un tel désastre aurait pu être motivé par des intentions farouches de se livrer dans du grand n'importe quoi, juste pour le fun, mais il aurait fallu pour le cas faire preuve de beaucoup plus de créativité. Or cette nouvelle perle signée Mark Steven Johnson manque cruellement d'autodérision et d'autant plus d'imagination, pour que l'on puisse l'aligner aux cotés d'un Darkman ou d'un Evil Dead 3 d'un seul et unique Sam Raimi. Dans la même veine, avec des moyens moindres et une ambition à la baisse je lui préfère ouvertement le Faust de Brian Yuzna, nanar jubilatoire aussi généreux que maladroitement mis en oeuvre. Johnson lui, s'avère à court d'idées du début à la fin, passant à coté de tout ce qui aurait pu donner du mordant à l'univers glauque du texan maudit, allant même jusqu'à aseptiser le mythe en évitant soigneusement tout ce qui saigne. Inutile donc d'espérer voir illustrer toute l'ambiguïté d'un représentant de l'enfer semant la rédemption parmi les âmes égarées, avec tout ce que ça sous-entend comme moyen à sa disposition. Par cette preuve irréfutable d'absence d'inspiration Mark Steven Johnson persiste sur sa lancée autodestructrice en alimentant sa propre légende de productions insipides, Daredevil à la réalisation et Elektra en tant que co-auteur, c'était lui... Que faire d'autres alors que de ranger Ghost Rider avec ses potes de misères que sont Catwoman, Spawn, et Punisher ?


Enzo


Le pour :  Peut-être qu'ivre mort ou sous acides...
Le contre :
euh... sérieusement ?

Mardi 27 février 2007

USA - 2006 (Superman Returns)


Genre : Repassage de lycra
Réalisateur : Bryan Singer
Scénario : Bryan Singer,Michael Douherthy, Dan Harris
Directeur de la photo : Newton Thomas Sigel
Casting : Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, James Marsden...
Musique : John Ottman, Jonh Williams

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Les coupes tout en nuances d'une première bande annonce présageait une atmosphère quasi-religieuse sur fond de retour du messie. Les cuivres façon John Williams semblaient s'éveiller en choeur et les images d'un jour nouveau baigné d'un rayon de soleil matinal se faisaient l'écho d'une trop longue léthargie sur le point de s'achever. L'espoir renaissait de fragments symboliques d'une icône jusqu'ici en berne, et l'onde de choc à venir semblait inéluctable... Le torse fier et l'imagination aux abois on avait hâte de s'en prendre plein la gueule, le palpitant flirtant d'entrée avec la zone rouge de l'extase cinématographique.

Puis Superman s'en revint, auréolé d'une gloire passée et galvanisé par son nouvel étendard de choix via Bryan Singer, l'inattendu talent à la baguette d'Usual Suspects et la référence super-héroïque à l'origine des deux premiers Xmen portés à l'écran... Ainsi la cause semblait acquise et la tâche entre de bonnes mains pourtant la recette n'aura pas les effets escomptés. Au bout des deux heures et demie de projection, le retour tant attendu a pris du plomb dans l'aile proposant au mieux au spectateurs curieux, un pop-movie bien foutu mais un peu long en fin de bobine, et au pire pour les fans difficiles un chapitre confus plutôt mou du supergenou.

Conscients du poids de leurs attentes et de son lots inévitables de frustrations, les plus retords auront tout de même de quoi pester contre la trame de fond de peu d'ampleur, et on aurait du mal à leur en porter préjudice tant il est vrai que le choix scénaristique se retrouve dépourvu d'intérêt, à défaut de génie. L'histoire manque de rythme, de profondeur, et brasse du vide pour ne pas aller bien loin. Le mal incarné projette de faire pousser un continent à des fins immobilières peu scrupuleuses et le bien désincarné contemple le bilan de ses absences. Bof, vraiment. Superman Returns s'encombre même de quelques détails pas super-adroits, à l'image, pour n'en citer qu'un, de la disparition du héros due à une transhumance sur sa planète d'origine dont il ne tirera absolument rien, sinon le constat qu'elle est belle et bien détruite (sic). Pour le reste les ingrédients semblent éculés sans volonté de les transcender, ainsi Clark éprouve toujours autant de mal à s'imposer face à son avatar en collant, Luthor demeure une caricature de super-vilain aussi démesurément peu inspiré que mal entouré (3 gorilles et une pouffe à caniche), et la kryptonite reste l'alternative incontournable face à la puissance de l'homme d'acier. Tout cela fleure bon le réchauffé d'autant plus que la ligne directrice du script plutôt maigre s'axe carrément sur la relation de père à fils évoqué dans le deuxième Superman version Donner's cut (certes peu connu du grand public). A ce titre ce cinquième opus des aventures du fils de Krypton s'apparente un peu à sa manière au troisième Alien du brillant Fincher : une parenthèse ni essentielle, presque dispensable, tout juste bon à prolonger la série en attendant mieux.

Néanmoins s'arrêter à cette réelle déficience d'écriture serait faire abstraction des autres composants du film qui, à défaut, peuvent palier l'absence d'inspiration globale, ou du moins justifier le déplacement en salle. A commencer par la plastique visuelle tout en finesse, fruit d'une réalisation minutieuse mise en lumière par une photo remarquable. Graphiquement en réussite Singer parvient à faire voler un homme comme nul autre cinéaste avant lui et les exploits démesurés de son superman sont d'une crédibilité bluffante. On a vite fait de s'enthousiasmer voire de trouver absolument normal que l'on puisse secourir un avion à bout de bras ou catapulter une île dans l'espace en moins de temps qu'il n'en faut. Mais la vraie surprise vient du jeu de Brandon Routh dans la peau d'un superclark de la même veine que celui dessiné par feu Christopher Reeve. Sans pour autant singer son modèle au point de s'effacer, Routh sait jouer de ce qui a fait le succès de l'incarnation de Reeve, alternant entre Clark mal à l'aise et superman plein d'aplomb grâce à une vraie présence ponctuée de mimiques subtiles. A un autre niveau Kate Bosworth s'affirme en une Loïs Lane réactualisée moins féministe, plus accessible mais au caractère bien trempé, Et Kevin Spacey campe un Lex Luthor avec ce talent qu'on lui connaît, dans la lignée du portrait roublard entamé par Gene Hackman.

Au passage cette version gagne en gravité ce qu'elle a perdu en masse musculaire et la naïveté de Superman face à la faiblesse des hommes se teinte d'un regard de compassion, aussi fragile que ceux dont il s'est octroyé la défense. Singer voile d'ailleurs certaines scènes d'une ambiance trouble, entre drame et nostalgie, jouant de ralentis contemplatifs et d'accompagnements musicaux en douce, aussi graves qu'intérieurs. Sous le signe du doute à bien des niveaux, Superman officie douloureusement en quête d'identité, à priori condamné à ne pas connaître la vie de famille que tout homme s'évertue en droit de réclamer. C'est certainement au détriment du reste que Singer a délibérément cherché à mettre en exergue la difficulté de vie des deux alter-égos Clark/Superman, toutefois l'intention demeure confuse. Là où M. Night Shyamalan parvenait dans Incassable à transcender l'isolement d'un être d'exception, Bryan Singer parvient à peine à suggérer le malaise identitaire du plus orphelin d'entre tous. Emotionnellement le message des grandes responsabilités dû aux grandes capacités passe mieux dans Spiderman 2, notamment grâce au caractère plus attachant d'un Peter Parker plus humain que ne le sera jamais Clark "Ka-El" Kent. Ce constat final plombe définitivement ce retour en demie-teinte et ne laisse pas le spectateur serein, aussi troublé que sur le carreau. Paradoxalement c'est ce trouble très délicat à exprimer qui augure de meilleurs auspices à venir, tout autant que son propos fût maladroitement exprimé. Comme si superman avait la gueule de bois, ou sortait d'une dépression issue d'un quotidien finalement lassant et répétitif à la longue... Demain sera autre, et le meilleur demeure à venir.


Enzo


Le pour :  L'hommage subtil et la plastique du résultat
Le contre :
Confus et sans réelle surprise.

 
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