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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 01:00

Hong Kong - 1967 (Dubei dao/ one armed swordsman)


Genre : Kung Fu manchot
Réalisateur : Chang Cheh
Scénario : Chang Cheh, Ni Kuang
Directeur de la photo : San Yuan Chen
Casting : Jimmy Wang Yu, Chiao Chiao, Huang Chung-Sun , Pan Yin-Tze...
Musique : Wang Fu-ling

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Au sein du temple de la Shaw Brothers, Chang Cheh fait office de pillier central. Auteur d'un cinéma d'art martiaux plus violent, voire brutal, mais aussi plus esthétique que l'oeuvre de ses pairs, Cheh marquera son époque et les générations suivantes d'auteurs réalisateurs. Entres autres John Woo qui fût à ses débuts son assistant-réalisateur se déclarera n'être qu'un des héritiers du maître, exploitant son art mais troquant les sabres par les armes à feu. Un seul bras les tua tous fût le film à l'origine de la trilogie du Sabreur Manchot, mais aussi celui qui permit à Chang Cheh d'exalter son art, disons-le, résolument viril. Participant au renouveau du wu xia pian aux cotés d'autres auteurs tel King Hu (L'hirondelle d'or), la trilogie de Cheh s'axe autour de l'honneur d'un homme qui même amputé se doit d'aller au bout de sa destinée, à coup de sabre si possible et d'entailles aussi profondes que ses convictions.

Dans ce premier opus, le destin de Fang Gang s'écrit d'entrée dans la douleur. Son père, au service du valeureux Qi Ru-feng, meurt violemment lors d'une attaque sournoise des ennemis de son maître. Respectueux du sacrifice de son serviteur le maître accueille Fang Gang comme son disciple, lui enseigne les arts sacrés des techniques de sabre et l'élève comme son propre fils. Talentueux donc jalousé, Fang Gang subit les caprices de ses camarades notamment ceux de Qi Pei la propre fille de Ru-feng, avant de se décider à quitter en douce la prestigieuse école, et de mettre un terme aux mesquineries quotidiennes. Pourtant lors d'une ultime provocation et au terme d'un affrontement en faveur du jeune prodige, Qi Pei lui tranche le bras par traîtrise...

Peu enclin à l'élégance du geste galant Chang Cheh place ses rôles féminins à l'origine de ses ressorts dramatiques. Qi Pei est l'archétype de la garce fille à papa, capricieuse qui se croit amoureuse, d'une bêtise apparente et dont l'acte le plus marquant devient le plus condamnable. En tranchant le membre du héros en devenir elle ampute l'avenir de l'un de ses plus beaux fleurons, et illustre clairement l'opinion du réalisateur réputé pour sa misogynie. La femme façon Cheh est un frein pour l'homme promis à un grand destin, allant jusqu'à le briser par son égoïsme. L'innocente Xiao-man ne dérogera pas à la règle en incarnant certes une fermière courageuse mais aussi une éventuelle mère de famille soucieuse de se trouver un homme, quitte à le faire renoncer à ses premières ambitions. Bien sûr le talent de l'auteur permettra de brouiller les cartes le temps d'un film, concédant à ses personnages du sexe faible l'excuse de l'amour responsable de leurs attitudes, mais le message de fond est plus clair que l'eau de la rivière. L'homme est un serviteur loyal à son maître, assidu dans son éducation et plaçant l'honneur au dessus de tout. La femme reste hermétique aux notions nobles de sacrifice et s'entête sur des détails de peu de profondeur. Le mâle est fait.

L'autre idée du film, plus évidente encore, consiste en sa notion de dépassement de soi malgré l'amputation. Fortement ancrées en ce siècle ponctué de diverses dominations japonaises, mais aussi encouragées par des mouvements politiques populaires les plus opposés, les notions de sacrifices et d'efforts surhumains par delà la privation, la frustration et la douleur, constituent des valeurs assez répandues dans l'histoire de la Chine. Largement usitée dans les oeuvres dramatiques tous supports confondus, le cinéma de Hong-Kong permettra de donner vie à cette valeur en l'attribuant à de nombreux héros, figures patriotiques ou symboles historiques, personnages de proue d'une nation en perpétuelle quête d'exemples. Le personnage de Fang Gang s'insère dans cette lignée collectionnant les accidents de parcours : disparition du père, interruption de son initiation, perte de son bras droit entraînant indéniablement la fin de ses motivations martiales. Et pourtant son issue viendra justement de l'acceptation de cet handicap et de sa capacité à le transformer en arme redoutable, via des moyens tout aussi amputés, à savoir un livre de kung-fu calciné dont il ne reste qu'un chapitre et le sabre brisé de son père défunt.

En écho à son intrigue dramatique Chang Cheh impose une esthétique que l'on croirait issue d'estampes. Les premiers décors semblent s'articuler autour des acteurs, dépassant de fait leur simple attribution de support décoratif et participant pleinement à la narration. Tout l'art de l'illustration... C'est particulièrement frappant lors de la scène d'affrontement entre les disciples qui se déroule sous une neige d'hiver aussi soudaine qu'évocatrice de l'issue fatale. Contrainte de studio oblige, Cheh utilise par ailleurs tous les subterfuges possible et imaginables pour dynamiser sa réalisation : ainsi ses combats sont filmés caméra à l'épaule plus ou moins près des acteurs pour plus d'implications et leurs mise en forme sur la table de montage passe par un découpage particulièrement sec pour l'époque. Le rythme de certaines scènes s'en trouve enrichi et amène un plus considérable aux chorégraphies d'escrime. En métronome de ces affrontements on trouve l'étonnante arme, pourtant de peu d'apparence, du vilain de l'histoire : une étrange lame à double garde dont la pointe est équipée d'une pince amovible, faite pour bloquer les techniques de l'école du sabre d'or. Outre son efficacité redoutable, son cliquetis ponctue l'attaque de l'ennemi et rythme à l'image les scènes de combat. Chang Cheh se sert physiquement de la particularité mécanique de son arme pour la répercuter sur le découpage de ses scènes transcendant l'accessoire en outil de mise en scène. Simple mais bluffant.

Comme d'hab le film et ses moyens sont à situer dans un contexte d'époque pauvre en effets spéciaux, mais riche d'intentions. En 1967 la vue d'entailles ensanglantées étaient considérées comme difficilement soutenable par un public peu coutumier du fait, alors qu'aujourd'hui on se gausserait presque tant leur teinte vive révèle de l'artifice. Le constat est aussi valable pour certaines phases de combats qui peuvent paraître plus chorégraphiée qu'instinctives, les décors de studio parfois très étriqués, et le jeu ... hmmm un peu maigre selon les talents de leurs interprètes... On est forcément loin des effets tape à l'oeil et des standards du cinéma d'action actuel, ce qui sous-entend que les excités en manque d'adrénaline risquent de trouver le temps long et les coups de sabre plutôt mou du manche. Ca peut paraître paradoxal, mais avec le temps ce n'est plus le public visé. Aficionados de Danny the dog passez votre chemin.


Enzo

Le pour :  Classique du genre
Le contre :
Pour public averti

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26 décembre 2005 1 26 /12 /décembre /2005 09:20

Nouvelle Zelande - USA - 2005 (King Kong)


Genre : King size
Réalisateur : Peter Jackson
Scénario : Peter Jackson, Fran Walsh, Philippa Boyens
Directeur de la photo : Andrew Lesnie
Casting : Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody, Andy Serkis, Thomas Kretschmann
Musique : James Newton Howard

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Le Dos Argenté est un gorille connu pour avoir le crane épais, un instinct territorial hyper développé et pour être l'animal social par excellence. Ce qui fait la singularité de Kong, hors le fait qu'il mesure 8 mètres de haut
et qu'il occupe son domaine avec d'autres rois, tyrannosaurus ceux là, c'est qu'il est éperdument seul. Seul de son espèce, tous ses congénères semblent avoir trépassé, seul dans son genre, puisque ses congénères semblent avoir trépassé, et seul dans la vie puisque lorsque les indigènes du voisinage lui procurent de la compagnie, il ne trouve rien de mieux à faire qu'à désosser les offrandes. A croire que la femelle indigène à un petit goût de fumet pas désagréable qui améliore sensiblement un ordinaire essentiellement végétarien.
Notre brave Kong est donc de la trempe du vieux garçon solitaire qui n'apprécie que moyennement qu'on vienne lui chier dans son nid. D'un naturel bougon et peu enclin à la conciliation. Un vrai roi en somme.
Malheureusement pour lui, son gros cœur hors normes était destiné à rencontrer une jeune et jolie blonde braillarde et espiègle qui allait finir par le lui briser. Mettant ainsi et malgré elle un terme à la lignée des très, très, très grands singes.


Puisque nous connaissons tous les tenants et les aboutissants de cette tragédie simiesque pour en avoir vu au moins une adaptation, intéressons-nous donc à la forme de celle-ci, d'adaptation.
Rarement l'Amérique en récession des années 30 aura été rendu avec autant de réalisme en si peu de plans. A part dans Les Raisins De La Colère de John Ford. Rarement le Manhattan de l'époque aura semblé si étrangement réel. A part peut-être dans le New York, New York de Scorsese mais l'action se passe dix ans plus tard. Rarement île vierge aura semblée si vierge et hostile-la-nature que cette Skull Island. A part peut-être dans quelques peintures de Frank Frazetta. Rarement autochtones insulaires auront paru si sauvages et avides de sang. A part Peut-être dans The House Of the Dead de Uwe Boll.
- "Ne s'agissait-il pas en fait de zombies et d'une comparaison douteuse emprunte de taquinerie?"
Tu me connais si bien... cela en deviendrait presque effrayant.
Jamais, ô grand jamais, primate virtuel aura semblé si hurlant de vérité.
- "Sûrement pas dans Congo, là, on est entièrement d'accord."
Ce King Kong 2005 ressemble donc fort à ce que Peter Jackson prétendait vouloir réaliser. Un film hyper spectaculaire. Fidèle en cela aux sentiments qui l'ont traversés lorsque enfant, il a vu pour la première fois le King Kong de 1933 dans un cinéma de Wellington avec son papa.
En bon démiurge, Jackson a donc mis l'accent sur le visuel, élevant les effets spéciaux dans des sphères jusqu'ici fantasmées. L'antropomorphie virtuelle passe un cap et l'hyperréalisme devient sévèrement envisageable. Qu'il est loin le temps de la première édition d'Imagina (1981).


Fatalement, cette priorité mise sur le tout à l'effet se fait au détriment d'autres aspects de la mise en scène. Comme quelques scènes d'action peu lisibles de part une volonté de mouvement trop appuyée. Il y a aussi James Newton Howard à la BO, remplaçant au pied levé de Howard Shore (qui signa la musique de la trilogie du Seigneur Des Anneaux, rien de moins) et qui nous livre des compositions sommes toutes peu inspirées car trop engoncées dans le registre de l'illustration sonore. Mais il y a surtout et notamment le scripte.
Avec force et gros plans, Peter Jackson tentera plus d'une heure durant d'humaniser ses personnages jusqu'à l'excès, alors que dix minutes suffisent
à nous faire savoir que le plus humain des protagonistes sera éructant et pourvu de quatre mains (ou quatre pieds, c'est selon). Ce pauvre Adrien Browdy serait presque trop bon acteur mais finalement pas de taille pour la confrontation qui l'attend. Contrairement à l'instinctif et testostéroné Jeff Bridges dans la version de Guillermin. Et son héroïsme volontaire, mais peu à propos, rajoute du dérisoire au ridicule de son rôle. Pas facile de rattraper un primate géant qui a décidé de faire sa tête de lard dans une jungle touffue et tortueuse, peuplée d'insectes géants et où l'hygromètrie ferait péter tout bon thermomètre. Surtout quand on est pourvu d'un physique de caneton et féru de littérature romantique.
Alors bon, on se démène parce-que malgré tout, c'est Naomi Watts qui vient de vous filez sous le nez. De quoi motiver le plus ascétique des anti-héros.
Elle, est déjà plus pertinente. Son visage hors d'age à la belle symétrie n'est pas sans rappeler les grandes heures du glamour hollywoodien. Ses grands yeux mouillés et sa bouche joliment dessinée sont malheureusement souvent abusivement sous-tendus par quelques fonds guimauves et rosés qui sont
à la limite de la pub pour Guerlain. Mais la présence de la belle est indéniable n'en déplaise aux critiques littéraires qui lui reprochent sont manque de dialogues. Depuis quand le nombre de lignes de texte est-il gage de l'ampleur d'un rôle? A-t-on jamais reproché à Schwarzy ses 28 mots prononcés dans Terminator. Bien au contraire.
- Naomi Watts... Schwarzy... tu sens pas comme une incompatibilité viscérale?
Si. 45 kilos de muscles d'un côté et le statut de bon comédien de l'autre.
Les autres caractères sont, à l'image du genre, assez caricaturaux pour ne pas nous faire oublier que ce King Kong reste de l'entertainment avant tout. Comme l'original.


Et c'est bien là le point négatif du King Kong de Jackson. Cet entre deux finalement pas très heureux, car pas réussi, entre émotion et action. L'un écrasant l'autre. Ou plus exactement, l'autre écrasant l'un. Et ce ne sont pas les trois heures que durent le film qui, comme son réalisateur semblait le croire, suffisent à faire le lien de l'ensemble. Trop de spectaculaire finira par tuer le spectaculaire.
La version de 1976 de John Guillermin fut en cela une vraie réussite. La poésie opérait car l'écriture y était taillée au cordeau (ha! les scénarii des années 70...) et la mise en scène d'une rigueur absolue. Mais surtout, le casting y était impeccable et la bande originale de John Barry d'une puissance évocatrice rare. On regrette d'autant le mélange mal dosé de réalisme de cette dernière version en date, Kong sur le modèle d'un vrai gorille, et de fantasy (au sens anglais du terme) purement débridée et cinématographique comme la charge des brontosaures, car certaines scènes atteignent terriblement efficacement leur objectif. En particulier le premier tête-à-tête entre la belle et la bête. Qui met en évidence la bestialité du "monstre" et sa capacité à mettre un terme définitif à cette idylle naissante à l'aide d'un seul doigt si l'envie l'en prenait. On apprivoise pas Le Roi des Kong comme un vulgaire caniche.
- "C'est qui l'patron !? Bordel !"
D'ailleurs, quasiment toutes les scènes de la grosse tête velue d'affiche sont des réussites, sauf celle dans Central Park, comment dire...
-" Ridicule ?"
Voilà.
Les humains quant à eux ne sont malheureusement pas souvent à la hauteur.


Cependant, Peter Jackson s'impose définitivement comme le roi de l'adaptation en widescreen. Et si le spectateur du 21e siècle ne connaîtra jamais l'hallucination qu'a du représenter la projection du King Kong du 20e, c'est bien le seul point de divergence majeur des dites versions.
Très fidèle au premier opus de Schoedsack et Cooper, le King Kong façon Jackson est démesuré à l'image de son sujet. Démesuré de par son aspect visuel, démesuré dans l'expression des sentiments et démesuré dans l'action et dans son ambition. Qui n'est rien de moins que d'avoir voulu réaliser le film le plus visuellement ébouriffant jamais réalisé et d'y être parvenu. Jusqu'à ce qu'un autre réalisateur complètement fondu prétende au trône.
En attendant, Lucas et les frères Wachowski font figures de pâles dauphins et le royaume de Nouvelle Zélande peu couler des jours paisibles.
Si ce n'est assurément pas un film parfait, Le King Kong de Peter Jackson restera longtemps, j'en prends le pari, le plus impressionnant.
Le Roi est vivant, barbu et joufflu. Vive le Roi.


Aswip'

Le pour : une histoire de blonde
Le contre :
la chute n'est pas très drôle

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24 décembre 2005 6 24 /12 /décembre /2005 17:32

USA - 1994 (Killing Zoe)


Genre : Gang Bang, he shout me down
Réalisateur : Roger Avary
Scénario : Roger Avary
Directeur de la photo : Tom Richmond
Casting : Eric Stolz, Jean-Hugues Anglade, Julie Delpy, Bruce Ramsay, Gary Kemp, Salvator Xuereb, Tai Thai…
Musique : Tomandandy

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

En salle la scène d'ouverture fait vite douter le spectateur. Une caméra embarquée sur le capot d'une caisse déambule le long des rues parisiennes filmant à l'emporte pièces des passants qui traversent, des Renaults 5, 16, et des Citroën d'un autre âge le tout garé ou à la croisée d'un carrefour, ou encore des palissades de chantier (passionnant) sans oublier le camion poubelle dans son labeur du matin. Sur la pellicule maussade proche du téléfilm on s'attend à ce qu'un générique en Hélvética corps 12 nous annonce la présence de Véronique Genest dans une sous-production qui fleure bon le policier du jeudi soir. On cherche d'instinct la zapette sur le siège d'à coté et/ou on s'apprête à porter plainte contre X pour faute de goût. La suite heureusement n'a rien à voir avec les tribulations d'une Julie Lescaut et cette référence ne sert qu'à décrire un générique résolument vilain. Passons.

Zed (Eric Stolz) débarque à Paris pour affaires. Visiblement abruti par les heures de décalages du vol New-York / Paris il se laisse aller aux palabres d'un Moïse au volant de son taxi qui lui arrange en douce, pour sa première nuit, une rencontre avec "une française, très bien". Plus tard Zoé (Julie Delpy) débarque et déballe. Tout. Elle n'est pas pute mais paie ses études et n'a d'orgasme qu'avec les types qui lui plaisent ce qui n'est pas courant et plutôt un compliment pour l'américain. Puis c'est Eric (Jean-Hugues Anglade) qui débarque. Il fout Zoé à la porte parce que son pote d'enfance n'a pas de temps à perdre : demain c'est le 14 juillet, Eric organise un braquage historique à la Banque Internationale de Paris et ils n'ont plus que quelques heure pour fêter ça.

Killing Zoé est visiblement un film de gueules. D'entrée celle embourbé de Stolz force la sympathie tandis que celle de Delpy enchante. Leurs tendres échanges sur l'oreiller, le cul entre deux chaises, entre la réserve et la déclaration flattent les sens : la vue se délecte et l'ouïe n'en perd pas une miette. Le plus naturellement ces deux personnages s'apprécient et communiquent via de subtiles mimiques la douceur de l'instant. L'autre gueule, celle explosive d'Anglade, vient pimenter l'ensemble. Il aboit, jappe, claque, embrasse à tour de bras et joue de son allure mi-ange mi-démon, en épicurien déjanté, brûlant la vie par les tous ses bouts. Eric n'est qu'un bateau ivre de tempêtes, prêt à entraîner son équipage dans son sillage désespéré. L'excès à la française agacera peut-être d'éventuels lassés des enflammées à la Depardieu, mais il explique à lui seul la spontanéité dévastatrice d'un braquage censé être minutieusement préparé. Virant à l'extrême lors de dérangeantes scènes festives d'avant hold-up, Anglade distille son jeu de ponctuelles attitudes d'une lucidité à faire froid dans le dos. Lorsqu'il retrouve Zoé dans la banque en pleine action, il est impossible de lire sur son visage s'il la reconnaît ou non, et lorsqu'il braque un otage il est difficile d'évaluer s'il va presser la gâchette. On fait alors comme Zed : on tente de suivre et on ne se pose pas trop de questions, ou alors trop tard. Et dire qu'au début on voulait juste tâter du danger, nous voici embarqué dans une sordide histoire, du sang plein les mains, avec un acharné sous héroïne en chef de file.

Killing Zoé est bien plus qu'un long métrage estampillé "film de potes de Tarantino". Bien sûr on reconnaît en cours de route les rouages qui plaisent et qu'entretient Quentin telle que des scènes de dialogues typiques, décalées et passives, dans les moments les plus inopportuns, ou encore ce goût presque adolescent pour l'action, son lot d'hémoglobine et de sur-consommation de stupéfiants en tous genres. Néanmoins le point fort de ce premier long d'Avary concerne sa relative sobriété. D'un angle de vue scénaristique il s'articule autour de 3 scènes principales Rencontre / Fête / Braquage, et ne comptabilise au maximum qu'une petite dizaine de "chapitres". Le fond de l'histoire n'a rien en soi de particulièrement original et ne repose sur aucune pirouette attendue. Le rythme de ce film tant suggéré qu'utilisé dans sa forme, ne privilégie que l'instant présent et nous ramène indirectement à ce que vit précisément Zed dépassé par les événements. Impossible de se poser pour mieux se projeter, inutile d'avoir toutes les cartes en mains pour essayer de mieux comprendre. Tout n'est que sous-entendu. Avary ne cherche jamais à expliquer la raison et la force de l'amitié qui lie Zed à Eric, pas plus qu'il n'essaye de mettre de longues tirades pour exprimer l'attraction fusionnelle entre Zoé et Zed. Il n'a pas besoin non plus de justifier les deux "Non, c'est hors de question" prononcés respectivement par le banquier et le vigile du coffre-fort, qui cassent l'entrain global mais sonnent comme de vains obstacles face à l'acte de folie. En fait ce qui s'apparenterait à des scènes de description rendrait caduque l'effet de surprise, désincarnerait le spectateur alors au coeur de la tourmente et rendrait anodine cette histoire de hold-up. C'est tant l'axe fort du film qu'en bout de course la présence policière n'est que suggérée, ou presque, avec en guise de bouquet final une fusillade en huit clos où pas un seul fusil d'assaut du GIGN ne pointe le bout de son canon. Balèze.

Et encore je vous passe les détails sur les autres petites perles disséminées de ci et là, qui vaudraient presqu'à elles seules le détour : le groom français qui parle anglais, le client américain qui se vante de la libération, la junkie qui drague Zed, la soirée de défonce extrème, Eric et Oliver qui "font les morts", Claude qui raconte une blague à ses potes de gang, Oliver qui a une absence face au coffre fort, Anglade qui chante Yves Montand... Que du bon.

Sorti en pleine période de films jugés particulièrement violents après le Léon de Besson, et le Tueurs nés d'Oliver Stone, Killing Zoé fût l'affiche qui fit déborder la critique, prit à part entre la volonté d'énoncer les qualités de ces oeuvres cinématographiques et ce besoin tout naturel d'enrayer l'engouement pour ce cinéma plus brutal qu'à l'accoutumée. Avec le temps on se dit que finalement tout se digère et que depuis d'autres violences plus fortes ont eu leur support cinématographiques, que cela soit celles mises en scène par un Spielberg lorsqu'il raconte la guerre ou bien celles de Gaspard Noé lorsqu'il décrit un viol. Avec le temps donc Killing Zoé bonifie sa cuvée, mettant en exergue sa belle mise en forme et son impeccable sens du rythme. Avec le temps enfin, on apprend à faire la différence entre des films gratuitement violents pour le spectacle et les autres. A ce titre il serait peut-être temps de diminuer le nombre de copies des blockbusters de Mickael Bay. Non ?


Enzo

Le pour :  Rythme, jeu, insoutenable légèreté d'actes condamnables.
Le contre :
Scènes de rue d'ouverture et de fermeture, très vilaines.

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17 octobre 2005 1 17 /10 /octobre /2005 00:00

Grande Bretagne - 2005 (Brothers Grimm)


Genre : film d'entreprise
Réalisateur : Terry Gilliam
Scénario : Ehren Kruger
Directeur de la photo : Newton Thomas Sigel
Casting : Matt Damon, Heath Ledger,
Jonathan Pryce, Lena Heady, Monica Bellucci
Musique : Dario Marianelli

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Chez Les Grimm, les jours de fêtes, c'était soupe au lard. Sans lard. Au prix du lard... Une bonne bolée d'eau chaude avec un peu de terre en guise de sel. Au prix du sel.
Et pour soigner la tuberculose de leur mère, Wilhelm et Jacob, surtout Wilhelm d'ailleurs, devait aller briser l'épaisse couche de glace qui recouvrait le puit au fond de la cour, pour en extraire un peu d'eau à l'aide d'une fourchette. Non pas que Jack n'aima pas suffisamment sa maman pour s'adonner à cette basse besogne, bien au contraire, mais sa formidable lucidité pré-adolescente lui avait déjà fait entrevoir le pire. Et loin d'accepter la fatalité, ce dernier avait décidé de se réfugier dans un monde imaginaire.
Comme pour surmonter les vicissitudes d'un monde réel décidément trop cruel. La vie est en effet bien moins rude au pays des haricots magiques.
Pourtant, Les Frères Grimm ne vont pas devenir dealers par dépit malgré leur rude apprentissage en zone rurale. Ce lourd passif ne les conduira pas non plus à brûler des voitures car l'éducation qui fût la leur lors de leur passage au pensionnat de Sarlat va à jamais guider leur existence. Comme quoi, il n'y a pas de fatalité.

Devenus de vrais filous professionnels avec mention bien en chourre et assez bien en escroquerie, ils vont écumer leur contrée natale à l'affût de gogos près à tous gober. Et à l'époque, il n'y avait qu'a se baisser. D'où un succès fulgurant auprès des populaces locales.
La raison face aux croyances. Un bon fond de commerce que perpétuent encore allègrement les télévangelsites de tous poils et de toutes confessions. Qui a dit que les temps changent?
- Mais nan, c'est Le temps qui change. Y a plus d'saisons ma bonne dame.
Ha, d'accord.
Pour appuyer cette évidence climatologique, il est vrai que pour enrhumer du crétin, ils connaissent leur affaire : exorcisme de sorcière, chasse aux trolls et engrossage de jeunes villageoises crédules n'ont pas de secrets pour eux. Du moins pour le dégourdis et sceptique Will. Car son frérot lui n'a pas atterrit depuis sa prime jeunesse et voit des nains partout.
Et pour bien noircir le tableau, leur patrie est en passe de tomber sous le joug d'un nabot corse neuroleptique au "moi" surdimensionné. Un sale français mangeur d'escargots et portant le bicorne, qui voudrait faire main basse sur tous les champs de patates des royaumes alentours. Ce mégalo court sur pattes envoie donc ses troupes dans la campagne germaine pour instaurer les préceptes cartésien en lois officielles. Entrant ainsi en conflit ouvert avec les frangins Grimm.

Rien à y redire. Le thème était taillé sur mesure pour Terry Gilliam. Sur le papier. Car dans les faits, le constat est plus amer.
Les largesses qu'il a prises avec la biographie de vrais Frères Grimm sont plutôt réjouissantes, les décors sont somptueux, l'atmosphère forestière
est présente et Matt Damon est franchement excellent.
- sérieux??
Vraiment.
Il transperce l'écran dans son rôle de faux-cul cynique à qui on ne la fait pas. Il s'est totalement investit, avec beaucoup de générosité, et on ressent même la jubilation de l'acteur dans certaines scènes. Le contre-emploi payant que cherche beaucoup de comédiens. Souvent vainement.
Ici, ça prend. Malheureusement, le reste du casting et un peu écrasé par la performance. Jonathan Pryce fait ce qu'il faut, ni plus ni moins, en bon routier de l'univers gilliamesque, Peter Stormare en fait des caisses, Lena Heady est transparente, Monica Bellucci, anecdotique, et Heath Ledger
marche un peu trop sur les plates-bandes de Johnny Depp pour être honnête. Ensuite un compositeur, Dario Marianelli, qui fait son Danny Elfman.
Niveau mise en scène, Gilliam nous a trop habitué à son foncier hors du commun. Hors, Les Frères Grimm s'essouffle assez rapidement. Notamment à cause d'une intrigue "même pas secondaire", puisqu'il s'agit du fond du film, mais envisagée comme telle. Du coup, totalement dispensable.
Et puis son style, reconnaissable entre mille, fait de grand-angles et d'effets spéciaux à la débrouille est en train d'être rongé par la standardisation du tout-numérique. Et ça, ce n'est guère rassurant.


Depuis le naufrage financier, totalement injuste, du Baron De Munchausen, Terry Gilliam traîne cette étiquette rare et précieuse mais Ô combien pesante d'électron libre du cinéma d'entertainment américain. Comme d'aucun porte un fardeau. Et il est résolument seul à porter sa croix.
La Sainte Inquisition Hollywoodienne a donc à l'œil ce farfelu mage au rire sardonique et aux projets démoniaques. Ces prétentions étant en effet forts hérétiques : faire rêver, rire, pleurer. Emouvoir en somme.
Pourquoi le sortilège ne prend-il alors pas?
Le sorcier Gilliam aurait-il dépensé trop de bave de crapaud et de cornes de bouc dans son Grand Oeuvre maudit, Don Quichotte? Ou faute à un scénar si mal ficelé que même un maître jedi de l'imaginaire tel que lui ne pouvait mener Les Frères Grimm à bien. Même pas sûr.
Car le film de commande est un exercice dont il peut s'affranchir avec brio ; L'Armée Des Douze Singes. Les voies du succès sont décidément aussi obscures que celles des forêt teutonnes du XIXème siècle. Et on ne gagne pas à tous les coups, malheureusement. La plupart des ingrédients alchimiques étaient pourtant réunis dans la petite entreprise Grimm : la fable, le visuel, Le comédien...
Le problème majeur avec les recettes magiques, c'est précisément que s'il manque le moindre ingrédient, la concoction aux propriétés surpuissantes vire au placebo. Et côté maîtrise scénaristique, Terry Gilliam semble avoir été mis sous tutelle. Ou alors dépassé. Or, aux vues de ses antécédents, il est difficile d'imaginer un Gilliam débordé par quelques circonvolutions scénaristiques. La première option s'impose d'elle même.
- Dans ton esprit de fan tordu, oui.
Moi je suis le fan, c'est toi mon esprit, espèce de tordu!
On sent qu'à plusieurs reprises dans Les Frères Grimm, les rangs de la confrérie des Inquisiteurs se sont resserrés autour de lui. Quand son espiègle esprit commençait à marauder trop ostensiblement, faisant gonfler sensiblement un budget déjà astronomique. Du moins pour un Terry Gilliam.

Le film est donc ponctué de Gilliam par intermittence. Et à la vérité, il n'est surement pas totalement étranger au ratage relatif du projet. Avec son caractère de cochon, avec celui des frères Weinstein, et avec tous les aléas que peut comporter un film réalisé par le plus anglais des américains.
Et comme si la fiction, ou la vision, rattrapait la réalité, ce dernier ressemble de plus en plus à son héros Brazilien Sam Lowry. Reste à savoir s'il se fera broyer par La Machine ou si son âme est définitivement libre de toute contingence. On en saura plus dans son prochain tour de passe-passe.
En tous cas, à Cinematic, on lui souhaite de vivre heureux éternellement. Sinon j'ai une bonne adresse de marabout pour lui.


Aswip'

Le pour : Il était une fois...
Le contre :
on sait comment finissent les contes de fées.

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6 octobre 2005 4 06 /10 /octobre /2005 00:00

USA - 2005 (Rize)


Genre : Bouge !
Réalisateur : David LaChapelle
Scénario : Streets in L.A.
Directeur de la photo : David LaChapelle
Casting : Tommy the Clown, Lil C, Dragon, Tight Eyez, Miss Prissy, La Niña...
Musique : Amy Marie Beauchamp, Jose Cancela

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

A Los Angeles les orphelins sociaux sont forcément noirs. A peine sortis de l'enfance des gosses servent de proie aux gangs à l'affût, qui ponctuent un quotidien tendu, de fusillades à l'aveugle. La ville dont le nom évoque plus les âmes de ceux qui n'y survivront pas, qu'une quelconque allégorie chrétienne, teinte souvent son bitume d'un rouge sombre... à l'origine d'éternelles représailles. Pour beaucoup de jeunes, le début d'une existence responsable nécessite un choix radical. Avant c'était "marche ou crève", désormais ça sera "gang ou krump".

RIZE (lève) est une incitation à l'élévation pourtant plus lourde que quatre blocs de béton. En quatre lettres massives, l'accroche est plus proche d'un ordre à suivre que symbole d'espoir et résonne comme PRIDE (fierté) pour appuyer un besoin vital de s'affirmer. A l'origine pour Tommy The Clown c'était plutôt SHINE (éclat). Au lendemain des tristement célèbres émeutes de Los Angeles de 92, Tommy s'aperçoit qu'il sait faire émerger les bonnes vibrations lorsqu'il se grime façon Ronald et qu'il entraîne dans sa ronde les plus jeunes dont il célèbre les anniversaires. Il bouge et fait bouger, il harangue et ses maux s'expriment à pas déjantés. Très vite l'effet positif fait boule de neige et des gangs de Clowns émergent de partout, optant pour une danse plus emprunt à un langage de communication qu'à des effets de style chers à MTV. Les codes s'inversent et les jeunes montrent la voie aux aînés; bientôt tous se mettent à bouger et se persuadent qu'ils tiennent là quelque chose pour lutter contre toutes les formes d'agression d'une classe sociale qu'une amérique a tassé bien au fond.

Tommy devient un modèle et sa danse une référence. Les gosses qui l'accompagnent ont grandi avec lui et font vivre à travers leurs parcours respectifs le "Clowning" en le dotant de nouveaux gestes. Ainsi naissent le "striper", variation plus dévêtue et plus secoué du bassin, et le "krump" forme aboutie d'une expression corporelle plus proche du cri que de l'arabesque. Les danseurs se poussent, les attitudes sont plus menaçantes et soulignées par de nouveaux maquillages plus tribaux, en lieu et place du traditionnel maquillage de clown. Pour certains d'ailleurs la mutation est trop marquée et entraîne une rupture. Désormais il a ceux qui Clownent et ceux qui Krumpent, et tous se rejettent mutuellement l'étiquette "ringarde" de leur choix. Malgré tout, l'adversité affichée des deux styles n'empêche aucunement la valeur de respect que chacun accorde les uns aux autres. Il a suffit d'une confrontation à la hauteur des espérances dans une vaste salle se sport pleine à craquer, pour rendre compte du même objectif : danser pour s'affirmer, distraire pour se faire un nom, sinon une place. Ce jour là les Clowns ont affrontés les Krumpers dans des duels jugés par les applaudissements du public. Par catégories d'âge, de corpulence, et de sexe, ils ont tout donnés sous la jurisprudence de Tommy qui annonçait le verdict du jury venu en masse soutenir ses favoris. Ce jour là au score ce sont les Clowns qui l'ont emporté mais c'est tout le monde qui s'est régalé. Et pourtant ce jour là c'est Tommy qui a pleuré, puisque durant le show un gang, un vrai cette fois, s'est introduit dans sa modeste demeure pour tout mettre à sac... Faut croire que la rue n'aime pas voir sa jeunesse s'amuser.

Difficile de se dire où David LaChapelle a su exprimer son point de vue. Dans ce documentaire il est plus à l'aise pour poser sa caméra dans des angles appuyés que pour filmer la détresse de Tommy cambriolé, expulsé, et révulsé quand il se rend dans une famille en deuil. Sûrement par optimisme et par l'espoir inattendu qu'a engendré ce mouvement, David a préféré mettre en avant le précieux élan que ses accidents de parcours. A cette option les larmes de Baby Tight Eyez mettent du baume au coeur lorsqu'il se rend compte de l'admiration qu'il suscite au yeux de Tight Eyez, son modèle. Celles de la Niña passent moins bien, elle qui voulait en mettre plein la vue à la sublime Miss Prissy. Du coup, malgré les pleins feux sur l'aspect positif du mouvement, le spectateur garde en fin de projection un goût amer en bouche, pas rassuré par l'ombre du mal qui plane toujours et encore, esquivé d'une certaine manière par les inattentions du réalisateur.

Pourtant l'espace d'un instant David LaChapelle a mis le doigt sur quelque chose d'intéressant, de sous-jacent, d'inexprimé en surface... Quand aux images de duels de rue il superpose des images d'archives de tribus d'Afrique s'affrontant de la sorte, on se rend compte qu'il y a quelqu'un derrière la caméra et qu'il a quelque chose à nous dire... Mais l'inspiration reste passagère et David redevient vite le photographe de talent qu'il est pour le plus grand bonheur des esthètes, mais au détriment de ceux en quête de réponses.


Enzo

Le pour :  Aucune image n'a été accélérée.
Le contre :
Sensation d'inachevé.

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30 septembre 2005 5 30 /09 /septembre /2005 00:00

US - 2004 (The Corpse Bride)


Genre : splendide
Réalisateur : Tim Burton
Scénario :
John August
Directeur de la photo : Pete Kozachik
Casting : Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Emily watson, Christopher Lee...
Musique : Danny Elfman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Comme parfois la vie peut-être étrange et pleine de coïncidences... Seulement quatre jours après avoir molesté cinématiquement le Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton, je trouve en ouvrant un sachet de trompette de la mort un faire-part et une invitation m'annonçant Les Noces Funêbres de ce même Lord Burton. A n'en pas douter, le vil coquin voulait m'attirer dans un traquenard pour me remettre les idées en place, ou bien pire...

Quoiqu'il en soit mon âme d'intrépide aventurier n'a pas résisté à courir vers cette tour de verre où la cérémonie de projection aurait lieu. Guettant du coin de l'œil l'apparition d'un Tim armé d'une matraque ou d'un crucifix pour me punir, j'attendais sagement. Puis, les ténèbres se firent et le film commençait.

Les chiens gueulent, le film passe...

Mr. Burton vous avait-il réjouit avec son premier et génial long métrage d'animation en 1993, A Nightmare before Christmas, un halloween croisé avec Noël sur fond de music-hall ?
Alors, les secondes réjouissances arrivent.
Dans un ballet d'images, de musiques et de couleurs, Les Noces Funèbres sonne le glas des morales au cacao dans mon esprit.
Tim Burton revient donc au pas de charge avec ce qu'il sait faire de mieux : les rêveries ténébreuses. Tout s'en s'inspirant d'un conte russe du 19e siècle et mêlant décors et personnages dans une réalisation en stop-motion virtuose, ce film d'animation est un régal. Non content de nous éblouir les pupilles, l'histoire, qui oscille entre comédie romantique et tragédie gothique, garde une sobriété qui devient une force tant elle est servie par une narration millimétrée. Même si les ressemblances avec L'Etrange Noël de Mr Jack sont trop claires pour être inavouées, on ne peut reprocher qu'elles soient inefficaces et réchauffées tant la qualité et la finesse des plans a été travaillée pour servir le récit et y ajouter cet onirisme burtonien. J'entends par là de la personnalités dans les designs, des plans composés et détaillés,  un "acting" de personnage plus qu'efficace, du mouvement, de l'humour, de la poésie et une musique intrinsèquement liée à la beauté de ce conte.

Ces Noces Funêbres sont donc un moment délicieux d'1h15 (que je n'ai pas vu passer) qui ravira les fans des premières armes de Burton, (notamment ceux du court métrage de 6 min, Vincent, réalisé alors qu'il travaillait chez Disney). Sachez tout de même que les voix sont assurées par  Johnny Depp (abonné), Helena Bonham Carter(pistonnée), Emily Watson (juste) et la voix même des ténèbres,  Christopher Lee. Et, est-il utile de préciser que toutes les musiques (ainsi qu'une voix au passage) sont signées Danny Elfman ? Non, ça je pense qu'on pouvait le deviner...

Je n'en dirai pas plus sur l'histoire de ces noces funèbres car je vais respecter  la tradition : la mariée ne doit pas se dévoiler avant d'arriver à l'autel le 19 octobre. Je me garderai donc de vous en dire plus mais je ne saurai que vous conseiller d'y aller les yeux fermés. Enfin ouvrez-les, et en grand, une fois dans la salle. Ce serait dommage de rater cette mortelle cérémonie.

Yerom

Le pour :  Les images
Le contre :
L'impression de déja-vu.

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23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00

US - 2004 (Charlie and the Chocolate Factory)


Genre : Mon chéri
Réalisateur : Tim Burton
Scénario :
John August (d'après l'oeuvre de Roald Dahl)
Directeur de la photo : Philippe Rousselot
Casting : Johnny Depp, Freddie Nightmore, Annasophia Robb, Christopher Lee...
Musique : Danny Elfman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


- "Sans blague, le dernier film de
Tim Burton est sorti ?"
- "Oui, tu as pas vu les affiches ? Faut sortir un peu de ta cabane dans les bois Huckleberry ! Ca s'appele Charlie et la chocolaterie"
- "aaaaaaah Ok ! C'est ça ? Oh oh oh... Les affiches étaient tellement infâmes que je ne pensais pas qu'on pouvait annoncer la dernière rêverie de
Tim Burton comme ça. Non c'est pas possible, tu me taquines là"
- "Pas du tout. Et puis arrête d'être comme ça, on juge pas un film sur le graphisme de son affiche. Relâches tes sphincters un peu, puis t'es chiant t'aime jamais rien."
- "Comment ça ? J'aime jamais rien. C'est faux en plus. Il existe des films que j'aime."
- "Ah ouais ? Et lesquels ? Fais-moi marrer tiens !"
- "T'es vraiment lourd quant tu t'y mets."
- "Ok ben va voir le
Tim Burton et on reparlera."

Ok parlons-en tiens...
Tim Burton (est-il utile de le présenter ?) est allé faire un stage chez milka en lisant le conte de Roald Dahl et il en a fait un film, revenant à ce qui lui tenait à coeur, la rêverie et les contes. Charlie et la Chocolaterie étant un pylône en matière du genre au format livre, il semblait profilé pour celui à l'écran, celui d'un conte qui susurrera une histoire merveilleuse aux oreilles et yeux de tous et plus particulièrement aux enfants. Alors aurais-je perdu mon âme de bambin pour ne plus apprécier le conte de ce cher Tim ? Je ne sais que dire...
En fait, je vais vous avouer une chose, j'ai toujours détesté les chocolats à la liqueur quand j'étais petit, particulièrement les "Mon Chéri". Oui, je détestais cette sensation de me faire duper en croquant le chocolat et sentir cet écoeurant liquide couler sur ma langue, ça m'apprendra à aller chiper des chocolat dans la boite. L'écorce recelait donc un arrière-goût nauséabond m'apprenant à me méfier, tous les chocolats ne sont pas un délice...
Charlie et la Chocolaterie aurait pu être un bon moment si je n'avais pas eu la mauvaise surprise de la liqueur.
Burton, égal à lui-même, nous sert une réalisation propre, soignée, pleine de couleurs et en musique (
Danny Elfman fidèle au poste).  Son imaginaire graphique et de mise en scène met l'univers assez en valeurs et on a vite fait de ce laisser charmer par tout ce petit monde. Mais arrive le mauvais goùt dans la bouche...
Ce fameux mauvais goût a pris la forme d'une morale plutôt douteuse dans cette histoire. Volontaire ou non, l'idée véhiculée en arrière-plan est effrayante surtout quand on se dit qu'il s'agit d'un conte. Il est alors résolument ancré dans son époque, capitaliste au possible et basé sur le dépouillement de toute personnalité. Passé outre les guirlandes et le chocolat, je te pose alors, fidèle lecteur ces quelques questions :
- Que penser de cette vision d'usine grise et gigantesque dont les cheminées surplombent d'un air menaçant la petite ville du haut de sa colline ?
- Que penser du crédit apporté à ce chef d'usine nommé Willy Wonka, incarné par
Johnny Depp, qui licencie sur un caprice tous les employés mettant la petite ville dans la pauvreté ?
- Que penser ensuite de ce même Willy Wonka qui va chercher des indigènes rigolos dans la jungle pour les transformer en travailleur clandestins dans son usine (mais bon ils sont rigolo, ils chantent en travaillant) ?
- Que penser de cet oncle qui vient tout penaud se mettre quasi à genoux devant ce chef d'entreprise qui a ruiné sa famille quelques années plus tôt pour pouvoir visiter les locaux de l'endroit où il travaillait la larme à l'oeil?
- Que penser de ces sentences infligées au enfants qui souffrent de la mauvaise éducation de leur parents et que l'on montre du doigt comme étant la honte du genre humain ? (la sortie de l'usine est une honteuse lapidation morale)
- Que penser du châtiment physique infligé à l'enfant le plus intelligent du groupe (il a tout de même réussi à pirater le système informatique de Willy Wonka pour avoir un ticket) ?
- Que penser de ce Charlie qui ne pense jamais, qui ne dit jamais rien, qui reste en place, qui ne fait rien et qui se voit félicité de n'être rien d'autre que quelqu'un d'inactif ?
Alors, que penser de tout ça ?

Après avoir vu Charlie et la Chocolaterie, j'ai été déçu et choqué par les idées étranges qu'on dissimule derrière les rêveries et une cascade de chocolat.
Tim Burton a pourtant réalisé son histoire avec grand brio et maîtrise, des décors somptueux, des couleurs dans tous les sens, des acteurs au bon endroit mais le coeur de l'histoire ne m'en reste pas moins douteux et amer pour autant. On pourrait alors penser à une surenchère visuelle pour combler un manque de réflexion sur le fond. Et ce ne sont pas les facéties des Oompas-loompas qui après m'avoir distraites me feront avaler cette liqueur intérieure.
Désolé Tim, mais ce film se liera à la La Planète des Singes pour former le duo de tes films que j'ai vraiment mal digéré.
Heureusement que tu nous as aussi servi des merveilles tout de même.

Maintenant j'espère que son prochain long métrage d'animation The Corpse Bride qui sort sur les écrans pour la fin de l'année sera plutôt du genre kinder surprise, ça fera office de bon bain de bouche.


Yerom

Le pour :  Le chocolat
Le contre :
La liqueur

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30 août 2005 2 30 /08 /août /2005 00:00

USA - 2005 (Stealth)


Genre : y steak haché
Réalisateur : Rob Cohen
Scénario : W.D. Richter
Directeur de la photo : Bill Pope
Casting : Josh Lucas, Jessica Biel, Jamie Foxx, Sam Shepard
Musique :

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Quand l'intelligence artificielle vole au secours des marines. Pourtant, le mariage de l'intelligence et de l'armée s'apparente plus à celui de la carpe et du lapin qu'à une éventualité. Cela dit, en l'occurrence l'intelligence n'est qu'artificielle. Pas de quoi s'alarmer donc. Même pas de quoi s'offrir une vraie intelligence ou une intelligence ne serait-ce que normale avec des budgets pourtant colossaux. Non.
Elle sera artificielle l'intelligence. Faudra faire avec et se la partager car il n'y en aura pas pour tout le monde.


Déjà, pour ce qui est du sens commun, autre forme d'intelligence, c'est réglé. Le scénariste en est totalement dépourvu. Concédons lui l'art consommé et hautement maîtrisé d'enfiler les clichés comme autant de perles. Dire que ce type, W.D. Richter, a signé entre autre chose le scénario des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin et réalisé Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension. Je suis malade de voir à quoi il est désormais réduit pour manger.
Et hasard des calendriers de distribution ou manque de bol total, mais sortir Furtif quelques mois après Team America, Police Of The Wolrd relève
du naufrage annoncé. L'intrigue de Furtif étant la même que celle des facétieux créateurs de South Park. Le douzième degré en moins :
Une équipe très soudée et velléitaire n'a de cesse que de faire manger leurs bulletins de naissances à tout ce que la planète compte de barbus
ou autres nord-coréens. Leur chef, pauvre Sam Shepard, est de la vieille école mais toujours à la pointe de la veille technologique lorsqu'il s'agit de dégoter l'arme ultime anti-terroristes. Ici, ce ne sera pas un comédien de Broadway au sommet de son art mais un PC sous Linux dernière génération de noyau cadencé à plusieurs téta-octets. Le tout savamment agencé dans un avion furtif tuné au néon bleu du meilleur goût.
Evidemment, les théoriciens du bug de l'an 2000 n'avaient pas envisagés leurs savants calculs sur le bon mode. S'ils s'étaient basés, en toute logique binaire, sur le calendrier péruvien, ils auraient eut tôt fait de découvrir que l'Armageddon numérique était prévu pour 2043, période qui nous occupe.
Et donc, Edi, c'est le joyeux sobriquet de notre furtif avion de chasse, pète un fusible. Il s'éveille à une forme de conscience que ses tuteurs
militaires nomment "intelligence". Alors qu'à la vérité, il va les foutre méchamment dedans par ses accès d'indépendance.
Pour faire court, il va atomiser le tout venant à sa guise.


On part donc sur des bases assez sévères avec cet ambitieux mélange de Top Gun, Firefox et 2001 l'Odyssée de l'Espace pour l'ordi psychotique.
Ajoutez à cela,
ATTENTION SPOILER, surligner si vous voulez lire
l'histoire d'amour qui ne dit pas son nom entre Josh Lucas et Jessica Biel, le décès prématuré du black de service, pauvre Jamie Foxx,
le sauvetage du boulet du groupe, évidemment la fille, en territoire communiste, le revirement d'attitude de l'avion renégat, lui aussi atteint de patriotismite aigu, et le boss qui, acculé, se tire une balle pour être bien en phase avec sa déontologie martiale, décidément pauvre Sam Shepard,
FIN DU SPOILER

et Rob Cohen (xXx, Fast & furious) qui finit de vous achever à la réalisation... ça commence à faire du bien trop gros spectacle pour le peu de neurones du spectateur lambda. Soit le springbreaker plein de bière (pléonasme) ou le troufion d'active démoralisé en Irak (pas mieux). Car Furtif est définitivement un film républicain, pour républicain. On nage (on vole devrais-je dire) en pleine propagande martiale outrancière et relativement assumée. Même si Rob Cohen prétend plutôt jouer la mise en garde contre les dangers de la technologie en interview. Vaste blague.
On est donc dans la réalisation poids lourd avec force filtres et grands angles. Pour donner du dynamisme tu comprends. Côté FX, t'as vu, j'me fais pus iech sur le style il est trop cheum ce film mé c d'la balle, pardon, côté effets spéciaux donc, il y a du travail. C'est indéniable. De la Post-production. La bande originale en revanche...
Pfffffff...
Je vais arrêter ce genre de film un petit moment. Faut que je fasse une pause dans ma relation avec les raves. Sur le coup, j'étais emballé, pris dans l'euphorie des ballets aériens que j'étais, à la limite du manque d'oxygène et débordant de cynisme à l'idée de coucher ce sommet de nullité sur page html mais là, quelques jours après, à froid et bien redescendu, c'est assez pénible en fait.
Et puis ces avions furtifs qui n'ont de furtif que le nom et que l'on ne cesse de voir... tout le temps... en piqué... en looping...
Vivement que les démocrates regagnent la Maison Blanche histoire que le film d'action hollywoodien se rassérène un peu. Ou au moins que le rythme de ce genre de produit se fasse plus irrégulier.

Je suis usé.

Furtif ou encore un gros film YEAAAAHHHHHH!! de l'été qui s'achève et qui nous met sur les rotules.
- l'été ou le film?
Les deux mon n'veux.

Vivement la rentrée qu'on aille bosser tiens.


Aswip'

Le pour : typiquement le genre de film que j'adore détester
Le contre :
on voit même pas les miches de Jessica Biel. Pas YEAAAAHHHHHH!!

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22 août 2005 1 22 /08 /août /2005 00:00

USA - 2004 (Mr. and Mrs. Smith)


Genre : toy story
Réalisateur : Doug Liman
Scénario : Simon Kinberg
Directeur de la photo : Bojan Bazelli
Casting : Brad Pitt, Angelina Jolie, Vince Vaughn, Adam Brody
Musique : John Powell, Julianne Jordan

Scénario
*****
Mise en scène

*****

Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Dans le civil, Lara Croft se fait appeler Jane. Jane Smith. Mais on a tous reconnu qu'il s'agissait de Lara Croft. A cause... de... vous savez... sa grosse... natte. Et Action Man le plus grand de tous les héros, comme il ne veut pas être en reste côté pseudonyme, il a choisi de se faire appeler John. John Smith. Car en fait, il est marié avec Lara Croft dans la vraie vie. Malheureusement pour le parfait équilibre de cette union si parfaite, leurs employeurs respectifs ont décidés de manière simultanée et respective d'éliminer tout concurrence. De manière respective.
Lara Croft et Action Man le plus grand de tous les héros vont donc se retrouver en première ligne et face à face. Elle pour exploser Hasbro et lui pour atomiser Eidos Interactive. Soit pour réduire à néant le gagne pain l'un de l'autre et vice et versa. Et pour ceux qui ont déjà quelques difficultés à suivre, cela risque de ne pas s'arranger puisque le meilleur est à venir.
Et le voici.
Ils ne savent rien, ni l'un, ni l'autre, de la réelle identité de l'un et de l'autre. Autrement dit, cette truffe de Lara Croft est à des lieues d'imaginer qu'elle partage le même toit que Action Man le plus grand de tous les héros et ce dernier, ce ballot, n'a même pas reconnut que sous les traits de Madame Smith se cache en fait Lara Croft. Vraiment, c'est à désespérer de nos héros. Pourtant lui, avec sa coupe militaire, ses tablettes de Galak en guise d'abdos et ce bras gauche en plastique tout raide, contrairement à l'agent
Big Jim, qui lui bénéficiait d'une articulation cubitale très au point. Et elle, quand même... avec ses... sa... grosse natte toute tendue.


Mais passons sur les grosses ficèles d'un scénario pas finaud mettant aux prise la pègre des multinationales du jouet. Concentrons nous plutôt sur cette fumeuse intrigue qu'on a eut tant de mal à mettre à jour de manière compréhensible et qui repose sur une mystification grossière. C'est aussi ça Hollywood. Plus c'est énorme...
Les jeux sont fait et rien ne va plus dans le couple. Après avoir découvert l'identité secrète (tu parles...) l'un de l'autre, c'est la grosse descente pour les époux Smith. "Mais comment, tu m'avais pas dis que ton père c'est Jon Voigt" ou "Tu peux parler, t'as bien du t'amuser avec Thelma et Louise...". Et ce n'est que reproches à n'en plus finir.
Allant jusqu'à comparer la taille de leurs queues pour savoir qui portera la culotte. c'est que la nature à pourvue Lara Croft d'une grosse paires de coroñes en plus d'une grosse... d'une unique grosse natte. Et quand Action Man le plus grand de tous les héros apprend qu'elle chasse le T-Rex au fusil à pompe et que Hollywood lui fait des ponts d'or pour adapter ses aventures sur grand écran, son sang ne fait qu'un tour le mettant dans une rage folle. On a beau être de nature démocrate libérale et plutôt progressiste en terme de droits de la femme, quand c'est ta propre meuf qui beurre les épinards alors que tu jouis du titre envié de plus grand de tous les héros, c'est les boules. Donc une grosse scène de ménage s'ensuit. A base de croc en jambes et coups de coudes dans la bouche.


John Smith est le nominateur commun le plus répandu de tous les pseudos espions en mission qui s'enregistrent dans un motel avec vue sur leur cible.
Ou qui réservent une table incognito pour parachever une filature en milieu hôtelier. Il y a des patronymes comme ça. John Doe étant celui du psychopathe lambda par exemple. Tout cela est archi connu dans le milieu sous-marin. Comment alors Mr & Mrs Smith ont-ils donc pu partager cinq (ou six) années de vie commune sans avoir jamais rien soupçonné des activités de taupes l'un de l'autre. Sont-ils à ce point doués pour la duplicité? Ou tellement mauvais qu'ils méritaient de former un couple de tueurs au rabais?
Une chose est sûre, dans les grosse productions ludiques de l'été, on en est pas à quelques à peu près près. Le scénariste de Mr & Mrs Smith n'a sûrement pas souffert de vilaines migraines tant le scénarii dont il a accouché est mince et ficelé à la va vite. Il repose entièrement sur la qualité de jeu des interprètes. Angelina Jolie et Brad Pitt font leur possible, voire plus car affinités, pour incarner le sémillant couple Smith mais leur plastique respective ne fait même pas illusion. En tous cas, pour le spectateur. Voir la pathétique scène de danse que même un Arnold Schwarzenegger exécuterait avec autrement plus d'éclat.
Et pourtant, le thème est éculé et les exemples de réussites sont légions :
Michael Douglas et Kathleen Turner dans La Guerre Des Roses, Uma Thurman et David Caradine dans Kill Bill vol.2, Arnold Schwarzenegger, encore lui, et Jamie Lee Curtis dans True Lies, Roland Blanche et Hélène Vincent dans Bernie...
Reste une réalisation punchy de Doug Liman qui assure son cachet dans les règles de l'art : Toujours plus. Toujours plus loin, toujours plus gros, king size, Extra Large, XXL. Et ça donne un mauvais remake surproduit de Un Gars Une Fille qui part gravement en sucette. Car shooté aux effets pyrotechniques pour palier une écriture bâclée.


Aswip'

Le pour : la poursuite à contresens sur la freeway
Le contre :
quelques semaines de plus à plancher sur les personnages n'aurait pas été du luxe

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3 août 2005 3 03 /08 /août /2005 00:00

US - 2004 (Land of the Dead)


Genre : Zombis everywhere
Réalisateur : Georges A. Romero
Scénario :
Georges A. Romero
Directeur de la photo : Miroslaw Baszak
Casting : Simon Baker, Asia Argento, Dennis Hopper, John Leguizamo, Robert Joy...
Musique : Reinhold Heil

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Au cinéma, il est de coutume actuelle de faire revenir à la vie les morts afin qu'ils viennent dévorer les vivants. Certes, le grand écran n'est pas à son premier essai de rite vaudou car on avait pu voir dans les années 80 une floppée de pellicules insolées des pas lents de nos chères tètes putréfiées, plus communément nommées "zombi". Un hommage leur fut rendu par un certain roi de la pop dans un célèbre clip vidéo sonnant ainsi le glas du film d'horreur sauce zombi ou, pour les afficionados, "undead". De toute cette profusion, on se souvient seulement du nom de certains réalisateurs. La plupart étant vite retombés dans l'oubli total, le nom de Georges A. Romero est resté comme une référence. Et pour cause, c'est le premier qui a fait trembler bon nombre de vivants dans les salles en 1968 avec le très réussi Nuit des morts-vivants (night of the living dead). Une sombre histoire de vivants reclus dans une maison luttant désespérément contre l'invasion de morts s'étant remis à marcher pour mieux les dévorer.  Charmant... Mais le monde ne savait pas que c'était le premier d'une série qui allait se profiler jusqu'en 2005, année de la sortie du 4eme opus de zombis façon Romero : Le Territoire des Morts (land of the dead). Citons rapidement les deux maillons manquants de la chaine :  Zombi (Dawn of the Dead) en 1978 et Le Jour des Morts vivants (Day of the Dead en 1986).
18 ans après avoir regardé Zombi ('tin déjà !) avec mes potes en cachette de nos parents, j'attendais de voir la suite des aventures des humains contre les morts marchants orchestrées par Romero. Bien sur, c'est plus sympa de pouvoir assister à une avant-première du film présenté par le réalisateur himself, ("Salut Georges, comment ça va?"), hommage au passage au bonhomme pour avoir lancé le genre. Clap clap clap fit la foule.
Romero s'en va, le film commence...
1h30 plus tard, je suis mitigé, pris entre le fait d'aimer et de celui de ne pas aimer. Faut-il que je tranche ?
- Non. (t'as vu aswip', j'ai piqué ton principe)
Alors je vais dire un peu des deux.


Le Territoire des Morts
est un divertissement de zombi sur fond social. On est bien loin du film dit "d'horreur" qui vous prendra les tripes d'angoisse. Bon ok, c'est vrai que l'on voit pas mal de tripailles, de tètes et de giclées d'hémoglobine sur l'écran mais ceci ne sera que gratuit, rien de bien méchant. On peut suivre les aventures tranquillement assis dans son siège en sirotant son soda (interdit aux - de 12ans quand même, faut pas pousser). Le film passe d'ailleurs assez bien puisque la fin arrive rapidement sans qu'on ai eu besoin de regarder sa montre, ceci grâce à un rythme plutôt bien tenu sur un scénario plutôt facile et ultra-classique frisant le déjà vu du genre (Romero fait du Romero après tout).
Le film conte une époque future, après l'invasion de la terre par les mort-vivants. 50 ans se sont écoulés et un poignée d'humains vivent reclus dans une place forte à la taille d'une ville, cette dernière étant cernée par les zombis. Histoire d'une situation de siège et de survie de l'espèce...
Le schéma est classique mais fait partie du genre dont Romero est le créateur, vision transposée de la société.  Là, il vise l'Amérique et son gouvernement actuel de son objectif de caméra.
Le Territoire des Morts, film engagé ? Oui, on peut le dire en souriant. Même si cela peut paraître grotesque, Romero parle de la société américaine, du pouvoir, des gens riches, des gens pauvres et de la lutte des différentes classes sociales. Non sans une certaine lourdeur et maladresse, je vous l'accorde mais il le fait.
Et les zombis dans tout ça ? Euh, ils viennent éradiquer la lutte des classes et mettre tout le monde d'accord, une jambe de riche a le même goût qu'une jambe de pauvre alors pas de fines bouches. Ils mettent aussi un peu d'ordre dans l'établissement supérieur de certains vivants et deviennent le fantasme d'une rébellion contre le pouvoir. Tout cela en croquant du militaire sur leur passage, on est pas zombis pour rien. Bien sur, il n'y a pas d'histoire sans héros et l'on suit les aventures d'un petit groupe d'échappés prêt à se battre contre l'oppresseur, qu'il soit vivant ou mort, afin obtenir une certaine liberté, non pas de penser, mais de pouvoir vivre paisiblement. Ce qui est en somme assez naturel...
Coté casting, les vivants s'en sortent bien. On y croise notamment
Simon Baker (Judas Kiss, Le cercle 2...) en héros aux lêvres toujours "glossées" et aux tenues impeccables, John Leguizamo (Romeo + Juliet, Summer of Sam, L'impasse...) en mercenaire arrogant, Asia Argento (Triple X, Last Days, Le Livre de Jeremie...) en fille de la rue battante (et d'un célêbre réalisateur d'horreur italien), Dennis Hopper (Easy Rider, True Romance, Blue Velvet...) en homme riche et sans scrupules. Tout ce petit monde s'amuse sans prétention, ça joue dans le ton du film. A signaler quelques seconds rôles assez comique tournant en ridicule quelques militaires au milieu de ce foutoir.
Coté morts, le casting est inconnu, même si la caméra suit le parcours d'un zombi s'appropriant le rôle du leader et un rôle au scénario. Ce qui est plutôt rare car les zombis n'aiment pas trop le star-system en général. Petit clins d'oeil pour le retour de
Tom Savini (maquilleur et effets spéciaux d'une longue liste de film) qui a remis la même tenue de motard qu'il portait dans Zombi, où il prenait d'assaut le centre commercial avec ses potes bikers et finissait par la même occasion éventré.
Autre clin d'oeil de sympathie de Romero à
Simon Pegg et Edgar Wright, actuellement à l'affiche dans la comédie parodique Shaun of the Dead, qui apparaissent grimés en zombi chez un photographe.

Arrivant après le "undead revival" des dernières années (28 jours plus tard (même si c'est juste inspiré),
L'Armée des Morts...), on aurait pu imaginer Romero remettre de l'ordre sur ce qu'est un film de zombi.
Mais non.
Malgré quelques volonté de faire avancer quelques idées, notamment dans l'évolution des mort-vivants, le film ne se dénote pas plus que ça et ne revient pas non plus sur les bases. Heureusement, Romero n'a pas eu a mauvaise idée de copier
Jack Snyder en faisant courir ses zombis pour faire moderne et donner du dynamisme comme dans le bancal remake L'Armée des Morts. Mais il n'a pas non plus redonné le même sentiment d'horreur que les gens qui l'ont copié ou rendu hommage ou n'a pas été assez loin pour donner un ton série B. Alors le film, bien réalisé, se faufile, se laisse regarder mais n'est pas assez affirmé dans un style ou un autre. Comme si Romero avait voulu toucher un plus large public désormais plus habitué à se faire molester au ciné devant des scènes de banquet et de ripailles homosapiens d'outre-tombe.

On assiste alors à la chute d'une espèce désespérée face à des créatures décharnées hurlant dans la nuit. Et au passage, on comprends bien que la menace ne vient pas directement et uniquement des morts et même que certains vivants verraient en eux un certains salut contre leur congénères...



Yerom

Le pour :  Divertissant
Le contre :
Peut-être un peu trop divertissant justement.

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Published by Cinematic - dans Les films en vrac
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