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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 13:22

Les vacances ont été longues pour Cinematic et histoire d'illustrer notre retour "on line" voici quelques courtes brèves concernant un autre revenant : James Cameron après une longue plongée abyssale, notamment au sein des entrailles du Titanic, devrait s'en revenir à ses premières amours science-fictionnesques. Outre une absence remarquée en tant que chef d'orchestre de films à gros succès, le temps où Cameron était considéré comme le réalisateur incontournable du genre SF parait bien loin. Tant d'ailleurs que la génération adolescente actuelle a dû oublier qu'il est le père du Terminator exterminateur de Sarah-Connor, le colonel en grade des GIs du deuxième volet de la saga Alien, et le prophète rêveur des extraterrestres des profondeurs de Abyss. C'est d'ailleurs lors du tournage de ce petit bijou (souviens toi du passage où Ed Harris communique à quelques milles sous mer via l'ancêtre du texto...) que James découvrit les joies du tournages aquatiques et se prit d'intérêt pour le difficile exercice. Il dut patienter néanmoins le temps de Terminator 2 et de True Lies, deux films utiles à débloquer des fonds, afin d'avoir l'aval d'Hollywood pour le projet gargantuesque de Titanic dont le succès interplanétaire lui permit d'enchaîner sur du documentaire en série sur la fascination marine, en tant que réal ou seul producteur.

Le retour au pop-movie devrait faire son petit effet puisque Big Cameron s'apprête à mettre en route Avatar, une romance sur fond de guerre cosmique, puis Battle Angel, l'adaptation attendue du célèbre manga de Yukito Kishiro, déjà à l'origine de la série Dark Angel produite par... Cameron Himself. La longue parenthèse en eaux profondes semble ainsi finie si l'on exclut bien sûr un troisième film en préparation The dive, sur l'aventure malheureuse d'Audrey Mestre qui échoua tragiquement lors de sa tentative de record d'apnée, à 170 mètres de profondeur...

Enzo

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3 juillet 2006 1 03 /07 /juillet /2006 15:50


Alors que Xmen troisième du nom semble avoir définitivement ruiné l'univers mutant des productions Marvel, que Superman s'offre un revival by Magic Singer (plus que quelques jours avant le lever de rideaux), voici qu'émerge sur la toile le premier teaser de l'opus 3 des aventures torturées de Spidey. La bonne nouvelle qui ne date pas d'hier demeure la garde sous contrôle de Sam Raimi sur les exploits cinématrographiques du plus bondissants des superadeptes du collant moulant. L'autre bonne nouvelle c'est que ce premier aperçu, à presque un an d'une sortie en salle, est plutôt enthousiasmant, presque autant que le premier teaser de Superman Returns qui nous avait fait gonfler le torse et mouiller la culotte. Si, si.

Grâce au lien ci-dessous les plus connaisseurs décrypteront une pléiade d'intrigues croisées au sein de cet épisode à venir que la machine marketing annonce noir, bien tassé. Au fil des images on discerne l'histoire du costume symbiote (à l'origine de l'avatar maléfique Carnage), le retour du bouffon vert sous l'identité secrète d'Osborn Junior, et la présence spectaculaire de l'homme sable sur support pixellisé… Coté coeur, l'arrivée de Gwen Stacy viendra certainement jeter un trouble sur les questions existentielles de Parker qui semblent ne pas l'avoir quitté depuis son précédent chapitre très réussi.

Malgré évidemment cette dernière galipette tout de même très librement adapté de l'œuvre originale voire à la limite du tolérable pour tout fan qui se respecte (dans les comics la liaison avec Gwen Stacy existe bien avant celle avec Mary Jane Watson), la suite, certainement prévue depuis longtemps, s'annonce particulièrement cohérente, et dans l'élan initial du portrait faussement naïf du petit homme à grandes responsabilités. Le tout public devrait s'y retrouver et le statut de blockbuster, celui digne de ce nom, de reprendre du galon.

Fan moi ?


La bande annonce de Spiderman 3

Enzo

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 23:23
USA - 2005 (Harry Potter and the goblet of fire)
Affiche Harry Potter
Genre : Abraca-navrant
Réalisateur : Mike Newell
Scénario : Steven Kloves
Directeur de la photo : Roger Pratt
Casting : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Robert Pattinson, Clemence Poesy...
Musique : Jason Buckle


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Faut-il être à ce point dépendant de l’œuvre originale pour ne pas constater à quel point la version cinéma d’Harry Potter et la coupe de feu est un ratage complet ? J’ai longtemps cherché mes mots pour définir cette bouillie visuelle, cet amalgame de scènes sans âmes, découpées à la truelle par Sir Mike Newell. Le fait est que son adaptation de l’épais volume libraire, a bel et bien été considéré comme impossible à résumer à l’écran et que seul un survol sommaire des éléments forts du 4ème opus des aventures de l’apprenti sorcier, fut jugé nécessaire. Le procédé, discutable, n’a pour effet que de condamner le novice en sorcellerie désarmé devant tant d’incohérence scénaristique, qu’il attribuera plus à son inculture de l’ouvrage de JK Rowling, qu’à une réelle déficience d’écriture. Le chaland à la ramasse, il ne reste plus que le fan pour se délecter de la mise en image du tournoi des 3 sorciers et des amours naissantes de ses personnages préférés.  Pourtant si seule la satisfaction du lecteur assidu prévalait, pourquoi ne pas s’être contenté de distribuer le film en DVD bonus pour tout achat du livre en tant que support moderne illustratif ? Cela aurait évité à bien des spectateurs d’achever 3h45 de temps devant l’un des blockbusters les plus insipides de ces dernières années.

Cette quatrième adaptation de l’univers d’Harry Potter pèche avant tout pour des raisons de choix, ou précisément d’un manque affirmé de choix. Les quelques centaines de pages de l’auteur prolixe ont été de trop pour la réalisation qui n’a su démêler l’écheveau, se contentant de gommer de ci-et là quelques menus détails et se permettant quelques raccourcis pas toujours efficaces. Pas assez tranché, et surtout trop maladroitement monté, le film souffre d’une absence atroce de transitions. L’expression "sauter du coq à l’âne" prend ici tout son sens, même si elle se décline sous la forme de "sauter du Quidditch au Mangemort". Daniel Radcliffe pénalisé, depuis le début de la série déjà, par un jeu d’acteur pas franchement au top, est loin d’être aidé par le montage à soubresaut dans ses vaines tentatives d’immersion de personnage. Autour de lui les autres font ce qu’ils peuvent pour rendre crédible les situations mais la caméra ne se débarrasse pas de son hoquet : un coup Hermione rit que le plan suivant elle pleure. En salle il arrive qu’on se retourne vers la cabine de projection histoire de voir s’il n’y a pas un soucis avec les bobines… Forcément le rythme prend un coup dans l’aile et ce ne sont pas les envolées sur balais magique accompagnés d’élans musicaux fort en violons, qui viendront palier le manque de subtilité dans l'alternance des temps morts et des temps forts. Cette dernière remarque étant valable aussi pour les effets spéciaux, pas forcément impressionnants et la bande son franchement transparente.

Cette absence de volume global est tant flagrante qu’il en devient impossible de s’attacher aux personnages et leurs ressentis, ou à défaut, leurs actions. Mike Newell peu inspiré, a même réussi l'exploit d'effriter le travail de fond d'Alfonso Cuaron, son prédecesseur, concernant les traits de caractères. Pour un épisode censé affiner les relations et les émotions entre chaque protagonistes, leurs portraits s’avèrent ici plus qu’inaboutis. Hermione et Ron font de la figuration au profit d'autres personnages de passage, pourtant peu détaillés. Les répercussions de peu de présentation peuvent même s'avérer néfastes : en ne sachant rien des méthodes de ses concurrents lorsqu’ils passent les épreuves, impossible de ne porter d'autre que peu d’estime à l’ami Harry lorsqu’il chevauche son balais (interdit ?) ou lorsqu’il gobe une herbe (autorisée ?) pour réussir chaque tâche du tournoi via des procédés presque douteux. Du coup Harry paraît peu alerte, peu doué, plutôt opportuniste et finalement peu méritant, alors qu’il suffisait de dévoiler que ses adversaires usait de stratagèmes identiques pour parvenir à leurs fins.

Le pire concerne le cœur de trame de l’histoire autour du retour de Voldemort, traité au même niveau que le reste et consumant ainsi son impact quasiment dans l’indifférence. L’affrontement final s’avère assez morne et la galipette salvatrice pour Potter n’est pas des mieux retranscrites puisque totalement dépourvue de tension. Parallèlement l’annonce du retour de l’ennemi, tant craint qu’on est pas censé l’évoquer, ne fait frémir ni les interprètes ni les spectateurs. Au discours final de Dumbledore censé annoncer quelques jours sombres à venir, rien de ce qui caractérise ce douloureux chapitre ne transparaît sur l’auditoire. C’est à peine si l’on pleure la perte d’un des élèves de Poudlard avant de partir -youpi-yaaa- en vacances…

En fin de projection les résumés ne savent pas sur quel fil s’appuyer tant il semble manquer d'une ligne directrice. On a assisté à un tournoi à priori biaisé par Voldemort pour attirer Harry dans un traquenard… Le jeune apprenti se révèle piètre interprète de ses sentiments et vit ses premiers émois d’adolescent… Personne ne semble avoir remporté la coupe, mais qui s’en soucie après tout ?… Mouais. Les impressions à propos du film sont brouillonnes et les émotions suscitées quasi-nulles. Pas grand chose ne demeure en bouche de ce spectacle sans queue ni tête, sinon l’envie très forte de replonger dans sa bibliothèque pour décortiquer tout ça, et combler les manques. L’objectif inavoué de cette version cinématographique oeuvrait peut-être en ce sens : recruter de nouveaux lecteurs, mais j’en doute sérieusement vu le succès sans faille en librairie. On reste donc sur un constat d’échec face à la tâche mais faut-il pour autant croire qu’il devient impossible de poursuivre les adaptations des volumes 5 et 6 de plus en plus fort en pages ? Il est probable qu’à l’avenir il faudra plus que jamais se préparer à laisser de coté certaines intrigues tierces n’en déplaise aux Potter’s addicts, mais il est plus qu’urgent de remettre du cœur à l’ouvrage pour retrouver ce qui fait le succès d’une bonne histoire (script, découpage, rythme) afin de rendre hommage au réel talent de narration de Rowling, plus qu’à l’univers de son personnage.


Enzo



Le pour : Allez, on se remet à lire...
Le contre :
...et on oublie les salles obscures !
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23 juin 2006 5 23 /06 /juin /2006 18:41
USA - 2005 (Flight Plan)
Affiche Fight Plan
Genre : Pétard mouillé
Réalisateur : Robert Schwentke
Scénario : Peter A. Dowling, Billy Ray
Directeur de la photo : Florian Ballhaus
Casting : Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Kate Behan, Sean Bean, Erika Christensen...
Musique : James Horner


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Il y a des voyages qu'on se passerait bien d'entreprendre. Une valise qu'on égare, un avion qui s'encroûte sur la piste pour des raisons de grève inopinée du personnel de bord, une suspicion de plateau repas piégé, sont autant d'éléments susceptibles de plomber la transhumance d'un bout à l'autre du globe. Pourtant il y a pire. Sans aller jusqu'à l'exemple sordide du Boeing achevant son vol à mi-hauteur d'un des plus haut building du monde, on peut se dire que de rentrer au pays avec son mari sous cercueil dans la soute, et égarer sa fille à 40.000 pieds d'altitude lors du déplacement Berlin/New-York, a de quoi affoler l'expatriée la plus déterminée qui soit. Kyle Pratt est donc la malheureuse victime du sort qui en déboulonnerait presque l'avion en plein vol, de proue en poupe, histoire de prouver qu'elle n'a pas perdue la raison. Bien sûr qu'elle est montée à bord avec sa fille même si personne ne s'en rappelle, et tu m'étonnes qu'elle va passer au peigne fin ce zinc qu'elle connaît sur le bout des doigts (et pour cause puisque c'est elle qui l'a conçu).

Flight Plan est ce genre de film qui à le goût et l'odeur d'autres films. Autant dire de suite qu'il manque cruellement de caractère. Il a en outre la mauvaise initiative d'être le film post-Panic Room, dont la trame claustrophobe et la mise en forme semblent avoir servi de modèle à ce faux remake. Sans égaler, loin de là, le talent d'un Fincher, il faut néanmoins reconnaître que Schwentke a ce qu'il faut de maîtrise technique pour flatter l'oeil du spectateur. Cadrage carré, mise en scène soignée, photographie haute définition, gestion de rythme, dès les premières images on est efficacement capté par ce qui se passe à l'écran. Une atmosphère de malaise s'installe progressivement, notamment suscité par le transport d'un corps mort en boîte et des fragments de souvenirs flous et froids. Mais la mise en scène n'est pas qu'affaire de séries de plans, aussi léchés soient-ils, et c'est sur la mise en exergue du scénario que la réalisation s'éparpille petit à petit. Passé la transe vaporeuse d'entrée de film, la disparition de Julia, fille de Kyle, sonne comme un pénible retour à la réalité. A l'instar du personnage de Jodie Foster l'histoire émerge douloureusement de sa torpeur pour nous amener dans une dimension toute autre, moins aérienne, plus terre à terre. Des réponses concrètes sont recherchées et des moyens palpables sont mis en oeuvre pour découvrir une once de vérité.

Les intentions quasi-spirituelles sont ainsi délaissées au profit d'une intrigue qui flirte tour à tour avec la schizophrénie éventuelle d'une veuve, la paranoïa du 11 septembre, la peur de l'arabe, le thriller d'un complot alambiqué, et le fantastique d'une disparition inexplicable. C'est précisément ce vaste fourre-tout d'alternatives scénaristiques, ce bazar d'hypothèses bradées à la criée, qui mène l'intrigue vers une déception, à la hauteur de l'absurdité du fin mot de l'histoire. Brassant la semoule de rebondissements plus fumistes que réellement prenants et sous prétexte de brouiller les pistes, les divers dénouements ouvrent toutes les vannes, mais sans parvenir à faire ressentir cette douce sensation de vertige qui aurait dû assaillir le spectateur en doute. Mais au bout du compte, à ne vouloir laisser que des portes ouvertes on ne risque que de croiser des courants d'air... 20 minutes avant le dénouement final, Schwentke, à bout de souffle s'avère à court d'effets cache-misère, et la supercherie flagrante, n'en parait que plus grossière. La conclusion s'annonce maigre, et c'est rien de le dire. Puis vient la chute, libre, en piqué... Tout ça pour ça... Le vide en fin de script, l'inconsistance en bout de bobine... Dans l'indifférence la plus totale on gobe les explications grotesques censées éclaircir les tenants de l'événement, tout en se demandant le plus simplement du monde si on ne s'est pas un petit peu foutu de nous sur ce coup-ci. L'impression dommageable demeure moins spectaculaire qu'un mauvais Shyamalan, mais toute aussi frustrante. On s'excuse comme on peut en prétextant qu'on ne s'attendait à rien de transcendant, que tout avait été dit dans la bande annonce, et que malgré tout Foster ne s'en tire pas trop mal.

Après on zappe et on oublie.


Enzo


Le pour : La photo, Jodie Foster pour le plaisir.
Le contre :
Intrigue trèèèèès maigre.
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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 16:31
US - 2006 (Silent Hill)
Affiche Silent Hill
Genre : Démo non jouable
Réalisateur : Christophe Gans
Scénario :
Roger Avary, Nicolas Boukhrief, Christophe Gans
Directeur de la photo : Dan Laustsen
Casting : Rhada Mitchell, Sean Bean, Laurie Holden, Jodelle Ferland
Musique : Jeff Danna


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Voici une adaptation qui ne manquerait pas d’interpeller le mordu de jeu-vidéo et d’horror mouvi. En effet, 1999 sortait un jeu à l’allure cinématographique nommé Silent Hill. Pour la première fois, on avait l’impression assister à un scénario et l’ambiance d’un film. Beaucoup y ont laissé des heures de visionnage et d’intrusion dans l’horreur sordide de cette petite bourgade. Quelle bonne idée que ce jeu s’inspirant du cinéma. Et c’est là, que Christophe Gans intervient :

-« Hey les gars puisque le jeu est fait comme un film, on a qu’a en faire un film ! » (Merci Christophe)

L’idée d’un film adapté du jeu vidéo me séduisait, par contre le fait que Christophe Gans l’ai eue était déjà le bémol dans l’affaire. (J’ai subitement eu un flashback ou un homme avait un bras caché mutant et une épée en os à faire pâlir Skeletor de jalousie.) Mais chassons le mauvais esprit et restons positifs que diable !

Silent Hill, le film, reprends à quelques exceptions prêt le même univers et scénario que le jeu. Une mère (dans le jeu, il s’agit du père) et sa fille se rendent à Silent Hill, ville abandonnée d’un coin paumé dans des montagnes des Etats-Unis. Sa fillette étant prise depuis quelques temps de crise de somnambulisme où elle fait mention de cet endroit. Seulement cette ancienne ville minière est apparemment une ville fantôme où de tristes événements ont eu lieu. Les dires se confirment lorsqu’à quelques miles de la ville, la voiture fait un tète à queue et percute le rebord de la route. La mère s’évanouit. A son réveil, elle trouve le siège de sa fille vide et la portière ouverte. Commence alors sa quête pour retrouver sa fille…

On suit alors le parcours torturé de la mère dans la ville de Silent Hill, découvrant au fur et à mesure les indices qui permettront de retrouver la trace de sa fille et par la même occasion l’origine du mal qui hante l’endroit jusqu’au moindre gravier.

Pour ceux qui espèrent que Silent Hill les entraîne dans l’antre des ténèbres, attendez-vous à rester sur le pas dans la salle d’attente en effeuillant un joli catalogue d’image. Gans a bel et bien acquis le visuel du jeu mais en oubliant l’aspect de faire vivre l’histoire.  Outre une énorme production visuelle, il aurait été de bon augure que cette bouillie nous prenne aux tripes pour nous glacer d’effroi.Mais cela se confirme, il semblerait que Gans ne soit pas un sensible de l’émotion mais plutôt un amoureux de la technique de l’image. Certes, au petit jeu de la surenchère visuelle inutile frisant le ridicule, il n’arrive pas à la cheville de la production russe Night Watch mais il ne se sort pas plus de l’ornière purement formelle dans laquelle il s’est vautré de tout son long. Alors le résultat est que l’on ne retient rien de Silent Hill. On le regarde puis on se dit : « ouais, c’est bien fait » et on rentre chez soi sans vraiment se poser de question. Les créatures qui défilent n’ont pas d’impact autre que visuel.  Elles apparaissent tour à tour comme à un défilé de mode branché puis repartent derrière le rideau. Même le boucher géant à la tète de toblerone est juste anecdotique…Il est passé par ici, il repassera par là.

Au beau milieu de ces enfers se débattent quelques acteurs pour tenter de ne pas paraître trop décoratifs  parmi les mouvements de caméras tordus, maquillages malsains et synthèse dégoulinante. On peut citer les prestations de Rhada Mitchell (Phone Game, Neverland…) pour la maman paumée, Sean bean (le Boromir du SdA) pour le personnage inutile du père, Deborah Unger pour la femme illuminée  (Crash…), Laurie Holden (beaucoup de série TV) pour la femme-flic dont on aurait également pu se passer et Jodelle Ferland (séries TV aussi) dans le double rôle de la fillette et son alter ego. On aurait pu apprécier les acteurs si la mise en scène avait été plus orientée « acting » que « décorating ». Car là on a plus l’impression que ce sont les acteurs et à fortiori leur personnage qui viennent servir un arsenal d’effets et de visuels plutôt que l’inverse, c’est-à-dire des personnages renforcés par les interactions avec ce qui les entoure.

Au final, Silent Hill, n’est pas un mauvais moment mais pas un bon non plus. Il ravira les fanatiques de plans gratuits, scènes inutiles, mouvements complexes de caméra et décortication de lambeaux de chair mais fera fuir les amateurs d’histoire bien ficelée qui vous entraîne avec elle pour faire de vous ce qu’elle a décidé. Ce qui aurait pu valoir le coup dans ce thème-ci. Mr Gans n’aura peut-être pas assez travaillé son story-board, réfléchis à l’intonation des acteurs mais ce sera contenté de se faire plaisir avec des steadycam, grues et autres engins rocambolesques du cinéma pour ensuite peaufiner ses images en post-production, Ce qui donne effectivement un visuel très accrocheur. Mais il ne fait pas naître son fil auquel le spectateur aurait pu se raccrocher pour être plus dans le film que dehors.

On peut alors se rendre compte que la version cinéma de Silent Hill est beaucoup moins mature et viscérale que son grand frère sorti en jeu vidéo. Fort heureusement pour Gans, le box-office lui donnera peut-être raison et lui offrira une seconde chance pour parfaire son cinéma d’horreur. Le final de celui-ci laissant déjà une porte grande ouverte, non pas à toutes les fenêtres, mais à la possibilité toute tracée d’une suite… Peut-être aura-t’il la juste modestie de se donner la part belle au visuel et laisser les vieux démons de la mise en scène hanter quelqu’un d’autre.


Yerom



Le pour : Un visuel propre sur un bon rythme qui sauve les meubles.
Le contre :
Trop de plans de caméras inutilement tordus.
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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 12:05
USA - 2006 (X-Men : The Last Stand)
Affiche Xmen 3
Genre : Javel 3
Réalisateur : Brett Ratner
Scénario : Zak Penn, Simon Kinberg
Directeur de la photo : Dante Spinotti, Philippe Rousselot
Casting : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen, Famke Janssen, Halle Berry
Musique : John Powell


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Une fois n'est pas coutume, l'intégriste patenté de la version originale, le psycho-rigide du film ouzbek sans sous-titres, le consommateur compulsif de langues vivantes mais pas en français dans le texte que je suis, se doit de se rendre à l'évidence... X-Men 3 en américain est une sombre merde.
Faute en partie à des dialogues plus qu'à chier, que la langue synthétique d'outre-atlantique n'enrichie guère, mais surtout à la voix atrocement mielleuse d'une Halle Berry au top du brushing. Et s'il n'y avait que ces éléments, qu'on pourrait qualifier d'anecdotiques, pour étayer mon désarrois, j'accepterais avec une bienveillance amusée les critiques de "pinailleur de cheveux en quatre" ou autre "branleur de tapette à mouches" que je vois d'ici poindre.
Malheureusement, cette triquelle (néologisme pour nommer le 3e volet d'une série de films) ne souffre pas que d'un manque scénaristique évident.
ce qui serait déjà une affaire en soit. C'est juste une négation, que dis-je, un saccage en règle des opus précédents.

Brian Singer (X-men, X-men 2) fait donc place à un tâcheron du nom de Brett Ratner pour réaliser ce qui devrait clore la saga des super mecs et moeufs génétiquement modifié(es). Et mal lui en a pris.
Car non content d'être un brêle affirmée (Rush Hour 1 & 2, Dragon Rouge j'en passe et des mignons) Ratner a su s'entourer d'une équipe de choc à la production. Pensez-donc :
Simon Kinberg, responsable de Mr. & Mrs. Smith et XXX au carré
et Zak Penn a qui l'on doit notamment Suspect Zero (qui porte avec aplomb son qualificatif de nullité absolue) et... Elektra, tiens donc...
Une bien belle brochette de bras cassés s'il en est. Comment s'étonner alors que la photo soit digne d'un téléfilm, les idées et la réalisation également.
Exit les parti-pris qui ont fait le succès de la licence. Pour bien se démarquer et faire table rase de ce pesant héritage, on va pourrir le tout avec une révision à la baisse du rôle de Wolverine au profit d'aucun autres.
Pour brasser le maximum de personnages en un minimum de temps. Et pour brasser, ça brasse-coulée.
En eaux profondis.
Phénix aurait d'ailleurs pu renaître des abîmes pour faire autre chose que la potiche, Cyclop aurait enfin pu devenir barbu et intense, le prof Xavier subir un lifting abrasif s'il avait été ignifugé, Rogue être aux prise avec ses hormones, Collossus profiter du capitalisme effréné de sa terre d'adoption. Mais s'eut été dans un monde meilleur. Peuplé de réalisateurs talentueux, de producteurs avisés, et d'équipes technique et scénaristiques compétentes. Un monde meilleur. Le meilleur des mondes peut-être.
Dans le monde de Brett Ratner il n'y a de place que pour la médiocrité savamment organisée.

Il lui aura fallu guère moins de 1h45 pour abstraire toute empathie que l'on pouvait avoir avec les mutants X, jusqu'à nous désintéresser totalement de leur devenir, tant il a rendu les personnages vides de la moindre parcelle d'humanité.
- "Pour des mutants c'est pas un peu logique de n'être pas humains?"
Que nenni.
N'oublie pas que ces soit-disant mutants ne sont que des avatars humains rattrapés par la malchance. Ou par leur destin selon.
Ce qui créait l'intérêt dans X-Men & X-Men 2 était précisément la part d'humanité vivace de ces personnages. En particulier des personnages les plus sombres tels Magneto ou Wolverine. Nighcrawler dans une moindre mesure. Dans X-Men l'Affrontement Final, ils ne sont mû que par l'action, même pas la réaction. Ce qui fait de ce film un grossier pléonasme.
Storm tornade, Collossus collosusse, Magneto magnetote, etc...
Les portraits sont brossés à la truelle sous prétexte que l'on connaît déjà les caractères. Ne faisant pas avancer le débat bien au contraire. Le faisant régresser.
Or régresser pour des êtres sensés représenter le prochain stade de l'évolution ça donne que la moitié d'entre eux crèvent dans l'indifférence générale et qu'on se tape magistralement de ne pas avoir avancé d'un iota
tant on est ravi que le calvaire de ce triste spectacle prenne un tour définitif. Malheureusement si le box-office me donne tord, alors la toute fin du générique de cette pitoyable mise à mort pourrait donner lieu au retour en force des hommes en cuir moule-moule à ceintures siglées d'une croix. Qui sait, sous la réalisation d'un Uwe Boll peut-être. Mais ne nous prêtons pas trop à rêver.

L'histoire de X-Men l'Affrontement Final étant aussi mince que son synopsis, je ne prendrais pas ici le soin de m'étendre sur ce ténu filet d'ombre de papier cul. Voir la Brotherhood réduite à une bande de technivaliers post-hype-alter-mondialistes aux rabais aura fini d'achever toutes mes velléités. Juggernaut en faire-valoir de punch-lines aussi minces que son cerveau reptilien ne m'aura que brièvement amusé. Une belle scène avec Phénix est à mettre au crédit de ce patchouli indigeste mais ce sera bien tout. Le reste est souffrances inutiles et perte de temps manifeste.
Et Peter Jackson n'est pas près d'être détrôné en terme de trilogie.
X-Men 3, où l'Art consumé de dépenser des millions de dollars pour faire du cinéma grand angle qui passerait si bien en 4/3. Un dimanche soir en deuxième partie de soirée sur TF1.
Et en français.
Tout le monde y aura finalement perdu avec ce projet. A part peut-être le spectateur qui a échappé à une vision de Superman par Brett Ratner, originellement pressenti pour réaliser le remake de l'homme d'acier.
Projet finalement échu à un certain Brian Singer.

 



Aswip


Le pour : Que dire...
Le contre :
Que dire...
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22 mai 2006 1 22 /05 /mai /2006 00:54

Le 11 septembre 2001, les yeux rivés sur nos écrans cathodiques, nous avalions jusqu'à l'asphyxie les images apocalyptique de l'attaque terroriste la plus symbolique et la plus médiatique de l'histoire humaine. Avides de scénarios catastrophes et d'images chocs, nos journalistes télévisuels se complaisaient à comparer l'actualité dramatique à de grosses productions hollywoodiennes et martelaient leurs présentations par de maladroites et pathétiques tournures rédactionnelles du type "Hélas ce que vous allez voir n'est pas de la fiction"... L'idée idiote, voire de base, de cette mise en rapport entre le genre catastrophique des blockbusters américains et une réalité sordide, avait néanmoins le mérite de soulever une question pour le moins inattendue : "Est-ce que Hollywood aurait l'audace d'en faire un film ?"... Très vite outre-atlantique les comics s'emparèrent du douloureux sujet lors de discutables adaptions dessinées avec Captain America en figure de proue, alimentant de fait nos lourds à priori vis à vis des States, et achevant de nous convaincre que l'on aurait droit un jour ou l'autre à une version cinématographique des deux tours s'affaissant, dans un esprit de refonte revanchard à la Pearl Harbor de Michael Bay.

Comme pour encourager le cinéma d'Hollywood à ne pas basculer du coté obscur de l'amalgame entre fiction et réalité, les instances cinématographiques du monde entier récompensèrent à outrance le Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, de 23 prix dont la palme d'or 2004 du festival de Cannes. La manoeuvre dénuée de critère artistique (à ce jour c'est tout de même le documentaire le moins réussi de Moore) permit d'affirmer l'opinion d'une certaine élite intellectuelle opposée à la politique de Bush, grossièrement basée sur une vilaine interprétation des événements du 11 septembre.

Malgré tout la tentation de retranscrire sur grand écran la catastrophe humaine semblait plus forte que tout... Après la sortie US de United 93 de Paul Greengrass retraçant le (prétendu) sacrifice de l'équipage du vol 93 supposé destiné à s'écraser sur la maison blanche, voici que se profile l'attendu World Trade Center d'Oliver Stone... Il y a quelques mois, à l'annonce de l'intérêt du maître réalisateur sur l'événement tragique, bon nombre d'observateurs se hérissèrent le poil tant la réputation politico-cinématographique de l'auteur n'est plus à prouver. Pourtant au vu de la bande annonce, tout porte à croire qu'Oliver Stone a mis de coté son opinion personnelle et ses habitudes à ruer dans les brancards, puisque se limitant à décrire l'histoire vraie d'un duo de policiers coincé sous les décombres de Ground Zero.

Doit-on regretter le manque d'ambition de ce docu-fiction ? Peut-être. A l'heure actuelle seul Stone semblait apte à mettre en exergue, avec le talent dont il a le secret, les ficelles alambiquées d'un tel événement, avec ses tenants et ses aboutissants. Peut-on blâmer pour autant l'auteur de ne pas s'être sacrifié sur le sacro-saint autel de la vérité ? Certainement pas. Malgré tout le dédain que nous avons tendance à afficher face à la guerre de Bush, conséquence directe et saugrenue du 11 septembre, il est peut-être utile de comprendre à quel point les plus humbles citoyens des Etats-Unis d'Amérique ont encaissé ce jour là. Le simple fait que l'un des réalisateurs les plus emblématiques de cette nation se soit contenté de cette vision presque intime suffit certainement à illustrer une douleur au-dessus de tout. Une sorte de deuil en grandes pompes sur écran large, pour inciter au recueillement officiel, loin de toute idée politique.

La seule ombre au tableau concerne justement la récupération de l'oeuvre au profit de Bush Junior et de ses manoeuvres militaires... On imagine d'ici le bougre sortant d'une salle de cinéma, du pop-corn plein les dents et une astucieuse perle lacrymale pendue à son regard hébété, proclamant derrière une tribune improvisée un certain "devoir de mémoire", et justifiant ses actions ...patriotiques. Hélas.

La bande annonce de World Trade Center

Enzo

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 20:11

480 avant J.C. L'armée persanne si puissante que la terre tremble sous ses pas, est à deux doigts d'écraser la Grèce île de raison et de liberté dans une mer d'obscurantisme et de tyrannie. Entre la Grèce et cette vague destructrice subsiste un détachement d'à peine 300 guerriers... mais ces guerriers sont bien plus que de simples hommes... Ce sont des Spartiates... A leur tête, le roi Léonidas s'apprête à donner aux peuples du monde, une leçon de bravoure à écrire à l'encre rouge dans les manuels d'histoire...

Les maîtres du comic US sont à l'honneur ces dernières années à Hollywood et Zack Snyder à l'origine du remake de l'Armée des morts de Romero, semble bien décidé à se spécialiser dans la reconversion BD-Ciné. Avant de s'attaquer à Watchmen poids lourd d'Alan Moore (L'auteur de V pour Vendetta, et de La Ligue des gentlemen extraordinaires), Zack va tenter de relever le pari de la mise en bobine du 300 de Frank Miller (l'auteur entres autres de Sin City). Autant dire que le bougre a du pain sur la planche tant l'adaptation s'annonce difficile vu les critères actuels d'Hollywood. D'un graphisme et d'un board brut de décoffrage assez caractéristique de son auteur, 300 la BD mise plus sur le rythme d'une marche lente et inexorable vers la mort, que sur les effets épiques de combats de milliers d'hommes filmés du haut d'un hélicoptère... Comment Snyder va t'il gérer la relative sobriété de son histoire à milles lieux des intrigues tordues de Troie ? Suffira t'il de réunir une brochette d'acteurs de second voire de troisième plan en tête d'affiche pour réitérer l'exploit de casting de la trilogie de Peter Jackson et de son seigneur des Anneaux (souvenez vous qu'avant personne ne connaissait Viggo Mortensen ni Orlando Bloom) ?

Voici un premier lien pour vous faire une idée. Il s'agit de coulisses de tournage sur fond bleu. Rien de bien fabuleux pour l'instant pour les adeptes d'image fortes (à ceux-ci je conseille d'attendre patiemment la première bande annonce) mais ces quelques images suffisent à rassurer un tant soi peu les fans de comics quant à la fidélité de l'adaptation.

Le site web officiel...
Les coulisses filmées de 3OO

Enzo

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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 12:18
USA - 2000 (Rules of engagement)
Affiche
Genre : Grosse bavure
Réalisateur : William Friedkin
Scénario : Stephen Gaghan
Directeur de la photo : William A. Fraker, Nicola Pecorini
Casting : Tommy Lee Jones, Samuel L. Jackson, Guy Pearce, Ben Kingsley...
Musique : Mark Isham


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Les colonels Hodges et Childers on en gros sur la patate. Le premier, officier au placard et alcoolique notoire depuis sa blessure du Vietnam se voit défendre en tant qu'avocat le second, accusé d'un bain de sang injustifié devant l'ambassade américaine au Yemen. Les états de services des deux militaires et leur volonté sincère d'être de bon soldats, gardiens émérites des valeurs sacrées de la bannière étoilée, suffiront-ils à justifier un drame très délicat à négocier pour l'administration américaine ?

Noyé dans la masse des productions hollywoodiennes que l’on balance en salle comme autant de cadeaux marketings jetés à la foule en tête et queue d’un tour de France, L’enfer du devoir fait partie de ces films estampillés U.S. entertainment que l’on va voir «histoire de», sans d’autres motivations que de contempler la gueule d’un Tommy Lee Jones et/ou d’un Samuel L. Jackson. Hormis cette tête d’affiche qu’on devine aisément piège à con, rien n’incite au déplacement : ni la bande annonce molle, ni les extraits clichés, et encore moins la trame juridico-militaire plus que déjà vue. Seule la frustration de l’abonné à une carte multiplexe, guettant en vain d’hypothétiques chef d’œuvre cinématographiques, motive l’effort final, celui d’enfiler une veste pour se rendre au cinéma du coin pour tuer le temps sur écran large et en dolby surround.

Pourtant le plus dur reste à faire, notamment en début de projection lors d’une introduction longue et pénible située en terres viêtcongs dans les années 60, relatant l’enfer de la jungle et de ses conflits marécageux. D’emblée pas un GI ne paraît crédible et le peu de jeu proposé rappelle plus les situations guerrières de Portés disparus que les scènes mythiques d’Apocalypse Now, Platoon, et autres modèles du genre. Les dialogues gentiment à la ramasse et la tactique militaire mise en scène soulignent le peu de motivation générale, tandis qu’à l’écran les troupes ennemies, que l’on peut compter sur les doigts de la main, déciment de pauvres marines amorphes tout juste bons à attendre debout que la poche de sang éclabousse l’uniforme sorti du pressing, le tout filmé sans rythme au sein d’une jungle sans âme issue tout droit d’un show-room Truffaut... Sic.

Malheureusement ce n'est pas la suite des événements y compris le passage bien plus réussi de l’accident au Yemen qui permettra de sauver l'ensemble de ce chef d'oeuvre d'ennui. Progressivement et inexorablement le scénario de Stephen Gaghan autour de la bataille juridique peine à susciter de l’intérêt, peu mis en valeur par des situations convenues et une réalisation dispersée. Constamment le cul entre plusieurs chaises William Friedkin se perd entre la simple mise en image et une éventuelle volonté de dénonciation, ratant l’occasion d’une prise de position ferme. On pourrait presque croire que ça le chatouille, notamment lors de l'incroyablement naïve scène de la clinique au Yemen, où Tommy Lee Jones est autant transparent que la mise en scène de son réalisateur. Pourtant il y avait de quoi faire. Entre l’idée d’un massacre de manifestants hostiles à la présence américaine, les responsabilités d’une nation hôte d’une ambassade, les implications des Etats-Unis en terre arabe, l’action morale des mouvements islamistes, le peu de reconnaissance d’un état vis à vis de son armée confrontée à de l’ingérable, et la capacité à reconnaître puis condamner une bavure politique, la trame ne pouvait que s’enrichir d’un écho pertinent à la crise arabe actuelle. Sorti précisément entre les deux crises du golfe persique, L'enfer du devoir aurait pu devenir bien plus qu'un film de seconde partie de soirée sur M6 le jeudi. Faut croire que devant les nombreuses possibilités offertes par le fond du sujet Friedkin n’y a flairé qu’un sinistre traquenard l’obligeant à prendre parti. Franchement on ne peut que rester pantois devant l'effort de dupe du réalisateur des emblématiques French Connection et L'exorciste, soucieux de brouiller ce vaste foutoir par une mise en valeur des états d’âmes des protagonistes au même niveau que le reste. Du coup la réalisation s’attarde sur les piètres capacités d’avocat du Colonel Hoges au détriment de l’essentiel, plombant le tout par des faux-rebonds inintéressants... L'histoire se désagrège d'elle même, rongée par le peu d'ambition d'un chef de bord peu enclin à la prise de risque.

Sans personne à la barre plus personne n’y croit. Tommy Lee Jones traîne sans conviction son looser d’avatar et Samuel L. Jackson ne fait pas mieux. A leur décharge les scènes de dialogues accusent le coup d’un total manque de profondeur dans l’intrigue et par les perpétuelles esquives pour éviter de parler des sujets qui fâchent. L’enquête au Yemen occupe la bobine inutilement et la déroute semble complète lorsque qu’on s’étonne de la tournure bornée de l’enquête principalement axée autour d’une cassette vidéo que l’on sait détruite, ou le témoignage à la fois absurde et ridicule d’un ancien officier vietnamien, rappelant bien malgré lui l'indigestion d'entrée de film. La conclusion du procès sonne le glas de ce piètre résultat, peu consistant de fond et de forme, et quelques dernières images d’un patriotisme non-assumé achève le spectateur transit, prêt à se mettre au garde à vous pour un dernier salut militaire. Selon le colonel Hodges la durée de vie d'un officier sur le terrain au vietnam n'excédait pas le quart d'heure, il ne nous en faut pas plus pour fuir ce vilain moment de cinéma.


Enzo

Le pour : L'enfer...
Le contre :
...de le voir (ciel comme c'est spirituel)
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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 11:13

Lorsqu’Aswip m’a dit «zieute un œil sur la BA d’Ultraviolet c’est du bon», j’ai de suite décelé dans son beau filet de voix qu’il fallait s’attendre a du lourd. Bien sûr je pratique le bonhomme depuis quelques années et je me doutais que son admiration soudaine pour le prochain film à l’affiche de Mila Jovovich, augurait avec une ironie certaine une perle de plus dans la filmographie chargée de l’ex-mannequin.

Les impressions post-visionnage sont remarquables. Il y a dans ces extraits un je-ne-sais-quoi d’euphorique, de bluffant, d’epoustouflante comme dirait notre grand ami Begnini. Comme si nous étions à l’aube d’une ère nouvelle, et que nous venions de découvrir le chaînon manquant entre Matrix et les pubs l’Oréal. Rien que ça. Le contexte fleure bon la sous-SF, et les moyens mis en œuvre rappelle ceux d’Higlander 2. Sauf que depuis le deuxième chapitre des aventures cinématographiques de Duncan Mc Leod, le potager d’où poussent les navets s’est équipé de serveurs 3D d’occasion, bons à pondre de l’effet visuel pas cher. Les visages sont floutés façon Capitaine Sky et le monde de demain pour accentuer le coté nostalgique d’un futur déjà triste, les coups se donnent dans le vide comblé par son paquet de pixels en décomposition, les portes s’ouvrent en coulissant sur des milliers de soldats qui sont autant de pellicules à éliminer au plus vite (exit les pointe sèche !) et Mila a des répliques à la hauteur de son jeu d’acteur. Respect.

Le plus de cette prévisu, c’est qu’on a hâte de voir ça. Entre potes bien sûr et pas forcément au cinéma histoire de ne pas trop gêner les spectateurs voisins qui se sont déplacés avec un état d’esprit différent. Celui de voir Mila dans un bon film ? Ca paraît improbable mais on sait que quelques aficionados du 5ème élément espèrent encore. Autant ne pas gâcher leur plaisir.

En tout cas ça coming soon. Patience.


La bande annonce

Enzo

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