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6 juin 2005 1 06 /06 /juin /2005 00:00

Hong Kong - 1966 (Da zui xia / come drink with me)


Genre : Retour aux sources
Réalisateur : King Hu
Scénario : King Hu, Erh Yang
Directeur de la photo : He Lan-Shan
Casting : Cheng Pei-Pei, Yueh Hua, Chen Hungh-Lieh, Li Yung-Chung...
Musique : Zhou Lan-Ping

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Cinéma de genre chevaleresque oriental, le wu xia pian pourrait être considéré comme l'équivalent occidental du film de cape et d'épée. Pourtant ses références issues de mythes sans âge, de légendes chinoises où seuls comptent l'honneur, la justice et la loyauté envers ses sages, rendent cet art cinématographique unique, positionnant ses histoires au delà de simples aventures ponctuées de scènes d'escrime. A l'honneur pendant deux décennies à partir des années 30, et ce malgré la censure communiste réticente aux histoires surnaturelles, ce pur produit du cinéma de chine provoqua peu à peu la lassitude de ses spectateurs du fait du peu de moyens consacrées à la réalisation et de la pauvreté constatée des effets spéciaux de l'époque. Il fallut donc attendre l'intérêt de la puissante Shaw Brothers company (à l'origine entres autres de la trilogie de la 36ème chambre, de la saga du sabreur manchot, et des exploits des venins mortels) pour relancer ce cinéma de genre, avec la sortie en 1966 de L'hirondelle d'or, perle incontournable d'un King Hu, intronisé du jour au lendemain prince du wu xia pian. Plutôt coutumiers d'un cinéma de kung fu où les protagonnistent s'affrontent à main nues, les hong-kongais firent un accueil triomphal au petit chef d'oeuvre, permettant aux frères Shaws d'assoir un peu plus leur statut de producteurs de talent, et offrant par la même occasion une alternative au succès des films de sabre japonais.

Irascible référence, L'hirondelle d'or inspira plusieurs générations de réalisateurs dont Tsui Hark, et est ouvertement à l'origine du récent Tigre et dragon d'Ang Lee, qui s'en inspira au point d'en reprendre précisément certains passages (scène de poursuite sur les toits, scène de l'auberge, profil et caractère de l'héroïne, intrigue de l'empoisonnement). Quarante années auparavant (chinois, ha, ha) en réalisateur novateur King Hu avait su offrir un compromis entre le théâtre populaire et les nouvelles attentes du public, s'entourant d'une équipe technique trié sur le volet et distillant subtilement dans son film quelques références au western spaghetti, alors très en vogue. En appuyant un jeu de regard, cher à Sergio Leone, entre ses protagonistes, King Hu exalte l'instant précédant l'action et permet à Cheng Pei-Pei aka L'hirondelle d'or, d'imposer ce qu'il faut de tension pour tenir à distance ses adversaires... En fin d'attente l'hirondelle devient bambou et la punition cinglante, à coup de lame affutée, guette la canaille de pacotille. Légère, incisive, et expéditive, elle va d'un brigand à l'autre, entaillant les flancs, transperçant les chairs, et s'apprêtant à l'assaut suivant.

Plus comédienne que professionnelle des arts martiaux, Cheng Pei-Pei est la véritable révélation du film. Son jeu tout en intentions relègue même au arrière plan le mendiant constamment éméché joué par l'impeccable Yueh Hua, second rôle à qui le titre d'origine fait pourtant référence, Da zui xia signifiant Le grand héros ivre. On peut imaginer que King Hu ai délibérément oeuvré dans cette mise en exergue de son caractère féminin afin d'amener un élément de surprise supplémentaire, et de se démarquer des éternels destins des grand héros masculins. Néanmoins la performance globale de Cheng Pei-Pei est réelle, à la hauteur de son charisme, et a fait date dans l'histoire du cinéma de Hong-Kong. A ce titre on ne peut que saluer l'initiative d'Ang Lee d'avoir su lui rendre deux fois l'hommage de son Tigre et dragon en 2000, d'abord en lui attribuant le rôle de Jade la hyène, mais surtout en l'évoquant allègrement par le personnage de Jen Yu / Jiao Long interprétée par la délicieuse Zhang Ziyi.

Outre son caractère exceptionnel de chef d'oeuvre clé du wu xia pian, L'hirondelle d'or, le film, n'en demeure pas moins exempt de léger défauts, notamment de petits accidents narratifs mis en scène hâtivement par un King Hu sous la pression stricte de la Shaw Brothers, peu enclin au perfectionnisme exacerbé du réalisateur. Il est nécessaire de rappeler que le mythique studio fonctionnait à l'époque à plein régime et qu'en cette année de 1966 pas moins de 44 films étaient sortis sur les écrans de Hong-Kong, la plupart issus d'un carnet de commande plus industriel qu'artistique. On ressent donc un peu de précipitation en fin de film, notamment lors du passage du guet-apens dans les collines, tranchant nettement avec la gestion de l'espace et du temps de sa première heure. Plus soigné en début de parcours, King Hu y signe une scène référence avec l'arrivée de l'hirondelle d'or dans l'auberge, passage mémorable qui en dit long sur les intentions de l'auteur lorsqu'il trouve le temps nécessaire à la réalisation.

On peut aussi reprocher à l'Hirondelle d'or l'arrivée un peu tardive, un peu bancale aussi, de ses options fantastiques, avec des effets un peu chiches de l'évocation d'une force invisible cher à maître Yoda... Mais à ce petit jeu on a vite fait de souligner ce qui aujourd'hui nous fait sourire : les geysers de sang qui viennent de tous cotés sauf de celui de la victime, les seaux d'eau censés suggérer les éclaboussures lors d'une chute dans un lac, le jeu approximatif de certains acteurs, les chorégraphies parfois figées lors de scènes de combat... En fait tout ce qui finalement fait le charme de ces productions exceptionnelles, évidemment divertissantes, et souvent à l'origine de ce qui se fait à l'heure actuelle dans le cinéma international d'action et d'aventures. A quoi bon bouder son plaisir lorsque l'on a l'occasion de s'offrir un moment unique d'un cinema qui n'a pas fini de nous enthousiasmer ?


Enzo

Le pour :  Scène référence de l'auberge, sublime Cheng Pei-Pei
Le contre :
Quelques maladresses... mais bon.

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25 mai 2005 3 25 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2004 (Sin city)


Genre : No futur
Réalisateurs : Robert Rodriguez, Frank Miller, Quentin Tarantino
Scénario : Robert Rodriguez, Frank Miller
Directeur de la photo : Robert Rodriguez
Casting : Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba, Benicio Del Toro, Clive Owen, Rosario Dawson, Elijah Wood, Jaime King
Musique : Robert Rodriguez, John Debney, Graeme Revell

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


J'ai fait ma chouineuse en assitant au "ratage" Hellboy et puis voilà.
Roberto Rodriguez, tel un zorro inspiré, nous livre l'Adaptation comics avec un putain de A majuscule.
Comment dire... si vous n'êtes pas familier de l'oeuvre de Frank Miller dont ce film est l'illustration, vous riquez d'être... déroutés. Car outre ses qualités innombrables, Sin City, le film, est d'une fidélité confondante à Sin City, le comics. Sous tous ses aspects. Ce film est donc d'un nihillisme à faire passer les chansons les plus désespérées de Jeff Bucley pour des contines. D'une violence telle qu'il rellègue les combats les plus brutaux de Mike Tyson au rang de calins entre Bisounours. Ames sensibles...

Hartigan est un flic intègre du genre obstiné et irlandais. A l'ancienne. La désaprobation de sa hiérarchie, son myocarde défaillant, douze balles dans la peau, rien ne l'empêchera de sauver la petite Nancy des griffes d'un vil batârd jaunâtre et pédophile. Marv est une brute epaisse ravagée par des plaies de toutes sortes et pour le moins déterminé. Déterminé à trouver le meutrier de sa dulcinée, dût-il echarper de ses mains tous les portes flingues des bas fonds, tous les prêtres défroqués, tous les psychopathes miros, tous les monstrueux télévangelistes ou tous les chiens loups de la création. Dwight est un beau gosse résolu et chevalier servant aux entournures. Résolu à protéger coûte que coûte les filles de joie du quartier chaud. Ces dernières n'ont pourtant rien de vierges effarouchées, et pour cause. Elles tiennent plus du mythe amazone bardées de cartouchières qu'elles sont. A l'image de presque tous les personnages féminins du film, fatales autant qu'impitoyables. Miller n'est pas le créateur d'Elktra pour rien. Pas le consternant film avec Jennifer-Garner-parce-qu'elle-le-vaut bien, mais de l'excellentiscime comics eponyme.

Dans ce marasme retro-urbain bien glauque et moite se cotoient la lie de la terre et les anges vénéneux. Une sorte de purgatoire que Jerome Bosch n'aurait pas renié et dans lequel toute positive attitude est illusoire. Car outre le fond, la forme est, elle aussi, sinistre. Avec ses mornes voix-off d'outre tombe travaillées aux cloppes et au malt (à voir en vo résolument), sa bande originale jazzy-dépressive héritière des polars les plus dark, ses noirs abyssaux que viennent eclabousser des rouges sanglants ou des jaunes criards, Sin City affirme son intégrité mais pose aussi certaines limites. Cette fidélité extrème à l'univers de Frank Miller pour laquelle Roberto Rodriguez a opté, fait de son film un story-board animé plus qu'une mise en images de la bande dessinée : cadrages, découpage, direction d'acteurs. Or le néophyte risque de trouver l'entreprise vaine, comme en boucle, car terriblement hors des codes de narrations et d'interprétations habituels du genre. De plus, la volonté de balayer le maximum de personnages, dans l'urgence, comme on lache toutes ses forces dans la bataille, comme si des lendemains meilleurs étaient impensables, peut aisement rebuter. Avec cette oeuvre ostensiblement définitive Rodriguez semble résigné à l'impossibilité d'une suite. Le box office us lui donnera tord. On craint alors le pire connaissant la médiocrité des sequelles de sa filmo.

Après, on peut toujours s'accrocher à une bauté visuelle incomparable ou à un casting aussi imposant qu'excellent. Mais pas trop malgré tout, car l'espérance de vie dans cette cité est des plus restreinte. Sin City a tous les caractères astro-physiques du phénomène appelé trou noir. Sa colossale densité empêchant toute particule lumineuse de s'échapper de son gouffre. Cette masse en concrétion absorbe ainsi l'espace, le temps, le bonheur, l'espoir. L'obscurité est ici une chape de plomb en fusion dont on ne peut s'extirper sans une armure très solide. La moindre faille en son sein sera irrémédiablement infiltrée par un venin putride en quête d'une artère pour se répandre.
D'après Gorge Profonde, la scène d'ouverture de Sin City à permit à Roberto Rodriguez de convaincre Frank Miller d'adhérer au projet d'adaptation cinématographique, en tant que co-réalisateur. On est rapidement saisit par l'atmosphère et les partis pris esthétiques si affirmés qu'on ne les espérait plus. D'une exigence radicale, Sin City vous enfonce sans préliminaires et sans vaseline dans une ville du pêché où bonté d'âme n'est pas de mise et où les nuits d'encre noire sont lois. Le panneau limitrophe marquant l'entrée dans la citée pourrait légitimement indiquer : Sin City, abandon all hope, you who enter here. Si tu anticipais une production d'entertainment facile à ingérer, passe ton chemin hombre. Car tu te prépare un ulcère carabiné. On ne ressort pas indemne d'un séjour dans la ville du vice. Si d'aventure on en ressort.


Aswip'

Le pour : le noir, le rouge et le reste
Le contre :
claustrophobiques, dépressifs, s'abstenir

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23 mai 2005 1 23 /05 /mai /2005 00:00

US - 2004 (Hostage)


Genre : Mr Propre en action
Réalisateur : Florent Emilio Siri
Scénario : Doug Richardson
Directeur de la photo : Giovanni Coltellacci
Casting : Bruce Willis - Kevin Pollack - Ben
Foster - Jonathan Tucker - Marshall Allman
Musique : Alexandre Desplat

Scénario
**
Mise en scène
**
Photographie
**
Acteurs
**
Effets spéciaux
*

Et oui, une seconde d'inattention et d'errance devant le cinéma et on se retrouve vite fait à choisir un film sur le vif. J'avais pas envie de me triturer devant un film ce soir là. Je ne sais pas pourquoi je suis allé voir Otage de Florent Emilio Siri. Sans doute que Bruce Willis dans un film d'action trouve souvent sa place (surtout dans le registre "prise d'otage") et que Nid de guêpe avait eu le mérite d'être surprenant malgré les préjugés (et Sami Nacéri au casting). Alors tentons l'expérience...

Otage est un film d'action saupoudré d'une part de suspens. Mais attention,
il ne faut pas non plus chercher quelques chose là on ne peut pas le trouver, surtout avec une accroche aussi profonde que "on ne négocie pas sa famille". Donc pas de vision métaphysique de la vie ni des questionnements sur la misère du monde, le scénario est assez taillé dans le brut mais cela ne m'a non plus dérangé puisque je m'y attendais. Et il m'a tout de même réservé une ou deux surprises dans les grandes lignes mais sans plus. Il se laisse alors regarder sans trop se poser de questions sur la suite puisqu'on sait que Bruce gagne presque toujours. (Et quand on produit un film en tant que superstar de l'action, on évite de faire une fausse note au dénouement).

Alors forcément quand on sait qu'a la fin ça finit bien, pourquoi rester dans le ciné ? Et bien justement, je ne sais pas... Sans doute pour connaitre la manière dont ça finit bien. A savoir comment Jeff Talley (Bruce Willis) allait se sortir du dilemme qui lui est imposé. Lui l'ex vieux gourou d'une unité d'élite, négociateur de réputation qui a raccroché le téléphone de L.A.
depuis longtemps suite à une affaire qui a mal tourné (comme quoi tout ne se finit pas toujours bien). Mais chassez le cheval au galop, il reviendra avec le naturel sur son dos. Jeff Talley subit une prise d'otage
dans son petit comté paumé où il était parti vivre de journées tranquilles et d'affaires banales de voisinage. La guigne ! Lui qui ne voulait plus jamais ça. Certes, le scénario effleure toutefois le classique (adapté quand même d'un roman) mais Siri le met en scène plutôt sympathiquement et rythme son histoire avec efficacité. Les similitudes envers de nombreux prédécesseurs sur pellicules sont évidentes (et pas forcément du même
registre) mais c'est bien fait et discret. Et si Florent E. Siri prends des raccourcis quelquefois, il évite les scènes beaucoup trop évidentes ce qui sauve un peu le film du ratage total et désastreux.

Pourtant malgré certains les efforts de mise en scène et de graphisme, Otage reste très conventionnel et linéaire. L'ambiance et le temps sont quasi celle de son prédécesseur Nid de Guêpes (Filmé de nuit et l'action se déroule dans le fil du temps d'une seule soirée) et au vu de cela, on ne peut donc s'empêcher de les comparer. Certes Otage est plus carrossé que son précédent mais pas forcément plus efficace. Le récit place une part psychologique dans les personnages qui peut paraître maladroite, facile et pas forcément intéressante. On peut dès lors regretter le manque d'astuce dans l'action et le potentiel inexploité de l'endroit où se déroule l'histoire. Cela reste donc sobre, trop léger et au final grand public. Ce n'est pas
faute d'avoir consulté des vrais experts de la négociation et des prises d'otages au cours de l'écriture. Même le dénouement final est sans trop de surprises, il est là car il faut qu'il y soit. Ce n'est pas lui qui porte l'intérêt, si infime qu'il soit, du film.

Bruce Willis
passe seul son nom avant le nom du film et vends donc sa réputation comme gageure. Par ailleurs, il faut souligner l'effort effectué au
niveau du générique. Graphique et composé, il marque la volonté de l'esthétisme sur ce film. Certes ça fait passer les noms inconnus du casting plus facilement (seuls Willis et Kevin Pollack ont une certaine notoriété, les autres sont méconnus ou sortis de series). Les rôles sont bien tenus dans l'ensemble que les acteurs soient connus ou méconnus. Willis ne force pas, il fait ce qu'il sait faire sans trop se mettre en danger, c'est presque trop facile et semblable, dommage. J'ai pourtant bien aimé le choix de le voir barbu et crasseux au début, mais bon faut pas trop pousser. Bruce reprends donc vite son style monsieur propre au bout de 10 min. Ce qui n'est pas très logique au vu de ce qui lui arrive et de ce qu'on pourrait percevoir de son personnage.

Otage est un film qui passe et s'en va sans trop laisser de trace, pêchant
de ne pas avoir su être plus affirmé dans le registre de l'action (malgré une interdiction au -12 ans). Certains amateurs de ce dernier y trouveront
peut-être leur compte, tandis que d'autres se rabattront aisément sur son aîné Nid de Guêpe voire sur leur ancêtre originel Piège de Cristal...


Yerom

Le pour : Pour ceux qui aiment quand Bruce gagne
Le contre :
Bruce s'enfonce dans ses rôles de sauveur grand public

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21 mai 2005 6 21 /05 /mai /2005 00:00

USA - 1999 (Galaxy quest)


Genre : OVNI loufoque
Réalisateur : Dean Parisot
Scénario : David Howard, Roger Gordon
Directeur de la photo : Jerzy Zielinski
Casting : Tim Allen, Sigourney Weaver, Alan Rickman, Tony Shalhoub, Sam Rockwell, Daryl Mitchell, Robin Sachs...
Musique : David Newman

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Une rocambolesque troupe de comédiens has been supporte de moins en moins les conventions consacrées à leur série télévisée culte Galaxy quest. Sans cesse à la poursuite du cacheton, l'équipe s'exibe à tout va, soit devant des fans déguisés en quête de réponses impossibles sur des détails techniques fictifs puisque issus de l'imagination des auteurs, soit à l'ouverture des grandes surfaces soucieuses de distraire sa clientèle. La série vieille d'une vingtaine d'années ne vit plus que par les redifusions et les souvenirs de ses adeptes, condamnant ses comédiens à vivre une gloire qui ne semble pas se lasser de s'user. Au cours de l'une de ces exhibitions grotesques, une poignée de Thermians, de véritables extra-terrestres qui prennent les épisodes de la série pour des documents historiques, viennent soliciter l'équipe de Galaxy quest, qu'ils considèrent comme des héros, pour les aider dans leur lutte désespérée contre le tyrannique général Roth'h'ar Sarris. Avec pour seuls repères une pléiade de répliques stupides et un vaisseau spatial, copie conforme jusqu'au moindre détail de celui de la série, recréé par les naïfs extra-terrestres, la troupe d'acteurs se doit de jouer à fond leurs personnages fictifs pour espérer sortir tout ce beau monde (y compris eux-mêmes) de ce joyeux pétrin.

"Par le maillet de Grabthar !" avec une telle approche scénaristique digne des mémorables productions de Jim Abrahams et des frères Zucker (Y'a t'il un pilote dans l'avion ?, Top Secret, Y'a t'il un flic pour sauver la reine ?) on ne pouvait s'attendre qu'à une vaste loufoquerie, une machine à gags insensés, le genre de film pénible pour nos zygomates peu accoutumés au grotesque assumé. C'est à la fois le cas, et à la fois non. Malgré ses références ancrées dans la SF de pacotille et certains aspects kitsch qui en découlent, Galaxy Quest est plus une comédie qu'une parodie. Bien sûr le film délivre son lot de scènes débiles, clownesques ou même cultes (désorganisation de l'équipage, pilotage du vaisseau, manipulation des gadgets technologiques, répétition de répliques issues de la série), mais se permet aussi une approche plus subtile qu'il n'y paraît, évitant l'écueil de la satire gratuite. En abordant le sens profond de la comédie, ses travers d'attitude de façade, son principe inné de mensonge, et en jouant de l'impact du jeu de rôle sur les esprits naïfs des Thermians, l'histoire prend une tournure plutôt inattendue, loin d'être idiote. Ça reste assez léger pour que l'on continue d'en rire de bon coeur, mais la pirouette, admirablement amenée, surprend agréablement. Pour la rendre crédible, il fallait de véritables épaules d'acteurs, aptes à endosser tour à tour la cape de la farce et le masque du désaveu. A ce petit jeu Allen, Rickman et Weaver se régalent d'autant plus qu'ils jouent chacun deux personnages : ceux de la série et ceux des acteurs de la série. Le genre de rôle "poupée russe", véritable planche en bois recouverte de savon noir, que n'importe quel clown de pacotille se mangerait avec pertes et fracas.

Evident clin d'oeil à Star Trek, Galaxy Quest explore aussi avec un oeil narquois, mais tendre, le fond gentiment pathétique des conventions de fans, présentés ici plus comme de gentils accrocs que comme des débiles passionnés. Les auteurs ont juste assez d'affection pour ces aficionados de série culte pour leur attribuer une place déterminante dans l'intrigue générale, permettant de rappeler doublement que certaines stars de série ne représenteraient pas grand chose ou n'iraient pas bien loin sans l'appui de leurs admirateurs. Outre ces considérations symboliques, bien pensées et savamment dosées, Galaxy Quest reste surtout un pur divertissement jubilatoire, mené par une belle équipe d'acteurs enthousiastes, ravie de pouvoir se lâcher de la sorte. A noter enfin que le film ouvertement SF est doté d'effets spéciaux plus qu'honorables et d'une réalisation soignée, bref de quoi en faire le film sympa type à visionner, sans à priori, un soir de programmation télé morne, ce qui arrive relativement souvent.

Enzo

Le pour : Sigourney Weaver, Alan Rickman, et Tony Shalhoub, irrésistibles.
Le contre :
la gestuelle et l'élocution un peu pénibles des Thermians

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16 mai 2005 1 16 /05 /mai /2005 00:00

Japon - 2001 (Shoujyo)


Genre : Liaison coupable
Réalisateur : Eiji Okuda
Scénario : Katsuhiro Manabe, Izuru Narushima
Directeur de la photo : Hirokazu Ishii
Casting : Eiji Okuda, Mayu Ozawa, Akira Shoji, Mari Natsuki, Hideo Murota...
Musique : Shigeru Umebayashi

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Belle affiche. Le portrait d'une jeune femme vue légèrement de plongée, aux lèvres plus gonflées qu'un fruit mûr, et dont le regard vague, presque ivre, invite à découvrir son dus nu orné d'un impressionnant tatouage. La prise de vue humide, vaporeuse même, avec sa profondeur de champs qui démarre à mi dos, le tout dans des teintes rouges-vertes de toute beauté, évoque une atmosphère lourde de sensualité. Le titre, un peu provoc avec cette mise en scène, suggère que l'on va déguster du fruit défendu, d'autant plus qu'il implique une Lolita-geisha… D'autres images s'installent d'emblée dans notre imagination, de corps enlacés, d'interdits transgressés, de cerises englouties jusqu'à la queue (va savoir pourquoi)... Une iconographie motivée par la charge érotique du pays du soleil levant, évoquée à plusieurs reprises aussi bien dans le cinéma local notamment dans l'oeuvre de Nagisa Oshima et son Empire des sens, qu'à l'échelle internationale comme dans le Pillow book de Peter Greenaway.

Autant s'arrêter là puisque Une adolescente n'a rien de torride ou de propice aux fantasmes de toute sorte. Je sais que dit comme ça je gâche votre prise d'élan d'autant plus que l'affiche en tête de page vous a chatouillé l'imagination. Pourtant ce premier film en tant que réalisateur d'Eiji Okuda n'est rien de plus qu'une histoire d'amour touchante, légèrement décalée entre deux âmes égarées, l'une d'une trentaine d'année l'ainée de l'autre. Le sulfureux suggéré par l'affiche, à peine prolongé par la première rencontre entre Tomokawa et Yoko s'estompe donc assez vite, et même le délicat tabou de la différence d'âge semble n'être qu'un obstacle moindre face à la sincérité de ce qui les réunit.

Sur les bases d'un authentique poème traditionnel des deux oiseaux à une aile qui volent accolés l'un à l'autre pour ne plus connaître que l'éternité du ciel, Eiji Okuda raconte l'histoire de Tomokawa, flic oisif de proximité, ancien voyou, dont le dos est recouvert d'un impressionnant tatouage représentant justement le mythique oiseau amputé. Interrompu dans sa sieste un jour de service, il fait la connaissance de Yoko, une adolescente de 15 ans plutôt entreprenante. Pas vraiment convaincu de la démarche affective de l'effrontée, Tomokawa décline toute propositions câlines mais s'en ressent troublé. Lui qui n'aime rien ni personne, qui kidnappe les animaux de compagnies afin de les rendre, auréolé d'une petite gloire, à leurs jolies propriétaires et d'obtenir une récompense sur l'oreiller, lui qui n'a plus grand chose à attendre de son quotidien d'un ennui profond, se laisserait bien aller à aimer. Yoko, fascinée par l'impressionnant tatouage voit en Tomokawa un être incomplet, chargé d'un passé qu'il porte physiquement derrière lui. L'adolescente maternée par son grand-père vieillissant, et responsable prématurée de Sukemasa son grand frère autiste, se jette ainsi à corps perdu dans cette relation idéalisée, comblant son vide affectif en s'occupant de celui de son interdit d'amant.

Bien sûr s'arrêter à ces quelques lignes de résumé ne rend pas franchement hommage à l'oeuvre d'Okuda. Petit défi aux moeurs japonaises, Une adolescente rend crédible, avec toute l'élégance possible, la liaison sincère entre ces deux âmes à la dérive. Même si l'ombre de l'inceste plane au-dessus de cette gentille fable, l'oeuvre se place à l'opposé des clichés des relations perverses tant exploitées dans certains mangas, pour mieux approfondir l'origine consciente et inconsciente d'une telle union amoureuse. Pourtant la mise en scène d'Okuada et le peu de poids qu'il donne à ses intrigues secondaires (le blocage de Sukemasa lié à un traumatisme infantile, la relation entre la mère de Yoko et Tomokawa...) plombe sensiblement son histoire. Ni vraiment une analyse, ni franchement une comédie dramatique, Une adolescente est une romance sobre, un peu maladroite avec certains passages bancals et quelques plans bouclés à l'emporte pièce. Un peu long, un peu lent, le film fatigue comme une interminable balade à bicyclette, laissant en chemin quelques spectateurs las d'attendre le fin mot de l'histoire. C'est d'autant plus usant que la conclusion apparaît assez évidente dès la première heure et qu'aucun accident de parcours ne viendra réellement mettre en doute cette issue, y compris cet énigmatique « coup de feu » hors champ en fin de projection, aussi inexplicable que volontaire.

Enzo

Le pour : Un zeste d'exotisme
Le contre :
Trop long d'une bonne demie-heure

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14 mai 2005 6 14 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2002 (One hour photo)


Genre : Scrapbooking
Réalisateur : Mark Romanek
Scénario : Mark Romanek
Directeur de la photo : Jeff Cronenweth
Casting : Robin Williams, Connie Nielsen, Dylan Smith, Michael Vartan, Gary Cole...
Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Sy Parrish est seul. Désespérément. Et si la vie, parfois vache avec les âmes en peine, l'avait mené sur les rives désertes d'une île à la place d'un Tom Hanks dans Seul au monde, force est de constater que Sy se serait jeté la tête la première sur un rocher affûté pour abréger ses souffrances. D'abord, parce qu'il n'aurait pas sous la main tous ces accessoires techniques et compliqués de développement photographique, qui lorsqu'il les manipule, lui permettent de combler son emploi du temps. Mais surtout parce qu'il n'aurait pas l'occasion de vivre par procuration la vie de famille des Yorkins, qu'il épie depuis une dizaine d'année via leurs clichés-souvenirs, en 36 instants figés de bonheur qu'il tire en double exemplaire afin de s'en garder une copie personnelle, et de s'en faire une décoration murale plutôt troublante. Les vacances, ce n'est pas le truc de Sy. A l'abri dans son stand photo de supermarché, il n'est pas près d'aller s'échouer sur une île au beau milieu de l'océan pacifique. Son boss a beau lui conseiller de prendre quelques jours de congés, il sait que sa vie est ici, délivrée par de petits rouleaux sombres qu'il dépiaute d'une habilité chirurgicale, afin de ne pas en rater une miette.

Malgré ce synopsis, le titre de Photo obsession sied maladroitement au propos de ce premier film de Mark Romanek, le parant d'une robe psycho-thriller trop évidente et le cataloguant parmi d'autres noms d'oeuvres navrantes du type Obsession fatale, ou Virtual obsession. Son titre d'origine One hour photo lui correspond mieux, illustrant plus subtilement à la fois le métier de Sy Parrish mais aussi le peu d'instants de vie que se permet le pauvre bougre, en apnée dans son quotidien aseptisé, à l'affût d'une bulle d'oxygène aussi provisoire qu'inespérée. Robin Williams dessine au critérium son rôle, incarnant jusqu'au col de chemise tiré à quatre épingles, la timidité maladive du personnage, son désir d'être adopté par une famille idéalisée, et son souci de rester, malgré tout, à l'écart. Sy Parrish oscille sans cesse entre sa volonté de devenir concrètement l'oncle Sy et celui que cet espoir insensé ne reste qu'un cliché parmi tant d'autres. Après tout, les instantanés ne reflètent que les bons instants de la vie alors pourquoi s'encombrer du reste ? Forcément lorsque cet équilibre un peu malsain, plutôt fragile, est mis à mal par une tierce personne et une photo venue d'un autre tirage, les poils aux aguets finissent par se dresser. Jusqu'où peut aller Parrish afin de préserver son cocon ?

Loin des clichés du genre et leur panoplie grossière de films d'angoisse, Photo obsession fait naître le malaise via un Robin Williams inspiré, mais notamment grâce à un traitement visuel soigné, franchement clinical lors des scènes de supermarché. A ce titre Mark Romanek, dont l'obsession photographique s'explique par son passé clipesque, peut parfois donner l'impression d'en faire un peu trop avec ses cadrages figés, sa large gamme chromatique, et son faux rythme sur du faux plat. On aime ou on aime pas. On tolère ou on subit. A noter qu'à ce petit jeu illustratif d'autres réalisateurs du même acabit se sont cassés les dents lors du passage du court au long métrage, tel Tarsem Singh créatif publicitaire génial, auteur du creux the cell. C'est la sobriété narrative de Romanek qui permet à son film de susciter un certain intérêt, n'en déplaise aux accrocs du thriller tendu comme une ficelle de string, qui lâcheront l'intrigue en cours de route. A ceux ci, et à leur décharge, j'avoue volontiers qu'il manque à Photo obsession un je-ne-sais-quoi de plus investi dans la démarche pour le rendre plus marquant, peut-être en poussant plus loin les moments de flottement de Sy Parrish, à l'instar du passage où il se retrouve le cul sur la cuvette WC des Yorkins. Instant franchement dérangeant. Sans plus d'ambitions, Romanek donne l'impression de s'être posé un garde fou global, allant même jusqu'à justifier les actes de son personnage central lors d'une dernière scène explicative pas vraiment nécessaire. Du coup en préservant Sy Parrish, Romanek ne peut empêcher une certaine transposition du mauvais rôle sur les épaules de Will Yorkin, le père de famille. Ce qui est plutôt mal venu si l'on veut éviter la leçon de morale "tu ne pêcheras point".

Enzo

Le pour : Belle photo, Robin Williams impeccable, et... Connie Nielsen.
Le contre :
On se croirait limite dans une pub Kodak

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11 mai 2005 3 11 /05 /mai /2005 00:00

USA - 2004 (Assault on precinct 13)


Genre : Remake
Réalisateur : Jean-Francois Richet
Scénario : James DeMonaco, John Carpenter
Directeur de la photo : Robert Gantz
Casting : Ethan Hawke, Laurence Fishburne, John Leguizamo, Ja Rule, Gabriel Byrne
Musique : Graeme Revell

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Assaut Sur Le Central 13 n'a de remake que le nom. Jean-Francois Richet s'est sûrement fait plaisir à diriger Laurence Fishburne, Ethan
Hawke et autre Gabriel Byrne mais le résultat, quasi systématique avec ce genre d'entreprise, est que l'on écope d'un film de producteurs. Soit un film didactique et forcement inintéressant.

Pas de mystère dans cette version. Aucune explication ne vous sera épargnée sur les tenants et les aboutissants, l'origine et la fin, le pourquoi, le comment. Codifié au possible, cette refonte du mythique Assaut de John Carpenter est une démonstration des bonnes vieilles ficelles du film d'action made in usa comme on en fait à la truelle depuis les années 90. Mise en place des personnages et de leurs psychés troublées ; le flic sous Prozac suite au décès de ses anciens équipiers,
- J'te fiche mon billet qu'il se sens responsable ce pauvre homme...,
son analyste traitant gaulée comme une Barbie,
- Elle même souffrant de troubles névrotiques sans doute...,
des détenus qui n'ont pas eut une enfance dorée et qui sont eux aussi fort atteint,
- Des hispaniques et des renois j'parie...,
et le machiavélique boss du crime sans pitié et nœud du problème
- il doit bien avoir un fond d'humanité ce brave type...
Développement, conclusion, jusqu'au fond justement, rien ne sera laissé dans l'ombre : il neige, on est le réveillon du jour de l'an, pour bien expliciter l'absence d'aide extérieur. Bienvenue dans le monde de Descartes revu et corrigé au Pespi Light.


Usual suspect
aurait-il fait tant de mal au thriller d'action made in usa?
Le principe du remake ou de l'adaptation a-t-il pour but avoué de trahir à ce point l'œuvre originelle que produire une refonte vulgaire, innervée de toute ambition, soit devenue loi?
La crise monétaire va-t-elle perdurer?
A quoi bon?
- Mais qui est Kaiser Sauzé? lalala.
Des films d'action petit bras et gros budget y en aura toujours. Ne serait-ce que pour pouvoir financer des projet plus
ambitieux.
Ce n'est pas ce qui me pose problème. Mais plutôt cette prétention à s'emparer d'un des meilleurs films du genre pour en
faire un objet contre nature et relevant du saccage.
- Il ne s'adresse pas forcement au même public et n'a donc pas les même ambitions. Et puis le scénar était déjà écrit.
C'est toujours ça de moins.
Ils l'ont bien réécrit en effet. Bible du remake à la main, pour mieux le vider de tout sens, de toute ambiguïté.
- Puisqu'on te dit qu'il s'adresse aux ados ce remake.
On nivelle effectivement. Histoire que le cœur de cible n'ait pas l'opportunité de penser. Limite qu'il se fasse un peu chier, mais juste ce qu'il faut pour ne laisser place qu'à des interrogations primordiales et impérieuses du genre : "j'aurais pas envie d'un Coca moi?"
Les pontes de Rogue Pictures seraient-ils en cheville avec les marchands de savons?
- Comme tu est naïf...

Bon bah alors, dans Assaut Sur Le Central 13 vous pourrez voir le même Laurence Fishburne que dans Matrix, mystérieux, sentencieux, porteur de messages forts sur la vie et filmé de profil. Un Gabriel Byrne aussi intérieur et ambigu que dans toutes ses prestations, le charisme en moins. Un Brian Dennehy aussi réac que dans Rambo et aussi sous exploité que d'habitude. Mais vous pourrez surtout voir de la pétasse au grand cœur, des scènes de gunfights où ça défouraille sa mère, des rédemptions bien à propos, de la tension psychologique très tendue, des punchlines vraiment senties et une inévitable happy-end qui à le goût d'une happy-end.
- Tu charries, la photo est belle quand même.
Et la mise en scène contractuelle, la bande originale peu originale.
T'en souvient-il? celle de Carpenter était quand même du genre à te poser une ambiance, à faire dresser les poils et
l'inquiétude. Celle de Graeme Revell est interchangeable et jetable.
- Le jeu des acteurs à quand même évolué.
Certes, mais on se sentirait vraiment impliqué si les intentions étaient les bonnes. Parce qu'au final on se tape de
savoir qui sera le prochain à rendre les armes tant les personnages sont caricaturaux et archi rabâchés.
- Et la photo alors, elle à une autre gueule que dans Assaut.
Les gris coloré de Douglas Knapp sont effectivement moins séduisant que les choix contrastés de Robert Gantz mais n'avaient pas leur pareil pour poser le malaise et la sale ambiance.
- bon, je vois que tu a décidé de faire ta tête de lard et d'être d'une mauvaise fois jusqu'au-boutiste. Il aurait pu être bien pire ce remake.
Possible. Il y a cependant un plan mortel dans la version de Jean François Richet. Un plan très large de l'extérieur du
commissariat soudainement assailli par des détonations étouffées et lumineuses. Un très beau plan. De quatre secondes.


Aswip'

Le pour : l'original
Le contre :
la copie

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9 mai 2005 1 09 /05 /mai /2005 00:00

Japon - 2003 (Cha no aji)


Genre : Chronique merveilleuse
Réalisateur : Ishii Katsuhito
Scénario : Ishii Katsuhito
Directeur de la photo : Kosuke Matsushima
Casting : Sato Takahiro, Maya Banno, Tadanobu Asano
Musique : Little Tempo

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


La Famille Haruna, si elle n'est pas forcement typique des familles rurales nipponnes, est pour le moins pittoresque. Nobuo, le père, est thérapeute et hypnotiseur de la vieille école et souvent distrait par les nouvelles technologies. Sa femme, Yoshiko, travaille sur un pilote animé visiblement aussi violent qu'elle est douce. Ayano, l'oncle, en pause de son activité de sound designer semble en quête d'un passé regrêté. Hajime, le fils, qui cours après un amour déjà perdu jusqu'au prochain arrêt de son train ou de son muscle cardiaque est un fin tacticien du jeu de go. Sachiko, la petite fille, est habité par un "moi" surdimensionné et volatile dont elle n'aura de cesse de se débarasser.
Tout ce petit monde tourne autour de son doyen de grand père, ancien maître de la pose clé et chercheur invétéré du LA. A moins que ce ne soit lui qui tourne autour de ce petit monde. Tel un satellite facétieux, décoiffé et pas toujours au diapason.

Katsuhito Ishii s'y entend visiblement pour ce qui est de créer du contenant plein de contenu. Connu jusqu'ici pour être l'auteur de la fameuse scène animé dans Kill Bill Vol. 1, il sera désormais Le Réalisateur, avec des majuscules partout, de The Taste Of Tea.
Le glissement dans son univers est subreptice, quasi immédiat. L'acceptation se fait l'espace d'une première scène et vous embarque jusqu'au bout du récit. Comme dans les films de Miyazaki. On a d'ailleurs l'étrange impression que The Taste Of Tea est une mise en images, prises de vue "réelles", de l'univers du vieux maître de l'animation. Le naturalisme, l'onirisme, donnent lieu à des plans très similaires. La quête de la petite Sachiko est clairement et directement inspirée du personnage de Meï, dans Mon Voisin Totoro.
Il suffit, pour s'en convaincre, de noter la présence de l'immense chêne qui jouxte la maison des Haruno. Le rythme de la narration, l'aspect contemplatif des personnages sont également des points communs forts.

La mise en scène concours pleinement à l'enchantement poétique provoqué par le goût de ce thé là, au delà des images et des idées. Les zones d'ombre de la trame étant explicitées une à une au détour de plans amenés de façon si opportune, qu'ils font immanquablement naître un sourire complice sur la face d'un spectateur ravi qu'on le prenne si subtilement à témoin. Ravi aussi d'avoir la primeur de chacun des secrets des membres de la famille Haruno avant que ceux-ci ne se recoupent pour former un tout.
Cette complicité qui donne au spectateur l'impression d'assister à un moment privilégié, dans une communauté d'union de circonstance. Le temps de 2h20 d'immersion totale. Un film qui partage sans être ostentatoire ou calculateur.

Tout élément négatif, voire pathogène, est rigoureusement exclu du métrage. Sans échouer pourtant sur les écueils acérés "mièvre" ou "niaiseux". Comme un petit miracle.
Et lorsqu'un trouble-fête tente de s'immiscer, il est immédiatement et sévèrement châtié. Voir la scène du patron délateur, un régal. Ou encore celles de yakusas enterrés ou bien d'anciennes tigresses aux dents de sabre en proie à des relents pulsionnels. En revanche, les effets spéciaux, eux, sont très présents et portent ici idéalement leurs noms. S'ils sont parfois douteux d'un point de vue technique, ils offrent cependant un surcroît de densité à la narration et aux situations. Comme autant de petits bienfaits. Car sous ses airs décousus, The Taste Of Tea est une savante et rigoureuse alchimie de composition. On y rit, on y est ému et touché tour à tour sans avoir une seconde la pénible sensation d'y être contraint.

Le centre nevralgique de The Taste Of Tea est ainsi l'animation, dont est issu Katsuhito Ishii. Et toute les composantes de création y sont réunies : l'observation, la prise de vue, le mime, le flip-book, les paysages envisagés comme des lay-out, jusqu'à la projection doublée en direct. Même ce qui s'apparente à des temps mort ressemble à de l'animation limitée. Affaire de rythme. Car le film respire. S'il impose quoi que ce soit, c'est son tempo, sa musicalité faite d'inspirations et d'expirations.
Un film qui se la joue feutrine et souplesse avant de vous avaler goulûment comme un soleil dévoreur de planètes, sous de cieux différents, chaque fois uniques et pourtant communs à tous. Car illuminés par le même astre.


Aswip'

Le pour : chef d'oeuvre
Le contre :

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29 avril 2005 5 29 /04 /avril /2005 00:00

France - 2004


Genre : film de casse
Réalisateur : James Huth
Scénario : Jean Dujardin, Karine Angeli, James Huth
Directeur de la photo : Philippe Piffeteau
Casting : Jean Dujardin, Bruno Salomone, Clovis Cornillac, Elodie Bouchez
Musique : Bruno Coulais

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****


Jean Dujardin
, pensionnaire du petit écran durant de nombreuses années dans des formats courts (cour, jardin, théâtre, humour) est désormais satellisé tête d'affiche bankable du long métrage. Autant se résigner à voir ses yeux farceurs et son sourire ultrabrite dans le paysage
cinématographique français pour un moment tant le Loulou à sa ménagère attaque sa nouvelle carrière sur tout les fronts, avec un appétit vorace. Une douzaine de films en un peut moins de trois ans.
Résolument cantonné à la comédie, si ce n'est l'appartée Le Convoyeur, il offre pourtant des prestations contrastées et subtiles qui rappellent qu'il n'est pas un nouveau José Garcia, comme on a voulu nous le vendre, ni un Michael Youn, les dieux de la comédie nous en préservent. Il était comédien avant son énorme succès télé. Retour à ses premières armes, donc,
avec l'incarnation de Brice De Nice en panoramique.

Le surfeur le plus yellow de la côte d'azure n'en finit plus d'attendre LA vague. Fils à papa sans mère, il traîne de fait un sérieux Oedipe et s'est choisi une figure maternelle d'adoption, LA mer.
Ce jeune branleur dans sa tête passe ses nuits à rêver d'une sirène, ses
journées à se saper comme Pikachu, à analyser Breakpoint pour la énième fois, paraffiner son surf ou encore vanner à tour de bras. Les journées sont d'ailleurs fort longues puisque le réveil sonne à 5 du mat afin de profiter de la marée. Elles se ressemblent de surcroît. Cette routine compulsivement obsessionnelle étant à peine "cassée" par l'organisation d'une "yello" partie, on se dit que les scénaristes ont intérêt à avoir dépouillé le dictionnaire de la blague pour tenir la barre durant l'heure et demie du film, puisque le bon mot semble être le seul argument de Brice De Nice.
Heureusement, le petit monde jaunasse de ce sympathique inadapté de la vie va s'écrouler. Le confrontant aux dures réalités d'un tout un chacun : travailler, braquer des banques. Il s'avère aussi inepte pour ces activités que pour trouver sa sirène mais va, chemin faisant, croiser le sauveur de l'entreprise Brice De Nice, Marius La Caille, comme l'oiseau, alias
Clovis Cornillac. La valeur montante du cinéma français.

Son interprétation de Marius est à la (dé)mesure de celle de Dujardin, qui du coup ne tire pas complètement la couverture à lui. On évite l'asphyxie grâce à ce second rôle dyslexique, hilarant et attachant. Sans nul doute Cornillac doublera prochainement un personnage animé pour une production Pixar ou Disney, dans une sorte d'adoubement corporatiste ultime, tant cet
acteur est talentueux. Souhaitons lui plutôt de trouver LE premier rôle qu'il mérite. Même Elodie Bouchez apporte ici une certaine fraîcheur et que la grosse comédie ne lui sied pas si mal.
- Qu'est-ce qui t'arrive, t'as mangé trop de Chamallows ou quoi?

Entendons nous bien sournoise voix dans ma tête, la réalisation de James Huth n'a rien d'inspirée, le rythme est très inégal et Brice De Nice fleure bon le plan marketing avisé : l'album et son single funky qui vont bien, l'esthétique détournée qui vous permettra d'acheter la panoplie Brice dont le mug et le t-shirt jaune, les répliques auto-proclamées cultes sont livrés avec le billet de cinéma.
Ils vous en coûtera la modique somme de 595 euros pour le packaging complet. Sachant que le cœur de cible sont les consommateurs de boissons gazeuses qui explosent leurs forfaits mobile en tentatives de sauvetage des stars en devenir de la télé post moderne, le carton est assuré.
Et même si Jean Dujardin s'en défend, les ingrédients d'un succès prévisible sont largement réunis et l'explosion de produits dérivés estampillés d'une griffe Nike inversée fort probable. La Beuze en plus bétonné.

Reste que pour une comédie, décalée qui plus est, le niveau de jeu des acteurs ne sera certainement pas étranger à ce succès.

Aswip'

Le pour : La scène de casse en mime
Le contre :
Le manque d'ambition du réalisateur

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24 avril 2005 7 24 /04 /avril /2005 00:00

USA - 2002 (The rules of attraction)


Genre : Orgie sous cellophane
Réalisateur : Roger Avary
Scénario : Roger Avary
Directeur de la photo : Robert Brinkmann
Casting : James Van Der Beek, Shannyn Sossamon, Kip Pardue, Jessica Biel…
Musique : Tomandandy

Scénario
*****
Mise en scène
*****
Photographie
*****
Acteurs
*****
Effets spéciaux
*****

Dur, dur, les années estudiantines lorsque l’on est jeune, beau et riche… Les soirées à thème, la coke à haut débit, la baise constante… Ca use à force. Heureusement qu’il y a les heures de cours pour pioncer et les diplômes pour se moucher dedans, sinon on imagine mal comment ferait Sean Bateman pour s’en remettre… Ha oui il y a Lauren, qui l’obsède gentiment. Lauren et ses enveloppes violettes qu’elle dépose quotidiennement… des pages pleines d’idées sensuelles et de passions inavouées que Sean dévore des yeux, avant d’y consacrer d’autres activités corporelles… Lauren qui n’est pas comme les autres, Lauren qui est pure, vierge, fraîche et insondable. Rien à voir avec la blonde aux yeux verrons dont Sean ne se rappelle même pas le nom, qu’il a sauté lors de la soirée «mouillée » et qu’il s’enverrait bien une nouvelle fois le temps de l’attente d’un geste, d’une attention de son inaccessible muse. L’énergie que Sean développe à l’égard des écrits de Lauren succite bien des sentiments de la part de Paul qui aimerait bien s’attribuer cet élan passionnel. Paul est homo, ne s’en cache pas et c’est Sean qui le botte. Paul fantasme, Paul accoste, Paul y croit. Il tripote du footballeur de fac, guettant l’instant ou Sean s’abandonnera à ses avances non-dissimulées… Victor lui est en europe. Lauren a sa photo sur sa table de chevet. Laura est la colloc de chambrée de Lauren, et se repoudre le nez (snif) avant de sortir… Les autres on s’en fout, de toutes façons « personne ne connaît personne » . Super.

La trame, les protagonistes, la fac, la superficialité du propos scolaire, tout ça fleure bon la série télé d’ado, Berverly Hills et Dawson en tête de liste. On sait nos amis d’outre-atlantique férus, voire obsédés des histoires d’universités, à croire qu’il s’y passe quelque chose. Pourtant au vu des différents épisodes des séries précitées, on ne peut que constater l’affligeant vide qui habitent les écoles américaines : jamais en cours, les Kevin, Cindy, Brandon, Skipper, et Kelly, sont constamment ailleurs (dans un couloir, devant un vestiaire, sur une pelouse, à la cantoche) à se raconter qu’ils aimeraient bien se lécher la pomme. Depuis longtemps donc, la télévision aime nous raconter qu’un cursus scolaire c’est avant tout l’école de la vie, et que si on n'y pécho pas de la gazelle à tour de bras, on rate là une occasion irrattrapable de débrider son éducation sentimentale, voire sexuelle. Roger Avary via son adaptation du roman de Bret Easton Ellis prolonge les grandes lignes du genre, en imaginant le coté obscur de cette dégénérescence passive, extrapolant dans la débauche des soirées universitaires, cet objectif extra-scolaire de tirer sa crampe.

Ca aurait pu donner quelque chose d'assez drôle si la réalisation ne s'était pas encroûtée dans tout ce qui se fait de pire dans l'ado-soap. Sûrement soucieux de coller au genre (la présence d'acteurs de série l'atteste), Avary plombe son film de dialogues super creux voire carrément cons, d'une intrigue à deux balles, d'une narration générale navrante, le tout filmé sans profondeur, ni de fond, ni de champs, sur une pellicule parfaitement lisse. Otez les deux seules scènes réussies du film (scène de rencontre un samedi matin entre Sean et Lauren et scène de transhumance de Victor), il ne reste qu'un vase creux. Justifier cette absence de relief sur l'unique volonté d'illustrer la superficialité fait pitié. A ce titre, on prend bel et bien deux coups de massue à la fin du film lorsque d'une part le personnage Sean Bateman, absorbé comme jamais, prononce cette réplique minable de forme et de sens "personne ne connaît personne" , et d'autre part lorsque l'on réalise que l'intrigue se conclue ainsi, sur un couac pseudo-philosophique que même un Jean-Claude Van Damme ne se hasarderait pas à prononcer de peur de paraître ridicule.

Sur le papier, le principe de ramener l'univers de Bret Easton Ellis à l'imagerie hypocrite des séries télé, avait pourtant de quoi séduire. Or le résultat est assez mou, comme si les deux extrêmes étaient peu consentants à l'union. Hormis un plan assez franc de taillades de veines, Avary assume peu à l'image la débauche décrite dans le texte : la coke se sniffe toujours hors champs, les jeunes copulent sapés et en plan serré, la masturbation se fait derrière un coussin ou de dos, et les homos dansent sur du Wham en boxer Dim. Pas une fesse en vue, pas de poil non plus, pas de pelles baveuses ni même de baisers mouillés. Certaines situations sont suggérées avec autant d'inspiration qu'un American Pie, et la comparaison, pourtant peu flatteuse, vient aisément à l'esprit. C'est un peu la honte. Lorsque l'on se rappelle que le texte de départ vient de l'écrivain d'American Psycho et que son adaptation est signée de l'auteur de Killing Zoé, on ne peut qu'être amer devant ce constat.

Enzo

Le pour : Entrevoir l'envers du décor des séries ados américaines
Le contre :
Ca reste de la série ado américaine

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