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19 mai 2005 4 19 /05 /mai /2005 00:00

Un bon livre ne fait pas forcément un bon film et dans l'histoire du cinéma les adaptations réussies de best-sellers se comptent sur les doigts ... de maître Yoda. Le dernier (et pas des moindres) pavé littéraire ayant réussi sa mutation cinématographique étant la trilogie de Tolkien, traitée royalement par un Peter Jackson inspiré et respectueux de l'oeuvre originale. Passons.

Que va donc devenir le Da Vinci code aux mains Happydesques de Ron howard ? Star number one, numero uno, numéro un, des box offices littéraires tous pays confondus, le coup de maître de Dan Brown brille plus par ses records de vente et ses pseudos polémiques autour de révélations mystico-ésotérique démontables en un tour de main, que par ses qualités intrasèques d'écriture. Mais la tentation de récupérer ce succès historique sur la toile tendue des salles obscures était trop grande, et c'est le réalisateur d'Un homme d'exception, de BackDraft et de Splash qui s'y colle. Du coup les mauvaises langues ont vite fait d'affirmer que le talent du réalisateur choisi était à la hauteur de l'oeuvre à adapter, et d'ajouter qu'au moins le livre n'était pas difficile à lire. La récolte 2001 d'Oscars n'aura pas suffit à effacer la réputation un peu guimauve d'un Ron Howard toujours en mal de reconnaissance par la critique.

Pourtant qui se soucie des persiflages des jaloux, envieux ou peu enthousiastes face à la mise en scène de la grosse industrie du cinéma mercantile ? Pas Ron Howard en tout cas, quasi-assuré du retour sur investissement alors que le film est à peine lancé, ni Tom Hanks, ni Audrey Tautou et Jean Reno en tant que guests stars french touch, qui ont rejoint l'aventure... Encore moins Dan Brown qui s'en frotte les mains jusqu'à l'os du poignet d'avoir su créer la poule aux oeufs d'or de ce début de 21ème siècle...

Que dire d'autres hormis le fait que ce roman faussement scandaleux deviendra certainement l'un des films les plus consensuels qui soit. Les institutions les plus réfractaires ont déjà donné leur aval pour l'adaptation cinématographique, et tout le monde attend patiemment que la vache à lait se vide d'elle même. Après tout, depuis son premier million de lecteurs les églises sont à nouveau visitées, euh plutôt décortiquées, idem pour le musée du Louvre, gageons que la france en profitera pour redorer un peu son blason outre-atlantique et que nos grands copains américains éprouveront à nouveau le plaisir de dire, des chamallows plein la bouche, "ohlalala, c'est fantastique"


La pré-bande annonce

Enzo

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16 mai 2005 1 16 /05 /mai /2005 00:00

Japon - 2001 (Shoujyo)


Genre : Liaison coupable
Réalisateur : Eiji Okuda
Scénario : Katsuhiro Manabe, Izuru Narushima
Directeur de la photo : Hirokazu Ishii
Casting : Eiji Okuda, Mayu Ozawa, Akira Shoji, Mari Natsuki, Hideo Murota...
Musique : Shigeru Umebayashi

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Belle affiche. Le portrait d'une jeune femme vue légèrement de plongée, aux lèvres plus gonflées qu'un fruit mûr, et dont le regard vague, presque ivre, invite à découvrir son dus nu orné d'un impressionnant tatouage. La prise de vue humide, vaporeuse même, avec sa profondeur de champs qui démarre à mi dos, le tout dans des teintes rouges-vertes de toute beauté, évoque une atmosphère lourde de sensualité. Le titre, un peu provoc avec cette mise en scène, suggère que l'on va déguster du fruit défendu, d'autant plus qu'il implique une Lolita-geisha… D'autres images s'installent d'emblée dans notre imagination, de corps enlacés, d'interdits transgressés, de cerises englouties jusqu'à la queue (va savoir pourquoi)... Une iconographie motivée par la charge érotique du pays du soleil levant, évoquée à plusieurs reprises aussi bien dans le cinéma local notamment dans l'oeuvre de Nagisa Oshima et son Empire des sens, qu'à l'échelle internationale comme dans le Pillow book de Peter Greenaway.

Autant s'arrêter là puisque Une adolescente n'a rien de torride ou de propice aux fantasmes de toute sorte. Je sais que dit comme ça je gâche votre prise d'élan d'autant plus que l'affiche en tête de page vous a chatouillé l'imagination. Pourtant ce premier film en tant que réalisateur d'Eiji Okuda n'est rien de plus qu'une histoire d'amour touchante, légèrement décalée entre deux âmes égarées, l'une d'une trentaine d'année l'ainée de l'autre. Le sulfureux suggéré par l'affiche, à peine prolongé par la première rencontre entre Tomokawa et Yoko s'estompe donc assez vite, et même le délicat tabou de la différence d'âge semble n'être qu'un obstacle moindre face à la sincérité de ce qui les réunit.

Sur les bases d'un authentique poème traditionnel des deux oiseaux à une aile qui volent accolés l'un à l'autre pour ne plus connaître que l'éternité du ciel, Eiji Okuda raconte l'histoire de Tomokawa, flic oisif de proximité, ancien voyou, dont le dos est recouvert d'un impressionnant tatouage représentant justement le mythique oiseau amputé. Interrompu dans sa sieste un jour de service, il fait la connaissance de Yoko, une adolescente de 15 ans plutôt entreprenante. Pas vraiment convaincu de la démarche affective de l'effrontée, Tomokawa décline toute propositions câlines mais s'en ressent troublé. Lui qui n'aime rien ni personne, qui kidnappe les animaux de compagnies afin de les rendre, auréolé d'une petite gloire, à leurs jolies propriétaires et d'obtenir une récompense sur l'oreiller, lui qui n'a plus grand chose à attendre de son quotidien d'un ennui profond, se laisserait bien aller à aimer. Yoko, fascinée par l'impressionnant tatouage voit en Tomokawa un être incomplet, chargé d'un passé qu'il porte physiquement derrière lui. L'adolescente maternée par son grand-père vieillissant, et responsable prématurée de Sukemasa son grand frère autiste, se jette ainsi à corps perdu dans cette relation idéalisée, comblant son vide affectif en s'occupant de celui de son interdit d'amant.

Bien sûr s'arrêter à ces quelques lignes de résumé ne rend pas franchement hommage à l'oeuvre d'Okuda. Petit défi aux moeurs japonaises, Une adolescente rend crédible, avec toute l'élégance possible, la liaison sincère entre ces deux âmes à la dérive. Même si l'ombre de l'inceste plane au-dessus de cette gentille fable, l'oeuvre se place à l'opposé des clichés des relations perverses tant exploitées dans certains mangas, pour mieux approfondir l'origine consciente et inconsciente d'une telle union amoureuse. Pourtant la mise en scène d'Okuada et le peu de poids qu'il donne à ses intrigues secondaires (le blocage de Sukemasa lié à un traumatisme infantile, la relation entre la mère de Yoko et Tomokawa...) plombe sensiblement son histoire. Ni vraiment une analyse, ni franchement une comédie dramatique, Une adolescente est une romance sobre, un peu maladroite avec certains passages bancals et quelques plans bouclés à l'emporte pièce. Un peu long, un peu lent, le film fatigue comme une interminable balade à bicyclette, laissant en chemin quelques spectateurs las d'attendre le fin mot de l'histoire. C'est d'autant plus usant que la conclusion apparaît assez évidente dès la première heure et qu'aucun accident de parcours ne viendra réellement mettre en doute cette issue, y compris cet énigmatique « coup de feu » hors champ en fin de projection, aussi inexplicable que volontaire.

Enzo

Le pour : Un zeste d'exotisme
Le contre :
Trop long d'une bonne demie-heure

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14 mai 2005 6 14 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2002 (One hour photo)


Genre : Scrapbooking
Réalisateur : Mark Romanek
Scénario : Mark Romanek
Directeur de la photo : Jeff Cronenweth
Casting : Robin Williams, Connie Nielsen, Dylan Smith, Michael Vartan, Gary Cole...
Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Sy Parrish est seul. Désespérément. Et si la vie, parfois vache avec les âmes en peine, l'avait mené sur les rives désertes d'une île à la place d'un Tom Hanks dans Seul au monde, force est de constater que Sy se serait jeté la tête la première sur un rocher affûté pour abréger ses souffrances. D'abord, parce qu'il n'aurait pas sous la main tous ces accessoires techniques et compliqués de développement photographique, qui lorsqu'il les manipule, lui permettent de combler son emploi du temps. Mais surtout parce qu'il n'aurait pas l'occasion de vivre par procuration la vie de famille des Yorkins, qu'il épie depuis une dizaine d'année via leurs clichés-souvenirs, en 36 instants figés de bonheur qu'il tire en double exemplaire afin de s'en garder une copie personnelle, et de s'en faire une décoration murale plutôt troublante. Les vacances, ce n'est pas le truc de Sy. A l'abri dans son stand photo de supermarché, il n'est pas près d'aller s'échouer sur une île au beau milieu de l'océan pacifique. Son boss a beau lui conseiller de prendre quelques jours de congés, il sait que sa vie est ici, délivrée par de petits rouleaux sombres qu'il dépiaute d'une habilité chirurgicale, afin de ne pas en rater une miette.

Malgré ce synopsis, le titre de Photo obsession sied maladroitement au propos de ce premier film de Mark Romanek, le parant d'une robe psycho-thriller trop évidente et le cataloguant parmi d'autres noms d'oeuvres navrantes du type Obsession fatale, ou Virtual obsession. Son titre d'origine One hour photo lui correspond mieux, illustrant plus subtilement à la fois le métier de Sy Parrish mais aussi le peu d'instants de vie que se permet le pauvre bougre, en apnée dans son quotidien aseptisé, à l'affût d'une bulle d'oxygène aussi provisoire qu'inespérée. Robin Williams dessine au critérium son rôle, incarnant jusqu'au col de chemise tiré à quatre épingles, la timidité maladive du personnage, son désir d'être adopté par une famille idéalisée, et son souci de rester, malgré tout, à l'écart. Sy Parrish oscille sans cesse entre sa volonté de devenir concrètement l'oncle Sy et celui que cet espoir insensé ne reste qu'un cliché parmi tant d'autres. Après tout, les instantanés ne reflètent que les bons instants de la vie alors pourquoi s'encombrer du reste ? Forcément lorsque cet équilibre un peu malsain, plutôt fragile, est mis à mal par une tierce personne et une photo venue d'un autre tirage, les poils aux aguets finissent par se dresser. Jusqu'où peut aller Parrish afin de préserver son cocon ?

Loin des clichés du genre et leur panoplie grossière de films d'angoisse, Photo obsession fait naître le malaise via un Robin Williams inspiré, mais notamment grâce à un traitement visuel soigné, franchement clinical lors des scènes de supermarché. A ce titre Mark Romanek, dont l'obsession photographique s'explique par son passé clipesque, peut parfois donner l'impression d'en faire un peu trop avec ses cadrages figés, sa large gamme chromatique, et son faux rythme sur du faux plat. On aime ou on aime pas. On tolère ou on subit. A noter qu'à ce petit jeu illustratif d'autres réalisateurs du même acabit se sont cassés les dents lors du passage du court au long métrage, tel Tarsem Singh créatif publicitaire génial, auteur du creux the cell. C'est la sobriété narrative de Romanek qui permet à son film de susciter un certain intérêt, n'en déplaise aux accrocs du thriller tendu comme une ficelle de string, qui lâcheront l'intrigue en cours de route. A ceux ci, et à leur décharge, j'avoue volontiers qu'il manque à Photo obsession un je-ne-sais-quoi de plus investi dans la démarche pour le rendre plus marquant, peut-être en poussant plus loin les moments de flottement de Sy Parrish, à l'instar du passage où il se retrouve le cul sur la cuvette WC des Yorkins. Instant franchement dérangeant. Sans plus d'ambitions, Romanek donne l'impression de s'être posé un garde fou global, allant même jusqu'à justifier les actes de son personnage central lors d'une dernière scène explicative pas vraiment nécessaire. Du coup en préservant Sy Parrish, Romanek ne peut empêcher une certaine transposition du mauvais rôle sur les épaules de Will Yorkin, le père de famille. Ce qui est plutôt mal venu si l'on veut éviter la leçon de morale "tu ne pêcheras point".

Enzo

Le pour : Belle photo, Robin Williams impeccable, et... Connie Nielsen.
Le contre :
On se croirait limite dans une pub Kodak

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13 mai 2005 5 13 /05 /mai /2005 00:00

Vendredi 13..... Tin ! Tin ! Tiiiiiiin !
Nouvelle adpatation d'un roman de Philipp K. Dick.
A Scanner Darkly réunira Keanu Reeves, Wynona Rider, Woody Harrelson et Robert Downey Jr. Sous la direction de Richard Linklater, l'adaptation se veut le plus fidèle au roman et traite l'image entre la prise de vue réelle et l'animation, surprenant et original...
Pour preuve, la bande annonce

Actuellement en production. Sortie prévue pour 2006

Yerom

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11 mai 2005 3 11 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2004 (Assault on precinct 13)


Genre : Remake
Réalisateur : Jean-Francois Richet
Scénario : James DeMonaco, John Carpenter
Directeur de la photo : Robert Gantz
Casting : Ethan Hawke, Laurence Fishburne, John Leguizamo, Ja Rule, Gabriel Byrne
Musique : Graeme Revell

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Assaut Sur Le Central 13 n'a de remake que le nom. Jean-Francois Richet s'est sûrement fait plaisir à diriger Laurence Fishburne, Ethan
Hawke et autre Gabriel Byrne mais le résultat, quasi systématique avec ce genre d'entreprise, est que l'on écope d'un film de producteurs. Soit un film didactique et forcement inintéressant.

Pas de mystère dans cette version. Aucune explication ne vous sera épargnée sur les tenants et les aboutissants, l'origine et la fin, le pourquoi, le comment. Codifié au possible, cette refonte du mythique Assaut de John Carpenter est une démonstration des bonnes vieilles ficelles du film d'action made in usa comme on en fait à la truelle depuis les années 90. Mise en place des personnages et de leurs psychés troublées ; le flic sous Prozac suite au décès de ses anciens équipiers,
- J'te fiche mon billet qu'il se sens responsable ce pauvre homme...,
son analyste traitant gaulée comme une Barbie,
- Elle même souffrant de troubles névrotiques sans doute...,
des détenus qui n'ont pas eut une enfance dorée et qui sont eux aussi fort atteint,
- Des hispaniques et des renois j'parie...,
et le machiavélique boss du crime sans pitié et nœud du problème
- il doit bien avoir un fond d'humanité ce brave type...
Développement, conclusion, jusqu'au fond justement, rien ne sera laissé dans l'ombre : il neige, on est le réveillon du jour de l'an, pour bien expliciter l'absence d'aide extérieur. Bienvenue dans le monde de Descartes revu et corrigé au Pespi Light.


Usual suspect
aurait-il fait tant de mal au thriller d'action made in usa?
Le principe du remake ou de l'adaptation a-t-il pour but avoué de trahir à ce point l'œuvre originelle que produire une refonte vulgaire, innervée de toute ambition, soit devenue loi?
La crise monétaire va-t-elle perdurer?
A quoi bon?
- Mais qui est Kaiser Sauzé? lalala.
Des films d'action petit bras et gros budget y en aura toujours. Ne serait-ce que pour pouvoir financer des projet plus
ambitieux.
Ce n'est pas ce qui me pose problème. Mais plutôt cette prétention à s'emparer d'un des meilleurs films du genre pour en
faire un objet contre nature et relevant du saccage.
- Il ne s'adresse pas forcement au même public et n'a donc pas les même ambitions. Et puis le scénar était déjà écrit.
C'est toujours ça de moins.
Ils l'ont bien réécrit en effet. Bible du remake à la main, pour mieux le vider de tout sens, de toute ambiguïté.
- Puisqu'on te dit qu'il s'adresse aux ados ce remake.
On nivelle effectivement. Histoire que le cœur de cible n'ait pas l'opportunité de penser. Limite qu'il se fasse un peu chier, mais juste ce qu'il faut pour ne laisser place qu'à des interrogations primordiales et impérieuses du genre : "j'aurais pas envie d'un Coca moi?"
Les pontes de Rogue Pictures seraient-ils en cheville avec les marchands de savons?
- Comme tu est naïf...

Bon bah alors, dans Assaut Sur Le Central 13 vous pourrez voir le même Laurence Fishburne que dans Matrix, mystérieux, sentencieux, porteur de messages forts sur la vie et filmé de profil. Un Gabriel Byrne aussi intérieur et ambigu que dans toutes ses prestations, le charisme en moins. Un Brian Dennehy aussi réac que dans Rambo et aussi sous exploité que d'habitude. Mais vous pourrez surtout voir de la pétasse au grand cœur, des scènes de gunfights où ça défouraille sa mère, des rédemptions bien à propos, de la tension psychologique très tendue, des punchlines vraiment senties et une inévitable happy-end qui à le goût d'une happy-end.
- Tu charries, la photo est belle quand même.
Et la mise en scène contractuelle, la bande originale peu originale.
T'en souvient-il? celle de Carpenter était quand même du genre à te poser une ambiance, à faire dresser les poils et
l'inquiétude. Celle de Graeme Revell est interchangeable et jetable.
- Le jeu des acteurs à quand même évolué.
Certes, mais on se sentirait vraiment impliqué si les intentions étaient les bonnes. Parce qu'au final on se tape de
savoir qui sera le prochain à rendre les armes tant les personnages sont caricaturaux et archi rabâchés.
- Et la photo alors, elle à une autre gueule que dans Assaut.
Les gris coloré de Douglas Knapp sont effectivement moins séduisant que les choix contrastés de Robert Gantz mais n'avaient pas leur pareil pour poser le malaise et la sale ambiance.
- bon, je vois que tu a décidé de faire ta tête de lard et d'être d'une mauvaise fois jusqu'au-boutiste. Il aurait pu être bien pire ce remake.
Possible. Il y a cependant un plan mortel dans la version de Jean François Richet. Un plan très large de l'extérieur du
commissariat soudainement assailli par des détonations étouffées et lumineuses. Un très beau plan. De quatre secondes.


Aswip'

Le pour : l'original
Le contre :
la copie

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9 mai 2005 1 09 /05 /mai /2005 00:00

Japon - 2003 (Cha no aji)


Genre : Chronique merveilleuse
Réalisateur : Ishii Katsuhito
Scénario : Ishii Katsuhito
Directeur de la photo : Kosuke Matsushima
Casting : Sato Takahiro, Maya Banno, Tadanobu Asano
Musique : Little Tempo

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


La Famille Haruna, si elle n'est pas forcement typique des familles rurales nipponnes, est pour le moins pittoresque. Nobuo, le père, est thérapeute et hypnotiseur de la vieille école et souvent distrait par les nouvelles technologies. Sa femme, Yoshiko, travaille sur un pilote animé visiblement aussi violent qu'elle est douce. Ayano, l'oncle, en pause de son activité de sound designer semble en quête d'un passé regrêté. Hajime, le fils, qui cours après un amour déjà perdu jusqu'au prochain arrêt de son train ou de son muscle cardiaque est un fin tacticien du jeu de go. Sachiko, la petite fille, est habité par un "moi" surdimensionné et volatile dont elle n'aura de cesse de se débarasser.
Tout ce petit monde tourne autour de son doyen de grand père, ancien maître de la pose clé et chercheur invétéré du LA. A moins que ce ne soit lui qui tourne autour de ce petit monde. Tel un satellite facétieux, décoiffé et pas toujours au diapason.

Katsuhito Ishii s'y entend visiblement pour ce qui est de créer du contenant plein de contenu. Connu jusqu'ici pour être l'auteur de la fameuse scène animé dans Kill Bill Vol. 1, il sera désormais Le Réalisateur, avec des majuscules partout, de The Taste Of Tea.
Le glissement dans son univers est subreptice, quasi immédiat. L'acceptation se fait l'espace d'une première scène et vous embarque jusqu'au bout du récit. Comme dans les films de Miyazaki. On a d'ailleurs l'étrange impression que The Taste Of Tea est une mise en images, prises de vue "réelles", de l'univers du vieux maître de l'animation. Le naturalisme, l'onirisme, donnent lieu à des plans très similaires. La quête de la petite Sachiko est clairement et directement inspirée du personnage de Meï, dans Mon Voisin Totoro.
Il suffit, pour s'en convaincre, de noter la présence de l'immense chêne qui jouxte la maison des Haruno. Le rythme de la narration, l'aspect contemplatif des personnages sont également des points communs forts.

La mise en scène concours pleinement à l'enchantement poétique provoqué par le goût de ce thé là, au delà des images et des idées. Les zones d'ombre de la trame étant explicitées une à une au détour de plans amenés de façon si opportune, qu'ils font immanquablement naître un sourire complice sur la face d'un spectateur ravi qu'on le prenne si subtilement à témoin. Ravi aussi d'avoir la primeur de chacun des secrets des membres de la famille Haruno avant que ceux-ci ne se recoupent pour former un tout.
Cette complicité qui donne au spectateur l'impression d'assister à un moment privilégié, dans une communauté d'union de circonstance. Le temps de 2h20 d'immersion totale. Un film qui partage sans être ostentatoire ou calculateur.

Tout élément négatif, voire pathogène, est rigoureusement exclu du métrage. Sans échouer pourtant sur les écueils acérés "mièvre" ou "niaiseux". Comme un petit miracle.
Et lorsqu'un trouble-fête tente de s'immiscer, il est immédiatement et sévèrement châtié. Voir la scène du patron délateur, un régal. Ou encore celles de yakusas enterrés ou bien d'anciennes tigresses aux dents de sabre en proie à des relents pulsionnels. En revanche, les effets spéciaux, eux, sont très présents et portent ici idéalement leurs noms. S'ils sont parfois douteux d'un point de vue technique, ils offrent cependant un surcroît de densité à la narration et aux situations. Comme autant de petits bienfaits. Car sous ses airs décousus, The Taste Of Tea est une savante et rigoureuse alchimie de composition. On y rit, on y est ému et touché tour à tour sans avoir une seconde la pénible sensation d'y être contraint.

Le centre nevralgique de The Taste Of Tea est ainsi l'animation, dont est issu Katsuhito Ishii. Et toute les composantes de création y sont réunies : l'observation, la prise de vue, le mime, le flip-book, les paysages envisagés comme des lay-out, jusqu'à la projection doublée en direct. Même ce qui s'apparente à des temps mort ressemble à de l'animation limitée. Affaire de rythme. Car le film respire. S'il impose quoi que ce soit, c'est son tempo, sa musicalité faite d'inspirations et d'expirations.
Un film qui se la joue feutrine et souplesse avant de vous avaler goulûment comme un soleil dévoreur de planètes, sous de cieux différents, chaque fois uniques et pourtant communs à tous. Car illuminés par le même astre.


Aswip'

Le pour : chef d'oeuvre
Le contre :

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2 mai 2005 1 02 /05 /mai /2005 00:00

Qui ne se souvient pas du dessin animé réalisé par Walt Disney inspiré de l'oeuvre de Lewis Carrol ?
Et bien voici qu'Alice est de retour aux pays.
Sauf que les temps ont changé et les merveilles aussi.
Pour son premier film, Jeremy Tarr réadapte cette histoire en prise de vue réelle version sans doute plus sombre que la précédente animée, à en juger le casting.
Antonia Bernath, pour l'heure jeune actrice innocente, campera la blondinette égarée tandis que les merveilles seront assurées par Darryl Hannah (Kill Bill, Blade Runner, Splash...), Alan Cumming (Diablo dans Xmen2 entre autre), Jonathan Pryce (Brazil, Pirates des Caraïbes...), Tim Roth (Reservoir Dogs, la planète des singes...), Nia Vardalov (Mariage à la Grecque...) et la cerise donnant sans doute le goût au gâteau pourrait revenir à la reine de coeur puisqu'elle sera interprétée par Marylin Manson, personnage rock ayant déja effleuré le cinéma dans Lost Highway et Le livre de Jérémie (le dernier film d'Asia Argento).
Et pour changer, l'entrée au pays des merveilles se fera au cours d'un coma du à un accident de voiture.
Aucune image, aucune date de sortie précise, mais peut-être vers fin 2005.
Affaire à suivre.

Yerom

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29 avril 2005 5 29 /04 /avril /2005 00:00

France - 2004


Genre : film de casse
Réalisateur : James Huth
Scénario : Jean Dujardin, Karine Angeli, James Huth
Directeur de la photo : Philippe Piffeteau
Casting : Jean Dujardin, Bruno Salomone, Clovis Cornillac, Elodie Bouchez
Musique : Bruno Coulais

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Jean Dujardin
, pensionnaire du petit écran durant de nombreuses années dans des formats courts (cour, jardin, théâtre, humour) est désormais satellisé tête d'affiche bankable du long métrage. Autant se résigner à voir ses yeux farceurs et son sourire ultrabrite dans le paysage
cinématographique français pour un moment tant le Loulou à sa ménagère attaque sa nouvelle carrière sur tout les fronts, avec un appétit vorace. Une douzaine de films en un peut moins de trois ans.
Résolument cantonné à la comédie, si ce n'est l'appartée Le Convoyeur, il offre pourtant des prestations contrastées et subtiles qui rappellent qu'il n'est pas un nouveau José Garcia, comme on a voulu nous le vendre, ni un Michael Youn, les dieux de la comédie nous en préservent. Il était comédien avant son énorme succès télé. Retour à ses premières armes, donc,
avec l'incarnation de Brice De Nice en panoramique.

Le surfeur le plus yellow de la côte d'azure n'en finit plus d'attendre LA vague. Fils à papa sans mère, il traîne de fait un sérieux Oedipe et s'est choisi une figure maternelle d'adoption, LA mer.
Ce jeune branleur dans sa tête passe ses nuits à rêver d'une sirène, ses
journées à se saper comme Pikachu, à analyser Breakpoint pour la énième fois, paraffiner son surf ou encore vanner à tour de bras. Les journées sont d'ailleurs fort longues puisque le réveil sonne à 5 du mat afin de profiter de la marée. Elles se ressemblent de surcroît. Cette routine compulsivement obsessionnelle étant à peine "cassée" par l'organisation d'une "yello" partie, on se dit que les scénaristes ont intérêt à avoir dépouillé le dictionnaire de la blague pour tenir la barre durant l'heure et demie du film, puisque le bon mot semble être le seul argument de Brice De Nice.
Heureusement, le petit monde jaunasse de ce sympathique inadapté de la vie va s'écrouler. Le confrontant aux dures réalités d'un tout un chacun : travailler, braquer des banques. Il s'avère aussi inepte pour ces activités que pour trouver sa sirène mais va, chemin faisant, croiser le sauveur de l'entreprise Brice De Nice, Marius La Caille, comme l'oiseau, alias
Clovis Cornillac. La valeur montante du cinéma français.

Son interprétation de Marius est à la (dé)mesure de celle de Dujardin, qui du coup ne tire pas complètement la couverture à lui. On évite l'asphyxie grâce à ce second rôle dyslexique, hilarant et attachant. Sans nul doute Cornillac doublera prochainement un personnage animé pour une production Pixar ou Disney, dans une sorte d'adoubement corporatiste ultime, tant cet
acteur est talentueux. Souhaitons lui plutôt de trouver LE premier rôle qu'il mérite. Même Elodie Bouchez apporte ici une certaine fraîcheur et que la grosse comédie ne lui sied pas si mal.
- Qu'est-ce qui t'arrive, t'as mangé trop de Chamallows ou quoi?

Entendons nous bien sournoise voix dans ma tête, la réalisation de James Huth n'a rien d'inspirée, le rythme est très inégal et Brice De Nice fleure bon le plan marketing avisé : l'album et son single funky qui vont bien, l'esthétique détournée qui vous permettra d'acheter la panoplie Brice dont le mug et le t-shirt jaune, les répliques auto-proclamées cultes sont livrés avec le billet de cinéma.
Ils vous en coûtera la modique somme de 595 euros pour le packaging complet. Sachant que le cœur de cible sont les consommateurs de boissons gazeuses qui explosent leurs forfaits mobile en tentatives de sauvetage des stars en devenir de la télé post moderne, le carton est assuré.
Et même si Jean Dujardin s'en défend, les ingrédients d'un succès prévisible sont largement réunis et l'explosion de produits dérivés estampillés d'une griffe Nike inversée fort probable. La Beuze en plus bétonné.

Reste que pour une comédie, décalée qui plus est, le niveau de jeu des acteurs ne sera certainement pas étranger à ce succès.

Aswip'

Le pour : La scène de casse en mime
Le contre :
Le manque d'ambition du réalisateur

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24 avril 2005 7 24 /04 /avril /2005 00:00

USA - 2002 (The rules of attraction)


Genre : Orgie sous cellophane
Réalisateur : Roger Avary
Scénario : Roger Avary
Directeur de la photo : Robert Brinkmann
Casting : James Van Der Beek, Shannyn Sossamon, Kip Pardue, Jessica Biel…
Musique : Tomandandy

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Dur, dur, les années estudiantines lorsque l’on est jeune, beau et riche… Les soirées à thème, la coke à haut débit, la baise constante… Ca use à force. Heureusement qu’il y a les heures de cours pour pioncer et les diplômes pour se moucher dedans, sinon on imagine mal comment ferait Sean Bateman pour s’en remettre… Ha oui il y a Lauren, qui l’obsède gentiment. Lauren et ses enveloppes violettes qu’elle dépose quotidiennement… des pages pleines d’idées sensuelles et de passions inavouées que Sean dévore des yeux, avant d’y consacrer d’autres activités corporelles… Lauren qui n’est pas comme les autres, Lauren qui est pure, vierge, fraîche et insondable. Rien à voir avec la blonde aux yeux verrons dont Sean ne se rappelle même pas le nom, qu’il a sauté lors de la soirée «mouillée » et qu’il s’enverrait bien une nouvelle fois le temps de l’attente d’un geste, d’une attention de son inaccessible muse. L’énergie que Sean développe à l’égard des écrits de Lauren succite bien des sentiments de la part de Paul qui aimerait bien s’attribuer cet élan passionnel. Paul est homo, ne s’en cache pas et c’est Sean qui le botte. Paul fantasme, Paul accoste, Paul y croit. Il tripote du footballeur de fac, guettant l’instant ou Sean s’abandonnera à ses avances non-dissimulées… Victor lui est en europe. Lauren a sa photo sur sa table de chevet. Laura est la colloc de chambrée de Lauren, et se repoudre le nez (snif) avant de sortir… Les autres on s’en fout, de toutes façons « personne ne connaît personne » . Super.

La trame, les protagonistes, la fac, la superficialité du propos scolaire, tout ça fleure bon la série télé d’ado, Berverly Hills et Dawson en tête de liste. On sait nos amis d’outre-atlantique férus, voire obsédés des histoires d’universités, à croire qu’il s’y passe quelque chose. Pourtant au vu des différents épisodes des séries précitées, on ne peut que constater l’affligeant vide qui habitent les écoles américaines : jamais en cours, les Kevin, Cindy, Brandon, Skipper, et Kelly, sont constamment ailleurs (dans un couloir, devant un vestiaire, sur une pelouse, à la cantoche) à se raconter qu’ils aimeraient bien se lécher la pomme. Depuis longtemps donc, la télévision aime nous raconter qu’un cursus scolaire c’est avant tout l’école de la vie, et que si on n'y pécho pas de la gazelle à tour de bras, on rate là une occasion irrattrapable de débrider son éducation sentimentale, voire sexuelle. Roger Avary via son adaptation du roman de Bret Easton Ellis prolonge les grandes lignes du genre, en imaginant le coté obscur de cette dégénérescence passive, extrapolant dans la débauche des soirées universitaires, cet objectif extra-scolaire de tirer sa crampe.

Ca aurait pu donner quelque chose d'assez drôle si la réalisation ne s'était pas encroûtée dans tout ce qui se fait de pire dans l'ado-soap. Sûrement soucieux de coller au genre (la présence d'acteurs de série l'atteste), Avary plombe son film de dialogues super creux voire carrément cons, d'une intrigue à deux balles, d'une narration générale navrante, le tout filmé sans profondeur, ni de fond, ni de champs, sur une pellicule parfaitement lisse. Otez les deux seules scènes réussies du film (scène de rencontre un samedi matin entre Sean et Lauren et scène de transhumance de Victor), il ne reste qu'un vase creux. Justifier cette absence de relief sur l'unique volonté d'illustrer la superficialité fait pitié. A ce titre, on prend bel et bien deux coups de massue à la fin du film lorsque d'une part le personnage Sean Bateman, absorbé comme jamais, prononce cette réplique minable de forme et de sens "personne ne connaît personne" , et d'autre part lorsque l'on réalise que l'intrigue se conclue ainsi, sur un couac pseudo-philosophique que même un Jean-Claude Van Damme ne se hasarderait pas à prononcer de peur de paraître ridicule.

Sur le papier, le principe de ramener l'univers de Bret Easton Ellis à l'imagerie hypocrite des séries télé, avait pourtant de quoi séduire. Or le résultat est assez mou, comme si les deux extrêmes étaient peu consentants à l'union. Hormis un plan assez franc de taillades de veines, Avary assume peu à l'image la débauche décrite dans le texte : la coke se sniffe toujours hors champs, les jeunes copulent sapés et en plan serré, la masturbation se fait derrière un coussin ou de dos, et les homos dansent sur du Wham en boxer Dim. Pas une fesse en vue, pas de poil non plus, pas de pelles baveuses ni même de baisers mouillés. Certaines situations sont suggérées avec autant d'inspiration qu'un American Pie, et la comparaison, pourtant peu flatteuse, vient aisément à l'esprit. C'est un peu la honte. Lorsque l'on se rappelle que le texte de départ vient de l'écrivain d'American Psycho et que son adaptation est signée de l'auteur de Killing Zoé, on ne peut qu'être amer devant ce constat.

Enzo

Le pour : Entrevoir l'envers du décor des séries ados américaines
Le contre :
Ca reste de la série ado américaine

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19 avril 2005 2 19 /04 /avril /2005 00:00

USA - 2004 (Team America : world police)


Genre : pipi, caca et vomi
Réalisateur : Trey Parker, Matt Stone
Scénario : Pam Brady, Trey Parker, Matt Stone
Directeur de la photo : Bill Pope
Casting : Trey Parker, Matt Stone, Phil Hendrie, Kristen Miller
Musique : Marc Shaiman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

La Team America arrive donc sur nos écrans pour sauver le monde en péril alors que le monde en péril ne lui a rien demandé et même qu'il aimerait bien périr tranquille. Ils sont comme ça les membres de la Police Of The World. Toujours prompt à désamorcer une bombe nucléaire à l'aide d'une bonne frappe chirurgicale au bazooka. Les dommages collatéraux n'étant pas remboursés par le Fonds Monétaire International ou la Sécu.

Ainsi, après avoir éradiqué la vermine intégriste de Paris et du Caire, détruisant au passage des monuments classés au patrimoine par l'UNESCO, la team va devoir affronter la plus grande menace terroriste de la planète, le sanguinaire et nord coréen Kim Jong Il. D'autant plus dangereux qu'il est secondé de Alec Baldwin. J'y reviendrais...
Pour se faire, la foutraque team a la brillante idée de recruter le meilleur acteur inconnu de Broadway, triomphant actuellement dans la comédie musicale Aids, afin d'infiltrer les réseaux du moyen orient et de prévenir toute attaque chimique en loucedée.
Gary, notre apprentis taupe, après moult hésitations nombrilistes typique de sa condition d'acteur, va considérer la menace terroriste mettant en péril les fondements républicains et se ranger au patriotisme volontaire de la team. Il sera quelque peut motivé par sa prostate dans ce choix, la belle et fraîchement veuve psychologue de la team, Lisa, l'ayant phéromoné jusqu'à l'os comme un bombyx pris dans des phares de voiture.

Malheureusement pour elle, la Team America ne compte pas ses détracteurs que dans le camp de l'axe de mal. En effet, son expédition cairote à engendrée des représailles particulièrement barbares des terroristes fanatiques sur la population panaméenne, lui aliénant ainsi une partie importante de l'intelligentsia démocrate. Avec à sa tête le charismatique et auto-proclamé meilleur acteur du monde, Alec Baldwin.
On y vient.
Le fourbe Kim Jong Il va mettre à profit ce revirement de l'opinion en organisant une fallacieuse cérémonie pour la paix entre les peuples dont l'objectif sournois est de retenir l'attention des grands de ce monde suffisamment longtemps pour mettre en branle ses funestes desseins. Et qui mieux que le charismatique et auto-proclamé meilleur acteur du monde, Alec Baldwin, pour officier comme maître de cérémonie lors de cette soirée pré-armagedon. On y est.

Trey Parker et Matt Stone, les créateurs de South Park, seraient assez du genre à foutre le dawa dans les soirées jet-set s'ils y étaient conviés. Est-ce parce-qu'ils y sont persona non grata qu'ils règlent ainsi leur compte au tout Hollywood bien pensant par atomisations de leurs marionnettes respectives interposées ou simplement parce-qu'ils demeurent des sales gosses issus du mid-west, (mal) élevés à la bière et dans le culte de Johnny Knoxville. Ou l'art et la manière de détourner l'image d'Épinal des Thunderbirds pour en faire l'arme de destruction cinématographique la plus trash à l'ouest du Pecos.

Mais outre l'aspect politiquement très incorrecte et drôle de leur entreprise, la satire tourne vite à la charge, à l'acharnement méthodique contre les détracteurs de l'administration Bush. Comme s'ils voulaient se dédouaner d'avoir figuré dans Bowling For Columbine et de s'être par là impliqué. On fait alors passer Michael Moore pour un anar fanatique en le transformant en human-bomb mangeur de burgers prêt à s'exploser devant le Mont Rushmore dans un éclat de succion visqueuse. On explose également à la grenade les engagés Georges Clooney et Liv Tyler, on défenestre et immole allègrement les communistes époux Robbins/Sarandon, on livre les gauchistes Sean Penn et Danny Glover aux crocs de panthères de circonstance avec un plaisir sadique. On se moque méchamment de Matt Damon... non... ça c'est très cruel mais très drôle. Tous chapeauté par la Film Actors Guild, comprenez La Pédale ou La Tapette (FAG).
Team America, la revanche des white trash? Ils l'ont pourtant déjà eu avec la réélection de Georges W.
Et dire que Clooney les a lancé ces deux jeunes ingrats. Rien ni personne ne trouve-t-il grâce à leurs yeux? Etrange donc, au niveau de la lecture.
Et visiblement les deux farceurs se complaisent à brouiller les pistes.

Il faut certainement prendre Team America : Police Du Monde pour ce qu'il est en fait, une grosse pochade hilarante et de super mauvais goût où on déballonne Ben Afleck, "et je ne peut qu'acquiescer", Michael Bay, "bon, là je pense qu'il sont passé à côté du génie mais tout le monde peut se tromper", les ficèles du cinéma en expliquant le principe de montage dans une orchestration d'accompagnement didactique drôlissime, et où on parodie à tout va (Matrix, Star Wars, Kill Bill...).
Pourquoi se torturer le neurone comme notre ami acteur mi-agent secret mi-suceur de queue, Gary, alors que l'on sait pertinemment qu'il n'y a que trois catégories de gens. Les bites, les chattes et les trous du cul. Avant d'aller dégobiller ses tripes dans le caniveau, bien sûr.


Aswip'

Le pour : America, fuck yeah
Le contre :
Pearl Harbor sucks, and i miss you...

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