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2 août 2005 2 02 /08 /août /2005 00:00

Hong Kong - 2004 (San ging chaat goo si)


Genre : Pur Jackie
Réalisateur : Benny Chan
Scénario : Alan Yuen
Directeur de la photo : Anthony Pun
Casting : Jackie Chan, Nicholas Tse, Charlie Yeung, Charlene Choi, Daniel Wu...
Musique : Tommy Wai

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

L’inspecteur Wing est un flic respectueux et respecté dont l’équipe de choc entièrement composée de jeunes oisillons prometteurs tient la dragée haute aux forces d’intervention spéciales. Pourtant lors de la traque du spectaculaire et déroutant gang des 5, l’impeccable inspecteur assiste impuissant au massacre de ses équipiers… Désespéré il se morfond une année pleine, noyant sa peine dans du Clan Campbell et hantant les bars jusqu’à fermeture. Un jeune officier tente alors de le convaincre d’abréger cette retraite anticipée et de se remettre aux trousses des canailles impunies…

Il faut nous croire lorsque l’on vous dit qu’un vrai Jackie Chan ne se voit uniquement que lorsqu’il est estampillé du label Made in Hong Kong. N’allez donc pas nous faire l’offense de restreindre la cinématographie du maître acrobate à de piètres participations hollywoodiennes Rush Hourdiennes et je ne sais quels autres divertissements clownesques tout juste bons qu’à ne s’approprier qu’une pâle version de démonstration des talents du petit dragon-chat. Ca nous vexerait.

Jackie n’est jamais plus à l’aise que sur ses terres, exploitant au maximum ses talents de cascadeur, de chorégraphe, de réalisateur, et … d’acteur (j’en vois qui rigolent au fond). Même lorsqu’il n’est pas le narrateur de ses propres aventures, l’idole du pays a assez de bagou et de bagages pour se permettre d’axer la réalisation d’un film afin d’obtenir le meilleur angle de vue possible sur ses galipettes et entrechats, ceci sans provoquer le moindre tollé d’indignation du réalisateur attitré. C’est assez rare pour le souligner et cette précision suffit à expliquer que le cinéma de Jackie Chan est un cinéma de genre à lui tout seul : Jackie est unique, et seul Jakie est prompt à faire du Jackie. Point. Alors certes quelques joyeux drilles peuvent s’essayer aux pirouettes urbaines, franchir d’un saut de biche une grille barbelée de 3 mètres 10, traverser une lucarne de haut de porte sans toucher la moindre embrasure, ou dévaler de l’échafaudage gigantesque en flip-flap arrière, mais parmi la pléiade d’imitateurs, et outre l’audace acrobatique, combien ont le talent dramatique de Jackie ?

Aucun.

Même en étendant la sélection en dehors du cinéma d’action pas un comédien ne saurait retranscrire ce jeu si typique dont le modèle ouvertement avoué n’est d’autre que Buster Keaton… Personnellement je préfère cette référence gentiment obsolète au modèle de comédie des Yamakasi emprunt du style d’AB productions. Jackie lui n’a que faire de la mort du cinéma muet. Son jeu s’exprime d’une gestuelle digne du mime Marceau, toujours dans l’excès d’intention histoire d’intensifier l’émotion censée susciter et de palier un certain, mais néanmoins sympathique, manque de talent d’acteur. Quand Jakie se caille les miches il claque fort des dents et se donne de violents coups au torse pour se réchauffer, quand Jakie est surpris il écarte bras et jambes en s’arc-voutant grossièrement et écarquillant tout ce qu’il peut, et quand Jackie pleure, il pleure de tout son corps. Son faciès se déforme tel les masques grotesques de la comédia del arte avant de s’inonder de chaudes larmes à grandes vannes ouvertes.

Autant prévenir ceux que ça agace que dans New police story Jackie pleure beaucoup. Tant en fait, qu’en conclusion du traditionnel bêtisier de fin de séance l’acteur visiblement mis à mal par les intentions du réalisateur, avoue même ne plus avoir assez de glandes lacrymales pour continuer la prise… Globalement d’un point de vue de spectateur occidental, on en demandait pas tant. On a beau apprécier la pantomime de Jackie, Benny Chan plombe franchement son film de longs instants de détresse absolue, n’hésitant pas à nous faire de la redite lors de certaines scènes éthyliques ou l’inspecteur Wing taquine du verre de sky. Ca larmoie pas mal donc et, hormis une excellente scène d’évasion et des interventions délicieuses mais retenues des personnages secondaires, ça ne rigole pas des masses, ce qui est peu coutumier d’un Jackie Chan plutôt enclin au divertissement pur. Selon certains fans assidus (y’en a qui le sont plus que nous je vous l’assure) ce film serait le point de départ d’une nouvelle carrière plus orientée vers la tragédie que la comédie, lorgnant du coté des polars d’action façon Time and Tide, Old Boy, ou Memories of murder. Pourquoi pas ? Faut voir… L’air de rien Jackie prend de l’âge et à l’instar d’un Jean-Claude Van Damme il chercherait à réorienter son jeu vers quelque chose de moins en moins physique, même si bien évidemment certaines cascades impossibles restent encore à prévoir.

Pour l’instant pourtant Jackie continue d’impressionner avec ses chorégraphies calées au poil de teckel près et ses pirouettes inattendues d’un bus à un réverbère, le long d’un building, ou au milieu d’un LegoPark. D’ailleurs New police story se rapproche assez des précédentes productions Hong Kongesques du même Jackie Chan tels que First Strike (Police story IV), et Who am I, dont la scène finale sur le toit rappelle vaguement quelque chose… En fait passé l’introduction un tantinet longuette sur la débauche de l’inspecteur Wing, New police story emprunte vite des sentiers narratifs déjà éprouvés, pas forcément éculés, et on ressent vite un plaisir familier à retrouver Jackie fidèle à lui-même. Comme souvent l’histoire tient sur dix lignes et certains passages d’intrigue secondaire n’amène rien de plus. L’histoire de Fung paraît superflue malgré le relatif mystère qui gravite autour, et même le penchant alcoolique de l’inspecteur semble n’être qu’un lointain souvenir une fois l’enquête amorcée… Pourtant… comment dire, l’essentiel est ailleurs, et il convient de ne pas s’arrêter à ce que l’on qualifie vite de détails, afin d’apprécier le beau spectacle qui s’offre à nos yeux ébahis. La réalisation des scènes d’action demeurent des modèles du genre et à ce titre on est comme des gosses devant les exploits d’un Jackie Chan toujours en forme même si les câbles et les retouches numériques pointent doucement mais sûrement le bout de leur nez.


Enzo

Le pour :  Professionnel des galipettes à 51 piges garanties sans viagra.
Le contre :
La dramaturgie naïve... Une question de goût.

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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

France - 2004


Genre : pique un peu les yeux, et les oreilles
Réalisateur : Patrick Braoudé
Scénario : Patrick Braoudé
Directeur de la photo : Jérôme Robert
Casting : Michaël Youn, Jacques Villeret, Arno Chevrier, Franck Dubosc, Kad & O
Musique : Jacques Davidovici

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


La pire insulte de mon répertoire d'insultes doit être : "minable!" A bien y penser. Je vous assure qu'avec le ton juste, elle peut être assez dévastatrice. Or je cherchais désespérement le qualificatif opportun au sortir du film de Braoudé et je dois dire que c'était la franche bousculade tant j'étais inspiré. Alors entre un inepte de bon aloi et un pitoyable de circonstance, j'ai du, à regret, me résigner à recourir à mon arme ultime : "minable!"
A regret car je la conservais bien au chaud pour dépeindre Les Dalton, qui reste, malgré tout, dans mon top 1 de la "minabilité".
Mais le qualificatif adéquat n'existant pas encore dans la langue de Molière pour cerner pleinement ce désastre là, "minable!" devra donc faire l'affaire
pour cerner cette "adaptation" de Goscinny ci. Iznogoud.

 

Autant la langue de Marcel Proust et Julien Lepers est riche en nuances, autant les adaptations (françaises) de bd sont devenues le parent pauvre du 7ème art. Pour servir la soupe aux chaînes de télé co-productrices et s'assurer primes-time et rediffusions en rafale. A ce titre, Iznogoud signe de son sang un pacte avec la crème de la chaine puisqu'il s'assure le soutient pécuniaire de TF1, M6 et TPS Star. Rien de moins. C'est dire l'ampleur du désastre.
- Si tu vas par là les films de Tarantino sont produits par Miramax, sous-filiale de Disney. Ca n'est pas gage de compromission inéluctable.
Mais Patrick Braoudé n'a rien d'un Quentin Tarantino. Ca ce saurait. Il est à peine réalisateur de films.
Populaire pourrait cependant si bien se marier avec poétique. Ou salutaire.
- ou "sapulaire", ou "polutaire" tant qu'on y est.
Ouais. T'as raison en fait. Inventons donc des néologismes pour qualifier (calife quand tu nous tiens) les adaptations de bd qui le nécessites, plutôt que de perdre du fluide primal à expliquer comment de tels gâchis sont encore possibles. Dire que nous sommes censés vivre une période de récession profonde.
- bon, alors, on le fait ce jeu ou pas?

 

Donc, pour Iznogoud j'en resterais à "minable!" et ce sera mon dernier mot Jean-Pierre.
- ha mais non, on a pas commencé que tu triche déjà.
Oui, mais je suis l'initiateur de ce jeu de l'esprit, alors ta gueule.
- d'accord mais plus de passe droit ou autre joker, c'est trop facile sinon.
pour Iznogoud je propose "foutrine". Un mélange de foutre et de latrines.
C'est bon ça, comme dirait Michael Youn dans Iznogoud. Puisqu'on est dans les hautes sphères du genre, que trouverais tu d'assez collant et graisseux pour Les Dalton?
- à brûle pour point c'est dur quand même, je me chauffe à peine. T'aurais pas plus simple pour commencer?
Je reconnais volontiers que c'est pas un cadeau. A charge de revanche pour le "minable!". Oublions Les Dalton pour le moment.
Astérix, Mission Cléopâtre alors...
- facile. "dromastuce".
Je vois bien l'emploi du dromadaire mais où est l'astuce?
- c'est que Chabat a été assez malin d'intégrer tous ses potes dans l'aventure afin de minimiser l'emploi du duo Clavier/Depardieu.
Pas con en effet, mais alors que dirais tu du premier chapitre, Astérix et Obélix contre César?
- qu'il est nul.
Oui, mais au delà...
- qu'il est "parcouillard".
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de parking et de couilles au lard???
- Mais noooon. "parcouillard". Car c'est une grosse campagne de promo pour le parc Astérix avec du franchouillard dedans.
Bah c'est un truc bien gaulois Astérix à la base.
- oui, mais jamais vraiment vulgaire si tu lis bien. Or le film de Zidi...
Et puis t'as qu'à t'y coller toi qu'est si malin d'abord.
Vas y, balance.

- Michel Vaillant.
mmmmh, je dirais qu'il est "froidrature".
- hé allez, la quadrature du cercle en période glacière. C'est quoi ton délire?
Un film super (sans plomb) froid dans lequel les acteurs sont aussi expressifs que des voitures.
- mouais. Je vois que t'as mangé du clown alors tu vas faire les propositions et moi les réponses si ça t'ennuis pas.
Bien, alors Blueberry...?
- "Prairiogène".
Et où t'as vu qu'il était question de fruits de mer conservés dans l'hydrogène liquide?
- C'est un mélange de La Petite Maison Dans La Prairie et d'hallucinogène. Charles Hingals ramasse des champis et va consulter son chaman pour un rhume des foins si je me souviens bien.
Ca passe. Arsène Lupin?
- c'est une adaptation de bd Arsène Lupin? Tu vas mieux toi.
C'est parce-qu'il est fait allusion à l'œuvre de Maurice Leblanc dans un album Des 4 As.
- Si c'est pour une oeuvre littéraire alors...
"Foutravate"
Encore tes histoire de foutre!
- Nan, c'est pasque c'est un film foutraque sur cet art martial indémodable qu'est la savate.
Puisqu'on est dans les "à peu près adaptations de bd réalisées par Jean-Paul Salomé", que dirais tu de Belphégor, le fantôme du Louvre?
- Facile. un film "marcenthal".
Avec Sophie Marceau et Frédéric Diefenthal?
- et la contraction se suffit à elle même.
Pas mieux.

Immortel (ad vitam) de Bilal.
- "3déellique".
De la 3D, des images réelles et du bordélique.
- tu vois quand tu veux!
Daredevil?
- ha non. On avait bien précisé les bouses made in France!
D'accord. Ca fera l'objet d'une autre chronique. Y a matière. C'est juste que je sèche un peu là. Tu l'auras voulu, je retente Les Dalton.
- "Badedwoodnofun".
Kezako?
- Du Ed Wood en mauvais et pas drôle.
A ce point?
- J'te promets. Et pourtant je croyais naïvement avoir touché le fond de la vase après vision de Soobydoo n°2.
On ne peut décemment pas finir sans une note d'espoir, un peu hors sujet de surcroît, ce serait vraiment trop horrible.
- Je sais pas moi. T'as vu L'enquête Corse?
Non.
- Bah voilà. Si tu l'a pas vu, tous les espoirs sont permis.


Voilà, voilà.
Navré pour ceux qui, éventuellement, attendaient un avis constructif.
Mais c'était vraiment trop me demander. Je n'ai donc guère mieux que "minable!" dans ma besace pour exprimer ce que m'inspire Iznogoud.
Et si d'aventure vous comptiez acheter ou louer le dvd à sa sortie, je ne peux que vivement vous conseiller d'attendre sa prochaine diffusion sur TF1 ou M6. Vous pourrez ainsi légitiment râler d'avoir coché la petite case de votre déclaration d'imposition précisant que vous devez vous acquitter de la redevance. Faites donc des économies et cessez de dilapider à tord et à travers vos deniers si chèrement gagnés. Pour les indecrottables dépensiers, je vous suggère plutôt de faire un don à une association humanitaire de votre choix en lieu et place. Vous bénéficierez ainsi d'une réduction d'impôts, et ce pour une bonne cause. Ceci sans vous être infligé Iznogoud de Patrick Braoudé. Qui lui n'est pas remboursé par la Sécu. La cruauté mentale n'étant toujours pas prise en charge.

Aswip'

Le pour : avec un nom pareil, il fallait s'y attendre
Le contre :
minable!

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27 juillet 2005 3 27 /07 /juillet /2005 00:00

Grande Bretagne - 2003 (shaun of the dead)


Genre : Morts de rire
Réalisateur : Edgar Wright
Scénario : Edgar Wright, Simon Pegg
Directeur de la photo : David M. Dunlap
Casting : Simon Pegg, Nick Frost, Dylan Moran, Kate Ashfield, Lucy Davis
Musique : Pete Woodhead, Dan Mudford

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Mesdames, mesdemoiselles, si vous désirez en apprendre sur la psychologie du mâle trentenaire de base, vous trouverez ici quelques clés indispensables pour une bonne appréhension du problème. Comment ne pas le brusquer, ne pas chercher à lui imposer vos amis bobos, ne pas dire de mal de sa mère et ne surtout pas chercher à déballonner son meilleur ami. Ne serait-ce que parce-qu'en cas de rupture, c'est avec lui, autour de quelques pintes,
qu'ils iront refaire le monde dans leur pub préféré. Ainsi, si vous l'avez jouée feutrine et avez su vous rendre sympathique aux yeux de son pote, ce dernier pourrait bien plaider en votre faveur au lieu de lui assener un inénarrable "une de perdue..." de circonstance.
C'est tout un truc la psychologie du mâle trentenaire de base.
Il faut bien voir que la vie n'a pas gâtée notre mâle trentenaire de base, appelons le Shaun pour plus de commodité. Une petite amie qui lui met méchamment la pression donc, un colocataire intransigeant et pro-actif, un beau père blasé et méprisant, une mère dans le cosmos, un boulot honnit, des collègues qui lui renvoient une image de faillite professionnelle irréversible et un meilleur ami qui ne le tire pas vers le haut, il faut bien l'admettre. lorsque ce panorama enchanteur laisse place à une vague de zombies assoiffés de sang, Shaun va-y voir l'occasion rêvée de remettre un peu d'ordre et de sens dans sa vie qui partait salement en quenouille. De renaître. D'entre les morts vivants.


Shaun Of The Dead
, ou l'art de faire ce qu'on sait le mieux faire. De la bonne comédie nonsensique mais pas dénuée de sens à partir d'un exercice
imposé et déjà à bout de souffle. Sans avoir donné la plénitude de son potentiel. Attendons cependant le Land Of The Dead du maître Romero, qui d'après Gorge Profonde se réapproprie ce qui lui revient de droit.
Pour l'heure, le phénomène réattaque l'Europe après une invasion mésestimée pour cause de promo bâclée, 28 Jours Plus Tard.
Y pas de raison que seuls nos amis américains aient la primeur de la zombitude. Après tout, nos morts valent autant que les leurs. Ils peuvent être aussi vils, répugnants et dangereux. La différence majeure se situe au niveau des vivants. Edgar Wright, réalisateur et Simon Pegg, rôle titre et co-scénariste en tête. Des vrais fans de Romero.
Pas des petits tâcherons opportunistes à la solde du grand Satan pâte à mâcher chlorophyllé. Voir entre autre l'inepte remake de Zack Snyder,
Dawn Of The Dead (2003) ou l'inepte tout court House Of The Dead de Uwe Boll. Non, nos frères ennemis d'outre manche connaissent le dossier et nous livrent avec ce Shaun Of The Dead un objet mortellement maîtrisé.


Outre le fait qu'il soit bourré de clins d'œils et de références, qu'il lorgne ostensiblement vers la parodie, le film de Edgar Wright assume sa fanitude avec intelligence et est sous-tendu par une mise en scène d'une grande efficacité. Que du plan utile dans son film. Une photo très soignée, un montage ciselé, des dialogues efficaces, des situations hilarantes, une bande originale pop très à propos et du plus bel effet. Ajoutez un scénario très bien conçu et l'ensemble concours à rendre les protagonistes très attachants et donc à impliquer le spectateur dans leur quête de survie.
Et à cet égard, Shaun Of The Dead est un très bon film de zombies. Car passé la franche rigolade, on est brutalement saisit par le potentiel hostile du dehors. L'aspect débonnaire et neurasthénique des errants cache bel et bien des dévoreurs de chair humaine forts craignos. Et la farce pourrait rapidement tourner au carnage si l'on y prend garde. En jouant ainsi la diversité de palette sans se contenter de faire ronronner sa dominante humour, le film gagne considérablement en couleur.
La scène du pub et ses palabres pourrait casser une dynamique bien huilée mais on sent nettement que les comédiens se sont éclatés à la tourner. Tout comme le présentateur télé qui rêvait de dire : "je répète, en arrachant la tête ou en détruisant le cerveau".


Au delà de la lecture au deuxième degré de bon aloi de tout bon z, son indispensable ancrage social, Shaun Of The Dead prouve que les britanniques ont encore une sérieuse longueur d'avance en terme d'humour. Qui d'autre pourrait proposer avec un telle drôlerie d'éclater du mort vivant à la batte de criquet? Ou au lancer de vinyles non assumés de sa discothèque? Ou encore, arme ultime, en imitant les zombies eux-même afin de ne pas se faire repérer. Et tout cela dans le plus grand respect des règles du genre :
Pas d'explication au phénomène ; la rentrée dans l'atmosphère londonien de la sonde spatiale Oméga 6, les morsures de singes, l'utilisation massive de...
La recherche désespérée d'un abri imprenable ; au cours de laquelle on croise l'équipe B, un grand moment.
Le siège de l'abri en question finalement très prenable.
Mais Shaun Of The Dead c'est surtout une histoire d'amitié indéfectible. Du genre back to back avec mes stuntmen. Que même l'histoire d'amour la plus déchirante ne saurait entamer. Parce-que s'il est indécis et immature, le trentenaire de base est comme ça. Il ne transige pas lorsqu'il s'agit d'amitié.
Ou lorsqu'il s'agit de refaire une partie de Tekken 2. Tous en coeur :
"Ooo, you make me live
You're the best friend
that I ever had"
(Queen)


Aswip'

Le pour : vivement le 2
Le contre :
le générique de début trop court car excellent

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20 juillet 2005 3 20 /07 /juillet /2005 00:00

France - 2003


Genre : premier degré
Réalisateur : Etienne Chatiliez
Scénario : Etienne Chatiliez, Laurent Chouchan
Directeur de la photo : Philippe Welt
Casting : Vincent Lindon, Cécile de France, Pierre Vernier, Eric Berger, Anne Brochet
Musique :

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Il ne faut jamais désespérer. Voilà un film français récent et enthousiasmant qui faisait défaut aux colonnes de Cinematic. Le dernier Etienne Chatiliez donne dans ses thèmes de prédilections.
Deux braves employés de maison un peu limités et cleptomanes compulsifs délestent leurs riches employeurs de quelques bibelots avant de s'enfuir comme les voleurs qu'ils sont. Ils vivent au jour le jour, limite à la minute la minute, avant de tomber l'un sur l'autre. Jusqu'ici sans attaches et solitaires, ils vont désormais vivre sans attaches et solitaires, mais à deux.
Allant jusqu'à commettre leurs larcins sans discernement et culpabilité au sein de leur propre couple. Et comme l'objet est atypique, je ne tiendrais pas mon rôle de procureur habituel mais celui d'avocat.
Car ce film à subit, à mon sens, un traitement très injuste à sa sortie.

Hormis le caractère litigieux de l'affiche, qui n'est d'ailleurs pas indéfendable, J'ai cherché à savoir pourquoi ce déferlement d'anathèmes, cette quasi rage à tailler La Confiance Règne. Je l'ai donc regardé et j'ai compris.
J'ai ris à plusieurs reprises. C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Si j'ajoute que les rares humoristes actuels à me faire marrer sont Dieudonné, en spectacle, Ali G, sur Channel 4,
et la bande du Groland, sur Canal, vous serez probablement plus avancés sur notre affaire. Ce genre d'humour étant assez peu répandu sur les ondes et dans le cinéma made in France, je n'en suis que d'autant plus ravi quand je perçois une forme d'appartenance dans le film de Chatiliez.
Mais gardez bien à l'esprit que la France à mal au rire (avec une voix chevrotante à la Malraux).
A force de comiques au rabais, de membres ad vitam de l'académie française de l'humour, de compiles et autres classements de la vanne en tous genres,
une vision parcellaire de l'humour s'est peu à peu imposée au pays de Fernand Reynaud. Et elle ne s'est pourtant pas imposée toute seule.
Mougeotte et Le Lay l'y on bien aidée dans leur campagne sarkozyenne du politicaly correct pout tous. De la pensée unique sa mère.
Choisissez votre camp, adeptes de Laurent Gerra et autre Maxime de sinistre mémoire.

Pour l'heure, mon client n'avait d'autre ambition que de proposer une alternative au cinéma comique français. J'en veux pour preuve qu'il n'a pas embauché des expédients devenus très prisés, voire incontournables, voire obligatoires de ce genre qu'est la comédie. Des ex de la téloche. Non, Mesdames et Messieurs les membres du jury. Contre vents et marées, mon client à tenu bon la barre, et les dieux de l'humour savent pourtant que le navire "comédie" fait eau de toutes parts.
Vaillant, il a embauché des comédiens (avec une voix ronde et profonde à la Gabin). Des vrais. Elevés aux planches, aux cimaises et aux rideaux en velours bordeaux. Est-ce ce corporatisme qu'on lui reproche, alléguant un hypothétique manque d'ouverture? Un certain classicisme.
Pas de placements produits pour les chaînes de télé productrice de 7è art, mais une valeur ajoutée indéniable pour le spectateur. Et je vois bien dans l'œil de l'avocat général qu'il voudrait m'opposer cet argument facile qui veut que les comédiens de télé soient des comédiens tout court.
Tout court, c'est le terme approprié. Je n'en citerais que quelques tristes exemples pour étayer ma défense et n'être point fastidieux.
Espace Détente, Double Zéro, RRRrrrr !!!, Ma Femme S'Appelle Maurice...
On m'oppose alors que Vincent Lindon n'est pas convainquant. Qu'on me le prouve. Je trouve, au contraire, qu'il donne corps au personnage de Christophe avec humanité si la justesse n'est, quant à elle, pas toujours au rendez-vous. Certes, je lui eut préféré un Cluzet dans le rôle mais rendons justice au comédien, assez peu adepte de l'exercice comique, de se mettre ainsi en danger. Et rendons grâce, de grâce, à la si délicieuse Cécile De France de porter si haut les couleurs chamarrées et chatoyantes de l'espièglerie. Avec justesse, elle, et avec sa jolie frimousse, son p'tit nez en trompette, son mollet altier, son p'tit c... Mais... je m'emporte Monsieur le président, car bien que vêtue d'une robe, je n'en suis pas moins homme.

D'humanité il est justement beaucoup question dans les arguments fallacieux de la partie civile. Prétendant sans retenue que mon client à rendu
ses protagonistes inhumains, vulgaires. J'attaque en diffamation, direct. Insolite n'est pas synonyme d'inhumanité. Plutôt d'animalité.
Hors l'être humain... lalala... mammifère, évolué, mais mammifère quand même. D'ailleurs Vincent Lindon déclare avoir pris modèle sur le suricat pour l'interprétation de Christophe. Afin de rendre son personnage vif et impulsif.
Et entre vulgarité et poésie, la limite est parfois ténue. Je n'irais cependant pas jusqu'à affirmer que Véronique Genest ou Mathilde Seigner soient des poétesses.
- Plutôt un homonyme à deux lettres près.
Tiens, te voilà toi.
- continue, tu t'en sors pas mal.

Il ne s'agit pas non plus d'une opposition entre riches et pauvres comme les critiques rapides l'ont affirmés, mais d'une cohabitation entre ces deux mondes. Chrystèle et Christophe sont des Robins des bois. Ils volent aux riches pour donner aux pauvres. Et comme charité bien ordonnée...
ils gardent tout pour eux. D'une logique implacable.
C'est en fait le procès de la différence que l'on instruit ici. Voilà qui n'est pas très mainstream. Vous allez vous faire tirer les oreilles M le procureur.
Chrystèle et Christophe sont différents. Leur mode de fonctionnement n'est pas le notre. Voilà le pourquoi de ce rejet épidermique. Elle couche indistinctement avec des beaufs, des moches, des beaux, des gentils sûrement aussi. Les sentiments, le romantisme, la noblesse de l'acte,
c'est pas son truc. Lui ne juge pas. Les vieilles peaux cyniques et les gentils cinoques seront floués à la même enseigne et sans distinction.
Ils ne sont pas sans vergogne. Car ils ne savent pas ce qu'est la vergogne. Et ce constat n'a pas de justification sociétale à 1 euro 50.
Ils sont juste comme ça. Des imbéciles heureux.
Il semblerait que l'adjectif épithète soit ce qui ai vraiment dérangé certains bien pensants. A force de trop penser.

Pour en rester aux réquisitoires, je pense qu'ils sont la conséquence d'une lecture erronée de ce film. Bien sur Chatiliez brasse la richesse et la pauvreté. Mais il ne les met pas en balance (de la justice). Il les traite également. Et ne pas le percevoir révèle un bon gros aveuglement (de la justice aussi).
Ils ne s'agit des "pauvres" pauvres contre les "riches" riches.
-
A la rigueur, ce serait plus ces "salops" de pauvres.
Et je ne vais pas vous faire non plus le couplet de "qui sont les vrais riches de l'histoire" bien que je sois un putain d'avocat. Mon client à en fait une profonde tendresse pour ses personnages. Tous ses personnages.
Lui prêter des intentions aussi basses que le cynisme et le mépris est, outre un non sens, faire injure à son intelligence et à celle de ses comédiens.
Je tiens par ailleurs à attirer l'attention du jury sur le passé irréprochable de mon client. Il à d'ailleurs eut recours à un traitement psychologique tant les viles attaques dont il a été l'objet, l'ont affectées. Alors qu'il lui suffisait de recourir à un bon avocat. Votre serviteur (avec une courbette à ras de terre).
C'est pourquoi je compte faire appel d'une éventuelle condamnation devant la cours européenne des droits de l'homme. Pour les dommages et intérêts que j'entends obtenir, veuillez m'envoyer un sms afin d'obtenir mes n° de comptes en Suisse. Je prends 20%.
Messieurs les censeurs...

Aswip'

Le pour : Céci-i-leu
Le contre :
La fin qui dénote un peu

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13 juillet 2005 3 13 /07 /juillet /2005 00:00

USA - 1999 (Judas kiss)


Genre : Fuck me Junior !
Réalisateur : Sebastian Gutierrez
Scénario : Sebastian Gutierrez, Deanna Fuller
Directeur de la photo : James Chressanthis
Casting : Carla Gugino, Simon baker, Alan Rickman, Emma Thompson, Gil Belows, Til Schweiger…
Musique : Christopher Young

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Ce qu'il y a d'usant avec les arnaques de petite envergures c'est qu'elle ne rapportent pas assez. Junior a beau agiter les courbes sensuelles de Coco Chavez au nez d'hommes d'affaires afin de les faire chanter sous la pression d'aller balancer leurs penchants adultères, les poches trouées des deux complices (et amants) se désemplissent vite. Et si l'idée géniale était d'aller chercher la maille là où elle a la meilleur côte du marché ? En la personne de Ben Dyson, tiens par exemple, pointure incontournable de l'informatique (à moins qu'il ne s'agisse d'aspirateurs sans sac), avatar cinématographique de notre Bill Gates international. C'est de kidnapping qu'il s'agit cette fois, et évidemment de rançon prometteuse à coup de grosses valises Samsonite pleines de liasses. Cette entreprise pour le moins périlleuse requiert une équipe au poil, dressée comme un set de table de chez maxim's, carrée, classe et efficace. Pourtant force est de constater que les missions impossibles ne réussissent que dans les épisodes de la série du même nom, puisque de gros grains de sable viendront perturber cette belle organisation à commencer par l'élimination pure et simple d'une malheureuse voisine témoin du rapt... une victime pas si anonyme que ça. Enfin puisqu'une couille ne vient jamais seule, ce sont le détective David Friedman et sa temporaire partenaire du FBI Sadie Hawkins, qui ont été chargé de mettre un terme à cette histoire sordide, et d'ajouter bien des bâtons dans les roues déjà voilées du crapuleux projet.

Ca commence au générique par quelques notes de free-jazz pincées sur des cordes usées et un charleston pressé d'en découdre, avant la mise en images de l'audacieux kidnapping et de sa malheureuse conséquence. Damn shit ! Ca continue sur la prise de conscience du groupe qui malgré tout s'est fourré en planque pour la suite des opérations, passant outre les remords de Coco Chavez qui aurait bien besoin de digérer l'incident d'une manière ou d'une autre. Son "Fuck me Junior !" résonne alors comme un singulier cri de détresse et on a bien du mal à rester vissé sur son siège devant l'appel de la plantureuse créature… Ca démarre surtout comme un bon vieux polar avec toutes les ficelles du genre malgré la volonté gentiment caricaturale d'agrémenter l'exercice de style d'une délicieuse pointe d'humour. La mise en scène s'imprègne de l'atmosphère au petit matin de la Nouvelle Orléans misant plus sur une galerie de portraits sympathique, que sur une intrigue remontée comme un ressort d'horlogerie. A mille bornes d'un L.A. Confidential, référence fort de café du polar de ces dernières années, Judas Kiss fait figure d'expresso cinématographique et se savourerait presque en terrasse plutôt qu'en salle obscure d'un troquet miteux d'un quartier reculé de New York. Dans la Louisiane de Gutierrez les gardiens de surveillance matent des films de boules impliquant des extraterrestres de série z, les couples de bandits s'offrent un cunni dans une chambre froide et les agents du FBI font des filatures en roller, café et talkie en main. Tranquille Emile.

Autant dire que Sebastian Gutierrez s'est fait plaisir sur ce premier film illustrant sympathiquement une enquête à tiroirs sans réelles grosses surprises et s'offrant, en guise de cerise sur le gâteau, Alan Rickman et Emma Thompson en tant que flics oldschool aux entournures cyniques. La gueule plombée du détective Friedman (Rickman) fait plaisir à voir, avec son air figé, comme gêné d'un bout de tabac coincé dans le larynx, et ses manières peu gentleman, limite cloche, de mener une enquête à son terme. Amateur de golf à ses heures, il aime à taper le club sur les jambes plâtrées de ses collègues peu enclin à lui fournir le fin mot de l'histoire. Son duo improbable avec l'Agent Hawkins (Thompson) lui laisse un goût amer qu'on ne se lasse pas d'apprécier et les quelques joutes verbales échangées font la joie des amateurs du bon mot. De l'autre coté des droits sentiers de la vertu, Coco Chavez interprétée par une Carla Gugino en forme, damnera plus d'un spectateur via sa plastique de poupée carossée, ses moues innocentes et ses attitudes coupables. A ce petit jeu la belle s'octroie un premier rôle de choix dans une filmographie en demie-teinte, alternant d'accoutumée des second rôles féminins sans grande consistance (Spy kids, The one) et quelques participations plus honorables au septième art (Sin City, Le centre du monde, Snake eyes). Certaines mauvaises langues peuvent s'amuser à argumenter que les rôles de fausses naïves ne sont pas bien compliqués à jouer, qu'il suffit de pousser la caricature de la bimbo (syndrome de la sucette à l'anis) et de la détourner vers une attitude à l'opposé pour obtenir trop facilement l'effet dramatique escompté. A ceux-ci je réponds juste une réponse toute L'oréal : "n'empêche qu'elle le fait bien".

Et qu'elle a de sacrés nougats.
Bref.

Situé vaguement quelque part entre True romance et Jacky Brown, Judas Kiss est un bon petit film soigné, qui n'a pas vraiment eu le succès public espéré malgré une bonne presse et la récolte du prix critique au festival policier de Cognac cuvée 1999. Sa sobriété d'intrigue toute relative pourrait pourtant faire office de point fort au sein d'un genre policier prompt à nous pondre, au choix, du double-double jeu alambiquée sur fond de complot politique, et/ou de la fusillade à chargeurs ouverts dévastatrice de décors. A ce titre il est bon de se rappeler qu'il reste de la place de disponible entre Julie Lescaut, L'affaire Pelican et Bad Boys et que parfois un donut bien préparé peut faire plus flic qu'un smith&wesson encore chaud dans une flaque d'hemoglobine.


Enzo

Le pour :  Carla, Allan et Emma… j'ai déjà dit Carla ?
Le contre :
nan, désolé.

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12 juillet 2005 2 12 /07 /juillet /2005 00:00

USA - 2002 (Mindhunters)


Genre : crottin en série
Réalisateurs : Renny Harlin
Scénario : Wayne Kramer, Kevin Brodbin
Directeur de la photo : Robert Gantz
Casting : Val Kilmer, Christian Slater, LL Cool J, Kathryn Morris, Eion Bailey, Clifton Collins Jr
Musique : Tuomas Kantelinen

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Deux petites poignées de jeunes profilers du FBI sont lâchés sur une base d'entraînement de l'armée désertée pour le week-end et entourée d'eau. Ces insulaires volontaires vont devoir se démerder avec leur bites et leurs couteaux pour résoudre quelques énigmes tordues afin de démasquer un ouf et ainsi obtenir leurs galons.
- Une sorte de Lost allégé en somme.
Ou un Koh Lanta du pauvre.

Les psychopathes américains ne sont en rien menacés par le niveau de recrutement du Federal Bureau of Investigation, les apprentis y étant plus instables les uns que les autres. Un ou deux orphelins, un réparateur compulsif fan de Mac Guyver, Un hémiplégique accroc à son gun, une toxico du patch très à cran depuis qu'elle a arrêtée de fumer, une aquaphobe prononcée suite au viol par noyade de sa sœurette. Pas évident alors d'aller, la fleur au harpon, chasser le mérou. Les autres se croient très futés mais ne valent guère mieux. Ils auront, à défaut, tout lieu d'étudier les différentes manifestions de la paranoïa et ses mécanismes retors du fait que le tueur en question est "forcement" l'un(e) d'eux.
On est évidemment à des brasses de l'approche subtile et sensible du sujet d'un Manhunter de Michael Mann. Et pour cause, il s'agit de Mindhunters de Renny Harlin, l'artificier de la série B et d'un pathétique Driven ou autre putassier Exorcist : The Beginning. Le temps et le supense qui en découle ne sont donc pas les enjeux de Profession Profiler comme Renny Harlin s'évertue à vouloir en persuader le spectateur.

Comme à son habitude, Harlin donne dans l'entertainement primaire et frontal : scénario pré-chié, image aseptisée pour faire passer ses velléités trash, mise en scène inervé de sens. Ajoutez quelques seconds couteaux qui cachetonnent à pas cher (Val Kilmer, Christian Slater) et les producteurs banquent. C'est qu'il connaissent bien leur taf ceux-là.
Après avoir produit Resident Evil : Apocalypse ou Supect Zero on maîtrise grave les ficèles du retour sur investissement avec la sortie en dvd de ces petits monceaux de sous-culture. Une ou deux têtes d'affiches vivant sur un succès révolu depuis une quinzaine d'années dans la périphérie hollywoodienne, (Val Kilmer, Christian Slater) et le tour est joué. Joué aussi le spectateur s'il avait fait l'effort pour admirer ses anciennes gloires d'adolescence (Val Kilmer, Christian Slater) puisque la tenue du haut de l'affiche de ceux-ci est abusivement mensongère. Peur Bleue bis repetitas. Pas cher non plus le reste du cast, évoluant habituellement dans la série tv bon marché ou le rap cheap (LL Cool J en gros bras de service).
Quelques placements produits subliminaux, Diesel qui vend ses montres, Adidas qui vend ses montres.
- C'est un film suisse ou bien?
Comme dirait notre ami Tyler Durden : "ils ne le savent pas, mais ils l'ont vu".

Vu également tous ces petits détails qui pourraient éventuellement dynamiter toute vraisemblance et dont ne s'embarrasse guère Renny Harlin. Ainsi, un simple cadenas est le garant qu'un arsenal permettant d'envahir le Koweït ne tombe pas en des mains mal intentionnées. Il n'y a plus qu'à mettre un bon coup de latte dans la porte. Ou ces tuyaux apparemment si peux fonctionnels mais agencés de manière tellement providentielle qu'ils permettent d'échapper à une mort aussi atroce que certaine. Ou encore la présence inopinée d'un magasin de jouets au sein de ce complexe militaro-isolé de tout et bien utile aux penchants démonstratifs du psychopathe.
- T'es chiant, c'est un élément de décor, pour simuler une vraie ville dans laquelle s'entraîne les commandos bien sur.
Bien sur. On pourrait pinailler que les simulations de combats urbains se font en général avec des façades mais voilà un souci du détail que ne renieraient pas les meilleurs chefs décorateurs du 7ème art et qui honore l'administration militaire us. Pas étonnant qu'ils n'aient plus de quoi payer de gilets pare-balles dignes de ce nom à leurs vrais soldats.

Bref, tout cela sent méchamment le vite fait. Du clipesque décérébré qui voudrait marcher sur les traces des maîtres étalons du genre, Roland Hemmrich, Michael Bay. Mais Renny Harlin n'est qu'un petit tâcheron de la punchline pour téléfilm de deuxième partie de soirée estivale. Un dilettante du plan de coupe. Un éjaculateur précoce du retournement de situation.

Renny Harlin est l'Homme Pressé :
#On crache la nourriture
A ces yeux affamés
Vous voyez qu'ils demandent
Nous les savons avides
De notre pourriture
Mieux que d'la confiture
A des cochons(...)
Qui veut de moi
Et des miettes de mon cerveau
Qui veut entrer
dans la toile de mon réseau
Militant quotidien
De l'inhumanité
Des profits immédiats
Des faveurs des médias
Moi je suis riche très riche
je fais dans l'immobilier
je sais faire des affaires
Y'en a qui peuvent payer#
(Noir désir - 1996)


Aswip'

Le pour : débranche donc ton cerveau pendant 1h40
Le contre :
mal d'estomac, prends donc un Renny

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10 juillet 2005 7 10 /07 /juillet /2005 00:00

Taïwan - 2001 (Qian nian men bo / Quianxi menbo)


Genre : Trip mélancolique
Réalisateur : Hou Hsiao Hsien
Scénario : Chu Tien-wen
Directeur de la photo : Lee Ping-bing
Casting : Shu qui, Jack Kao, Tuan Chun-hao
Musique : Lim Giong, Yoshihiro Hanno

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Vicky erre la nuit entre son appart et le club techno dans lequel elle arrondie ses fins de mois. Elle y croise, selon l'endroit et l'occasion, Jack son employeur aux petits soins, et Hao-hao son maniaque de concubin, avec qui elle vit depuis ses 16 ans. Le garçon possessif a instauré depuis longtemps un curieux rituel d'inspection qu'il suit scrupuleusement étape par étape lors des retrouvailles : dépiauter le sac à main, vérifier les comptes, les factures de téléphone, les messages sur le portable et même l'odeur à fleur de peau de son papillon nocturne, histoire de voir que tout est en place. Vicky de guerre lasse tolère ce manège paranoïaque malgré quelques manifestations d'excès allant parfois jusqu'à la fuite, régulièrement dans les bras confortables de Jack. Et Vicky revient, encore et toujours, vers Hao-hao, cédant plus ou moins aux larmoyants appels de son compagnon. Mais elle le quittera un jour, c'est décidé. Elle partira dès qu'elle aura dépensé les 500.000 dollars taïwanais dont elle dispose sur son compte en banque.

C'était il y a dix ans, en 2001.

Hou Hsiao Hsien (HHH pour les adeptes) réalisateur prolifique de la nouvelle vague taïwanaise, ouvre superbement son film avec un plan séquence de toute beauté. Sa caméra sur les talons d'une Vicky sautillante, suit l'étincelante beauté asiatique traversant, de nuit, une passerelle couverte, le temps d'une introduction en voix-off ramenant l'intrigue dix ans en arrière. La poursuite filmée au ralenti, doublée d'une bande son techno enivrante, sublime l'instant pourtant quelconque, pour atteindre une dimension tout autre, aquatique, vaporeuse, hypnotique... D'entrée la mise en forme flatte les sens et installe une atmosphère presque rêvée, glissant le spectateur dans un agréable état d'ivresse. Hou Hsiao Hsien suit le quotidien monotone de Vicky, seule, en couple, avec ses amis, en proie à ses doutes, rayonnante de petites joies, sans dire mot ou si peu. Dénué de structure temporelle autre que cette évocation de l'an 2001, et fort d'un montage d'instants de vie disséminés, il opte pour un traité mélancolique moderne résolument visuel autour du thème du souvenir de ses personnages. Il filme au plus près la délicieuse Shu Qi, auréolée d'une grâce irréelle, absorbant la moindre particule lumineuse des réverbères de rue aux néons des boîtes de nuit, exaltée de surcroît par l'oeil expert de Lee Ping-bing (à l'origine de la photo de In the mood for love) et accompagnée par les sourdes nappes House de Lim Giong. C'est beau.

Il faudra pourtant se contenter de cette extase plastique, n'en déplaise aux plus difficiles certainement déçu du manque de finalité de l'histoire. Hou Hsiao Hsien ne se lasse pas d'admirer Vicky, en tant qu'icône éphémère d'une jeunesse taïwanaise désabusée, et ne cherche jamais à répondre au peu de questions que pose le film, notamment en ce qui concerne les intentions de son héroïne. A ce sujet le réalisateur déclare même tâtonner dans sa quête de compréhension de la jeunesse actuelle et avoue volontiers ne pas être encore en mesure de donner une "forme" cinématographique idéale à cette nouvelle génération, ni d'illustrer au plus juste ce qu'elle vit. Les changements intervenus ces dernières années à Taïwan ont été nombreux, rapides et importants, la tendance allant vers une réorganisation complète du pays. Subissant de plein fouet les métamorphoses politiques internes et plus enclin au modèle japonais que celui traditionnellement chinois, la jeunesse taïwanaise essaye aujourd'hui d'oublier la précarité de la situation économique en vivant au jour le jour. C'est précisément cet instinct de vie que Hou Hsiao Hsien tente d'imprimer sur sa pellicule, fasciné par l'inexplicable, et par cette si belle jeunesse qui se consume d'aller nulle part, souvent seule dans son coin.

En fin de compte si toute forme narrative semble absente de Millenium Mambo c'est peut-être que les mots manquent à l'auteur pour exprimer ce désenchantement. Palliant cet handicap par l'image en illustrant visuellement des extraits d'un quotidien en boucle, il endigue l'absence de souvenirs de la jeunesse actuelle et offre à la mémoire taïwanaise le premier témoignage d'une génération à la dérive.

Enzo

Le pour :  Esthétiquement superbe
Le contre :
Déconseillé aux accrocs de la cafeïne

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7 juillet 2005 4 07 /07 /juillet /2005 00:00

USA - 2004 (War of the worlds)


Genre : Docu animalier
Réalisateurs : Steven Spielberg
Scénario : David Koepp, Josh Friedman
Directeur de la photo : Janusz Kaminski
Casting : Tom Cruise, Dakota Fanning, Justin Chatwin, Miranda Otto
Musique : John Williams

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


La fourmilière tient sa force du nombre de ses composantes. Elle peut ainsi harceler inlassablement le tamanoir allant jusqu'à assaillir les entrailles du prédateur en se frayant un chemin par son anus. Ce dernier, tout omnubilé par son impérieux appétit ne se verra même pas colonisé en live, à peine irrité par des doses infinitésimales mais exponentielles d'acide formique.
La fourmi est vraiment un insecte hyper balèze. Et le tamanoir un crétin.
Comme les aliens du 21è siècle du reste. On aurait pu supposer que des millions d'années lumières d'avance technologique et la dissection des différentes saisons de X-files eût pu leur donner les clés d'une suprématie sans partage sur la planète bleue et ses habitants. Toujours faire des tests sanguins avant exploitation. C'est la base du Guide du Colonisateur Intergalactique.
-
Même les créateurs de South Park et leur mythique sonde anale savent ça.
C'est dire.

Mais c'était sans compter sur le super scientologue de service.
Reconnaissons toutefois l'audace des scénaristes de La Guerre Des Mondes. Car d'habitude, le sciento de service est un binoclard paranoïaque dont la garde robe sens fort l'anti-mites pour cause de célibat prononcé. Chez Steven Spielberg il ne passe pas son temps à crier au loup. C'est un gosse beau marathonien confirmé et vêtu d'un blouson de motard du plus
bel effet. Et le fait qu'il ne possède pas de deux roues ne semble déranger personne. certes, pour rendre la gravure de mode un tant soit peu humaine, on peut toujours l'affubler d'une incapacité crasse à utiliser un quelconque appareil électro-ménager si ce n'est un micro-onde. Ca fera la farce pour planter sa déficiente figure de père du dimanche. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, sa fillette de 11 ans est gravement maternelle et son
fils de 17 un sombre idiot. Faut se les fader les marmots après les 3/8 sur le chantier.
-
Les petites joies des couples mono-parentaux de l'ère moderne.

Là dessus il manquait plus qu'une bonne invasion de criquets extra-agressifs et les lendemains qui chantent ne seront plus d'actualité pour un moment. Quand le coup du sort derrière la nuque se met de la partie, on se dit qu'on aurait mieux fait de rester au pieu avec un plateau télé. Le fiston habituellement amorphe et typique de la génération X larvaire se voit
soudainement pris d'accès patriotiques pour sauver l'axe du bien.
- Tout pour contrarier ce morveux.
Et v'la ti pas qu'au détour d'un énième pas de côté pour éviter un rayon plasma, on trouve refuge dans la cave du psycho moyen. Celui qui ne se remettra définitivement jamais des différents faillites pour apporter la démocratie dans le monde et qui développe de fait un goût pathologique pour l'auto-défense. Le mec il est hourdé de guns jusque dans son falzar mais n'en est pas rassurant pour autant. Son discours serait amusant si son regard intense n'invitait pas à la plus extrême prudence. Ne surtout pas regarder le fauve dans les yeux. Ajoutez l'obscurité et le manque de sommeil dû au non respect des nuisance sonores nocturnes des orthoptères belliqueux et on est pas sorti du terrier de l'autre doux dingue.
La météo n'est pas en reste.
- Quand rien ne va...

- Déception mon p'tit chat?
On peut dire ça. Spielberg s'en est pourtant tenu à la tâche qu'il s'était dévolu. faire un remake. Il faut reconnaître que sa version est assez proche de celle de Byron Haskin. Noire, ambitieuse, irritante. Le kitch est ailleurs et d'autant plus pénible qu'il n'est pas assumé. Il a allègrement pioché les (mauvaises?) idées de genre avec la (naïve?) ambition de faire sens.
Au moins dans Evolution, si on passait également par le scrotum, on exterminait les nuisibles à coup de shampoing, pas de grenades à plâtre. Question de moyens sans doute.
Malgré cette belle photo froide et cette volonté de réalisme poussé, Spielberg reste Steven et prend de plein fouet certains écueils dans ses choix narratifs. Notamment cette fichue et poussive propension à faire monter le violon. Chassez le naturel. Tom Cruise donne dans la justesse. A outrance. Dommage qu'il ne soit pas aidé par le scénario et qu'il doive
porter l'entreprise à bout de ses petits bras.
Bref, un film sur-réalisé et sous-écrit.
Et puis ses inévitables et inénarrables petits hommes verts. Pour quelqu'un qui prétendait vouloir suggérer plutôt que montrer. Il aurait été bien inspiré de s'y tenir. Comme Shyamalan.
La Guerre Des Mondes... Trop courte focale.
La bataille des mondes plutôt. La baston des mondes tout au plus.

Steven se paie un fantasme juvénile à coup de millions et de courtes visions. La guerre des mondes n'aura donc pas lieu. Espérons seulement que le fantasme de Peter Jackson sera King Size.


Aswip'

Le pour : le très bon début
Le contre :
après, les choses se gâtent

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9 juin 2005 4 09 /06 /juin /2005 00:00

Chine - 2004 (Kung fu hustle)


Genre : Perle de Chine
Réalisateur : Stephen Chow
Scénario : Stephen Chow, Cheong Tsang Kan, Keung Chan Man
Directeur de la photo : Hang-Sang Poon
Casting : Stephen Chow, Wah Yuen, Leung Siu Lung, Yuen Qiu, Lam Tze Chung
Musique : Raymond Wong

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


je suis le plus heureux des hommes.
Stephen Chow remet le couvert après le succès en vidéo (outre Asie) de Shaolin Soccer, et les couverts sont en or massif. Le Dieu de la cuisine nous a concocté un met jubilatoire propice à la sécrétion massive d'endorphines avec son Kung Fu Hustle. Oubliez Crazy Kung Fu, car il faut nécessairement voir la version originale. Inutile de dépenser 8 euros pour une VF qui sera assurément une félonie si ce n'est carrément merdique.

Ami, si tu ne goûte guère la comédie burlesque chinoise matinée de wu xia pian et des side-kicks qui l'accompagnent, passe ton chemin. Y a une émission qu'elle est bien sur TF1. Pour les autres, aventurez-vous donc dans "l'Allée du Goret", un bouge champêtre et populaire du Benjin d'entre deux guerres, inféodé au gang local, le Gang Des Haches. Ses habitants, sous leurs aspects débonnaires, cachent en leur sein d'anciens maîtres d'art martiaux extrèmements puissants et reconvertis qui en tailleur, qui en vendeur de pâtes, faute d'avoir d'autres combats à mener en ces temps de paix. Tous sont sous la coupe d'une propriétaire mégère de moins de 50 ans, hillarante Yuen Qiu, à la poigne d'acier, au bigoudi épais et au verbe fleuri.
Elle a la main leste et est par ailleurs intraitable sur le règlement des loyers. Ainsi, lorsque les membres du Gang Des Haches viendront troubler la quiétude de ces pittoresques villageois, tout à leurs préoccupations journalières et leur lutte de clocher, pour les raquetter, ils se feront vertement recevoir.
Sing, Maître Chow himself, petit looser à la manque, n'aura de cesse de devenir un méchant et d'intégrer le sanglant gang, ayant réalisé très jeune que les bons ne gagnent jamais dans l'histoire. Ce calcul un peu foireux va le placer au cœur du conflit émergeant entre les habitants du "Goret" et le Gang Des Haches. Heureusement pour lui, son don de régénération rapide hérité de son patrimoine génétique saurien ou de ses accointances avec les X-Men, va lui être fort utile dans la position tampon dans laquelle il s'est fourré comme un âne bâté.

Alors voilà, c'est du Stephen Chow tout craché. Ou l'art de recycler un scénario digne d'un autre temps, façon l'aube du film de série z, pour en faire une oeuvre unique et décalée. Et cet homme doit traîner de sérieuses valises aux vues de l'humour qui l'anime. Humour fait de cruauté gratuite,
la meilleure, d'humiliations en tous genres et de personnages plus névropathes les uns que les autres. Ici, les impitoyables chefs de gangs ont une belle gueule, des costards sur mesure, mais ils ont surtout les dents complètement pourries. Comme si le mal absolu les avait rongé de l'intérieur.
Le meilleur combattant d'art martiaux au monde est un quadragénaire bedonnant atteint de calvitie et adepte de la trinité gagnante du beauf ; marcel, caleçon et tongs. Pour couronner le tout, il est interné volontaire dans un asile, faute d'avoir trouvé adversaire à sa démesure. Les marchandes de glaces sont fort jolie mais muette et les moines bouddhistes abusent les enfants en leur vendant 10$ des méthodes de combat qui ne valent que 20 cents. Les amateurs de politiquement correct risquent l'anévrisme à chaque plan. Et qu'est-ce que c'est bon!

Outre ses talents intrinsèques de comédien, son don de dénicher des trognes improbables, son inventivité de metteur en scène, son sens du rythme et du ridicule, Stephen Chow à la grande intelligence de se réapproprier un genre allègrement pillé ces dernières années, le film de kung-fu. Car en plus des qualités sus-nommées, il le fait avec la manière. Parodiant à son tour les innombrables copies avec autrement plus d'inspiration. Le dragon en à fini de se mordre la queue avec Kung Fu Hustle.
Mais c'est surtout que lui, Stephen Chow, a les moyens de ses ambitions.
Tarantino, Gans et autres Wachoski Bros peuvent revoir leur copie quand au champ des possibles lorsque l'on fait appel au maître chorégraphe Yuen Wo Ping, ainsi que dans la gestion du dynamisme, de l'esthétique, du lyrisme, de l'inventivité, de l'excès...

Qui à dit qu'il était impératif d'avoir un bon scénario pour faire un grand film?
Pas moi. Et pas Stephen Chow, c'est sur. Le talent et l'abnégation peuvent suffirent. Quand en sus on ne se réfugie pas derrière le médium pour faire passer ses petites visions sur la vie, la mort, l'érection d'un effet spécial au rang de concept global, la migration des saumons d'eau douce, mais qu'au contraire, on le prend à bras le corps, on le tord comme un vieux chiffon, on le détourne et on le parodie jusqu'à l'usure avec malice, sans calcul, c'est faire preuve d'une immense générosité.
Certains pourrait croire y reconnaître naïveté, incompétence, ou pire, un désaveu.
- Après tout, ce n'est jamais que de la grosse comédie parfois grasse alors arrête donc de t'emballer de la sorte.
Erreur monumentale que de l'aborder ainsi. C'est avec une attitude condescendante que l'on passe souvent à côté des vrais grands ou des poètes. Et la comédie est érigée au rang d'Art Majeur avec Kung Fu Hustle. Stephen Chow est une vision. Et dans son cinéma, il y a du partage. Libre au spectateur d'entrer dans son monde de fou. Celui de Stephen Chow alias Sing-Chi Chau, habitant de la Terre Du Milieu, Roi Singe et Roi de La Comédie.
- Tu ne serais pas un petit peu fan et donc franchement partial des fois?
Si, carrément.


Aswip'

Le pour : fan absolu
Le contre :
absolu j'ai dit

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8 juin 2005 3 08 /06 /juin /2005 00:00

US - 2005 (Revenge of the Sith)


Genre : Fin de saga
Réalisateur : Georges Lucas
Scénario : Georges Lucas
Directeur de la photo : David Tattersall
Casting : Hayden Christensen - Ewan McGregor - Natalie Portman - Ian McDiarmid - Samuel L. Jackson
Musique : John Williams

Scénario
**
Mise en scène
*
Photographie
****
Acteurs
**
Effets spéciaux
*****

Hum hum, j'entame du lourd là.
Qu'a cela ne tienne, j'ai vu la Revanche des Sith...
Ainsi la grande saga est donc achevée, 30 ans de travail pour Georges Lucas (avec une bonne pause au milieu quand même), des milliards de calculs d'ordinateur, d'heures de travail, de dollars, de files d'attente à travers le monde, pleins pleins de choses pour monter cette grande fresque de science-fiction intergalactique. La première trilogie avait captivé toute une génération, surpris le monde du ciné en innovant sur des effets spéciaux inédits, remplit les rayons de magasins de jouets avec tout l'attirail de plastique et de figurines.
La deuxième (qui est en fait la première dans l'ordre) fut l'avènement de milliers de compétences techniques et créatrices, le point d'orgue de cette série était bien sur l'épisode liant les deux trilogies. Celui où tout bascule, où rien ne va plus, où la guerre contre le coté obscur est lancée, chaos et perdition dans cette galaxie très très lointaine...
Cet épisode s'annonce comme le plus palpitant des trois premiers, même si l'on connaît déjà le final, on n'attends qu'une chose, c'est de vibrer face à l'inévitable, Anakin Skywalker devenant Darth Vador, passage crucial de sa vie.
J'aurai bien aimé vibrer au long des aventures de l'élu Jedï. Seulement j'ai eu un peu de mal cette fois-ci. Du mal à rentrer dans l'histoire, à me happer dans les surprises d'un final déjà connu sous plusieurs angles... Pas de retournement de scénario, les choses sont immuables au pays des étoiles. On pourrait alors se porter sur la mise en scène. Mais c'est là que le bas blesse, avec un rythme aussi mitraillé et expédié sur saturne que celui de "la revanche des Siths", il faut être solidement arrimé au siège pour suivre et apprécier le déroulement. Les scènes sont expédiées pratiquement toutes au même rythme, timing oblige. Mais là c'en est trop et le film devient presque une caricature de lui-même et toute les scènes sont nivelées pour que rien ne ressorte (pathétique passage du coté obscur...).
La guerre des étoiles n'est plus la saga avec des personnages héroïques, mais une saga pourrissant de luxure et d'effets si bien qu'on oublie presque d'en faire une histoire captivante. Et c'est bien dommage car le scénario est bel et bien là. L'histoire d'un homme combattant contre sa haine, un homme sur qui on compte mais dont on a du mal à faire confiance, un homme qui trahira les siens, ceux à qui il avait juré fidélité et loyauté, une guerre contre le mal qui commence... Ca sonne grandiose dans les grandes lignes, mais dans les petites, ça sonne faux. On peine sur les dialogues aussi pauvres et peu exaltants lors de rencontres fatidiques entre personnages au charisme et à la stature annoncés. Ajoutons à cela des acteurs pas très convaincus par un fond bleu et on obtient des scènes aussi ridicules que cruciale dans l'histoire. ("C'est lui le traitre ! ". "Non, c'est lui le traitre ! "). La Revanche des Siths dès lors souffre cruellement de sensibilité et gravite loin autour de ce qu'il devait être.
Les scènes défilent et on contemple le splendide travail effectué sur les décors, les véhicules, les créatures et les effets spéciaux car même si l'histoire ne laisse pas de place à l'émotion, on ne peut pas en dire de même pour tout ce qui est de la "coque." Les effets spéciaux sont encore une fois de plus impeccables, rien ne dépasse, tout est nickel et c'est bien là le gros point fort de ce film, le design de l'univers star wars (Mention spéciale pour l'animation du général Grevious). ILM affirme encore sa suprématie.
Au beau milieu de cet univers, se trimballe un casting d'acteurs plutôt efficace, mais les personnages rament sévère pour se faire une place au milieu de l'écran. Ils ont presque tous un second rôle dans le décor qui est planté autour Certes, il y en a certains qui font mieux les plantes vertes que les autres, mais l'on peine à voir du charisme transparaître. Peut-être est-ce du à l'écriture des dialogues, aux fond bleu, à une mauvaise direction d'acteur de la part du réalisateur, allez savoir... Le seul personnage qui soit un peu tangible est numérique. A croire donc que Star wars est un film à effet spéciaux, exit alors les jeux d'acteur humain. Anakin est ridicule et ne devient pas le "bad guy" que l'on puisse rêver car ses convictions sont du vent. Et là où il devait s'imposer, il passe trop pour le gros "loser" de la galaxie, dommage...

La Revanche des Sith referme donc la série des long métrages Star Wars. Georges Lucas peut être fier de lui, il a réalisé et monté son univers de toute pièce à force de persévérance et ambition. Il a aussi amené un bon souffle nouveau dans l'univers des films de science fiction. Il a monté ILM et innové en matière de trucages et d'effets spéciaux. Il a aussi su tirer profit d'un business juteux au passage, là où personne n'y croyait. L'effort est très louable.Mais il est assez décevant cependant de constater que tout l'aspect technique et rutilant du détail de l'univers aie trop pris le pas et la parole sur la narration allant jusqu'à l'étouffer laissant à ce dernier épisode un squelette d'histoire (que l'on connaissait déjà) sans subtilité dans le déroulement ni les dialogues.
Et comme souvent les images défilent trop vite, on se frustre de ne pouvoir contempler plus le travail de design. Alors sans doute qu'un jour, j'investirai plutôt dans un livre compilant les recherches et les design de l'univers star wars au lieu de m'offrir le DVD. Et à partir de là, je me referais le film dans ma tête, comme quand j'étais môme...


"La vie parait si simple quand on fait de la mécanique."
Anakin S.


Yerom

Le pour : Les images
Le contre :
Une mise en scène inefficace

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