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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 14:48
 Angleterre - 2005 (Mirrormask)
Affiche Mirrormask
Genre : Bijou visuel
Réalisateur : Dave mc Kean
Scénario : Neil Gaiman et Dave mc Kean
Directeur de la photo : Tony Shearn
Casting : Stéphanie Leonidas, Gina mc Kee, Rob Brydon, Jason Barry, Dora Bryan...
Musique : Iain Ballamy


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Difficile de regarder le premier film de Dave Mc Kean sans trépigner sur mon séant de joie et d'impatience. En effet, ce n'est pas sans contentement que je m'apprête à visionner ce long-métrage orchestré par Mc Kean, ce même personnage dont les créations graphiques, poétiques et illustratives bercent un bon nombre de lecteurs de comics depuis plus de 15 ans. Citons donc les « Mr Punch », « Cages », « Black Orchid » , « Sandman », « Signal to Noise » et le grand « Arkham Asylum », pour comprendre ce qu'il en retourne du trublion graphique (la liste s'allonge si l'on compte ses nombreuses créations pour des pochettes de disque ou autres). Mac Kean est un talentueux touche à tout. Manipulant le dessin, la photo, la peinture, les volumes et la typographie, il avait donné un coup de fouet au graphisme dans les années 90 par sa façon de travailler l'image et le sens onirique qu'il donnait à ses « remix » graphiques. Oui Mc Kean a du style, Mc Kean a son style. Mais non content d'avoir déjà exploré bon nombre de médias d'expressions, il se lance dans la réalisation de son premier long-métrage (après avoir fait ses premières armes sur des clips et autres courts). Nom de code : Mirrormask

D'un scénario signé Dave Mc Kean et Neil Gaiman, qui n'est pas un bras cassé de l'écriture (Sandman, Neverwhere, etc.), Mirrormask est un film fantastique et onirique sur la fuite d'une adolescente dans un monde parallèle pour échapper à son quotidien qui l'étouffe. Oui, on pourrait croire qu'il est inspiré de Lewis Carroll. La trame lui rend un certain hommage puis le film prend son envol et son style. Il est juste impossible de ne pas se faire la remarque sur la ressemblance du personnage d'Hélena avec une certaine Alice.
Helena, adulte sur le devenir, vit dans un cirque, celui de ses parents. Adolescente en pleine crise, elle ne supporte plus cette vie de foire et de cloisonnement dans le monde du spectacle. Alors qu'au cours d'une soirée où sa mère perd conscience suite à son numéro, elle tente de trouver un moyen de s'évader de ce monde et cherche un moyen de sauver sa mère du coma et du décès. Elle plonge alors dans un monde surréaliste peuplé d'images hostiles et de personnages atypiques qui la mettront à l'épreuve dans la quête de l'objet qui lui permettrait d'arriver à ses fins, un masque doré au puissant pouvoir.

Visuellement et pour son premier film, Dave Mc Kean sort encore ses griffes et nous offre un spectacle dans la lignée de ses précédentes réalisations imprimées. Ce long-métrage est magnifiquement beau et l'on voit que le bonhomme a travaillé son visuel et connaît la photo. Le travail des cadrages est ciselé et chaque plan pourrait être affiché en guise d'illustration. On se promène dans ce monde altéré qui pourrait sortir tout droit d'un rêve le plus débridé. Ici les chat ont des tètes d'hommes et ils mangent des livres.

Côté production, c'est The Jim Henson Company qui a prêté main-forte (remember Dark Crystal et Fraggle rock ?) pour les créatures et autres marionnettes qui bénéficient alors du savoir-faire et la connaissance de ce studio anglais en animation et acting. Les décors, matières, costumes, formes, personnages en décousent sévèrement pour le bon plaisir de la rétine du spectateur. Le monde parallèle est un patchwork d'idées et un remix de supports tels que matières, montages photo, 3D, peintures, illustrations et j'en passe. A n'en point douter, le travail en postproduction et l'étalonnage couleur n'ont pas dus être une partie des plus légères. Mais pas de souci, le résultat est au rendez-vous. Les cadrages et les couleurs sont superbes et l'on se délecte de toutes les idées que peuvent composer les images du film.

Le casting est un peu délaissé. Je vais faire bref, aucune tète d'affiche. La post production a du manger tout le budget... On prête donc moins attention aux acteurs qui deviennent plus des éléments visuels au final.

Malgré tout ce foisonnement visuel, j'ai pourtant un aveu à faire.
Même si c'est un film de mc Kean, j'ai senti une pointe de déception émerger en moi au générique final. Un « je ne sais quoi » qui ne m'a pas concquis à 100% comme je l'attendais. Malgré l'aspect visuel qui vaut son pesant d'or, le fait de ne pas rentrer plus intensément dans l'histoire m'a laissé un peu sur le bas-côté. Le film souffre du manque de l'étincelle qui absorbera le spectateur, l'attachement aux personnages, le danger, la difficulté de la quête, la sensibilité. Bref, tout ce qui donne une tension et une existence au récit. Fort heureusement, c'est une lacune qui ne retire rien à l'intérêt du film qui mérite largement qu'on lui assène un violent coup d'œil pour son unicité graphique. On frôle le chef-d'œuvre si le scénario avait été un peu plus prenant et à la hauteur du vertigineux graphisme de ce film.

Si vous fouillez votre mémoire en vous demandant si vous l'aviez vu à l'affiche, sachez que Mirrormask n'a bénéficié d'aucune copie en France et n'est donc pas encore sorti sur nos toiles hormis quelques projections uniques lors de festivals spécifiques. Allez savoir pourquoi…




Yerom




Le pour : Un visuel splendide et rare.
Le contre :
Un scénario qui souffre de bonne idées accrocheuses.
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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 19:33
USA - 2007 (Ghost rider)
Affiche Ghost Rider
Genre : Tête brulée
Réalisateur : Mark Steven Johnson
Scénario : Mark Steven Johnson
Directeur de la photo : Russel Boyd
Casting : Nicolas Cage, Eva Mendes, Peter Fonda, Wes Bentley...
Musique : Christopher Young


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Johnny Blaze l'a mauvaise. Histoire de sauver son paternel, dont le corps fourbu s'avère rongé par un cancer à cigarettes, il troque avec l'infréquentable Méphisto son âme contre une guérison miraculeuse. Tope là. Du jour au lendemain Blaze senior récupère une santé de fer et en profite pour se manger tête baissée le premier cercle de feu qui traîne lors d'une cascade mal engagée. Le père meurt donc mais pas d'un cancer, nuance, et ça fait marrer le facétieux dieu du mal désormais propriétaire pour presque rien d'une âme de tête brûlée. Johnny à défaut d'une hotline pour se plaindre, traîne ses guêtres en tant que casse-cou de spectacle dans une Amérique avide de sensations fortes, à cheval sur sa bécane et prêt à sauter tout ce qui bouge : semi-remorques par douzaines, hélicoptères en marche, journaliste à gros calibre moulée dans des robes trop étroites... Mais Méphisto refait surface et sollicite les services de son âme damnée. Bien décidé à donner la fessée à Blackheart sa progéniture rebelle, il dévoile à Blaze les termes du sinistre contrat : chaque nuit il deviendra l'ange vengeur de la mort sous les traits peu avenants mais fort en braise de Ghost rider...

De quoi doit-on s'indigner le plus ? Qu'on puisse encore trouver des investisseurs de peu d'orgueil pour subventionner des daubes pareils ? Qu'il subsiste à Hollywood des esprits décérébrés convaincus par la noblesse de leurs chef-d'oeuvres de nullité ? Que Mark Steven Johnson existe ? Que Nicolas Cage ai accepté de se ridiculiser de la sorte ? Avec une moumoute pareille ? Que ce navet de Ghost Rider accumule sont lot d'entrées outre-atlantique jusqu'ici ? Qu'internet pullule de nostalgiques de Buffy pour vanter, je cite, la "qualité du scénar", "l'interprétation d'acteurs géniaux", et "la beauté somptueuse des effets spéciaux" ? Ou bien qu'il existe encore une poignée de naïfs prêts à croire que l'on peut toujours réussir une adaptation de comic au cinéma, et qui prennent cette initiative, celle là précisément , au sérieux ? Parce que malgré, envers et contre tout, ce Ghost Rider est tant une caricature de film qu'il convient de le prendre à un degré moindre et de le resituer, non pas dans un contexte particulier, mais selon un objectif bien précis... la vente de pop-corn par exemple, ou la nécessité d'utiliser quelques restes de bobine. Pas mieux.

Il n'y a rien à sauver, nada, que nib, des tribulations de Johnny Blaze et de son avatar maléfique, du moins sur ce film. Scénario zéro, acteurs à la peine par l'absence d'écriture, super-vilains amputés de tout caractère, pas même foutu de susciter le moindre effroi à un spectateur en bas-âge, allons donc, combats à la con, morale à deux balles, musique de merde, humour de geek fatigué, décors en option et même effets spéciaux bradés sur pas mal de plans. A croire que c'est les soldes, que tout doit disparaître, à commencer par les spectateurs en salle. C'est d'ailleurs sûrement la meilleure option à envisager puisque passé la transformation infernale et les balades motorisées à fleur de building il vaut mieux s'en contenter et se dire qu'on en verra pas plus.

Un tel désastre aurait pu être motivé par des intentions farouches de se livrer dans du grand n'importe quoi, juste pour le fun, mais il aurait fallu pour le cas faire preuve de beaucoup plus de créativité. Or cette nouvelle perle signée Mark Steven Johnson manque cruellement d'autodérision et d'autant plus d'imagination, pour que l'on puisse l'aligner aux cotés d'un Darkman ou d'un Evil Dead 3 d'un seul et unique Sam Raimi. Dans la même veine, avec des moyens moindres et une ambition à la baisse je lui préfère ouvertement le Faust de Brian Yuzna, nanar jubilatoire aussi généreux que maladroitement mis en oeuvre. Johnson lui, s'avère à court d'idées du début à la fin, passant à coté de tout ce qui aurait pu donner du mordant à l'univers glauque du texan maudit, allant même jusqu'à aseptiser le mythe en évitant soigneusement tout ce qui saigne. Inutile donc d'espérer voir illustrer toute l'ambiguïté d'un représentant de l'enfer semant la rédemption parmi les âmes égarées, avec tout ce que ça sous-entend comme moyen à sa disposition. Par cette preuve irréfutable d'absence d'inspiration Mark Steven Johnson persiste sur sa lancée autodestructrice en alimentant sa propre légende de productions insipides, Daredevil à la réalisation et Elektra en tant que co-auteur, c'était lui... Que faire d'autres alors que de ranger Ghost Rider avec ses potes de misères que sont Catwoman, Spawn, et Punisher ?


Enzo

Le pour : Peut-être qu'ivre mort ou sous acides...
Le contre : 
euh... sérieusement ?
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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 23:27
USA - 2006 (Superman Returns)
Affiche
Genre : Repassage de lycra
Réalisateur : Bryan Singer
Scénario : Bryan Singer,Michael Douherthy, Dan Harris
Directeur de la photo : Newton Thomas Sigel
Casting : Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, James Marsden...
Musique : John Ottman, Jonh Williams


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Les coupes tout en nuances d'une première bande annonce présageait une atmosphère quasi-religieuse sur fond de retour du messie. Les cuivres façon John Williams semblaient s'éveiller en choeur et les images d'un jour nouveau baigné d'un rayon de soleil matinal se faisaient l'écho d'une trop longue léthargie sur le point de s'achever. L'espoir renaissait de fragments symboliques d'une icône jusqu'ici en berne, et l'onde de choc à venir semblait inéluctable... Le torse fier et l'imagination aux abois on avait hâte de s'en prendre plein la gueule, le palpitant flirtant d'entrée avec la zone rouge de l'extase cinématographique.

Puis Superman s'en revint, auréolé d'une gloire passée et galvanisé par son nouvel étendard de choix via Bryan Singer, l'inattendu talent à la baguette d'Usual Suspects et la référence super-héroïque à l'origine des deux premiers Xmen portés à l'écran... Ainsi la cause semblait acquise et la tâche entre de bonnes mains pourtant la recette n'aura pas les effets escomptés. Au bout des deux heures et demie de projection, le retour tant attendu a pris du plomb dans l'aile proposant au mieux au spectateurs curieux, un pop-movie bien foutu mais un peu long en fin de bobine, et au pire pour les fans difficiles un chapitre confus plutôt mou du supergenou.

Conscients du poids de leurs attentes et de son lots inévitables de frustrations, les plus retords auront tout de même de quoi pester contre la trame de fond de peu d'ampleur, et on aurait du mal à leur en porter préjudice tant il est vrai que le choix scénaristique se retrouve dépourvu d'intérêt, à défaut de génie. L'histoire manque de rythme, de profondeur, et brasse du vide pour ne pas aller bien loin. Le mal incarné projette de faire pousser un continent à des fins immobilières peu scrupuleuses et le bien désincarné contemple le bilan de ses absences. Bof, vraiment. Superman Returns s'encombre même de quelques détails pas super-adroits, à l'image, pour n'en citer qu'un, de la disparition du héros due à une transhumance sur sa planète d'origine dont il ne tirera absolument rien, sinon le constat qu'elle est belle et bien détruite (sic). Pour le reste les ingrédients semblent éculés sans volonté de les transcender, ainsi Clark éprouve toujours autant de mal à s'imposer face à son avatar en collant, Luthor demeure une caricature de super-vilain aussi démesurément peu inspiré que mal entouré (3 gorilles et une pouffe à caniche), et la kryptonite reste l'alternative incontournable face à la puissance de l'homme d'acier. Tout cela fleure bon le réchauffé d'autant plus que la ligne directrice du script plutôt maigre s'axe carrément sur la relation de père à fils évoqué dans le deuxième Superman version Donner's cut (certes peu connu du grand public). A ce titre ce cinquième opus des aventures du fils de Krypton s'apparente un peu à sa manière au troisième Alien du brillant Fincher : une parenthèse ni essentielle, presque dispensable, tout juste bon à prolonger la série en attendant mieux.

Néanmoins s'arrêter à cette réelle déficience d'écriture serait faire abstraction des autres composants du film qui, à défaut, peuvent palier l'absence d'inspiration globale, ou du moins justifier le déplacement en salle. A commencer par la plastique visuelle tout en finesse, fruit d'une réalisation minutieuse mise en lumière par une photo remarquable. Graphiquement en réussite Singer parvient à faire voler un homme comme nul autre cinéaste avant lui et les exploits démesurés de son superman sont d'une crédibilité bluffante. On a vite fait de s'enthousiasmer voire de trouver absolument normal que l'on puisse secourir un avion à bout de bras ou catapulter une île dans l'espace en moins de temps qu'il n'en faut. Mais la vraie surprise vient du jeu de Brandon Routh dans la peau d'un superclark de la même veine que celui dessiné par feu Christopher Reeve. Sans pour autant singer son modèle au point de s'effacer, Routh sait jouer de ce qui a fait le succès de l'incarnation de Reeve, alternant entre Clark mal à l'aise et superman plein d'aplomb grâce à une vraie présence ponctuée de mimiques subtiles. A un autre niveau Kate Bosworth s'affirme en une Loïs Lane réactualisée moins féministe, plus accessible mais au caractère bien trempé, Et Kevin Spacey campe un Lex Luthor avec ce talent qu'on lui connaît, dans la lignée du portrait roublard entamé par Gene Hackman.

Au passage cette version gagne en gravité ce qu'elle a perdu en masse musculaire et la naïveté de Superman face à la faiblesse des hommes se teinte d'un regard de compassion, aussi fragile que ceux dont il s'est octroyé la défense. Singer voile d'ailleurs certaines scènes d'une ambiance trouble, entre drame et nostalgie, jouant de ralentis contemplatifs et d'accompagnements musicaux en douce, aussi graves qu'intérieurs. Sous le signe du doute à bien des niveaux, Superman officie douloureusement en quête d'identité, à priori condamné à ne pas connaître la vie de famille que tout homme s'évertue en droit de réclamer. C'est certainement au détriment du reste que Singer a délibérément cherché à mettre en exergue la difficulté de vie des deux alter-égos Clark/Superman, toutefois l'intention demeure confuse. Là où M. Night Shyamalan parvenait dans Incassable à transcender l'isolement d'un être d'exception, Bryan Singer parvient à peine à suggérer le malaise identitaire du plus orphelin d'entre tous. Emotionnellement le message des grandes responsabilités dû aux grandes capacités passe mieux dans Spiderman 2, notamment grâce au caractère plus attachant d'un Peter Parker plus humain que ne le sera jamais Clark "Ka-El" Kent. Ce constat final plombe définitivement ce retour en demie-teinte et ne laisse pas le spectateur serein, aussi troublé que sur le carreau. Paradoxalement c'est ce trouble très délicat à exprimer qui augure de meilleurs auspices à venir, tout autant que son propos fût maladroitement exprimé. Comme si superman avait la gueule de bois, ou sortait d'une dépression issue d'un quotidien finalement lassant et répétitif à la longue... Demain sera autre, et le meilleur demeure à venir.


Enzo



Le pour :  L'hommage subtil et la plastique du résultat
Le contre :
Confus et sans réelle surprise.
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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 08:03
USA - 2006 (Just my luck)
Affiche Lucky Girl
Genre : Barbie world
Réalisateur : Donald Petrie
Scénario : I. Marlene King, Amy Harris
Directeur de la photo : Dean Semler
Casting : Lindsay Lohan, Chris Pine, Samaire Armstrong, Bree Turner
Musique : Teddy Castellucci


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Tout sourit à Barbie-Pouffe au charmant popotin garni de nouilles : des copines fidèles à morts, admiratives et so cute, un poste de bloc-notes professionnel dans une pseudo-boîte d'événementiel, un moral d'acier forgé d'un optimisme sans faille, et d'adorables nougats parés à se lover contre le torse du moindre beau gosse croisé en ascenseur. Rien ne résiste à Ashley reine de la moule et par un incroyaaaaaaaable concours de circonstances (à prononcer à haute voix, paumes ouvertes au ciel) la voici catapultée organisatrice en chef d'une giga-teuf people de premier plan pour le compte de Mascarade Productions, une major musicale incontournable. Parallèlement, à quelques rues à peine, faisons connaissance de Jake-la-poisse qui se traîne plus de casseroles qu'il n'y en a dans une cuisine digne de ce nom. Presque geek, catalogué looser ultime (à présent faîtes un "L" avec vos doigts en équerre), il fait front depuis toujours aux nombreux obstacles que la déveine dresse sur son chemin de croix. Pourtant entre deux situations peaux de banane et autres quipropos pénibles, Jake fait preuve d'une ambition désespéré en s'improvisant agent artistique d'une bande de potes, génies méconnus du rock Punky-pop. A bout d'ouvertures mais jamais à court d'idées, pas-de-bol-man se donne une semaine, maquette CD en poche, pour convaincre le big boss de Mascarade Productions…

Est-ce qu’à cet instant précis du résumé tu kiffes l’issue à venir ? Ce serait pas chan-mé qu’Ashley et Jake se croisent lors de la boum jet set ? Et qu’est ce que ça donne deux opposés qui se percutent ? Mieux : imagine qu’au cours d’une pelle langoureuse à langues anonymes, les deux protagonistes s’échangent leur destin véhiculé par les miasmes de leur salive, afin qu’Ashley découvre dès lors ce en quoi consiste un quotidien ponctué de galères sans noms et que Jake s’offre enfin un break, gâté par la providence… Franchement si c’est pas d’la balle un scénar pareil !

Haaaaaa c’est sûr que ça fleure bon le rose bonbon mais qu’est-ce que tu allais t’imaginer ? Avec un pitch, une affiche, un casting et un réalisateur de cette envergure (auteur de Miss détective, respect !) ce serait insensé d’espérer autre chose qu’une guimauve acidulée et molle. Commence d’abord par te demander ce qui t’a amené là puis contente toi de gober ce chef d’œuvre en sucette d’abrutissement. Conçu pour les afficionados des soaps ado de KD2A, Lucky girl se déguste le cerveau déconnecté, le bec farci de fraises Tagada, une coupe de Champomy à portée de main , avec en option le best-of de Lorie en fond sonore supplémentaire. Une fois l’étape de mise à niveau (ras les pâquerettes) indispensable au visionnage, tu verras que tu acceptes volontiers le déroulement imbécile, délivré à 24 images/sec. On sourit même (si, si) à des blagues débiles, et on bloque sans peine sur les (mes)aventures de cette troupe aseptisée de jeunes, au demeurant sympathique.

De cette pâte gélatineuse jaillit sans crier gare, un enthousiasme consternant… Ouaaaiiis en fait on veut trop que ça le fasse cet album de Macfly et qu’ça s’rait top-délire que la copine d’Ashley ai aussi sa part de rêve en écrivant du single à succès. Sans oublier que ça assurerait grave qu’Ashley et Jake s’aiment d’un amour sincère, parce que déjà y’a pas que les grands qui rêvent et qu’ensuite qu’c’est grave stylé cette chance qui se donne à chaque baisers, un coup c’est toi, un coup c’est moi, mais ma véritable chance c’est de t’avoir toi… Ah ! je les entends d’ici les « qu’en dira-t’on » des aigris du bonheur, les mauvaises langues de la pensée unique, les torturés de l’intellect ! C’est trop facile de se moquer, mais l’air de riiien on reçoit un message hyyyyyper sain, fort d’amour et de partage… Vuais, vuais… Ptête même que derrière ses apparats naïfs se dissimule un constat social d’actualité : dans la vie y’a ceux qui ont de la chance et ceux qui n’en ont pas. Vlan. Alors ensemble communions, rassemblons nos différences (joignez vos mains d’un geste ferme mais doux) et communiquons nos moyens de survie, au sein d’un monde pas commode, c’est vrai, mais qui a tant à nous offrir.

Allez, on file au lit maintenant.


Enzo

Le pour : On l’a cherché, on l’a pas volé.
Le contre :
La bonne idée c’est quand même de l’éviter.
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 23:23
USA - 2005 (Harry Potter and the goblet of fire)
Affiche Harry Potter
Genre : Abraca-navrant
Réalisateur : Mike Newell
Scénario : Steven Kloves
Directeur de la photo : Roger Pratt
Casting : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Robert Pattinson, Clemence Poesy...
Musique : Jason Buckle


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Faut-il être à ce point dépendant de l’œuvre originale pour ne pas constater à quel point la version cinéma d’Harry Potter et la coupe de feu est un ratage complet ? J’ai longtemps cherché mes mots pour définir cette bouillie visuelle, cet amalgame de scènes sans âmes, découpées à la truelle par Sir Mike Newell. Le fait est que son adaptation de l’épais volume libraire, a bel et bien été considéré comme impossible à résumer à l’écran et que seul un survol sommaire des éléments forts du 4ème opus des aventures de l’apprenti sorcier, fut jugé nécessaire. Le procédé, discutable, n’a pour effet que de condamner le novice en sorcellerie désarmé devant tant d’incohérence scénaristique, qu’il attribuera plus à son inculture de l’ouvrage de JK Rowling, qu’à une réelle déficience d’écriture. Le chaland à la ramasse, il ne reste plus que le fan pour se délecter de la mise en image du tournoi des 3 sorciers et des amours naissantes de ses personnages préférés.  Pourtant si seule la satisfaction du lecteur assidu prévalait, pourquoi ne pas s’être contenté de distribuer le film en DVD bonus pour tout achat du livre en tant que support moderne illustratif ? Cela aurait évité à bien des spectateurs d’achever 3h45 de temps devant l’un des blockbusters les plus insipides de ces dernières années.

Cette quatrième adaptation de l’univers d’Harry Potter pèche avant tout pour des raisons de choix, ou précisément d’un manque affirmé de choix. Les quelques centaines de pages de l’auteur prolixe ont été de trop pour la réalisation qui n’a su démêler l’écheveau, se contentant de gommer de ci-et là quelques menus détails et se permettant quelques raccourcis pas toujours efficaces. Pas assez tranché, et surtout trop maladroitement monté, le film souffre d’une absence atroce de transitions. L’expression "sauter du coq à l’âne" prend ici tout son sens, même si elle se décline sous la forme de "sauter du Quidditch au Mangemort". Daniel Radcliffe pénalisé, depuis le début de la série déjà, par un jeu d’acteur pas franchement au top, est loin d’être aidé par le montage à soubresaut dans ses vaines tentatives d’immersion de personnage. Autour de lui les autres font ce qu’ils peuvent pour rendre crédible les situations mais la caméra ne se débarrasse pas de son hoquet : un coup Hermione rit que le plan suivant elle pleure. En salle il arrive qu’on se retourne vers la cabine de projection histoire de voir s’il n’y a pas un soucis avec les bobines… Forcément le rythme prend un coup dans l’aile et ce ne sont pas les envolées sur balais magique accompagnés d’élans musicaux fort en violons, qui viendront palier le manque de subtilité dans l'alternance des temps morts et des temps forts. Cette dernière remarque étant valable aussi pour les effets spéciaux, pas forcément impressionnants et la bande son franchement transparente.

Cette absence de volume global est tant flagrante qu’il en devient impossible de s’attacher aux personnages et leurs ressentis, ou à défaut, leurs actions. Mike Newell peu inspiré, a même réussi l'exploit d'effriter le travail de fond d'Alfonso Cuaron, son prédecesseur, concernant les traits de caractères. Pour un épisode censé affiner les relations et les émotions entre chaque protagonistes, leurs portraits s’avèrent ici plus qu’inaboutis. Hermione et Ron font de la figuration au profit d'autres personnages de passage, pourtant peu détaillés. Les répercussions de peu de présentation peuvent même s'avérer néfastes : en ne sachant rien des méthodes de ses concurrents lorsqu’ils passent les épreuves, impossible de ne porter d'autre que peu d’estime à l’ami Harry lorsqu’il chevauche son balais (interdit ?) ou lorsqu’il gobe une herbe (autorisée ?) pour réussir chaque tâche du tournoi via des procédés presque douteux. Du coup Harry paraît peu alerte, peu doué, plutôt opportuniste et finalement peu méritant, alors qu’il suffisait de dévoiler que ses adversaires usait de stratagèmes identiques pour parvenir à leurs fins.

Le pire concerne le cœur de trame de l’histoire autour du retour de Voldemort, traité au même niveau que le reste et consumant ainsi son impact quasiment dans l’indifférence. L’affrontement final s’avère assez morne et la galipette salvatrice pour Potter n’est pas des mieux retranscrites puisque totalement dépourvue de tension. Parallèlement l’annonce du retour de l’ennemi, tant craint qu’on est pas censé l’évoquer, ne fait frémir ni les interprètes ni les spectateurs. Au discours final de Dumbledore censé annoncer quelques jours sombres à venir, rien de ce qui caractérise ce douloureux chapitre ne transparaît sur l’auditoire. C’est à peine si l’on pleure la perte d’un des élèves de Poudlard avant de partir -youpi-yaaa- en vacances…

En fin de projection les résumés ne savent pas sur quel fil s’appuyer tant il semble manquer d'une ligne directrice. On a assisté à un tournoi à priori biaisé par Voldemort pour attirer Harry dans un traquenard… Le jeune apprenti se révèle piètre interprète de ses sentiments et vit ses premiers émois d’adolescent… Personne ne semble avoir remporté la coupe, mais qui s’en soucie après tout ?… Mouais. Les impressions à propos du film sont brouillonnes et les émotions suscitées quasi-nulles. Pas grand chose ne demeure en bouche de ce spectacle sans queue ni tête, sinon l’envie très forte de replonger dans sa bibliothèque pour décortiquer tout ça, et combler les manques. L’objectif inavoué de cette version cinématographique oeuvrait peut-être en ce sens : recruter de nouveaux lecteurs, mais j’en doute sérieusement vu le succès sans faille en librairie. On reste donc sur un constat d’échec face à la tâche mais faut-il pour autant croire qu’il devient impossible de poursuivre les adaptations des volumes 5 et 6 de plus en plus fort en pages ? Il est probable qu’à l’avenir il faudra plus que jamais se préparer à laisser de coté certaines intrigues tierces n’en déplaise aux Potter’s addicts, mais il est plus qu’urgent de remettre du cœur à l’ouvrage pour retrouver ce qui fait le succès d’une bonne histoire (script, découpage, rythme) afin de rendre hommage au réel talent de narration de Rowling, plus qu’à l’univers de son personnage.


Enzo



Le pour : Allez, on se remet à lire...
Le contre :
...et on oublie les salles obscures !
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23 juin 2006 5 23 /06 /juin /2006 18:41
USA - 2005 (Flight Plan)
Affiche Fight Plan
Genre : Pétard mouillé
Réalisateur : Robert Schwentke
Scénario : Peter A. Dowling, Billy Ray
Directeur de la photo : Florian Ballhaus
Casting : Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Kate Behan, Sean Bean, Erika Christensen...
Musique : James Horner


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Il y a des voyages qu'on se passerait bien d'entreprendre. Une valise qu'on égare, un avion qui s'encroûte sur la piste pour des raisons de grève inopinée du personnel de bord, une suspicion de plateau repas piégé, sont autant d'éléments susceptibles de plomber la transhumance d'un bout à l'autre du globe. Pourtant il y a pire. Sans aller jusqu'à l'exemple sordide du Boeing achevant son vol à mi-hauteur d'un des plus haut building du monde, on peut se dire que de rentrer au pays avec son mari sous cercueil dans la soute, et égarer sa fille à 40.000 pieds d'altitude lors du déplacement Berlin/New-York, a de quoi affoler l'expatriée la plus déterminée qui soit. Kyle Pratt est donc la malheureuse victime du sort qui en déboulonnerait presque l'avion en plein vol, de proue en poupe, histoire de prouver qu'elle n'a pas perdue la raison. Bien sûr qu'elle est montée à bord avec sa fille même si personne ne s'en rappelle, et tu m'étonnes qu'elle va passer au peigne fin ce zinc qu'elle connaît sur le bout des doigts (et pour cause puisque c'est elle qui l'a conçu).

Flight Plan est ce genre de film qui à le goût et l'odeur d'autres films. Autant dire de suite qu'il manque cruellement de caractère. Il a en outre la mauvaise initiative d'être le film post-Panic Room, dont la trame claustrophobe et la mise en forme semblent avoir servi de modèle à ce faux remake. Sans égaler, loin de là, le talent d'un Fincher, il faut néanmoins reconnaître que Schwentke a ce qu'il faut de maîtrise technique pour flatter l'oeil du spectateur. Cadrage carré, mise en scène soignée, photographie haute définition, gestion de rythme, dès les premières images on est efficacement capté par ce qui se passe à l'écran. Une atmosphère de malaise s'installe progressivement, notamment suscité par le transport d'un corps mort en boîte et des fragments de souvenirs flous et froids. Mais la mise en scène n'est pas qu'affaire de séries de plans, aussi léchés soient-ils, et c'est sur la mise en exergue du scénario que la réalisation s'éparpille petit à petit. Passé la transe vaporeuse d'entrée de film, la disparition de Julia, fille de Kyle, sonne comme un pénible retour à la réalité. A l'instar du personnage de Jodie Foster l'histoire émerge douloureusement de sa torpeur pour nous amener dans une dimension toute autre, moins aérienne, plus terre à terre. Des réponses concrètes sont recherchées et des moyens palpables sont mis en oeuvre pour découvrir une once de vérité.

Les intentions quasi-spirituelles sont ainsi délaissées au profit d'une intrigue qui flirte tour à tour avec la schizophrénie éventuelle d'une veuve, la paranoïa du 11 septembre, la peur de l'arabe, le thriller d'un complot alambiqué, et le fantastique d'une disparition inexplicable. C'est précisément ce vaste fourre-tout d'alternatives scénaristiques, ce bazar d'hypothèses bradées à la criée, qui mène l'intrigue vers une déception, à la hauteur de l'absurdité du fin mot de l'histoire. Brassant la semoule de rebondissements plus fumistes que réellement prenants et sous prétexte de brouiller les pistes, les divers dénouements ouvrent toutes les vannes, mais sans parvenir à faire ressentir cette douce sensation de vertige qui aurait dû assaillir le spectateur en doute. Mais au bout du compte, à ne vouloir laisser que des portes ouvertes on ne risque que de croiser des courants d'air... 20 minutes avant le dénouement final, Schwentke, à bout de souffle s'avère à court d'effets cache-misère, et la supercherie flagrante, n'en parait que plus grossière. La conclusion s'annonce maigre, et c'est rien de le dire. Puis vient la chute, libre, en piqué... Tout ça pour ça... Le vide en fin de script, l'inconsistance en bout de bobine... Dans l'indifférence la plus totale on gobe les explications grotesques censées éclaircir les tenants de l'événement, tout en se demandant le plus simplement du monde si on ne s'est pas un petit peu foutu de nous sur ce coup-ci. L'impression dommageable demeure moins spectaculaire qu'un mauvais Shyamalan, mais toute aussi frustrante. On s'excuse comme on peut en prétextant qu'on ne s'attendait à rien de transcendant, que tout avait été dit dans la bande annonce, et que malgré tout Foster ne s'en tire pas trop mal.

Après on zappe et on oublie.


Enzo


Le pour : La photo, Jodie Foster pour le plaisir.
Le contre :
Intrigue trèèèèès maigre.
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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 16:31
US - 2006 (Silent Hill)
Affiche Silent Hill
Genre : Démo non jouable
Réalisateur : Christophe Gans
Scénario :
Roger Avary, Nicolas Boukhrief, Christophe Gans
Directeur de la photo : Dan Laustsen
Casting : Rhada Mitchell, Sean Bean, Laurie Holden, Jodelle Ferland
Musique : Jeff Danna


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Voici une adaptation qui ne manquerait pas d’interpeller le mordu de jeu-vidéo et d’horror mouvi. En effet, 1999 sortait un jeu à l’allure cinématographique nommé Silent Hill. Pour la première fois, on avait l’impression assister à un scénario et l’ambiance d’un film. Beaucoup y ont laissé des heures de visionnage et d’intrusion dans l’horreur sordide de cette petite bourgade. Quelle bonne idée que ce jeu s’inspirant du cinéma. Et c’est là, que Christophe Gans intervient :

-« Hey les gars puisque le jeu est fait comme un film, on a qu’a en faire un film ! » (Merci Christophe)

L’idée d’un film adapté du jeu vidéo me séduisait, par contre le fait que Christophe Gans l’ai eue était déjà le bémol dans l’affaire. (J’ai subitement eu un flashback ou un homme avait un bras caché mutant et une épée en os à faire pâlir Skeletor de jalousie.) Mais chassons le mauvais esprit et restons positifs que diable !

Silent Hill, le film, reprends à quelques exceptions prêt le même univers et scénario que le jeu. Une mère (dans le jeu, il s’agit du père) et sa fille se rendent à Silent Hill, ville abandonnée d’un coin paumé dans des montagnes des Etats-Unis. Sa fillette étant prise depuis quelques temps de crise de somnambulisme où elle fait mention de cet endroit. Seulement cette ancienne ville minière est apparemment une ville fantôme où de tristes événements ont eu lieu. Les dires se confirment lorsqu’à quelques miles de la ville, la voiture fait un tète à queue et percute le rebord de la route. La mère s’évanouit. A son réveil, elle trouve le siège de sa fille vide et la portière ouverte. Commence alors sa quête pour retrouver sa fille…

On suit alors le parcours torturé de la mère dans la ville de Silent Hill, découvrant au fur et à mesure les indices qui permettront de retrouver la trace de sa fille et par la même occasion l’origine du mal qui hante l’endroit jusqu’au moindre gravier.

Pour ceux qui espèrent que Silent Hill les entraîne dans l’antre des ténèbres, attendez-vous à rester sur le pas dans la salle d’attente en effeuillant un joli catalogue d’image. Gans a bel et bien acquis le visuel du jeu mais en oubliant l’aspect de faire vivre l’histoire.  Outre une énorme production visuelle, il aurait été de bon augure que cette bouillie nous prenne aux tripes pour nous glacer d’effroi.Mais cela se confirme, il semblerait que Gans ne soit pas un sensible de l’émotion mais plutôt un amoureux de la technique de l’image. Certes, au petit jeu de la surenchère visuelle inutile frisant le ridicule, il n’arrive pas à la cheville de la production russe Night Watch mais il ne se sort pas plus de l’ornière purement formelle dans laquelle il s’est vautré de tout son long. Alors le résultat est que l’on ne retient rien de Silent Hill. On le regarde puis on se dit : « ouais, c’est bien fait » et on rentre chez soi sans vraiment se poser de question. Les créatures qui défilent n’ont pas d’impact autre que visuel.  Elles apparaissent tour à tour comme à un défilé de mode branché puis repartent derrière le rideau. Même le boucher géant à la tète de toblerone est juste anecdotique…Il est passé par ici, il repassera par là.

Au beau milieu de ces enfers se débattent quelques acteurs pour tenter de ne pas paraître trop décoratifs  parmi les mouvements de caméras tordus, maquillages malsains et synthèse dégoulinante. On peut citer les prestations de Rhada Mitchell (Phone Game, Neverland…) pour la maman paumée, Sean bean (le Boromir du SdA) pour le personnage inutile du père, Deborah Unger pour la femme illuminée  (Crash…), Laurie Holden (beaucoup de série TV) pour la femme-flic dont on aurait également pu se passer et Jodelle Ferland (séries TV aussi) dans le double rôle de la fillette et son alter ego. On aurait pu apprécier les acteurs si la mise en scène avait été plus orientée « acting » que « décorating ». Car là on a plus l’impression que ce sont les acteurs et à fortiori leur personnage qui viennent servir un arsenal d’effets et de visuels plutôt que l’inverse, c’est-à-dire des personnages renforcés par les interactions avec ce qui les entoure.

Au final, Silent Hill, n’est pas un mauvais moment mais pas un bon non plus. Il ravira les fanatiques de plans gratuits, scènes inutiles, mouvements complexes de caméra et décortication de lambeaux de chair mais fera fuir les amateurs d’histoire bien ficelée qui vous entraîne avec elle pour faire de vous ce qu’elle a décidé. Ce qui aurait pu valoir le coup dans ce thème-ci. Mr Gans n’aura peut-être pas assez travaillé son story-board, réfléchis à l’intonation des acteurs mais ce sera contenté de se faire plaisir avec des steadycam, grues et autres engins rocambolesques du cinéma pour ensuite peaufiner ses images en post-production, Ce qui donne effectivement un visuel très accrocheur. Mais il ne fait pas naître son fil auquel le spectateur aurait pu se raccrocher pour être plus dans le film que dehors.

On peut alors se rendre compte que la version cinéma de Silent Hill est beaucoup moins mature et viscérale que son grand frère sorti en jeu vidéo. Fort heureusement pour Gans, le box-office lui donnera peut-être raison et lui offrira une seconde chance pour parfaire son cinéma d’horreur. Le final de celui-ci laissant déjà une porte grande ouverte, non pas à toutes les fenêtres, mais à la possibilité toute tracée d’une suite… Peut-être aura-t’il la juste modestie de se donner la part belle au visuel et laisser les vieux démons de la mise en scène hanter quelqu’un d’autre.


Yerom



Le pour : Un visuel propre sur un bon rythme qui sauve les meubles.
Le contre :
Trop de plans de caméras inutilement tordus.
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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 12:05
USA - 2006 (X-Men : The Last Stand)
Affiche Xmen 3
Genre : Javel 3
Réalisateur : Brett Ratner
Scénario : Zak Penn, Simon Kinberg
Directeur de la photo : Dante Spinotti, Philippe Rousselot
Casting : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen, Famke Janssen, Halle Berry
Musique : John Powell


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Une fois n'est pas coutume, l'intégriste patenté de la version originale, le psycho-rigide du film ouzbek sans sous-titres, le consommateur compulsif de langues vivantes mais pas en français dans le texte que je suis, se doit de se rendre à l'évidence... X-Men 3 en américain est une sombre merde.
Faute en partie à des dialogues plus qu'à chier, que la langue synthétique d'outre-atlantique n'enrichie guère, mais surtout à la voix atrocement mielleuse d'une Halle Berry au top du brushing. Et s'il n'y avait que ces éléments, qu'on pourrait qualifier d'anecdotiques, pour étayer mon désarrois, j'accepterais avec une bienveillance amusée les critiques de "pinailleur de cheveux en quatre" ou autre "branleur de tapette à mouches" que je vois d'ici poindre.
Malheureusement, cette triquelle (néologisme pour nommer le 3e volet d'une série de films) ne souffre pas que d'un manque scénaristique évident.
ce qui serait déjà une affaire en soit. C'est juste une négation, que dis-je, un saccage en règle des opus précédents.

Brian Singer (X-men, X-men 2) fait donc place à un tâcheron du nom de Brett Ratner pour réaliser ce qui devrait clore la saga des super mecs et moeufs génétiquement modifié(es). Et mal lui en a pris.
Car non content d'être un brêle affirmée (Rush Hour 1 & 2, Dragon Rouge j'en passe et des mignons) Ratner a su s'entourer d'une équipe de choc à la production. Pensez-donc :
Simon Kinberg, responsable de Mr. & Mrs. Smith et XXX au carré
et Zak Penn a qui l'on doit notamment Suspect Zero (qui porte avec aplomb son qualificatif de nullité absolue) et... Elektra, tiens donc...
Une bien belle brochette de bras cassés s'il en est. Comment s'étonner alors que la photo soit digne d'un téléfilm, les idées et la réalisation également.
Exit les parti-pris qui ont fait le succès de la licence. Pour bien se démarquer et faire table rase de ce pesant héritage, on va pourrir le tout avec une révision à la baisse du rôle de Wolverine au profit d'aucun autres.
Pour brasser le maximum de personnages en un minimum de temps. Et pour brasser, ça brasse-coulée.
En eaux profondis.
Phénix aurait d'ailleurs pu renaître des abîmes pour faire autre chose que la potiche, Cyclop aurait enfin pu devenir barbu et intense, le prof Xavier subir un lifting abrasif s'il avait été ignifugé, Rogue être aux prise avec ses hormones, Collossus profiter du capitalisme effréné de sa terre d'adoption. Mais s'eut été dans un monde meilleur. Peuplé de réalisateurs talentueux, de producteurs avisés, et d'équipes technique et scénaristiques compétentes. Un monde meilleur. Le meilleur des mondes peut-être.
Dans le monde de Brett Ratner il n'y a de place que pour la médiocrité savamment organisée.

Il lui aura fallu guère moins de 1h45 pour abstraire toute empathie que l'on pouvait avoir avec les mutants X, jusqu'à nous désintéresser totalement de leur devenir, tant il a rendu les personnages vides de la moindre parcelle d'humanité.
- "Pour des mutants c'est pas un peu logique de n'être pas humains?"
Que nenni.
N'oublie pas que ces soit-disant mutants ne sont que des avatars humains rattrapés par la malchance. Ou par leur destin selon.
Ce qui créait l'intérêt dans X-Men & X-Men 2 était précisément la part d'humanité vivace de ces personnages. En particulier des personnages les plus sombres tels Magneto ou Wolverine. Nighcrawler dans une moindre mesure. Dans X-Men l'Affrontement Final, ils ne sont mû que par l'action, même pas la réaction. Ce qui fait de ce film un grossier pléonasme.
Storm tornade, Collossus collosusse, Magneto magnetote, etc...
Les portraits sont brossés à la truelle sous prétexte que l'on connaît déjà les caractères. Ne faisant pas avancer le débat bien au contraire. Le faisant régresser.
Or régresser pour des êtres sensés représenter le prochain stade de l'évolution ça donne que la moitié d'entre eux crèvent dans l'indifférence générale et qu'on se tape magistralement de ne pas avoir avancé d'un iota
tant on est ravi que le calvaire de ce triste spectacle prenne un tour définitif. Malheureusement si le box-office me donne tord, alors la toute fin du générique de cette pitoyable mise à mort pourrait donner lieu au retour en force des hommes en cuir moule-moule à ceintures siglées d'une croix. Qui sait, sous la réalisation d'un Uwe Boll peut-être. Mais ne nous prêtons pas trop à rêver.

L'histoire de X-Men l'Affrontement Final étant aussi mince que son synopsis, je ne prendrais pas ici le soin de m'étendre sur ce ténu filet d'ombre de papier cul. Voir la Brotherhood réduite à une bande de technivaliers post-hype-alter-mondialistes aux rabais aura fini d'achever toutes mes velléités. Juggernaut en faire-valoir de punch-lines aussi minces que son cerveau reptilien ne m'aura que brièvement amusé. Une belle scène avec Phénix est à mettre au crédit de ce patchouli indigeste mais ce sera bien tout. Le reste est souffrances inutiles et perte de temps manifeste.
Et Peter Jackson n'est pas près d'être détrôné en terme de trilogie.
X-Men 3, où l'Art consumé de dépenser des millions de dollars pour faire du cinéma grand angle qui passerait si bien en 4/3. Un dimanche soir en deuxième partie de soirée sur TF1.
Et en français.
Tout le monde y aura finalement perdu avec ce projet. A part peut-être le spectateur qui a échappé à une vision de Superman par Brett Ratner, originellement pressenti pour réaliser le remake de l'homme d'acier.
Projet finalement échu à un certain Brian Singer.

 



Aswip


Le pour : Que dire...
Le contre :
Que dire...
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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 12:18
USA - 2000 (Rules of engagement)
Affiche
Genre : Grosse bavure
Réalisateur : William Friedkin
Scénario : Stephen Gaghan
Directeur de la photo : William A. Fraker, Nicola Pecorini
Casting : Tommy Lee Jones, Samuel L. Jackson, Guy Pearce, Ben Kingsley...
Musique : Mark Isham


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Les colonels Hodges et Childers on en gros sur la patate. Le premier, officier au placard et alcoolique notoire depuis sa blessure du Vietnam se voit défendre en tant qu'avocat le second, accusé d'un bain de sang injustifié devant l'ambassade américaine au Yemen. Les états de services des deux militaires et leur volonté sincère d'être de bon soldats, gardiens émérites des valeurs sacrées de la bannière étoilée, suffiront-ils à justifier un drame très délicat à négocier pour l'administration américaine ?

Noyé dans la masse des productions hollywoodiennes que l’on balance en salle comme autant de cadeaux marketings jetés à la foule en tête et queue d’un tour de France, L’enfer du devoir fait partie de ces films estampillés U.S. entertainment que l’on va voir «histoire de», sans d’autres motivations que de contempler la gueule d’un Tommy Lee Jones et/ou d’un Samuel L. Jackson. Hormis cette tête d’affiche qu’on devine aisément piège à con, rien n’incite au déplacement : ni la bande annonce molle, ni les extraits clichés, et encore moins la trame juridico-militaire plus que déjà vue. Seule la frustration de l’abonné à une carte multiplexe, guettant en vain d’hypothétiques chef d’œuvre cinématographiques, motive l’effort final, celui d’enfiler une veste pour se rendre au cinéma du coin pour tuer le temps sur écran large et en dolby surround.

Pourtant le plus dur reste à faire, notamment en début de projection lors d’une introduction longue et pénible située en terres viêtcongs dans les années 60, relatant l’enfer de la jungle et de ses conflits marécageux. D’emblée pas un GI ne paraît crédible et le peu de jeu proposé rappelle plus les situations guerrières de Portés disparus que les scènes mythiques d’Apocalypse Now, Platoon, et autres modèles du genre. Les dialogues gentiment à la ramasse et la tactique militaire mise en scène soulignent le peu de motivation générale, tandis qu’à l’écran les troupes ennemies, que l’on peut compter sur les doigts de la main, déciment de pauvres marines amorphes tout juste bons à attendre debout que la poche de sang éclabousse l’uniforme sorti du pressing, le tout filmé sans rythme au sein d’une jungle sans âme issue tout droit d’un show-room Truffaut... Sic.

Malheureusement ce n'est pas la suite des événements y compris le passage bien plus réussi de l’accident au Yemen qui permettra de sauver l'ensemble de ce chef d'oeuvre d'ennui. Progressivement et inexorablement le scénario de Stephen Gaghan autour de la bataille juridique peine à susciter de l’intérêt, peu mis en valeur par des situations convenues et une réalisation dispersée. Constamment le cul entre plusieurs chaises William Friedkin se perd entre la simple mise en image et une éventuelle volonté de dénonciation, ratant l’occasion d’une prise de position ferme. On pourrait presque croire que ça le chatouille, notamment lors de l'incroyablement naïve scène de la clinique au Yemen, où Tommy Lee Jones est autant transparent que la mise en scène de son réalisateur. Pourtant il y avait de quoi faire. Entre l’idée d’un massacre de manifestants hostiles à la présence américaine, les responsabilités d’une nation hôte d’une ambassade, les implications des Etats-Unis en terre arabe, l’action morale des mouvements islamistes, le peu de reconnaissance d’un état vis à vis de son armée confrontée à de l’ingérable, et la capacité à reconnaître puis condamner une bavure politique, la trame ne pouvait que s’enrichir d’un écho pertinent à la crise arabe actuelle. Sorti précisément entre les deux crises du golfe persique, L'enfer du devoir aurait pu devenir bien plus qu'un film de seconde partie de soirée sur M6 le jeudi. Faut croire que devant les nombreuses possibilités offertes par le fond du sujet Friedkin n’y a flairé qu’un sinistre traquenard l’obligeant à prendre parti. Franchement on ne peut que rester pantois devant l'effort de dupe du réalisateur des emblématiques French Connection et L'exorciste, soucieux de brouiller ce vaste foutoir par une mise en valeur des états d’âmes des protagonistes au même niveau que le reste. Du coup la réalisation s’attarde sur les piètres capacités d’avocat du Colonel Hoges au détriment de l’essentiel, plombant le tout par des faux-rebonds inintéressants... L'histoire se désagrège d'elle même, rongée par le peu d'ambition d'un chef de bord peu enclin à la prise de risque.

Sans personne à la barre plus personne n’y croit. Tommy Lee Jones traîne sans conviction son looser d’avatar et Samuel L. Jackson ne fait pas mieux. A leur décharge les scènes de dialogues accusent le coup d’un total manque de profondeur dans l’intrigue et par les perpétuelles esquives pour éviter de parler des sujets qui fâchent. L’enquête au Yemen occupe la bobine inutilement et la déroute semble complète lorsque qu’on s’étonne de la tournure bornée de l’enquête principalement axée autour d’une cassette vidéo que l’on sait détruite, ou le témoignage à la fois absurde et ridicule d’un ancien officier vietnamien, rappelant bien malgré lui l'indigestion d'entrée de film. La conclusion du procès sonne le glas de ce piètre résultat, peu consistant de fond et de forme, et quelques dernières images d’un patriotisme non-assumé achève le spectateur transit, prêt à se mettre au garde à vous pour un dernier salut militaire. Selon le colonel Hodges la durée de vie d'un officier sur le terrain au vietnam n'excédait pas le quart d'heure, il ne nous en faut pas plus pour fuir ce vilain moment de cinéma.


Enzo

Le pour : L'enfer...
Le contre :
...de le voir (ciel comme c'est spirituel)
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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 21:56
Grande Bretagne - 2004 (Touching the void)
Affiche
Genre : I'm a Survivor
Réalisateur : Kevin Mac Donald
Scénario :
Joe Simpson
Directeur de la photo : Mike Eley
Casting : Brendan Mackey, Michael Aaron.
Musique : Alex Heffes


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Au Perou en 1985, deux anglais fanatiques d'alpinisme se lancent dans l'expédition de gravir la montagne du Siula Grande des Andes péruviennes. Les gaillards, grimpeurs chevronnés à qui on ne la fait pas, avaient déjà escaladé des montagnes toutes crues sans sel ni poivre et ce mont était au menu tout en sachant que ce dernier n'avait été gravi par la face nord qu'une seule fois en 1936 par deux allemands. Ils décidèrent donc de ne pas suivre la voie déjà ouverte et prirent l'option face ouest. Et vu de ce côté, le Siula Grande n'est plus le même caillou, mais un mur vertical de glacier, de roche et de neige montant jusqu'à 6344 mètres d'altitude, le défi pour celles et ceux qui en veulent…

L'ascension de Joe Simpson et Simon Yates deviendra par la suite une légende dans le milieu de l'alpinisme et ce film-documentaire la retrace en une reconstitution plus que captivante. On a peu l'habitude de voir ce genre de récit porté à l'écran avec une volonté de réalisme. On a bien sur vu Stallone faire de l'action-hero sur les rochers dans Cliffhanger, ou un certain Vertical Limit traîner dans les parages, mais La Mort Suspendue est certainement plus intéressant car très naturel et place le spectateur directement dans la situation des alpinistes. Et leur histoire dépasse l'entendement humain...

Revenons alors à ce défi de celles et ceux qui en veulent. L'histoire est narrée par deux hommes face caméra pour accentuer la reconstitution. Comme on le devine, cette aventure n'est pas ce qu'on pourrait appeler une balade de santé, prenez pour preuve le plan d'ouverture du film montrant le Siula Grande s'élevant au dessus des autres monts alentours. Se lancer dans son ascension relève de l'impossible pour le commun des mortels. Fort heureusement, tous les mortels ne sont pas communs et penser que Simpson et Yates aurait du mal à arriver en haut serait douter de leur compétences. Et en matière d'alpinisme, il semblerait que douter de ses aptitudes ne soit point permis, surtout lorsqu'on est accroché à un piton planté dans la glace en haut d'un mur vertical de 1500 M de haut (c'est à 1480 M qu'il faut avoir "confiance dans la confiance" dixit JCVD). Ce n'est qu'une partie de l'ascension vertigineuse. Mais elle est bel et bien effectuée entièrement par le duo et l'on peut contempler la beauté du paysage du sommet des 6344 M d'altitude depuis son fauteuil de cinéma sans les engelures aux doigts et les lèvres brûlées par le soleil.

En effet, la vue est splendide.

Mais une fois cette joie consommée et le temps de se rendre compte qu'il n'y a rien à faire là-haut, nos montagnards doivent se rendre à l'évidence qu'il va falloir redescendre... Et c'est là que les choses se compliquent. Si monter fût une grande prouesse, refaire la même chose en sens inverse ne risque de ne pas être non plus une partie de plaisir.

Et là, les images parlent d'elles mêmes. Le spectateur comprend alors que les alpinistes se sont mis en assez mauvaise posture et peut-être même piégés. La progression en descente est difficile et sans doute pire que la montée car psychologiquement le plus dur est fait. Mais quand les éléments s'en mêlent... Le mauvais temps se lève, gênant de plus en plus la descente. Puis le réchaud à gaz tombe en panne ce qui implique de ne plus pouvoir se faire de boisson chaude et à 6000 M, il est bon de souligner que cela peut-être important. Il faut alors accélérer la descente ou le risque de souffrir du froid augmente. A cette altitude, les doigts, les mains ou la vie peuvent se perdre sans qu'on s'en rende compte. Malgré l'anxiété il faut rester calme et éviter de paniquer. Soudain, Joe Simpson glisse, fait une chute et se casse la jambe... (silence total, seul le froid du vent pique le visage)
- Que faire alors lorsque l'on est en altitude dans des conditions extrêmes avec son équipier au genou brisé en deux ?
- Que faire si ce même équipier ne peut plus se tenir debout pour se déplacer dans 1 mètre de poudreuse ?
- Que faire si l'on se refroidit dangereusement au risque de mourir car la descente se ralentit considérablement ?
- Que faire lorsqu'on est convaincu que son ami n'a aucune chance de s'en sortir vivant et que si on l'aide, on risque d'être dans le même cas ?
- Que faire si l'on doit couper la corde ?

J'ai été captivé par ce film, cette reconstitution de haute montagne. L'immersion dans le décor naturel est totale et on a presque froid avec les acteurs tant les difficultés ont été retranscrites. Les images sont brutes, pures et sans artifice de récit ou de style pour ponctuer les passages forts. Ici, on remarque que la montagne ne laisse pas de place au faible, au désespoir si ce n'est que pour sombrer dans la folie en cas de pépin. Le film parle d'une amitié, de survie, de sacrifice et de choix ultime que doivent affronter des hommes en de rares occasions… Loin des énormes productions catastrophe surproduites des derniers temps à coup d'effets spéciaux impressionnants, La Mort suspendue donne la version à huis-clos d'une aventure désastreuse, qui dénuée de tout superflu, fonctionne à merveille ; et sans pour autant avoir un casting avec des bêtes de courses. On pourrait rapprocher et tirer des similitudes narratifs avec le film Les Survivants se déroulant dans la même chaîne de montagne (décidément les Andes ont la côte pour les catastrophes) mais il n'en est rien, La Mort Supendue est beaucoup plus intimiste est c'est son atout. Les acteurs, bien qu'ils soient totalement inconnus, sont aussi sobres qu'efficaces et la réalisation est assez rythmée pour captiver le promeneur hagard. On plonge complètement dans l'histoire par -20 degrés. Encore plus lorsqu'on remarque que les narrateurs n'ont pas le même visage que les acteurs du film.

Pourtant que la montagne est belle...

[A signaler également que Kevin Mac Donald est le réalisateur du très primé documentaire On day in september datant de 1999 et qui refait surface sur les toiles dernièrement grâce à Munich de Steven S. puisqu'ils traitent du même sujet.]

 


Yerom

 

Le pour : Never surrender.
Le contre :
'Fait pas chaud en altitude.
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