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29 mars 2005 2 29 /03 /mars /2005 00:00

USA - 2004 (Million dollar baby)


Genre : Rare
Réalisateur : Clint Eastwood
Scénario : Paul Haggis
Directeur de la photo : Tom Stern
Casting : Clint Eastwood, Hilary Swank, Morgan Freeman
Musique : Clint Eastwood

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Clint Eastwood est un des derniers maillons d'une certaine idée du cinéma.
D'une certaine idée de la vie simplement. La boxe comme un art de vie par exemple. Il a des valeurs chevillées au corps, il le revendique, et se moque bien du cynisme ambiant.
Son oeil toujours vif et perçant transparaît derrière son sourcil broussailleux
ainsi qu'au détours de quelques répliques très significatives de Million Dollar Baby:
Maggy - "People seen me fight say i'm pretty tough"
Frankie - "Girlie, tough, ain't enough"
ou bien
"Sometimes, the best way to deliver punches is... step back..."
Dans son cas, ces répliques, qui pourraient servir de baselines et promouvoir n'importe quelle publicité sans épaisseur ou autre film d'action un peu bavard, prennent corps. Elle ne s'appliquent pas qu'au monde "inversé" de la boxe ni même qu'à l'écho auquel elles renvoient dans la vie des personnages du film.
"But step back too far... you ain't fighting at all"
Elles ont ce côté universel sans pour autant être démagogues dans le ton.
Marque que nous sommes en présence d'un très grand réalisateur. Si l'on en doutait encore.

Et du sens, il y en a à revendre dans Million Dollar Baby.
Ainsi, Frankie Dunn, l'entraîneur/soigneur/un peu promoteur de boxe est une somme de tous les rôles que Eastwood a pu incarner. Cet homme échaudé et taciturne, en proie à une lutte incessante avec les fantômes d'un passé troublé et en quête de rédemption. Plus doué dans son travail que pour la vie, il s'enivre à la tache, avec
opiniâtreté, sans parvenir à soigner ses propres blessures. Obtu, il s'est forgée une éthique de vie et tente de composer avec les éléments extérieurs.
Le trouble faite sera, comme souvent dans la sphère eatwoodienne, un petit bout de femme au caractère en acier trempé. Maggy, magistrale Hilary Swank en trentenaire white-trash au parcours misérable qui n'a qu'une certitude. Elle échappera, elle aussi, à son lourd passif en devenant championne de boxe.
Entre ces deux là, va se nouer une entente faite de respect et de force de travail. Maggy voit en ce vieil irlandais borné un moyen sûr de résilience.
Frankie voit en elle le reflet de sa faillite passée et un possible appaisement.
Mais quelque chose de plus profond va naître de cette relation professeur/élève. Car ils ont tous deux plus à s'offrir qu'une simple relation de travail. Quelque chose qui s'apparente plus à un lien filial.

De boxe il est réellement question dans Million Dollar Baby. Eastwood à choisi de prendre son sujet à bras le corps avec générosité et abnégation. La chose est somme toute assez rare avec les films évoluant dans le milieu sportif. On se contente, en général, de sublimer ou de survoler ce domaine éminemment esthétique et dynamique, éminemment cinématographique. A part peut être dans Le Vélo de Ghislain Lambert.
Lorsqu'au 3/4 du film le récit bascule, Les questionnements feront place aux choix et Eastwood aura l'intelligence d'éviter toute ostentation. Avec, tout au plus, un peu de manichéisme dans le traitement de la
famille Fitzgerald.
Il se laissera même aller à l'expression de sentiments presque inédits pour lui en tant qu'acteur. Avec pudeur.
Avec pudeur, il fera dire à sa conscience, Mr Scruff, impeccable Morgan Freeman, ce que lui ne saurait verbaliser. Outre le narrateur des préceptes, des déceptions, Freeman est le messager à la vision et à la voix tempérée.

Ils se comptent sur peu de doigts les réalisateurs qui parviennent à créer une réelle empathie pour des personnages de fiction de nos jours.
Clint Eastwood sait comme personne prendre le temps de faire naître cet attachement. bénéfice de l'age sans doute. Il ne s'enferre pas dans des schémas pré-définis et pourtant son récit est millimétré et stylé.
Forcement, l'univers qui en découle est personnel, hors du temps, des majors et de leur système métrique. Il est la preuve, en outre, que l'expression des sentiments peut être simple et frontale, sans être simpliste.
Que l'on peut être fin sans être tortueux et évoluer pourtant dans le cinéma d'auteur. On ne peut qu'en être séduit. Et on le récompenser à juste titre aux Oscars.

Souhaitons qu'avec cette allégorie du combat il parvienne plus aisément à monter ses projets à venir. Car dans son Million Dollar Baby plane, plus que jamais, l'ombre pesante de Madame Mort. Or il est Difficile de dissocier le personnage de Frankie, incarné parfaitement par Eastwood acteur, de l'idée que l'on se fait de Clint, l'homme.
Et si Papy fait de la résistance, malgré son imposant charisme et sa longévité, on le sait mortel. La star Eastwood n'en est que plus proche et le cinéma qu'il incarne que plus humain.
Et quand disparaîtra Monsieur Clint et/ou son alter ego Freeman, ce sera assurément une immense perte pour Malpaso Productions.
Mais ce sera surtout une immense perte pour l'âme du cinéma américain.


Aswip'

Le pour : et en plus, il compose la musique lui même
Le contre :

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commentaires

ptimez 12/01/2008 17:49

Excellent film! Je l'ai vu à sa sortie en salle il y a un peu moins de 3 ans et je viens de le revisionner en DVD il y a quelques jours. Une histoire boulversante, des personnages imposants (rien qu'à voir le casting on comprend pourquoi : Clint Eastwood, Morgan Freeman, Hilary Swank), des dialogues saisissants...je le classe dans mon top 5, catégorie film dramatique. :-)

yerom 20/10/2005 11:16

Les effets spéciaux font partie d'un ensemble et sont un critère comme un autre qui peuvent plaire à certains, les "kékés" (ça va leur faire plaisir ceux qui bossent dans les effets spéciaux !).
Même si tu n'en tiens pas compte, ça contribue tout de même à la crédibilité d'une histoire, car le terme effets spéciaux englobe tout ce qui est animation, marionnettes, impacts de balles, explosions, morphing 3D, maquillage, monstres en latex de tous genre etc. Ou devrait-on parler d'habillage visuel ? Et dans ce cas on peut aussi inclure le choix des décors dedans...

J'imagine mal une trilogie Tolkien sans un accent visuel efficace pour illustrer les mots.

nico 19/10/2005 23:22

entierent d'accord avec enzo...!!
bon site sinon (à part le coup des etoiles pour les effets speciaux!!! je vais pas voir un film pour les effets speciaux, c'est les kékés quifont ca!!!)

Enzo 17/10/2005 01:10

Ca y est. Vu. Je l'ai vu. Ca m'a pris le temps qu'il fallait et je pense qu'il m'en faudra tout autant pour m'en remettre. Je vais faire court parce que tel Maggy je manque de poumon dans les longs affontements : à propos de Clint en un mot : fabuleux. A propos de Hillary Swank : magistrale. A propos de Morgan Freeman : indispensable. A propos du film je reprends volontiers une des dernières phrases du film "il faudrait quelqu'un pour compter jusqu'à 10". Et enfin à propos de l'avis et des mots de son auteur : bien dit bonhomme. Tu nous a fait une bien jolie prose dont tu as le secret, en tapant juste où il faut. Chapeau.

Aswip' 25/05/2005 13:57

Le principe du moule est d'avoir une forme définie, ne serait-ce que pour pouvoir reproduire à l'identique. Ou transmettre le savoir en l'occurance.
Et la vie n'est-elle pas tout simplement le combat premier?