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6 octobre 2005 4 06 /10 /octobre /2005 00:00

USA - 2005 (Rize)


Genre : Bouge !
Réalisateur : David LaChapelle
Scénario : Streets in L.A.
Directeur de la photo : David LaChapelle
Casting : Tommy the Clown, Lil C, Dragon, Tight Eyez, Miss Prissy, La Niña...
Musique : Amy Marie Beauchamp, Jose Cancela

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

A Los Angeles les orphelins sociaux sont forcément noirs. A peine sortis de l'enfance des gosses servent de proie aux gangs à l'affût, qui ponctuent un quotidien tendu, de fusillades à l'aveugle. La ville dont le nom évoque plus les âmes de ceux qui n'y survivront pas, qu'une quelconque allégorie chrétienne, teinte souvent son bitume d'un rouge sombre... à l'origine d'éternelles représailles. Pour beaucoup de jeunes, le début d'une existence responsable nécessite un choix radical. Avant c'était "marche ou crève", désormais ça sera "gang ou krump".

RIZE (lève) est une incitation à l'élévation pourtant plus lourde que quatre blocs de béton. En quatre lettres massives, l'accroche est plus proche d'un ordre à suivre que symbole d'espoir et résonne comme PRIDE (fierté) pour appuyer un besoin vital de s'affirmer. A l'origine pour Tommy The Clown c'était plutôt SHINE (éclat). Au lendemain des tristement célèbres émeutes de Los Angeles de 92, Tommy s'aperçoit qu'il sait faire émerger les bonnes vibrations lorsqu'il se grime façon Ronald et qu'il entraîne dans sa ronde les plus jeunes dont il célèbre les anniversaires. Il bouge et fait bouger, il harangue et ses maux s'expriment à pas déjantés. Très vite l'effet positif fait boule de neige et des gangs de Clowns émergent de partout, optant pour une danse plus emprunt à un langage de communication qu'à des effets de style chers à MTV. Les codes s'inversent et les jeunes montrent la voie aux aînés; bientôt tous se mettent à bouger et se persuadent qu'ils tiennent là quelque chose pour lutter contre toutes les formes d'agression d'une classe sociale qu'une amérique a tassé bien au fond.

Tommy devient un modèle et sa danse une référence. Les gosses qui l'accompagnent ont grandi avec lui et font vivre à travers leurs parcours respectifs le "Clowning" en le dotant de nouveaux gestes. Ainsi naissent le "striper", variation plus dévêtue et plus secoué du bassin, et le "krump" forme aboutie d'une expression corporelle plus proche du cri que de l'arabesque. Les danseurs se poussent, les attitudes sont plus menaçantes et soulignées par de nouveaux maquillages plus tribaux, en lieu et place du traditionnel maquillage de clown. Pour certains d'ailleurs la mutation est trop marquée et entraîne une rupture. Désormais il a ceux qui Clownent et ceux qui Krumpent, et tous se rejettent mutuellement l'étiquette "ringarde" de leur choix. Malgré tout, l'adversité affichée des deux styles n'empêche aucunement la valeur de respect que chacun accorde les uns aux autres. Il a suffit d'une confrontation à la hauteur des espérances dans une vaste salle se sport pleine à craquer, pour rendre compte du même objectif : danser pour s'affirmer, distraire pour se faire un nom, sinon une place. Ce jour là les Clowns ont affrontés les Krumpers dans des duels jugés par les applaudissements du public. Par catégories d'âge, de corpulence, et de sexe, ils ont tout donnés sous la jurisprudence de Tommy qui annonçait le verdict du jury venu en masse soutenir ses favoris. Ce jour là au score ce sont les Clowns qui l'ont emporté mais c'est tout le monde qui s'est régalé. Et pourtant ce jour là c'est Tommy qui a pleuré, puisque durant le show un gang, un vrai cette fois, s'est introduit dans sa modeste demeure pour tout mettre à sac... Faut croire que la rue n'aime pas voir sa jeunesse s'amuser.

Difficile de se dire où David LaChapelle a su exprimer son point de vue. Dans ce documentaire il est plus à l'aise pour poser sa caméra dans des angles appuyés que pour filmer la détresse de Tommy cambriolé, expulsé, et révulsé quand il se rend dans une famille en deuil. Sûrement par optimisme et par l'espoir inattendu qu'a engendré ce mouvement, David a préféré mettre en avant le précieux élan que ses accidents de parcours. A cette option les larmes de Baby Tight Eyez mettent du baume au coeur lorsqu'il se rend compte de l'admiration qu'il suscite au yeux de Tight Eyez, son modèle. Celles de la Niña passent moins bien, elle qui voulait en mettre plein la vue à la sublime Miss Prissy. Du coup, malgré les pleins feux sur l'aspect positif du mouvement, le spectateur garde en fin de projection un goût amer en bouche, pas rassuré par l'ombre du mal qui plane toujours et encore, esquivé d'une certaine manière par les inattentions du réalisateur.

Pourtant l'espace d'un instant David LaChapelle a mis le doigt sur quelque chose d'intéressant, de sous-jacent, d'inexprimé en surface... Quand aux images de duels de rue il superpose des images d'archives de tribus d'Afrique s'affrontant de la sorte, on se rend compte qu'il y a quelqu'un derrière la caméra et qu'il a quelque chose à nous dire... Mais l'inspiration reste passagère et David redevient vite le photographe de talent qu'il est pour le plus grand bonheur des esthètes, mais au détriment de ceux en quête de réponses.


Enzo

Le pour :  Aucune image n'a été accélérée.
Le contre :
Sensation d'inachevé.

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commentaires

Gilz 08/12/2005 15:22

Une récente discussion avec une amie fan de danse hip-hop m'a fait réfléchir sur un élément discutable du film.
Il s'agit de sa dimension sociologique.
Il est bien évidemment très intéressant de connaître la quotidien hors du commun que vivent les jeunes habitants des quartiers de Compton et South Central.
Mais, une fois encore, le film cherche à justifier l'amour des ces jeunes pour la danse par le postulat suivant : "Ils n'ont pas le choix. Soit ils font du basket, soit ils entrent dans un gang, soit ils font du Krump".
Indépendamment du caractère simpliste et réducteur de cette équation (il n'y a évidemment pas QUE des gangsters, des basketteurs ou des danseurs à Compton et South Central), il est frappant de constater que l'auteur du film ne prend pas le parti de montrer des jeunes qui dansent parceque, très prosaïquement, ils AIMENT ça.
Ce qu'ils font de leur coprs est hallucinant, la performance se suffit à elle même.
Alors pourquoi chercher à la justifer ?

Dans un documentaire sur un jeune footballeur, chercherait-on à justifier son amour pour le football ?

julie et isa 19/11/2005 21:35

franchement the documentaire il tue tout.les personnes dansent tro bien j'ai du respect pour eux c'est impresionnant ce qui font avec leur corp.deplus larry c'est un bo goss.

Enzo 17/10/2005 00:56

Ha désolé pour GOAL, mais on avait fleuré l'arnaque... à tort, à raison, va savoir. En tout cas on risque pas d'écrire un truc dessus juste pour que vous vous acharniez dessus, nous riquerions le carton d'un Colina qui n'apprécie guère les coups bas. En revanche si l'un de nous trois se sent inspiré par le visionnage de cette pub pour Nike... euh non... le sport du ballon rond (désolé pour le lapsus), afin d'en écrire une chronique, on te le fera savoir... Et au fait merci pour les encouragements, ça nous fait chaud au coeur.

moi 16/10/2005 02:26

et GOAL ALOrs ???
goal goal! goal!
be, c'estait tout pourrit donc ca serta rien de faire une atricle dessus!^^
revenons au sujet;
(je ne savais pas ou placer le commentaire)
ben ce site heu...m'inspire !
bye et bon,ne continuation surtout!

Enzo 06/10/2005 22:58

Et le chérubin qui du haut de ses 8 ans arpente la scène cranement avant d'oter son blouson trop large pour entamer des pas frénétiques ? Trop bon.